samedi 27 mai 2017

FSSPX à Lévis : une procure sous le signe du Malin

« Car s'ils ne faisaient point de mal, ils ne haïraient pas ainsi la lumière » Clément XII, bulle In eminenti apostolatus specula sur la franc-maçonnerie.
Le grand Clément XII avait bien raison en posant ce constat. Les mauvais haïssent la lumière, aussi leur faut-il user de menaces et de diverses tactiques afin d'empêcher que le jour se fasse sur leurs œuvres. Le présent article tient à mettre un peu de lumière sur les tactiques de mercenaire œuvrant dans nos dits milieux.

Juillet 2016
Retirer les livres ? « De quel droit, de quelle
autorité » -Abbé Olivier Berteaux.

Monsieur Etienne Dumas, président du Mouvement Tradition Québec adressait une plainte de caractère privé à l'abbé Daniel Couture, supérieur du district du Canada, sur des livres en vente à la procure de son prieuré de Lévis. L'essentiel était d'éviter le scandale. La procure en question est sous la charge de l'abbé Romain Pons, vicaire de l'abbé Berteaux. On y vend différents ouvrages de Zanotti-Sorkine, de l'abbé Grosjean (padre blog), des moines du Barroux... tout en interdisant les ouvrages de Mgr Lefebvre. Sont frappés d'interdiction : Le coup de maître de Satan, La messe de Luther,  Le problème de la liberté religieuse, Homélies été chaud 1976. Le prêtre en charge de la procure prétexte qu'il ne vendra pas ces ouvrages car ils « sont complètement dépassés [...] nous ne sommes plus là aujourd'hui ». Semble-t-il qu'à Lévis il n'y a pas de crise de l'Eglise, ou qu'elle soit mystérieusement achevée... Enfin, le comble, la maison d'édition des ouvrages interdits était Nova Francia, c'est-à-dire la maison d'édition du district du Canada.

L'abbé Couture relativise alors et ignore l'appel qui lui est adressé. D'autres fidèles, ainsi qu'un prêtre, iront aussi se plaindre à l'abbé Daniel Couture. Il ignore ceux-ci et refuse de prendre ses responsabilités de supérieur.

Octobre 2016

L'étrange besoin d'acheter chez les ralliés..

Le Mouvement Tradition Québec tient son annuel congrès des
Journées québécoises du Christ-Roi à Longueuil (QC). Plusieurs kiosques sont présents pour l'événement, dont le prieuré de Lévis qui vend ses livres. Un militant de Tradition Québec retire les livres en question. Suite au retrait des livres modernistes, l'abbé Olivier Berteaux écume de rage : « De quel droit ? de quelle autorité faites-vous cela ? » Comprenons : Il faut obéir aux hommes et non à Dieu.


Nota bene : Les Journées québécoises du Christ-Roi étaient organisées par le Mouvement Tradition Québec, dont le dit mouvement avait un réel droit de regard sur ce qui se vendait dans son congrès.






Février 2017

Afin de faire taire les voix discordantes, qui semblent troubler son esprit, l'abbé Daniel Couture enregistre le nom Mouvement Tradition Québec, s'appropriant « légalement » (aux yeux d'un état maçonnique) le nom. Il est plus facile d'écraser que de faire respecter l'enseignement catholique dans les institutions.

Zanotti-Sorkine en citations :

« Je ne connais pas l'homosexualité, comme je ne connais pas l'hétérosexualité. Je ne connais que des êtres vivants qui essaient d'aimer. » (source https://www.youtube.com/watch?v=N2ZhbyD1bIE&t=1512s)

« Et d'ailleurs, ce garçon, cette fille, ne se résume pas à cette particularité [homosexualité]. Moi je pense qu'il faudrait, aujourd'hui, dans l'Eglise, beaucoup de pudeur, beaucoup de discrétion et permettre aux êtres de vivre, comme ils l'entendent, mais attention, dans l'amour. » (source https://www.youtube.com/watch?v=N2ZhbyD1bIE&t=1512s)

« C'est ainsi que le pape François, inspiré par le ciel - comme il l'a révélé lui-même - s'est retrouvé dans l'obligation de placer toute l'Eglise en état de miséricorde. » (source Zanotti-Sorkine, Bonté divine ! Editions Artège, 2016. P. 12.)

« [..] parce que le pape secoue le cocotier de nos fixités, de nos idées mondainement logiques, de nos trains-trains, de nos égoïsmes, et qu'il entend faire goûter au monde la saveur d'un Evangile pur. »  (source Zanotti-Sorkine, Bonté divine ! Editions Artège, 2016. P. 12.)

« Eh bien, en ce moment, le Saint-Père canarde d'en haut, et il attend que nous, les baptisés, nous achevions le travail là où la Providence nous a placés. Et puis, soyons heureux que notre pape François ne lésine pas avec l'Evangile et qu'il n'admette pas que le cœur chrétien le survole et l'accommode à sa sauce. [...] Cependant, l'Esprit Saint nous dit aujourd'hui « Après Paul VI qui a montré l'intelligence et la finesse de Dieu, après Jean-Paul Ier qui a montré le sourire et la familiarité de Dieu, après Jean-Paul II qui a montré l'universalité et la force de Dieu, après Benoit XVI qui a montré l'humilité et la classe de Dieu, maintenant nous vous donnons François, qui vous montre le cœur miséricordieux de Dieu, pour ne pas dire : l'essentiel de Dieu ! » (source Zanotti-Sorkine, Bonté divine ! Editions Artège, 2016. P. 13.)

L'abbé Hervé Grosjean en citation :



« Au fond, Charlie Hebdo, je préfère que tu t'en prennes aux curés, et même à mon Dieu, plutôt qu'à un gosse de 3 ans mort noyé »


« On peut pas être homophobe quand on est catho, parce que l'homosexualité elle n'a pas été choisie. » (source http://www.lci.fr/societe/sexe-homos-capote-labbe-grosjean-interdire-en-souriant-1548265.html)

Conclusion

Avec l'Apôtre, nous disons qu'il faut mieux obéir à Dieu qu'aux hommes. Prions le Maître de la moisson qu'Il nous envoie des prêtres selon Son cœur !
« Jésus lui répondit: Si quelqu'un M'aime, il gardera Ma parole, et Mon Père l'aimera, et Nous viendrons à lui, et Nous ferons chez lui Notre demeure. Celui qui ne M'aime point ne garde pas Mes paroles; et la parole que vous avez entendue n'est pas de Moi, mais de celui qui M'a envoyé, du Père. » Evangile selon saint Jean 14, 23.

mardi 23 mai 2017

Fausse crise dans TQ: Lumière sur une manipulation savamment orchestrée

 « Je ne connais pas l'homosexualité, comme je ne connais
pas l'hétérosexualité.  Je ne connais que des êtres vivants
qui essaient d'aimer. » -Michel-Marie Zanotti-Sorkine.
Différents livres de cet auteur étaient en vente à la 
procure de l'abbé Berteaux.
Fondé en 2015 par quelques militants, le Mouvement Tradition Québec se plaçait volontairement sous l’aumônerie de l’abbé Pierre Roy, un jeune prêtre canadien-français apprécié pour son patriotisme bien ordonné et pour son intransigeance exemplaire.

L’abbé Roy se retirait de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X suite à un sermon choc, au printemps 2016, qui allait déplaire à la hiérarchie et expliquait sa décision dans une lettre datée du 3 juin 2016 :

« Cette nouvelle ligne de conduite de notre Fraternité est imposée aux prêtres, à de nombreux prêtres qui ne l’ont jamais désirée. Réduction au silence, mutations, promotions, procès, menaces, promesses, exclusion, tout devient légitime quand il s’agit de défendre la « position de la Fraternité » qui est en fait – comme toujours dans les révolutions – la position d’une minorité qui a pris le pouvoir et qui manipule avec habileté une majorité passive. »

Un pèlerinage sous le signe de Vatican II

Malgré le départ de l’abbé Pierre Roy de la Fsspx, le Mouvement Tradition Québec  désireux de poursuivre ses activités collaborait toujours avec la Fraternité. L
’abbé Couture reprit l’aumônerie du mouvement, supérieur du District du Canada, bien que l’abbé Roy n’ait jamais été démis officiellement de ses fonctions.

