jeudi 14 septembre 2017

Le Sacré-Coeur en Canada

Conformément à la demande de Notre-Seigneur à
sainte Marguerite-Marie Alacoque, le Sacré-Cœur
 trône majestueusement au milieu de notre drapeau national.
Dans son Encyclique sur la consécration du genre humain au Sacré Cœur, publiée le 25 mai 1899, Léon XIII écrit ces remarquables paroles: « A l'époque où l'Église, toute proche de ses origines, était accablée sous le joug des Césars, un jeune empereur aperçut dans le ciel une croix qui annonçait et qui prépara une magnifique et prochaine victoire. Aujourd'hui, voici qu'un autre emblème béni et divin s'offre à nos yeux. C'est le Cœur très sacré de Jésus, sur lequel se dresse la croix, et qui brille d'un magnifique éclat au milieu des flammes. En lui nous devons placer toutes nos espérances; nous devons lui demander et attendre de lui le salut des hommes. »

Ce Labarum, il flottait, par un privilège tout spécial, sur le ciel du Canada, dès les premières années de notre colonie. De toutes les dévotions qu'on retrouve au berceau de la Nouvelle-France, celle qui a pour objet le Coeur de Jésus, compte parmi les plus solides et les plus populaires.

Quelques apôtres, envoyés par la Providence sur nos rives, s'étaient appliqués à la faire fleurir. Au premier rang, la Thérèse du Nouveau-Monde, Marie de l'Incarnation. Favorisée, bien avant l'humble Visitandine de Paray, des faveurs du Sacré Cœur, elle s'emploie ardemment à propager son culte. Puis, c'est le premier évêque de Québec, l'ami du vénérable Jean Eudes, Mgr de Montmorency-Laval; c'est la pieuse Hospitalière, Catherine de Saint-Augustin; ce sont les missionnaires et les martyrs de l'époque: Lejeune, Ragueneau, Brébeuf, Lalemant. Une note trouvée parmi les papiers de ce dernier, après sa mort, nous révèle les motifs qui l'avaient poussé à demander les missions canadiennes. Avant tout, c'est le « contentement », qu'il veut donner au « Cœur sacré de Jésus-Christ », de « faire adorer son nom et étendre son royaume ».

Sous l'impulsion de ces apôtres, la dévotion au Sacré Cœur s'introduit dans les familles. Plutôt privée, confinée au foyer durant le XVIIe siècle, elle s'étend et devient culte public dès le début du XVIIIe .

En 1716, une pieuse confrérie est fondée sous le nom d'Association du Sacré Cœur. Elle a son centre dans la petite chapelle du monastère des Ursulines. Le registre où s'inscrivent les noms des associés contient ceux de l'évêque, Mgr de Saint-Vallier, des membres du clergé séculier et régulier, des familles les plus distinguées du pays. Et chacun tient à prouver, par des actes, que son adhésion n'est pas un vain geste.

C'est ainsi que « chaque fête, écrit l'abbé Lindsay, avait un nombre choisi d'adorateurs. Dès le jour de l'an, arrivait au pied de l'autel Pierre de la Vérandrye, avec sa femme Anne-Louise Daudonneur du Sablé. A Pâques, venait à son tour le chevalier de Repentigny; à la Fête-Dieu, M. Thomas-Jacques Taschereau; le jour des Morts, M. de Rigaud, marquis de Vaudreuil; le jour de l'Immaculée Conception, M .Daniel Liénard de Beaujeu; le jour de Noël, M. Joseph-Henri de la Gorgendière. Quant à Mme Denys de la Ronde, ayant sans doute plus de loisir que son mari, elle s'engageait pour honorer le Sacré Cœur, à faire une heure d'adoration tous les premiers vendredis du mois. Souvent encore les mères venaient en compagnie de leurs filles: Mme Charlotte de Ramesay, avec ses filles Marguerite, Charlotte et Louise; Mme de Longueuil et ses trois filles, la baronne de Bécancour et ses enfants. Les jeunes filles formaient aussi des groupes choisis; Thérèse Hertel de Rouville, Thérèse Duchesnay, Thérèse de Beaujeu et Thérèse Hertel de la Fresnière consacraient à honorer le Sacré Cœur le jour de leur patronne sainte Thérèse. »

