lundi 7 décembre 2015

Minuit, chrétiens – un chant révolutionnaire?

Adolphe Adam, le compositeur du Minuit, chrétiens


Bien populaire au Canada-Français depuis des décennies, la majorité des catholiques d'aujourd’hui ignorent que le chant Minuit, chrétiens n’a rien d’un cantique de Noël traditionnel.

C’est plutôt grâce à l’ignorance que ce chant s’est répandu dans la belle province malgré les avertissements.

Le Cardinal Villeneuve souhaitait la disparition de ce chant,  en 1933,  principalement à cause de la théologie douteuse du texte. En effet, l’auteur utilise un lexique subtilement étranger à celui de l’Eglise.

Ce qu’il faut savoir, avant d’apprécier le Minuit, chrétiens, c’est qu’il a été créé dans l’ambiance révolutionnaire de la France de 1847 et sur fond d’humanisme.

L’auteur des paroles, Placide Cappeau (1808-1877), était un libre-penseur voltairien et possiblement franc-maçon. Dans un recueil de chants, Campeau décida de tronquer quelques paroles pour sa version officielle et définitive.

 « Nous avons cru devoir modifier ce qui nous avait échappé au premier moment sur le péché originel, auquel nous ne croyons pas… Nous admettons Jésus comme Rédempteur, mais rédempteur des inégalités, des injustices, de l’esclavage et des oppressions de toutes sortes qui pesaient sur l’ancienne société, non d’un péché impossible qui répugne au plus simple bon sens. » ( Placide Campeau, Le Château de Roquemaure )
La composition musicale, pour sa part, est l’œuvre du compositeur juif, Adolphe Adam (1803-1856). Il n’hésita pas à revendiquer le caractère révolutionnaire du chant en le proposant comme une « Marseillaise religieuse ».

Il existe également plusieurs parodies maçonniques du Minuit, chrétiens.

Aurions-nous à réitérer cet avertissement si le clergé de l’époque avait pris au sérieux la condamnation du Cardinal Villeneuve en 1933?

Nous reproduisons ci-dessous le mandement dont il est question.



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MANDEMENTS, LETTRES PASTORALES ET CIRCULAIRES DES ÉVÊQUES DE QUEBEC

Volume quatorzième

Son Em. le Cardinal J.- M. -Rodrigue Villeneuve,

O. M I.,

Archevêque de Québec

1932 — 1935

XXXIII

Chant du " Minuit, chrétiens"

(14 décembre 1933)

A l'approche de Noël, le chant du " Minuit, chrétiens " recommence à provoquer des controverses.

Autant en raison des exigences de la musique religieuse que par souci de doctrine et de convenance liturgique, l'Archevêque se réjouit qu'en plusieurs endroits on l'ait abandonné, et il souhaite que sa disparition se généralise.

Le texte en est incontestablement d'une théologie douteuse et toute la composition d'une origine pour le moins quelconque. On pourra sans désavantage le remplacer par quelque autre ancien cantique de Noël, par exemple, celui " Les Anges dans nos campagnes ", dont le refrain, quelle qu'en soit la valeur artistique, est une pieuse exclamation tirée du saint Evangile (Luc, II, 14) et qui convient plutôt à l'inauguration du joyeux temps de Noël.

En tout cas, il ne sera permis à personne de se réclamer de l'autorité de l'Archevêque de Québec, comme on l'a fait l'an dernier, pour préconiser la valeur du " Minuit, chrétiens " d'Adolphe Adam.

Avec une religieuse affection je réitère ici ces souhaits que j'adressais, ce matin, à ceux d'entre vous qui avaient pu venir à l'Archevêché : La grâce, la miséricorde, la paix en Dieu, en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur, tels sont bien mes souhaits pour vous, Messieurs, au début de l'année nouvelle, qui continue le dix-neuvième centenaire de la mort du Très Saint Rédempteur. La grâce, qui nous surélève du plan de la nature et nous mette à la hauteur de nos sublimes devoirs de pasteurs.

La divine miséricorde, qui nous arrache aux fragilités et même aux trahisons de la chair et nous maintienne fidèles entre tant d'autres qui abandonnent et désespèrent. La paix, enfin, paix du cœur, de la conscience, de l'esprit, paix en nous-mêmes, paix avec ceux qui nous commandent et avec ceux que nous gouvernons. Gratia, misericordia et pax in Jesu Christo Salvatori nostro.