En automne 2016, le président fondateur du Mouvement, Etienne Dumas, adressait des plaintes au supérieur de district à propos du libéralisme galopant au sein du prieuré de Lévis de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X. La suite des événements allait donner raison à l’aumônier exilé, l'abbé Pierre Roy.


« Il demeure cependant évident que plus la situation ira se dégradant, plus il deviendra nécessaire de s’occuper des âmes qui se sentent trahies et trompées au Québec. » Abbé Pierre Roy, 3 juin 2016.


Chronologie de la manœuvre


Novembre 2016 :

Plusieurs passages des constitutions d’origines du Mouvement Tradition Québec gênent alors la nouvelle aumônerie (qui a déjà son nouveau candidat potentiel au sein de la direction de Tradition Québec) :

« Le Mouvement Tradition Québec possède une identité de buts avec ladite Fraternité. C'est donc comme collaborateur qu’il se place avec cette dernière, conservant toutefois son autonomie, désirant être par sa nature le glaive temporel de l'Église catholique et romaine au Québec. » Constitutions du Mouvement Tradition Québec

L'abbé Olivier Berteaux
Une rencontre est donc organisée à Lévis, les constitutions sont modifiées sous la supervision de l’abbé Daniel Couture et de l’abbé Olivier Berteaux, pour tenter d’assurer un contrôle direct de la Fraternité sur le Mouvement Tradition Québec. Avant cette réunion, l'abbé Couture avait promis à monsieur Dumas que l'abbé Berteaux ne serait présent qu'une partie de la réunion, et qu'il ne se mêlerait pas des constitutions du mouvement (ce qui ne fut pas le cas).

Les deux membres fondateurs, qui composent somme toute la moitié du comité, refusent de signer la constitution truquée.


Décembre 2016 :

Deux membres de Tradition Québec, appuyés par les prêtres du prieuré de Lévis, font tout pour miner la crédibilité et détruire la réputation du président du Mouvement. La médisance, la calomnie et les injures foisonnent de toutes parts contre monsieur Etienne Dumas qui maintient autant que possible les activités et les orientations de Tradition Québec.


Janvier 2017 :


Le président/fondateur E. Dumas
Une ultime rencontre a lieu chez monsieur Dumas. Après 5 heures de négociations infructueuses, les membres fondateurs se refusent à nier aveuglément la subversion des deux membres libéraux au sein du Mouvement Tradition Québec, marionnettes des prêtres de Lévis et également le libéralisme du prieuré de Lévis. Les positions de chacun sont claires et irréconciliables. On reproche entre autre aux fondateurs du mouvement d’être une « bombe à retardement » puisqu’ils s’opposent à un accord avec Rome. À bout d’arguments et profitant de l’épuisement général, l’abbé Couture obtient la démission d’Étienne Dumas et nomme sur le champ son pion. La nouvelle direction désignée par l’abbé Couture tente alors d’imposer sa « constitution modifiée sur mesure ».

Contrairement à ce que vont prétendre les membres de nouvelle direction (désignés par la Fraternité) par la suite, il n’y a pas eu de vote unanime pour la nomination d’un nouveau dirigeant. Monsieur Dumas a cédé momentanément sous la pression de l’abbé Couture.

Revenant à lui-même à la suite de cette rencontre, Etienne Dumas se rend compte qu’il a été le jouet des manigances de l’abbé Couture. Afin de ne pas laisser le mouvement prendre un tournant libéral et accordiste, la seule situation envisageable à ce moment fut la dissolution du Mouvement. Toutes les plateformes du Mouvement sont instantanément  fermées au public. L'abbé Couture menace alors Etienne Dumas, demandant une soumission d'ici 24h. Il exige aussi la remise des différents comptes web du Mouvement Tradition Québec à Joseph Morin, le valet de l'abbé Couture.


7 Février :

Alors que toutes les activités du Mouvement sont suspendues, une nouvelle information est découverte sur internet. La Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X vient tout juste d’enregistrer « Mouvement Tradition Québec »  comme autre nom utilisé au Registraire des entreprises du Québec pour s’approprier légalement l’organisme.


Les membres fondateurs du Mouvement Tradition Québec, refusant que la fermeture du Mouvement serve à une récupération et soit une façon d’imposer le tournant qu’ils avaient refusé, remettent donc les plateformes web du Mouvement en ligne.

Continuant dans son obstination à récupérer le mouvement contre le gré de tous ses fondateurs, la Fraternité entreprend dès lors d’ouvrir un site web du même nom, parallèle à la plateforme officielle du Mouvement, avec l’aide de celui qu’elle a désigné comme président docile.


19 février :

Les noms de domaines traditionquebec.ca et traditionquebec.com sont enregistrés par la Fraternité, pour faire embûche au site officiel du Mouvement toujours dirigé par les membres fondateurs. Une copie du site est en construction et les usurpateurs font pression sur les collaborateurs du Mouvement pour récupérer le matériel accumulé par Tradition Québec.


Mars 2017 :

L’abbé Daniel Couture et Joseph Morin, le candidat de la Fraternité pour diriger le mouvement usurpé, se rendent, le 2 mars,  à une soirée du « Groupe de Réflexion sur les Enjeux du Québec », revendiquent publiquement le Mouvement Tradition Québec et présentent leur « nouveau Mouvement Tradition Québec ».

Les membres fondateurs apprennent que l'abbé Daniel Couture, supérieur du district du Canada de la FSSPX, ainsi que Joseph Morin - le candidat de l'abbé Couture à la tête du Mouvement Tradition Québec -, ont préparé une lettre de mise en demeure, à l'endroit des fondateurs du Mouvement Tradition Québec ? L'objet du « délit » ? L'utilisation du nom Mouvement Tradition Québec, récemment enregistré, en catimini, par la FSSPX.

Un protocole d'épuration

L'abbé Daniel Couture
Les manœuvres secrètes, la calomnie, la médisance, les menaces, l’usurpation…  Quelles manœuvres grotesques l’abbé Daniel Couture est-il encore prêt à approuver pour parvenir à ses fins?

La garantie d’une mainmise sur un Mouvement actif et fertile vaut-elle la peine que l’on puise dans l’aumône des fidèles pour enregistrer des entreprises, ouvrir des sites internet et faire la guerre à des militants qui refusent d’abandonner les principes chrétiens? L’abbé n’a-t-il rien d’autre à faire que de s’en prendre à quelques pères de famille qui veulent faire quelque chose pour le retour de la Foi dans leur pays? À quoi bon organiser des congrès sonores sur le règne du Christ-Roi lorsqu’on agit ensuite de cette façon totalitaire? La Fraternité est-elle la seule qui ait le droit de travailler au retour du règne du Christ? Le fait que tous les membres fondateurs du groupe refusent le tournant qu’il veut imposer et l’imposture d’un deuxième mouvement portant le même nom ne lui suffit-il pas pour ouvrir les yeux, fonder un mouvement d’un nom différent, et laisser la paix et la liberté des enfants de Dieu à ces jeunes militants? N’a-t-il pas des problèmes plus urgent à régler dans sa boutique pour vouloir enlever la paille dans les yeux du voisin? Autant de questions qui restent sans réponse.
Joseph Morin

Suite (et fin ?)

Suite à l'intervention d'un prêtre et d'un combattant catholique des débuts de la crise de l'Eglise, le nom Mouvement Tradition Québec revient à ses fondateurs. En effet, plus d'une calomnie fut utilisée par le camp libéral afin d'empêcher cela. Finalement, le droit l'a emporté. L'abbé Daniel Couture fut obligé de désenregistrer le nom machiavéliquement volé.