Accroissement de la dévotion

Le père Victor Lelièvre, ardent prédicateur du Sacré-Cœur.
Implantée dans le sol canadien par les constructeurs mêmes de la colonie, la dévotion au Sacré Cœur y est toujours demeurée enracinée. Un peu ébranlée durant les premières années qui suivirent la conquête, elle reprit peu à peu, sous l'action de différents événements, sa vigueur primitive.

En 1873, ce sont les évêques, qui, assemblés en concile, invitent les populations à se consacrer au
Cœur du divin Maître. Leur mandement collectif détermine un magnifique mouvement.

En 1886, c'est un pieux religieux jésuite, le P. Jean-Baptiste Nolin, qui entreprend par tout le Canada une véritable croisade. Sa parole originale et ardente enrôle, en moins de trois ans, 166 348 fidèles dans l'Apostolat de la Prière. Fort de ce premier succès, il lance, en 1889, le projet de la consécration des familles au Sacré Cœur: 41 000 lui répondent. Les signatures de leurs chefs respectifs, inscrites dans un livre d'or, sont envoyées à Toulouse et de là à Paray-le-Monial.

Dès lors le culte cher à nos pères ne fait que se développer et s'organiser. Il a bientôt ses confréries, ses ligues, ses organes, il a ses apôtres et ses chefs de groupe, il a ses manifestations et ses victoires.

Depuis quinze à vingt ans principalement — tout observateur attentif de notre vie religieuse a pu le constater — il pénètre dans les différents domaines où se meut notre existence, il les assainit et les vivifie.

Aucun ne lui échappe. C'est d'abord le foyer. Le Cœur de Jésus en devient le Protecteur officiel, le Maître, le Roi unanimement reconnu. Son image est mise à une place d'honneur ordinairement à l'entrée de la maison, au-dessus de la porte. Souvent aussi une statue orne l'une des pièces intérieures. C'est à ses pieds que la famille se réunit pour la prière du soir.

En même temps qu'au foyer, le Sacré Cœur règne à l'école. Quelle maison d'éducation, quelle classe même ne lui rend pas un culte spécial ? Le matin, les élèves lui consacrent ensemble leur journée, puis, d'heure en heure, ils lui offrent leurs différentes actions: messe, communion, chapelet, travaux, actes de charité, lecture de piété, mortifications, visites au saint Sacrement, oeuvres de zèle, souffrances, récréations, victoires sur leurs défauts; ils les marquent assidûment sur une feuille qu'ils déposent, à la fin du mois, dans une corbeille: c'est la pratique salutaire du Trésor du Cœur de Jésus. Elle tient l'âme unie intimement à Notre-Seigneur, fidèle à ses devoirs de chaque instant.

Culte social et national

De la famille et de l'école, la dévotion au Sacré Cœur a pénétré dans l'usine, l'atelier, le magasin. Elle a débordé naturellement de la vie privée dans la vie professionnelle. Ce furent d'abord quelques cas isolés. Nous connaissons un industriel, ancien ministre fédéral et ancien maire de Montréal qui, en 1901, consacrait solennellement sa manufacture au Sacré Cœur et y installait sa statue. Le mouvement, cependant, ne commença à se généraliser qu'en 1905. Un apôtre au cœur de feu, le P. Lelièvre, oblat de Marie-Immaculée, en fut l'initiateur. Il visita, cette année-là, comme prélude de son action, vingt-huit manufactures, et gagna à sa cause huit cents ouvriers, premières recrues du magnifique bataillon chrétien que tout le Canada connaît maintenant sous le nom d'ouvriers du Sacré Cœur. Enrôlés sous la bannière du divin Maître, ils ne voulurent plus travailler que sous son regard protecteur. Et c'est ainsi que sa statue fut mise à une place d'honneur dans un grand nombre d'usines et d'ateliers.