Veuillez croire, chers Messieurs et Collaborateurs,
à mon entier dévouement en N. S. et M. I.

J. M. Rodrigue Card. Villeneuve, O. M. I.,

Archev. de Québec.
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dimanche 6 décembre 2015

L'ignoble Nietzsche et son surhomme


 
 
Un passage obscur dans la dérive nietzschéenne 



"Ce que l’Europe doit aux juifs ? — Bien des choses, du bon et du mauvais, et avant tout une chose qui est à la fois des meilleures et des pires : le grandiose en morale, la redoutable majesté des revendications infinies, le sens des « valeurs » infinies, tout le romantisme et tout le sublime des énigmes morales, — et par conséquent, ce qu’il y a de plus attrayant, de plus captivant et de plus exquis dans les jeux de nuances et les tentations de vivre dont la dernière lueur, la lueur mourante, peut-être, embrase aujourd’hui le ciel crépusculaire de notre civilisation européenne. Et c’est pourquoi nous autres, les artistes, entre les spectateurs et les philosophes, nous avons pour les juifs — de la reconnaissance.

[...]

Or, les juifs sont incontestablement la race la plus énergique, la plus tenace et la plus pure qu’il y ait dans l’Europe actuelle ; ils savent tirer parti des pires conditions — mieux peut-être que des plus favorables, — et ils le doivent à quelqu’une de ces vertus dont on voudrait aujourd’hui faire des vices...

[...]

Ce qu’ils demandent avec une insistance un peu gênante, c’est d’être absorbés et assimilés par l’Europe ; ils ont soif d’avoir un endroit où ils puissent enfin se poser, et jouir enfin de quelque tolérance, et de considération ; ils ont soif d’en finir avec leur existence nomade de « Juif errant ». Cette aspiration dénote peut-être déjà une atténuation des instincts judaïques, et il ne serait que juste d’y prendre garde et d’y faire bon accueil ; on pourrait fort bien débuter par jeter à la porte les braillards antisémites..."

-Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal
 
Mercure de France (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 10, pp. ch.VIII-290)

jeudi 3 décembre 2015

Vidéo - Conférence: Qu'est-ce qu'un Canadien-français


Monsieur Jean-Claude Dupuis, historien, invité du Mouvement Tradition Québec, nous entretient sur "Qu'est-ce qu'un Canadien-français" et répond aux questions (21 novembre 2015).

mercredi 2 décembre 2015

Mgr Lacroix face au rite païen de la crémation

 

Extrait de la revue Le Carillon - No.6 (novembre/décembre 2015) - PDF

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Parmi les activités estivales de Mgr Lacroix, la plupart étaient probablement banales. Une inauguration qui nous était passée sous le nez à la fin du mois d’août mérite cependant qu’on s’y attarde.

L’archevêque était déjà sollicité, en 2014, pour la première pelletée de terre du projet de construction d’un nouveau columbarium au cimetière Saint-Charles. Il y revenait en août 2015 pour couper le ruban d’inauguration de ce bâtiment maintenant prêt à accueillir plus de 3000 défunts incinérés.
 
Avec le retour en force du rite païen de la crémation, la construction d’un nouveau site est logique et n’a rien d’une surprise. Ce qui est particulier, c’est la présence d’un cardinal catholique et la bénédiction des lieux par ce dernier.

Trop de catholiques ont oublié, Mgr Lacroix inclus, que c’est l’arrivée de la civilisation chrétienne qui a mis fin à cette pratique barbare que les chrétiens doivent considérer comme une profanation du corps humain, œuvre sublime de la création et temple vivant de Notre Seigneur.

Par l’ensevelissement traditionnel, les chrétiens se rappellent que la mort est un repos et qu’il y aura un réveil – la résurrection de la chair. Certes Dieu a le pouvoir de ressusciter un corps réduit en cendres, mais qu’en sera-t-il du jugement pour ceux qui ont volontairement ordonné la destruction de leur corps dans un testament?

Contrairement à une époque où cela était bien clair, la bénédiction de Mgr Lacroix laisse désormais croire que la crémation est une pratique catholique approuvée par l’Église, ce qui pourtant est faux. Pour notre part, redoublons de prières pour les âmes du purgatoire.