Combien aura coûté cette histoire ? Nul ne le sait. Néanmoins, la provenance est claire : les dons des fidèles. Pendant ce temps, c'est l'école Sainte-Famille, qui est en difficulté financière (sans oublier les scolarités d'enfants qui ont récemment monté). Ne parlons pas des dimanches où il y a 3 différentes quêtes ! « C'est avec des cennes qu'on fait des piastres ». N'ont-ils pas d'autres priorités ?

lundi 22 mai 2017

Grand-messe de la saint Jean-Baptiste au Saguenay


Tradition Québec vous invite à sa Grand-Messe de la Saint-Jean-Baptiste, le samedi 24 Juin à Saguenay.

9H00     - Confessions
10H00   - Messe catholique traditionnelle (Abbé Pierre Roy, USML)
12H00   - Barbecue sur place

-Kiosques
-Discours patriotiques
-Et plus encore...

Samedi le 24 Juin,
649 rue Gosselin, Chicoutimi, G7J 4K2

Nous Joindre:

Mouvement Tradition Québec
1-581-221-2344



mardi 16 mai 2017

Piège romain

Tradition Québec met à la disposition des gens un article de monsieur Albert Laurent, à propos de la « Lettre des doyens » et de la dernière attaque de Rome contre la famille. Espérons qu'il « réveille » les indécis qui « attendent de voir ce qui va arriver ». Bonne lecture.


Albert Laurent, consultant et père de famille nombreuse, collabore régulièrement à Fideliter, la revue de la Fraternité St Pie X en France. Il nous communique l’article suivant.


Les signataires de la Lettre des doyens.

Le dimanche 7 mai dernier, sept prêtres doyens du district de France de la Fraternité St Pie X ont pris publiquement position contre le dernier texte du Vatican relatif aux mariages célébrés dans la Tradition catholique. Leur déclaration lue en chaire a fait grand bruit, surtout dans ses conséquences immédiates. Les prêtres en question ont effectivement été suspendus de leur charge de doyen et l’abbé Patrick de la Roque, considéré comme l’instigateur de cette action, a été démis de ses fonctions de « curé » de St Nicolas du Chardonnet. Comme chacun sait, cette affaire intervient dans un contexte de rapprochement entre Rome et la Fraternité. Comment faut-il l’analyser ?

De qui s’agit-il ?

Au sein de la société religieuse fondée par Mgr Lefebvre, l’apostolat des prêtres est organisé à partir d’un prieuré. Un doyen est un prieur d’expérience, référent au sein d’une région elle-même partie d’un ensemble plus vaste appelé district (ou pays). Le district de France comprend ainsi dix doyennés. La déclaration a donc été souscrite par sept doyens sur dix. En outre, l’ensemble des communautés religieuses traditionnelles, branches masculines, présentes en France (bénédictins de Bellaigue, capucins de Morgon et Fraternité de la Transfiguration) ont signé le document. La déclaration est donc revêtue d’une autorité morale indéniable. Il serait imprudent de la balayer d’un revers de main, en réduisant l’initiative à « quelques prêtres du District de France » (« A propos d’une lettre de quelques prêtres aux fidèles du District de France », 11 mai 2017, publié sur le site d’actualités officiel de la Maison générale de la FSSPX). Par ailleurs, ces prêtres sont réputés en France pour leur sérieux, leur zèle pastoral, leur solidité doctrinale et spirituelle. Ils sont unanimement reconnus, respectés et aimés des fidèles.

Ces prêtres ont-ils agi sans en référer à leur hiérarchie ? C’est le reproche formulé dans l’article précité : « quelques prêtres ont imprudemment lu en chaire et diffusé une Lettre adressée aux fidèles, sans en aviser le Supérieur de District, mettant en cause la direction de la Fraternité Saint-Pie X » Cette affirmation est manifestement fausse. Depuis des semaines, ces prêtres ont alerté leurs supérieurs sur les problèmes posés par le texte romain sur les mariages et, de façon plus générale, sur les dangers d’un ralliement de la Fraternité à Rome sous la forme canonique d’une prélature personnelle. Mais face à l’inertie devant laquelle ils se trouvaient, les prêtres doyens ont pris leur responsabilité. L’abbé de la Rocque devait rencontrer le supérieur du District de France le mercredi 3 mai pour lui faire part du texte de la déclaration. Il a été reçu finalement le vendredi 5 mai, donc avant la publication réalisée le dimanche suivant, comme l’abbé Bouchacourt vient d’ailleurs de le reconnaître au journal Présent daté hier.[lien vers l’article sur Tradinews]. D’autre part, une lecture attentive et loyale du texte des doyens ne permet pas d’identifier de mots ou d’expressions qui remettraient en cause de l’autorité générale de la Fraternité.

De quoi s’agit-il ?

Venons maintenant au fond du sujet soulevé par la lettre. Derrière une bienveillance apparente, le texte

romain du 27 mars 2017 présente en fait une forme concrète de ralliement dans un domaine précis, celui du mariage
. Jusqu’à présent, devant l’impossibilité de recourir aux curés de paroisse officielle pour cause de modernisme, les fidèles de la Tradition étaient mariés sous la forme extraordinaire, parfaitement prévue dans le droit canon de l’Eglise. Le texte romain remet l’évêque diocésain au cœur du dispositif. Celui-ci pourra donner totalement délégation aux prêtres de la Fraternité pour recevoir les consentements des époux, « en cas d’impossibilité ou lorsqu’il n’existe pas de prêtre du diocèse qui puisse recevoir le consentement des parties ». Mais le type d’impossibilité n’est pas précisé et, surtout, il s’agit d’une simple faculté accordée à l’évêque. Il pourra donc très bien ne pas exercer cette faculté et imposer aux époux le prêtre diocésain de son choix. On voit bien les situations difficiles qui pourront se présenter. Que se passera-t-il si l’évêque ne donne pas sa délégation ? Le mariage sera-t-il considéré comme valide si les fidèles de la Fraternité passent outre ?

De façon plus générale, accepter de soumettre nos mariages à la juridiction ordinaire, c’est accepter de se soumettre aux tribunaux ecclésiastiques qui jugent ces questions. Or ces tribunaux ont une conception erronée du mariage, issue de Vatican II, qui assure la primauté de la fin seconde (bien-être personnel des époux) sur la fin première (génération et éducation des enfants). De fait, ces tribunaux déclarent nuls des mariages certainement valides, chose encore aggravée par la récente procédure simplifiée du pape François.

Autre faiblesse du texte : le texte romain ne tranche pas la validité des mariages traditionalistes célébrés avant ces nouvelles dispositions. C’est une grande injustice qui aurait pu être réparée et qui demeure.

En conclusion, le texte de la commission Ecclesia Dei, bien qu’ayant reçu dans ses grandes lignes l’aval de la Maison générale de la Fraternité Saint Pie X (« pour que ces dispositions romaines en faveur des mariages dans la Tradition puissent être reçues sans doute ni ambiguïté par tous les prêtres… ») présente une logique propre qui est de celle du ralliement aux autorités conciliaires et en cela, ne peut être accepté. Car derrière cette question juridique du mariage se trouve une question de fond : peut-on se placer délibérément sous une autorité moderniste sans mettre en danger son âme ?

Par leur action courageuse, ces prêtres, nos prêtres, ont dénoncé le piège romain. Se faisant, ils ont sauvegardé l’essence du combat de la Tradition. Honneur et soutien à eux.

Albert Laurent

samedi 29 avril 2017

Nos origines littéraires : L'abbé Ferland

L'abbé Ferland.
L'abbé Jean-Baptiste-Antoine Ferland (1805-1865). F.-X. Garneau n'était pas encore disparu, son oeuvre
littéraire comptait dix ans à peine, que déjà un autre historien lui disputait la faveur du public : l'abbé Jean-Baptiste-Antoine Ferland.

Né à Montréal en 1805, l'abbé Ferland fit de fortes études au collège de Nicolet. Tour à tout professeur à Nicolet, vicaire, curé, et enfin attaché à l'Archevêché de Québec, en 1850, et professeur à l'Université Laval en 1855, l'abbé Ferland était doué des talents les plus variés. Il consacra ses dernières années à l'étude de l'histoire du Canada, et donna à l'Université Laval, de 1856 à 1862, des leçons qui furent très recherchées. Ce sont ces cours de l'Université qu'il commença à publier, en 1861. Il n'en put faire paraître qu'un volume ; le deuxième fut édité par les soins de ses amis. La maladie et la mort l'empêchèrent de continuer son oeuvre. L'abbé Ferland mourut à Québec en 1865.