D'autres paroisses suivirent l'exemple de Saint-Sauveur. Le geste plût à des hommes qui n'y étaient pas d'abord disposés, quand ils connurent son heureuse influence sur les travailleurs. Des protestants mêmes le favorisèrent dans leurs usines. Ils ne se comptent plus actuellement, à Québec, à Montréal, aux Trois-Rivières, à Chicoutimi, à Lévis, dans tous les centres industriels de la province, les établissements où le Sacré Cœur est publiquement honoré.

Comme son culte avait passé naturellement de la vie de famille à la vie professionnelle, ainsi passa-t-il de celle-ci à notre vie sociale et nationale. Que d'actes, depuis quelques années, témoignent de cette pénétration profonde et sûre. C'est le mouvement en faveur du drapeau Carillon Sacré-Cœur; c'est la consécration à ce Cœur divin de plusieurs associations, parmi les plus représentatives de la race et d'un grand nombre de villages et de villes, fiers de se donner à lui par la voix de leurs chefs civils, et d'élever en son honneur, sur une de leurs places principales, un superbe monument.

On dirait vraiment que le culte du Sacré Cœur a presque atteint chez nous son apogée. Il est bon, cependant, quand une occasion nous y invite, de revenir sur telle ou telle étape d'un chemin victorieusement parcouru, afin d'élargir et de fortifier les bases que nous y avons établies. Ainsi l'exige la stratégie spirituelle aussi bien que la stratégie militaire.

Cette occasion, des événements extérieurs nous la fournissent actuellement. Notre devoir est d'en profiter.

Reprenons donc la mentalité et les traditions de nos aïeux, des constructeurs de notre nationalité. Considérons-nous d'autant plus tenus à servir Dieu que notre position est élevée et notre influence étendue. Quelques familles le comprendront d'instinct. Puisse leur empressement à se consacrer au Sacré Cœur entraîner les autres, et assurer ainsi le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ en terre canadienne!



-R.P. Joseph-Papin Archambault, S.J. Les Familles au Sacré Cœur. Oeuvre des Tracts : l'Action paroissiale, n.12. 1924. Pp. 1–16.

dimanche 10 septembre 2017

Formation doctrinale - Les voies de la réduction ou la manœuvre révolutionnaire


Conférence de monsieur l'abbé Nicolas Pinaud sur l'article "Les voies de la réduction" (1981), extrait du Bulletin de l'Occident chrétien, exposant la manœuvre révolutionnaire. Conférence enregistrée dans le cadre des Journées de formation de Tradition Québec (9 septembre 2017).



Pour plus de détails, lisez le livre "Groupes réducteurs et noyaux dirigeants" d'Adrien Loubier.


mercredi 6 septembre 2017

L'évolution du parti Libéral au Canada Français

L'origine lointaine de nos partis politiques remonte aux années qui ont précédé la Révolution de 1837.

Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau

Dans les grandes assemblées qui entretenaient l'agitation, Papineau et ses amis prononçaient des discours républicains et antibritanniques. Dans les "associations de la Réforme", les doctrinaires du mouvement reconnaissant le peuple comme source unique d'autorité, et sapaient l'influence du clergé. Les Fils de la Liberté publièrent un manifeste révolutionnaire, souhaitant émanciper le Canada "de toute autorité humaine, si ce n'est celle de la démocratie".

Le clergé et les esprits modérés contre-carraient ces tendances. La Minerve de Montréal et le Libéral de Québec, organes du mouvement réformiste, décrétèrent les modérés de trahison et déchiquetèrent les mandements des évêques.

Les partisans de Papineau organisèrent les prises d'armes de 1837 et de 1838. Ils ne réussirent qu'à provoquer une répression assez dure. Les chefs de l'insurrection se réfugièrent aux États-Unis [NDLR: au comble, Papineau s'exila sous les traits d'une femme], et vécurent en exil jusqu'à l'amnistie.

Au Canada, l'orage passé, les esprits s'apaisèrent. L'amnistie est proclamée. La plupart des exilés rentrent mûris par l'épreuve. Ces exilés - entre autres, Ludger Duvernay et Georges-Etienne Cartier - se repprochent de leurs anciens adversaires modérés, et renoncent à l'anticléricalisme. Les épouses des révolutionnaires se 1837 se disputent, en 1845, l'honneur de faire la quête à la grand'messe du 24 juin. La Minerve recommande le progrès dans l'ordre, le respect de l'autorité. Le peuple canadien-français, presque à l'unanimité, suit ces conseils.

Mais Papineau n'est pas rentré en même temps que les autres exilés. Papineau séjourne à Paris pendant huit ans. Dans l'histoire européenne, dans l'histoire de France en  particulier, ce séjour de Papineau se situe en pleine effervescence entre la Révolution de 1830 et celle de 1848. Papineau fréquente tous les libéraux en vue. Il se lie avec le chansonnier Béranger, et visite Lamennais, emprisonné pour la publication d'un pamphlet révolutionnaire. Il a des entrevues avec les socialistes Louis Blanc et Pierre Leroux. Il rencontre des réformistes d'Angleterre, d'Allemagne, d'Italie, de Pologne.

Dans ce milieu, Papineau accentue ses idées avancées. Quand il revient au Canada, en 1845, il a, sur plusieurs points, adopté les idées radicales de ces amis français. Ses anciens lieutenants - Denis-Benjamin Viger, Louis-Hippolyte Lafontaine, Augustin-Norbert Morin, Ludger Duvernay, Georges-Etienne Cartier - ont au contraire évolué vers la conciliation.

Papineau, après huit ans d'éloignement, n'est plus à l'unisson du peuple. Il devient, toutefois, l'idole d'un groupe de jeunes libéraux à tendances radicales. Ces jeunes gens fondent un journal, qu'ils appellent L'Avenir, en souvenir de l'éphémère journal de Lamennais. Le groupe de L'Avenir comprend Antoine-Aimé Dorion et ses frères, Joseph Doutre, Rodolphe Laflamme, Louis-Antoine Dessaulles, Jean-Baptiste Daoust, tous plus ou moins marqués d'anticléricalisme. Ces disciples de Papineau reprennent les théories des anciennes "associations de la Réforme". Ils préconisent l'indépendance du Canada, voire l'annexion aux États-Unis. Ils fondent l'Institut Canadien, qui entre bientôt en conflit avec Mgr Bourget. Ce groupe de l'Institut Canadien est le noyau du parti libéral.



-Robert Rumilly, Pages d'histoire politique. Ligue de l'autonomie des provinces. P. 23.

lundi 4 septembre 2017

Messe catholique à Drummondville


Tradition Québec vous invite à une messe catholique dimanche le 17 septembre 2017.

Horaire :

9h - Confessions (notez qu'il y aura aussi possibilité de se confesser durant la messe)

10h - Messe chantée du 15ème dimanche après la Pentecôte

12h - Repas tiré du sac, avec la présence des abbés Pinaud et Roy.

Lieu :

Érablière La pente douce
1549 route 122
Notre-Dame-du-bon-Conseil
J0C 1A0

Au plaisir de vous y voir nombreux !

Faites pénitence!

Dom Léonce Crenier (1888-1963)
Abbé du monastère bénédictin de
Saint-Benoit-du-Lac.
Tel était le cri de saint Jean-Baptiste au désert;
Telle fut la première prédication de Notre-Seigneur;
Tel a toujours été l'avertissement que les Saints ont jeté au monde;
Tel est enfin l'appel que la Très Sainte Vierge, dans ses diverses apparitions depuis cent ans, nous adresse...