Le Cours d'Histoire du Canada ne comprend que les années de la domination française. Il est regrettable que l'auteur n'ait pu pousser plus loin son travail. L'abbé Ferland possédait les meilleures qualités de l'historien. Il se recommande surtout par la plus scrupuleuse méthode scientifique. Il alla jusqu'aux archives de Londres et de Paris consulter les documents de première main. Son séjour en Europe, pendant les années 1856 et 1857, n'avait d'autre but que de lui permettre de puiser aux sources les matériaux de son Histoire. Il n'a pas suffisamment indiqué, dans ses ouvrages, ses références aux documents authentiques, mais il n'a écrit qu'en s'appuyant sur ces documents. Aussi a-t-il pu rectifier un grand nombre de dates mal établies avant lui, et jeter sur des faits qu'on n'avait pas toujours bien appréciés une lumière nouvelle. Il comprit mieux que Garneau le caractère religieux de nos origines historiques, et rendit, à ce point de vue, meilleure justice à ceux qui en furent les principaux ouvriers.

Ferland a étudié avec soin les détails de la vie et des mœurs de la Nouvelle-France. Il a insisté sur le caractère et les coutumes des Indiens ; et il a fait pénétrer le lecteur, autant que cela était alors possible, dans les habitudes curieuses de ces peuples barbares. Mais c'est surtout l'établissement de la colonie, et les premiers développements de notre histoire qu'il a soigneusement racontés.

L'abbé Ferland n'a pas la verve brillante de Garneau ; il s'applique moins que lui à développer des considérations générales, mais il serre de plus près le détail précis. La langue qu'il écrit est claire, limpide, alerte, bien française, ornée surtout de la plus franche simplicité.

Il faut ajouter au crédit de l'abbé Ferland des opuscules et des articles qui sont du plus grand intérêt : Journal d'un voyage sur les côtes de la Gaspésie, Louis-Olivier Gamache, Le Labrador, Notice biographique sur Mgr Joseph-Octave Plessis. Ces études ont paru dans le Foyer Canadien, de 1861 à 1863.


-Mgr Camille Roy, Manuel d'histoire de la littérature canadienne de langue française. Librairie Beauchemin limitée. Montréal, 1955. Pp 37-38


Livres de l'abbé Ferland en téléchargement ici.

mercredi 12 avril 2017

La mort de Jésus-Christ

Ecce homo, par Philippe de Champaigne
En cette semaine sainte, le Mouvement Tradition Québec vous propose la lecture d'un extrait sur la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ. C'est sous la plume d'un de nos plus grands compatriotes, le juge Adolphe-Basile Routhier (auteur du Ô Canada), que nous contemplerons ce mystère qu'est la mort d'un Dieu sur la croix pour le rachat de l'humanité. Bonne fin de carême à tous.


Il y a eu des hérétiques qui ont nié l'humanité de Jésus-Christ, comme il y en a eu qui ont nié sa divinité. Mais la meilleure preuve qu'il pouvait donner de son humanité, il l'a donnée en subissant le sort commun à tous les mortels.

Comme tous les fils d'Adam, il est mort ; et pour que personne n'en ignore, il a rendu le dernier soupir sur
une croix, aux portes d'une grande ville, en plein jour, au milieu d'une foule de spectateurs.

Il est mort après avoir subi toutes les ignominies, après avoir été flagellé et présenté au peuple sous ce titre qui supprimait jusqu'à son nom : Ecce Homo, voilà l'Homme!

Oui, c'était bien l'homme, type de faiblesse et d'impuissance que la mort tenait déjà sous sa main.

Et cependant, si Pilate avait raison de dire en présentant Jésus au peuple : Ecce Homo nous avons le droit de nous écrier même à cette heure où nous le voyons mourir : Deus! Ecce Deus!

Mais comment la divinité peut-elle nous apparaître dans ce fait essentiellement humain, la mort? Quels traits divins y signalerons-nous?

I. - Le premier qui frappe l'observateur dans les circonstances qui ont entouré la mort du Christ, c'est qu'il l'a prophétisée, annoncée à ses disciples, avec tous les détails qui devaient l'accompagner.

L'avenir pour l'homme c'est l'inconnu ; et nul ne peut dire combien de temps il doit vivre encore, à quelle date et de quelle manière il mourra.

Mais Jésus connaît sa destinée, parce qu'il est Dieu, et il veut en découvrir le douloureux secret à ses disciples. Il sait que sa mort sera pour eux l'effondrement de leurs espérances, et à différentes reprises il essaie de les préparer et de leur faire comprendre la nécessité de son sacrifice.

Plusieurs mois avant sa Passion, en Galilée, il leur dit « qu'il ira à Jérusalem, qu'il souffrira beaucoup de choses, qu'il sera rejeté par les Anciens, les Scribes et les Princes des prêtres, qu'il sera mis à mort et qu'il ressuscitera le troisième jour. »

Les disciples sont consternés, et Pierre, parlant au nom de tous, dit à son Maître : « Non, il ne faut pas qu'il en soit ainsi ; non, cela n'arrivera pas. »

Mais Jésus reprend Pierre durement, et il réaffirme qu'il faut qu'un Dieu souffre et meure pour sauver l'humanité. Bien plus, il faudra que les disciples souffrent et meurent pour le Maître.

Jésus voit déjà la croix dressée devant lui, et il leur dit : « Si quelqu'un veut venir après moi, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive! »

Mais quelques jours après, Jésus était transfiguré sur le mont Thabor ; et les apôtres, témoins de sa puissance et de sa gloire, se reprenaient à espérer un Messie vainqueur, rétablissant le royaume d’Israël. C'est pourquoi Jésus descendu du Thabor leur dit, en cheminant vers Capharnaüm : « Mettez bien ces paroles dans votre cœur : Le Fils de l'homme doit être livré entre les mains des hommes ; ils le tueront et, le troisième jour après sa mort, il ressuscitera. »

La Transfiguration, par Rubens.
Plusieurs mois se passent, et Jésus, accompagné des apôtres, gravit le chemin montagneux qui conduit de Jéricho à Jérusalem. Béthanie est devant lui et lui offre l'hospitalité. Dans deux jours, il fera son entrée triomphale à Jérusalem, et l'avenir sourira de nouveau à ses disciples, qui verront dans ce triomphe un prélude de son règne.

Mais Jésus leur dit encore ces tristes paroles : « Nous montons à Jérusalem ; tout ce que les Prophètes ont écrit sur le Fils de l'homme va s'accomplir. Il sera livré aux Princes des prêtres, aux Scribes et aux Anciens, et ils le condamneront à mort. Ensuite, ils le livreront aux païens pour être insulté, flagellé et couvert de crachats ; et après qu'ils l'auront flagellé, ils le crucifieront ; et le troisième jour il ressuscitera. »

Encore quelques jours, et cette lugubre prédiction s'accomplira à la lettre. Non seulement Jésus prédit qu'il va mourir, alors qu'il est dans toute la vigueur de l'âge et de la santé. Mais il décrit le genre de mort qu'il va subir et tous les détails de sa douloureuse Passion.

N'est-il pas évident qu'un Dieu seul pouvait prédire des événements avec cette précision ?

II. - Mais  non seulement Jésus a prophétisé sa mort ; il s'est livré librement à ses bourreaux et il a choisi lui-même le genre de mort le plus ignominieux.

La nature humaine ne va pas volontairement au-devant de la mort, et, quand elle s'y dévoue, elle cherche naturellement une mort glorieuse et, autant que possible, la moins douloureuse.

Jésus agit différemment. Il pouvait fuir la mort, il marche à sa rencontre. Quand les soldats vont l'arrêter, il les renverse par terre en prononçant cette seule parole : « C'est Moi ! » S'il voulait les appeler, des légions d'anges viendraient le défendre et le sauver.