Or, on ne fait point pénitence.

On n'en voit pas la nécessité.
Tout le monde semble croire qu'il suffit, pour purifier son cœur et se rendre tout-à-fait agréable à Dieu, de se confesser et d'accomplir la pénitence reçue à cette occasion.
Et non seulement on ne fait point pénitence, mais encore on recherche immodérément les plaisirs sensibles; on ne semble vivre que pour cela.

Il arrive même que l'on veuille ériger cette conduite en doctrine, et que l'on appelle « Rigorisme » ce qui n'est en réalité que le minimum de la pénitence chrétienne.
C'est là un grand mal. Si, en effet, le rigorisme est condamnable – et il l'est – la vraie pénitence est louable et nécessaire.

Il y a dans la spiritualité de nombreux catholiques d'aujourd'hui quelques grandes lacunes, et l'oubli de la pénitence en est une. La Sainte Vierge nous l'a redit en vain. Nous voudrions, dans ces quelques pages, rappeler l'enseignement de la tradition catholique sur la nécessité de la pénitence et les normes d'après lesquelles doit se régler la pratique de cette vertu, qui étant d'ordre moral, consiste en un milieu, placé entre un excès et un défaut.

Trop de mortification, c'est le rigorisme.
Trop peu de mortification, c'est le laxisme.
Au milieu, entre cet excès et ce défaut, se place la vertu chrétienne de pénitence. Là est tracée la voie étroite qui est le seul chemin pour aller au ciel.

La mortification est la répression des tendances déréglées de notre volonté et de notre sensibilité, en vue de soumettre parfaitement à Dieu ces deux facultés.
Comme nous le verrons, pour obtenir cette soumission parfaite, il est souvent nécessaire de réfréner en nous des tendances qui ne sont point déréglées.

Et pourquoi cette répression?

1- Parce que nos tendances, désordonnées depuis le péché originel, nous poussent à milles choses défendues et mauvaises.
Or, pour redresser un jeune arbre, il ne suffit pas de le ramener à la verticale : il faut le courber dans le sens opposé à celui où il penche.
De même, il nous faut parfois retrancher ce qui est permis pour pouvoir extirper ce qui est déréglé.
Comme le dit saint Thomas (De Malo, Q. 4, a. 2.) : « Le grand lien spirituel qui contenait merveilleusement toute notre nature étant rompu, sans être proprement disposés à rien, nous sommes exposés à tout, comme un vin généreux qui s'écoule en tout sens, ou comme une fougueuse monture qui n'est plus gouvernable. »
Et c'est d'abord ce déréglement qu'il faut combattre; on oublie de le faire; on semble ignorer qu'il faut le faire.

2- Parce que nos péchés personnels nous obligent à la pénitence, et pas seulement à la pénitence sacramentelle, dont on ne saurait se contenter. Aussi, le Concile de Trente (Session XIVe, chapitre VIIIe) nous conseille-t-il trois sortes d'oeuvres satisfactoires :

a) Les peines par nous spontanéement recherchées pour réparer le péché;
b) Les peines imposées par le prêtre en proportion de la faute;
c) Enfin (et ceci est la plus grande preuvre d'amour) les épreuves temporelles infligées par Dieu et patiemment supportées par nous.

3- Parce que ces péchés personnels ont encore accentué les mauvais plis laissés en nous par le péché originel. Cette conséquence vient s'ajouter à la culpabilité que nous avons encourie en commettant ces fautes, et vient rendre plus ardu, plus laborieux, le redressement auquel nous devons travailler.

4- Le quatrième motif qui nous oblige à la mortification, dit M. Olier, c'est la sainteté, qui nous doit tenir unis à Dieu et détachés de toute créature.

Le bonheur divin qui nous est destiné, dès ici-bas, exige un renoncement aux jouissances inférieures, dans lesquelles notre sensibilité pourrait s'arrêter.
Nous devons considérer la hauteur du but à atteindre. Un chrétien doit, dit Notre-Seigneur, s'efforcer d'être parfait comme le Père céleste est parfait.
Il ne s'agit donc pas simplement de mener une vie qui soit raisonnable à nos propres yeux; il faut tâcher de mener une vie divine, d'être, comme nous y exhorte saint Paul, les imitateurs de Dieu.

Il faut donc toujours tendre à ce que nous conseille saint Paul : « Si vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les choses d'en-haut, et non celles de la terre. »
La hauteur de l'idéal surnaturel qui nous est proposé demande si nous voulons y tendre que soit exclus de notre vie ce qui, sans être mauvais, détournerait de Dieu notre regard et notre activité.

5- Par esprit de religion et de sacrifice, dit M. Olier, nous devons mortifier tous nos appétits propres.

6- Par amour du prochain, c'est-à-dire pour les délivrance des âmes du purgatoire et le salut des pécheurs.

Membres du Christ, nous devons collaborer à son œuvre de rédemption, à l'exemple de saint Paul, qui disait : « Je suis plein de joie dans mes souffrances pour vous, et ce qui manque aux souffrances du Christ en ma propre chair, je l'achève pour son corps, qui est l'Eglise. »
Quand nous réparons pour nos propres péchés, c'est la vertu de pénitence. La réparation pour les autres est charité envers le prochain.

7- Par amour pour le Christ. N'est-ce pas à ce motif que pensait saint Paul lorsqu'il écrivait que « ceux qui sont au Christ ont crucifié leur chair avec ses vices et ses convoitises »? et lorsqu'il disait aux Philippiens : « Pour son amour, j'ai voulu tout perdre, regardant toutes choses comme de la balayure, afin de gagner le Christ et d'être trouvé en lui... afin de le connaître, lui et la vertu de sa résurrection, d'être admis à la communion de ses souffrances, en lui devenant conformes dans sa mort, pour parvenir, si je le puis, à la résurrection des morts. »

8- L'ascèse, et en particulier le jeûne, sont utiles à la santé du corps, et bien que ce motif soit naturel, nous pouvons le sanctifier par l'intention.

9 – La lutte contre le démon. Il y a, nous dit Notre-Seigneur, des démons qui ne sont chassés que par le jeûne et par la prière.
Notre lutte principale est contre les démons qui sont autour de nous, comme l'Eglise nous le rappelle tous les jours à Complies, et comme nous le dit si fortement l'Epître du 21e dimanche après la Pentecôte.

Or, les démons se combattent par le jeûne, la prière et la mortification en général.

Le tabernacle de Satan.
10- Le fait de vivre dans un temps où revit le paganisme, et à côté d'une grande nation aux trois-quarts païenne nous invite à pratiquer une ascèse encore plus assidue.

L'existence de ce néo-paganisme a été constatée en termes très attristés par Pie XI et son successeur Pie XII. Le Pape s'exprimait ainsi le 8 février 1932, dans un discours : «  … On marche donc par les voies d'un paganisme nouveau et qui matérialise la vie tout entière. Beaucoup pensent que le gain est tout, que le gain doit être rapide, afin qu'on puisse jouir de la vie, s'amuser, dominer, prévaloir. Le paganisme rentre dans la vie publique, dans la vie privée, dans la vie familiale, par suite d'un abandon de plus en plus commun des principes de modération, de retenue, d'abnégation, de respect de soi-même, de respect des autres et de toute chose respectable. »

Et l'on se rappelle les fortes paroles de Son Eminence le Cardinal Villeneuve, aux Trois-Rivières, en août dernier :

« … Je voudrais oublier le règne de la chair, les crimes secrets des époux, les libertés criminelles de la jeunesse, les audaces, les recherches, les passions, les faiblesses, les suggestions, les regards, les pensées, les sollicitations, les scandales qui jettent la génération nouvelle dans la luxure la plus effrénée, et dans des mœurs que Sodome, Babylone, Rome et Athènes, et tous les siècles païens n'ont peut-être pas dépassés... »

N'est-il pas évident que ce mal appelle une réaction d'austérité chrétienne?