Mais il a fait généreusement le sacrifice de sa vie. « Nul ne m'ôte la vie, dit-il, je la quitte de moi-même, j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre. » Et voilà comment on voit humblement soumis à toutes les humiliations et à toutes les tortures celui qui, depuis trois ans, commandait aux éléments, renversait toutes les lois de la nature physique, et ressuscitait les morts.

Seule une vertu divine peut abdiquer à ce point l'exercice de sa souveraineté. Mais pendant que la souveraine puissance de Jésus s'éclipsait ainsi dans sa personne, elle éclatait au dehors. Le soleil s'éclipsait en même temps que son Créateur. Le voile du temple se déchirait, la terre tremblait, les rochers se fendaient, plusieurs tombeaux s'ouvraient et les morts ressuscitaient, et le Centurion, témoin de cette mort extraordinaire, s'écriait : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu ! »

III. - La prédiction de sa mort et la libre détermination avec laquelle il va au-devant, dépassent la nature humaine ; mais sa nature divine se révèle peut-être encore plus éloquemment dans les circonstances de cette mort. Jésus ne pouvait être sauver qu'en se faisant victime, et il fallait que cette victime fût d'un mérite infini. Les sacrifices sanglants que les peuples avaient multipliés pendant quarante siècles avaient pu avoir quelque mérite expiatoire pour les individus, mais ils auraient été insuffisants pour la rédemption du genre humain. Le sacrifice d'un Dieu pouvait seul racheter l'humanité ; il fallait pour cela que ce Dieu eût dans ses veines le sang d'un homme, afin de pouvoir le verser en sacrifice.

Nous croyons avoir déjà montré que Jésus était dans les conditions voulues, étant à la fois Dieu et homme, pour offrir à Dieu le sacrifice nécessaire. Voyons maintenant s'il a vraiment fait son sacrifice d'une manière digne d'un Dieu.

L'heure des ténèbres est venue. Satan triomphe, et Judas va consommer sa trahison. L'auguste Victime est prête à sacrifier tout ce qu'elle est et tout ce qui lui appartient. Le plus grand des biens de l'homme est sa liberté : Jésus sacrifie la sienne. Il se livre aux satellites de Judas. Le voici dans la cour du grand-prêtre les mains liées, ces mains qui ont façonné la terre, et qui ont lancé dans l'espace le soleil, la lune et tous les astres. Ces mains qui s'étendaient naguère pour bénir et pour guérir. Après sa liberté, le bien que l'homme chérit davantage, c'est son honneur et sa gloire. Or, elle était bien éclatante, la gloire de Jésus. On l'appelait le Prophète, le Messie, le Fils de David appelé à rétablir le royaume d'Israël. Mais voici qu'il est arrêté, enchaîné, traduit devant les tribunaux. Voici qu'on le dénonce comme un blasphémateur, un impie, un révolté contre la Loi de Moïse. Il est ennemi de César et il soulève le peuple. Il veut renverser le temple, symbole vénéré de la religion des Juifs. Bien plus, il veut se substituer à Jéhovah, en en se déclarant Dieu lui-même.

On le trouvait bien éloquent naguère, et l'on disait que personne n'avait jamais parlé comme lui. Et maintenant, il a comparu devant les Prêtres et n'a pas su leur répondre. Devant Hérode, il n'a pas dit un seul mot. On l'accuse, et il ne se défend pas.

La Crucifixion de Notre-Seigneur, par Tintoretto
C'est fini, son honneur et sa gloire se sont évanouis.

Conservera-t-il au moins sa réputation d'honnête homme ? Non, elle aussi doit être sacrifiée. Il est mis en parallèle avec Barrabas, voleur, assassin, débauché, et la foule, le suffrage universel, lui préfère Barrabas. Il est plein de santé, et c'est un des grands biens de ce monde. Il est jeune encore, il a devant lui un demi-siècle de vie heureuse, s'il le veut. Il consent à mourir sans plus tarder.

Il lui reste son corps, ce corps si pur et si beau, formé par l'opération du Saint-Esprit dans le sein d'une vierge, et que les anges seuls sont dignes de toucher. Il le livre aux fouets, aux soufflets, à tous les outrages des valets et des bourreaux.

Il avait des vêtements, on l'en a dépouillé. Quelques gouttes de sang coulent encore dans ses veines, il les répand. Et avant de rendre le dernier soupir, il donne sa mère au genre humain qui le fait mourir.

Tout cela n'est-il pas surhumain ? Y a-t-il dans toute l'histoire un homme qui soit mort ainsi ? Non, la nature divine de Jésus se révèle dans sa mort comme dans sa vie ; et Jean-Jacques Rousseau avait raison de dire : « Si la mort de Socrate est d'un Sage, la mort de Jésus-Christ est d'un Dieu. »


-Sir Adolphe-Basile Routhier, De l'homme à Dieu - Essai d'apologétique pour les hommes du monde. Librairie J. P. Garneau. Québec, 1913. Pp. 223-229.

samedi 8 avril 2017

Autour du drapeau national

Le Mouvement Tradition Québec propose un extrait sur le drapeau Carillon Sacré-Cœur, du livre Le drapeau national des Canadiens Français, par le Comité de Québec, 1904.

Pourquoi Carillon ?

Pourquoi notre bannière de Carillon ? - Parce que la bataille de Carillon est la seule qui soit restée légendaire
parmi le peuple, à cause peut-être de la part brillante que nos pères y ont prise, « rivalisant d'ardeur, dit un historien étranger, avec les vieille compagnies de France. » On racontait jadis que la Vierge était apparue dans la bataille, et que les balles des Anglais allaient se perdre dans les plis de sa robe.

Notre bannière de Carillon, parce que, rapporté de Carillon, après la bataille, par le père Berey, aumônier des troupes, alors que nos pères durent retourner à la culture de leurs terres ; suspendue à la voûte de l'église des Récollets, à Québec ; sauvée providentiellement de l'incendie qui détruisit cette église en 1796 ; conservée par le Frère Louis, dernier survivant des Récollets au Canada ; remise par lui, en 1847, à M. L.-G. Baillairgé, et aujourd'hui gardée précieusement dans la voûte des archives de l'Université Laval, à Québec, cette bannière est le seul souvenir que nous ayons des glorieux combats du passé.

Notre bannière de Carillon, parce qu'elle a été chantée et immortalisée par le plus aimé de nos poètes :

Quand tu passes ainsi comme un rayon de flamme,
Ton aspect vénéré fait briller dans notre âme
Tout ce monde de gloire où vivaient nos aïeux.
Leurs grands jours de combat, leurs immortels faits d'armes,
Leurs efforts surhumains, leur malheurs et leurs larmes,
Dans un rêve entrevu, passent devant nos yeux. 
O radieux débris d'une grande épopée !
Héroïque bannière au naufrage échappée !
Tu restes sur nos bords comme un témoin vivant
Des glorieux exploits d'une race guerrière,
Et sur les jours passés répandant ta lumière,
Tu viens rendre à son nom un hommage éclatant. 
Ah ! bientôt puissions-nous, ô drapeau de nos pères !
Voir tous les Canadiens, unis comme des frères,
Comme au jour du combat se serrer près de toi !
Puisse des souvenirs la tradition sainte,
En régnant sur leur cœur, garder de toute atteinte
Et leur langue et leur foi ! 
Crémazie

Notre bannière de Carillon, parce qu'un drapeau qui porte avec soi quelque grand et glorieux souvenir est plus propre qu'un autre à susciter des prodiges de valeur et de dévouement. Quand viendra l'heure du danger - si l'avenir nous réserve des dangers - la jeunesse militaire, regardant son drapeau et se rappelant la victoire qu'il symbolise, se dira dans un frémissement d'enthousiasme: « Où le père a passé, passera bien l'enfant. »

Notre bannière de Carillon enfin, parce qu'il n'y a pas un Canadien qui refusera de l'accepter, tandis que pour tout autre drapeau, il pourra y avoir de nombreuses abstentions.