Le début du 17e siècle voyait fleurir un paganisme pareil à celui d'aujourd'hui. C'est alors que se produisit la réaction des Saints, magnifiquement décrite pas Brémond comme une « invasion mystique ».

C'est le temps de Bérulle et de son Ecole, où brilla bientôt M. Olier, qui devait fonder la Compagnie de Saint-Sulpice, admirable dans tous les temps par son austérité chrétienne, qui en a fait le modèle de la perfection sacerdotale.

C'était alors aussi que surgissait cette magnifique pléiade de saints personnages qui devaient fonder le Canada et lui donner cette impulsion de vie chrétienne qui dure encore et continue de faire l'admiration des étrangers.

La réaction de sainteté du début du 17e siècle s'impose aujourd'hui pour les mêmes raisons.

On consultera, pour plus de détails :

Les œuvres de Cassien, toujours actuelles.
Les œuvres de saint Jean de la Croix, surtout la Montée du Carmel et la Nuit obscure, précieux ouvrages propres à dissiper toutes les illusions.
Les œuvres de M. Olier, et en particulier son Introduction à la vie et aux Vertus chrétiennes.
L'introduction à la Vie dévote, de saint François de Sales.
Les œuvres de Rodriguez (Perfection chrétienne).
Celles de saint Jure (L'homme spitituel).
Celles de saint Alphonse de Liguori (Dignité et devoirs du Prêtre, etc.).

Le précis de théologie ascétique et mystique, de Tanquerey



-Dom Léonce Crenier, O.S.B., Le juste milieu de la pénitence. Saint-Benoit-du-Lac. 1944.

lundi 28 août 2017

La vocation providentielle du peuple canadien-français

Mgr Racine, premier évêque de Sherbrooke.
1822-1893.
Quelle a été la vocation du peuple canadien-français ?

Dieu, dont l'empire est souverain et universel, disposait en maître des nations lorsqu'il disait à son fils:
« Tu es mon fils, je t'ai engendré aujourd'hui ; demande-moi et je te donnerai les nations pour ton héritage. » 
Par cette parole, la plus puissante et la plus efficace, le fils de Dieu a obtenu l'empire sur tous les peuples, il a étendu sa puissance jusqu'aux extrémités de la terre. Il a partagé le monde en peuples divers et il leur a laissé la liberté de choisir la route qu'ils devaient parcourir. Mais à chaque nation, comme a chaque individu, il a imposé une mission.

« Cette mission, c'était d'accepter sa loi proposée à leur libre arbitre, de l'aimer, de la conserver, de la défendre, de la propager, d'en faire le fond de leur mœurs et de leurs institutions, d'user même de leurs armes, non pour l'imposer, mais pour la préserver et la tirer de l'oppression, en assurant à tous les hommes le droit de la connaître et de s'y conformer librement... La vocation des races chrétiennes, c'est de répandre la vérité, d'éclairer les nations moins avancées vers Dieu, de leur porter, au prix du travail et au hasard de la mort, les biens éternels, la foi, la justice, la civilisation. »