Le Messager Canadien du Cœur de Jésus (juin 1903) résume bien les raisons qui militent en faveur de Carillon:

« Il y a un tel rayonnement de gloire autour de ce drapeau que l'imagination populaire en est comme fascinée. Et avec raison. C'est qu'il rappelle l'un des plus beaux faits de notre histoire, toute une épopée glorieuse dont l'éclat rejaillira à jamais sur notre race. Il y a du reste été immortalisé par le grand poète québecquois dans n chant célèbre terminé par cette strophe émue: Ah ! bientôt puissions-nous, ô drapeau de nos pères ! etc. »

Aussi nommer Carillon, cela suffit pour faire vibrer à l'unisson tous les cœurs canadiens-français dans un même sentiment de patriotisme.

On objectera peut-être que l'on ne saurait établir l'authenticité de ce drapeau avec toute la certitude désirable. Mais n'a-t-il pas en sa faveur la croyance du peuple ? Et puis, c'est certainement une relique française de l'époque, à laquelle on a attaché le nom glorieux de Carillon. Est-ce que cela ne devrait pas nous suffire ? Pourquoi y regarderions-nous de si près ? Puisque nous voulons avoir un drapeau bien à nous, de quelle autre matière le ferons-nous donc ce drapeau, bien nôtre, bien national, bien canadien-français ?

Où trouver un étendard plus populaire et qui résume mieux l'attachement au sol, l'attachement à la religion et le souvenir de la patrie d'origine ? Si ce sont là vraiment les éléments de notre patriotisme, pourquoi ne pas nous contenter du drapeau de Carillon ?

Avec tous ces titres en sa faveur, il s'impose à notre choix de préférence à tout autre.


-Comité de Québec, Le drapeau national des Canadiens Français - Un choix légitime et populaire. 1904. Pp. 23-25

vendredi 7 avril 2017

Présentation du livre Manifeste politique et social

Paru pour la première fois en 1964, le Manifeste politique et social du colonel Chateau-Jobert se veut un guide d'instruction contrerévolutionnaire.

Qui est le colonel Chateau-Jobert ?

Le colonel Pierre Chateau-Jobert est né en 1912 à Morlaix (France). Engagé dans l’armée comme simple soldat, il gravit les échelons et devint colonel en 1956. Il combattit lors de la deuxième guerre mondiale à la tête d’une unité de S.A.S., puis participa à la guerre en Indochine et en Algérie. Lors de l’abandon de l’Algérie française par de Gaulle, Chateau-Jobert rejoignit l’O.A.S. Condamné à mort par contumace, il mit à profit ses années de clandestinité pour étudier la Contrerévolution. Le colonel Chateau-Jobert a écrit deux livres majeurs : Doctrine d’action contrerévolutionnaire et La confrontation Révolution-Contrerévolution. Il est décédé le 29 décembre 2005 à Caumont-l'Eventé, dans le Calvados (Normandie). Il fut inhumé le 3 janvier 2006 à Morlaix, en Bretagne.

Manifeste politique et social

Véritable condensé de la doctrine sociale de l'Eglise catholique, le colonel Chateau-Jobert entend proposer un manuel où tous pourront puiser, avec profit, la marche à suivre. La Révolution a ses manuels, ses orateurs, ses doctrinaires, osons-le dire, son système d'éducation, eh bien, la Contrerévolution doit aussi avoir ses manuels. Regrettant le fait qu'il soit nécessaire de consulter bon nombre d'ouvrages différents afin de balbutier sur la loi naturelle et l'ordre, Chateau-Jobert nous propose ici une somme de ses lectures. Le militant contrerévolutionnaire a maintenant son « bréviaire ».

Division du livre

Comptant 150 pages dans sa seconde édition (Diffusion de la Pensée Française), le Manifeste politique et social se divise en 4 parties :

  • Une doctrine politique et sociale
  • Le fondement de l'ordre naturel face à la mystification marxiste
  • Une doctrine universelle
  • La conclusion s'impose : un mouvement contrerévolutionnaire

Ses supérieurs militaires disaient de lui : « N'ayez crainte, avec Chateau-Jobert les affaires avancent ». C'était bien dire. En effet, le colonel fut un homme du terrain. Ayant perçu la racine du mal moderne, il commence son travail contrerévolutionnaire avec ce livre en n'amenant que des arguments d'ordre naturel. Une fois les fondations de l'édifice solidement établis - comme saint Thomas d'Aquin avant lui -, Chateau-Jobert remonte de l'ordre naturel à l'ordre surnaturel. 

Édition Diffusion de la Pensée Française
1973.
La doctrine catholique vous donne le vrai moyen d'agir pour le bien des hommes. Elle est applicable par n'importe qui et aussi bien par ceux qui n'ont pas la Foi. Appliquez-la à fond ; vous faciliterez ainsi la rééducation de l'humanité, indispensable pour un ordre social vraiment soucieux du bonheur des hommes.
Si vous estimez que vous avez un devoir envers la société et si vous estimez que la Doctrine vous offre le moyen sûr de l'accomplir, alors ce n'est pas parce que votre vie privée n'est pas toujours orientée vers le perfectionnement moral que vous propose par ailleurs cette doctrine que vous devez ajouter à vos erreurs personnelles une faute grave envers la société. Sur le plan politique et social, agissez en chrétien, même si vous ne l'êtes pas ; ce sera toujours ça. Vous serez sûr de ne pas vous tromper.
Manifeste politique et social, pages 105-106.


La loi naturelle, fondement de la doctrine

Vivant dans un monde donné, l'homme n'est pas indépendant vis-à-vis de ce monde ; il n'est pas indépendant vis-à-vis de la nature de ce monde. S'il veut vivre, toutes ses activités doivent respecter la loi naturelle qui le pousse, par exemple, à s'organiser en société : il peut transgresser cette loi pendant un temps sans en apercevoir immédiatement les conséquences. Mais celles-ci se manifestent toujours. De même qu'un homme, se prenant pour un oiseau, peut se jeter par la fenêtre et croire un instant qu'il vole jusqu'au moment où il s'écrasera au sol, de même l'homme ou la société peuvent repousser un temps la loi naturelle et se croire indépendant ; mais en fin de compte ils y perdront une sécurité, une quiétude, un bonheur qui s'offrent à eux.

La loi naturelle, que la raison peut théoriquement découvrir, est en somme un guide pour l'homme dans sa recherche du bien, du mieux, dans la recherche de son véritable épanouissement. Elle est une inspiratrice de perfectionnement dans tous les domaines, tant intellectuels qu'artistiques, moraux, matériels et physiques. En effet elle est une et ne dissocie pas, en l'homme l'animal du raisonnable. Elle respecte chacun des caractères de l'homme, qu'elle définit néanmoins comme un tout.

Conclusion

Ce livre est destiné aux catholique et aux non-catholiques, soucieux du bien commun de leur patrie. On regrettera que le livre n'insiste pas assez sur la nécessité de la conversion, seul moyen de plaire à Dieu. Toutefois, sa pensée est la suivante : par la force et le réalisme de la doctrine catholique, nous pouvons convaincre les indécis à se rallier sous l'étendard de la civilisation chrétienne. Avec notre humble expérience de militant catholique, nous devons avouer que la stratégie de combat qu'adopte le colonel Chateau-Jobert porte fruit.

Tel Notre-Seigneur lorsqu'il dit qu'il n'était pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs, Chateau-Jobert veut, à sa manière, amener l'homme de bonne volonté en haut. Dans un monde s'éloignant de plus en plus de Dieu, donc, en définitive, de l'ordre naturel, ce court opus rappelle les principes fondateurs de l'ordre du monde. Nous recommandons ce livre à quiconque veut se former et approfondir la doctrine contrerévolutionnaire.


Disponible aux éditions de Chiré ici.


-Etienne Dumas
Mouvement Tradition Québec

mercredi 5 avril 2017

« Système » et Révolution

Si le peuple voulait prendre conscience de ce qui se trame contre lui il se demanderait, devant l'imminence du
Colonel Pierre Chateau-Jobert
danger, comment on a pu en arriver là sans qu'il s'en aperçoive. Il serait effrayé de la malignité d'un adversaire qui, depuis des siècles, prépare « à petits pas » l'asservissement de l'humanité. Actuellement, il n'y veut pas croire et même le communisme trouve dans les familles aisées et chez les « bourgeois » une passivité conciliante qui est la preuve la plus flagrante de la pénétration et de la gravité du mal.

Par ailleurs, quand on parle d'un « marxisme » ou d'un « libéralisme » qui abolit la liberté, on est tenté de voir là des notions abstraites, donc peu dangereuses, alors que ces deux conceptions, communisme et libéralisme technocratique, aboutissent l'une et l'autre à une exploitation de l'homme en lui refusant le respect de ses droits.

Ce mal, depuis longtemps, a pour nom la « Révolution ».

Dans les Pays encore libres, à part les Espagnols et les Portugais peu de gens se préoccupent de ce qu'est la Révolution. Certains, cependant, sans s'en soucier pour autant, en connaissent très bien l'un des aspects, celui que l'on nomme en France le « Système » : système politique pourri qui se remplace par lui-même à tous les changements de gouvernement ou de République. Ce système, inexorablement, mène la France à sa perte : une France déjà réduite à son « hexagone » métropolitain, qui lui-même sera bientôt « désintégré » dans un ensemble plus grand ; une France dans laquelle les Français ont perdu la liberté de s'exprimer et bientôt la liberté de penser ; une France dans laquelle les Français sont prêts pour l'esclavage.

Mais quel est le pays dit « libre » qui ne subit pas les mêmes attaques ? Toutes les Nations supportent la pression de plus en plus lourde des systèmes révolutionnaires qui pénètrent habilement dans les structures des Etats, gangrènent leur élites et leurs institutions.

Tout comme les hommes, les peuples croient facilement que ce qui arrive aux autres ne risque pas de leur arriver. Celui qui n'a pas eu sa guerre d'Espagne, sa terreur soviétique ou sa répression hongroise, s'imagine que c'est là l'affaire des autres. Chacun se croit un cas particulier sans rapport avec les manifestations d'une Révolution mondiale qu'il méconnaît.

Ainsi le Français, par exemple, ne connaît qu'une révolution : celle de 1789, dont il n'est pas peu fier parce qu'on lui a toujours caché l'origine et le véritable but du renversement de l'ordre existant.

Il ne fait pas de doute que cette révolution a entraîné nombre d'hommes de bonne foi qui se félicitèrent d'une « déclaration des droits de l'homme » et d'un renversement des princes régnants pour faire place à des républiques. Mais, dépassant le contexte du moment, cette révolution apparaît bien comme l'expression d'une force voulant rejeter tous les aspects d'un ordre subordonné à la morale. Et là est le véritable objectif de la « Révolution ». Trompés par d'habiles propos, les hommes crurent que les idées révolutionnaires leur apportaient des notions toutes nouvelles : la liberté, l'égalité, la fraternité (alors que, depuis des siècles, nombre d'autorités spirituelles s'efforçaient d'en faire prendre une conscience très exacte et, celle-là, non déformée).

L'idée de révolution est alors devenue synonyme de progrès civilisateur ; cette idée a franchi les frontières et les peuples s'y sont laissé prendre, alors qu'en réalité, derrière ces apparences, se trouvaient sapés les principes de morale, d'autorité, de responsabilité, qui sont les seules vraies garanties contre les abus des puissants.

La commission Parent : américanisation du système
d'éducation
Ce ne sont pas les peuples qui gagnaient, ce sont ces puissances qui maintenant s'appellent Communisme ou Capitalisme d'Etat, celui-ci n'ayant qu'un but : le profit, celui-là qu'un dessein : l'asservissement des hommes fondus en une masse où l'individu ne compte plus.

Suivant une tactique maintenant bien connue, c'est l'homme lui-même qui a été incité à réaliser, et dans l'enthousiasme, les premières « victoires » qui sont en réalité celles de ses ennemis. Ceux-ci ne se sont plus faute de parler - et le clan libéral autant que l'autre - du triomphe de la révolution en marche.[1]

Mais pour le Français, comme pour beaucoup d'autres, « révolution » est encore synonyme de révolte armée, de violences, de troubles. Il ne cherche pas à savoir quelle « doctrine » ou quelle « philosophie » se cachent derrière ce mot. Parce qu'on le lui laisse croire, il s'imagine que tant qu'il n'y a pas de désordre il n'y a pas de révolution. Alors que l'épisode révolutionnaire de 1789 n'était que la forme violente d'une révolution qui se poursuivait et qui est encore responsable de la situation actuelle !

Comment prétendre, pourrait-on demander, qu'en 1789 l'action populaire ait été déjà guidée pour contribuer à la victoire finale du Haut-capitalisme et du Communisme dont les noms n'étaient même pas employés à l'époque ?

C'est que les formes subversives ainsi désignées ne sont que des expressions actuelle de la Révolution, laquelle s'élaborait bien avant 1789 et dont les idées ont inspiré ensuite toutes les révolutions françaises, italiennes, russes, etc. Elles peuvent aussi bien s'appeler Démocratie Libérale ou Fascisme ou Nazisme. Demain elles s'appelleront Neutralisme, Mondialisme, Libertisme, ou n'importe quoi ; et la Révolution, la même, sera toujours en marche.

« La Révolution française, disait en 1793 Babeuf, n'est que l'avant-courrière d'une révolution bien plus grande, bien plus solennelle et qui sera la dernière. »

Qu'il s'agisse du Haut-capitalisme d'une part, ou du Communisme avec ses dérivés titistes ou progressistes d'autre part, les puissances apparentes ou occultes du monde se rattachent à l'un ou l'autre de ces deux clans, ennemis, mais qui se rejoignent dans leurs buts : chacun d'eux veut réaliser à son profit un gouvernement mondial qui lui assure la domination totale et définitive de l'humanité et des ressources de la terre. Pour y parvenir, ces deux forces doivent détruite les structures existantes pour substituer à l'ordre naturel un ordre qui soit le leur. Elles sont donc également subversives et aussi totalement subversives l'une
que l'autre.

Et, pour détruire les structures de la société, il faut démolir les principes qui peuvent en garantir la cohésion et l'harmonie. Il faut les anéantir car ce sont eux qui, précisément, sont les derniers remparts de l'homme libre, et qui gênent les ambitions, les égoïsmes, les crimes du Libéralisme ou du Communisme.

Est « Révolution » tout ce qui va contre l'ordre naturel et qui, en particulier, s'oppose à la dignité de l'homme, à ses droits et à l'exercice de ses devoirs en tant qu'homme mais aussi en tant que membre d'une société ou d'une nation.



-Colonel Pierre Chateau-Jobert, Manifeste politique et social. Diffusion de la Pensée Française. Chiré-en-Montreuil, 1973. Pp. 17-20.



[1] Cf. Nesta H. Webster, Secret Societies and subversive movements : « Le but de la Révolution n'est pas le socialisme, ni même le communisme ; ce n'est pas un changement dans le système économique actuel, ce n'est pas la destruction de la civilisation dans un sens matériel. La révolution désirée par les chefs est morale et spirituelle, c'est une marche d'idées dans laquelle toutes les bases admises jusqu'au XIXe siècle seront renversées. »

samedi 4 mars 2017

Le Carême dans la province de Québec



Extrait de:

Le catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa, 1888 ( PDF )


***

Cinquième commandement de l'Eglise
Q. Quelle obligation nous impose le cinquième commandement de l'Église : « Quatre-Temps, vigiles jeûneras, et le carême entièrement » ?

R. Ce commandement nous impose l'obligation de jeûner les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine des Quatre-Temps ; tous les jours du carême, excepté les dimanches ; la veille de Noël, de la Pentecôte, de la Saint-Pierre, de l'Assomption et de la Toussaint, et tous les mercredis et vendredis de l'Avent.

*

Q.  Qu'entendez-vous par jour de jeûne ?

R. J'entends par jour de jeûne, les jours où l'on ne doit prendre qu'un seul repas principal, auquel il est permis d'ajouter une légère collation.

*

Q. Qu'entendez-vous par jour d'abstinence ?

R. Par jour d'abstinence, j'entends des jours où l'Eglise défend de manger de la viande, mais ne défend pas de faire plusieurs repas.

*

Q. Pourquoi l'Église nous ordonne-t-elle de jeûner et de nous abstenir de viande à certains jours ?

R. L'Église nous ordonne de jeûner et de nous abstenir de viande à certains jours, pour amortir nos passions et satisfaire pour nos péchés.

*

Q. A quel âge commence l'obligation de jeûner?

R. L'obligation de jeûner commence le jour où l'on a vingt-et-un ans accomplis.

*

Q. Quelles sont les raisons qui peuvent exempter du jeûne ?

R. Les principales raisons qui peuvent exempter du jeûne sont la dispense, la maladie, un travail pénible. Dans le doute, on doit demander l'avis de son confesseur.

*

Sixième commandement de l'Eglise


Q. Qu'est-ce que l'Église nous défend par le sixième commandement : « Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement » ?

R. Par le sixième commandement, l'Église nous défend d'user, sans nécessité, d'aliments gras le vendredi et le samedi. Dans notre province, le Souverain Pontife a permis de faire gras le samedi, lorsque ce n'est pas un jour de jeûne.

*

Q. Que faut-il observer les jours de jeûne du carême, où, par dispense, on peut manger gras ?

R. Les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras, il faut observer deux conditions :
1- ne faire qu'un  seul repas gras,
2- ne pas manger de poisson à ce repas.

*

Q. Quels sont les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras ?

R. Les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras sont :
1- les dimanches, excepté celui des Rameaux;
2- les lundis, mardis et jeudis, excepté le jeudi qui suit le Mercredi des Cendres et ceux de la Semaine Sainte.

*

Q. Pourquoi l'Église nous ordonne-t-elle de nous abstenir de viande le vendredi ?

R. L'Église nous ordonne de nous abstenir de viande le vendredi, pour nous faire faire pénitence le jour où Notre-Seigneur est mort pour nous.

mardi 28 février 2017

Nos motivations ?

« Et Moi, quand J'aurai été élevé de terre, J'attirerai tout à Moi. » -Jn 12, 32.

 Un certain journaliste montréalais s'est permis de dire, aujourd'hui à la radio, que le Mouvement Tradition Québec tente « d'instrumentaliser le débat du crucifix ». Evidemment, rappeler que le crucifix est avant tout la meilleure représentation catholique - d'un caractère éminemment religieux, représentant la mort de Jésus-Christ en croix pour le rachat de l'homme - serait une tentative d'instrumentalisation par un groupuscule. Il faudrait convenir qu'il s'agit, simplement, d'une pièce de musée qui « témoigne d'un certain passé ». Laïcisons le catholicisme !

Non nobis, non nobis, Domine ! Sed nomini tuo da gloriam.
Que ce ne soit pas à nous, Seigneur, que ce ne soit pas à nous;  que ce soit à Votre Nom que Vous donniez la gloire. 
Ps 113,1.

Ce même journaliste se plaint que nos contemporains regardent le passé à travers des yeux de modernes, ne cherchant pas à comprendre les convictions des gens de cette époque. Tant mieux. Toutefois, il fait bel et bien la même chose ici, en reléguant la Croix à un simple symbole matériel, sans plus. Être un catholique par conviction lui semble anachronique en 2017, alors que lui-même déplore le fait que le catholicisme disparaît de plus en plus, années après années, au Québec. C'est ignorer que le monde tourne et que la croix demeure, depuis maintenant 2000 ans. 

Nous aimerions rappeler quelques faits à ce chroniqueur romantique:

  • Juillet 1534: Jacques Cartier dresse une croix à Gaspé. Il dressera une croix à chacun des endroits qu'il visitera par la suite.
  • Juillet 1608: Samuel de Champlain fonde Québec. Il écrira dans ses Voyages « Les rois doivent être plus soucieux d'augmenter la connaissance du vrai Dieu que de multiplier leurs états ». Il introduira la dévotion de l’Angélus au Canada. C'est aussi, à sa proposition, que les jésuites nommèrent saint Joseph comme saint patron du Canada.
  • Décembre 1642: Lorsqu'une inondation menace Ville-Marie, Maisonneuve installe une croix sur le Mont-Royal. Il aura gravi la montagne, chargé sur ses épaules, de la croix.
Écriteau photographié dans l’église de Brouage
lieu de naissance de Champlain. 
  • 1667: Pierre Boucher fonde la seigneurie des Îles Percées, qu'il nommera Boucherville. Il écrit dans Les raisons qui l'engagent à fonder sa seigneurie: « 1ère Raison - C'est pour avoir un lieu dans ce pays consacré à Dieu, où les gens de bien puissent vivre en repos, et les habitants faire profession d'être à Dieu d'une façon toute particulière. » Son testament est une pièce d'histoire toute aussi édifiante.
  • Octobre 1841: Suite aux retraites et aux prêches de mgr de Forbin-Janson, la population érige une croix de 100 pieds sur le sommet du mont Saint-Hilaire.
  • Juin 1888: On chante pour la première fois le Ô Canada lors des festivités de la saint Jean-Baptiste. Le Ô Canada devient l'hymne du peuple canadien-français.

Ô Canada ! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux !
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix !
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits,
Protégera nos foyers et nos droits. 
Sous l'œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant.
Il est né d'une race fière,
Béni fut son berceau.
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par sa lumière,
Il gardera l'honneur de son drapeau,
Il gardera l'honneur de son drapeau. 
Le drapeau Carillon Sacré-Coeur,
ancêtre du drapeau fleurdelisé.
De son patron, précurseur du vrai Dieu,
Il porte au front l'auréole de feu.
Ennemi de la tyrannie
Mais plein de loyauté,
Il veut garder dans l'harmonie,
Sa fière liberté.
Et par l'effort de son génie,
Sur notre sol asseoir la vérité,
Sur notre sol asseoir la vérité. 
Amour sacré du trône et de l'autel,
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel !
Parmi les races étrangères,
Notre guide est la loi :
Sachons être un peuple de frères,
Sous le joug de la foi.
Et répétons, comme nos pères,
Le cri vainqueur : « Pour le Christ et le roi ! »
Le cri vainqueur : « Pour le Christ et le roi ! ».

  • Un 21 janvier 1948, jour anniversaire de la mort du roi Louis XVI: Le gouvernement de Maurice Duplessis adopte le drapeau fleurdelisé. Une grande croix blanche, représentant la monarchie catholique française trône au centre. Il est orné de 4 fleurs de lys, aussi utilisées par la monarchie française, dont les origines vont au Lys de Jessé de l'Ancien Testament.

Conclusion

Notre devise est « Je me souviens », tâchons de nous souvenir de qui nous sommes. Nous ne nous battons pas pour des bâtiments ou du matériel, mais pour Dieu et notre patrie. Notre identité est malade depuis 50 ans du fait qu'on occulte et qu'on renie ce que nous sommes. Il y a de la fierté à descendre, tant charnellement que spirituellement, de nos aïeux. Il n'y a pas de fierté quand on ne connait pas son histoire.

Pendant que certains font des compromis avec notre identité, discutent dans leur tour d'ivoire, la population crie haut et fort qu'elle est tannée d'être piétinée. Il n'y a pas si longtemps on pouvait encore dire, comme on le chantait autrefois: « C'est à cause des curés si le français est resté ». Souvenons-nous en.

Ajoutons que, depuis maintenant 3 jours, nous n'avons reçu que du soutien de la part de la population pour avoir réinstallé un crucifix. Que ferez-vous, monsieur Bock-Côté ?

Enfin, nous nous réjouissons particulièrement que la Croix fasse tant parler ces jours-ci, quelques jours avant le début du carême, lequel commence demain mercredi 1er mars. Bon carême à tous.

« L'histoire, c'est ce qu'il y a de plus vivant. Le passé, c'est ce qu'il y a de plus présent. » Chanoine Lionel Groulx.


-Etienne Dumas
Mouvement Tradition Québec