Celui qui, du haut des cieux, a tous les cœurs dans sa main, préparait de grandes choses, lorsqu'à la fin du quinzième siècle il inspirait à Christophe Colomb l'idée d'aller à la découverte du continent américain. Un monde nouveau, plus grand que l'ancien, s'ouvre à l'Evangile et à la civilisation. L'élan est donné. Les explorateurs européens paraissent sur toutes les côtes de l'Atlantique et du Pacifique. Le célèbre navigateur de Saint-Malo, Jacques Cartier, plus hardi que ses prédécesseurs, remonte le Saint-Laurent jusqu'aux lieux qui alors avaient noms Stadaconé et Hochelaga. Quel a été le principal motif des rois de France en jetant les bases d'une colonie en Canada ? Se glorifiant du titre de rois très-chrétiens et de fils aînés de l'Eglise, ils ont eu pour but premier de christianiser et de civiliser les peuples qui vivaient plongés dans la nuit de l'infidélité. Aussi, le premier acte de Cartier, en posant le pied sur la terre canadienne, est-il d'en prendre possession au nom de la religion. Il plante une croix. Sur cette croix il grave ces mots: « Vive le roi de France! » Par cet acte solennel, Jacques Cartier proclame notre alliance avec Dieu: c'est l'heure de la prédestination du peuple canadien.

Réplique de la croix de Jacques Cartier plantée à Tadoussac.
A la naissance de ce peuple nouveau, les enfants des bois, dans leur étonnement, durent se dire les uns aux autres, comme autrefois les habitants de la Judée à la naissance de Jean-Baptiste entourée de tant de prodiges : Quel sera l'avenir de ce peuple? Quis put as puer iste eritf. D'où viennent ces hommes nouveaux? Que nous présage ce signe mystérieux élevé au milieu de nos forêts silencieuses? Ah! s'ils avaient pu lire dans l'avenir, ils auraient vu ce peuple marcher, comme Jean-Baptiste, devant la face du Seigneur, pour lui préparer les voies, pour éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres et l'ombre de la mort, ils auraient vu la croix briller, non seulement au-dessus des bourgades de Stadaconé et d'Hochelaga, mais encore sur les points les plus reculés des deux Amériques et sur les rivages des deux océans. Mais comment ce peuple nouveau réalisera-t-il, sous une forme sociale, l'alliance avec Dieu. Le Seigneur, qui donne à qui il veut son esprit de prévoyance et de sagesse, choisit un homme dont le cœur est ouvert aux grandes découvertes et aux entreprises hardies. La Saintonge est la patrie de ce sage, de ce héros, de ce chrétien digne de ce nom glorieux. Âme ardente et pleine de foi, noble cœur prompt à l'exécution des entreprises les plus difficiles, à quelle œuvre, dans le domaine de l’histoire de la découverte de l'Amérique, son nom ne se trouve-t-il pas mêlé.

Pour s'exercer aux grandes choses qui doivent immortaliser son nom, il visite les îles Canaries, la Guadeloupe, Saint-Domingue et Cuba, il pénètre jusqu'à la capitale du Mexique et Portobello, alors le grand entrepôt de l'Amérique du sud et de l'Amérique centrale, et c'est à Portobello que l'illustre navigateur conçoit l'idée de relier par un canal l'océan Atlantique à l'Océan Pacifique. Son projet de faire de la côte de l'Atlantique la base de la puissance française dans le Nouveau-Monde, et, dès le seizième siècle, de percer l'isthme de Panama vous disent assez l'intelligence de ses observations, la largeur de ses vues, l'audace de ses entreprises. Jetant sur l'avenir un regard de prophétique sagesse et confiant dans le secours d'en haut, M. de Monts décide « de s'aller loger dans le fleuve Saint-Laurent à cent trente lieues de son embouchure. » C'est là, au cœur du pays, qu'il veut créer une France nouvelle. Heureux celui qui, au début d'un si grand ouvrage, suit la droiture de son cœur ! Heureux celui qui, « mettant le salut d'une âme au-dessus de la conquête d'un empire », proclame hautement « que les rois ne doivent désirer étendre leur domination sur les peuples idolâtres que pour les soumettre à Jésus-Christ. » Quel est donc le nom de cet homme qui parle ainsi au berceau de la colonie française et dont l'œuvre forte et durable resplendit de la gloire la plus pure? Son nom s'échappe de toutes vos lèvres, il est gravé dans vos cœurs reconnaissants. Nommer Samuel de Champlain, c'est nommer la foi, le courage, le zèle, la sagesse, c'est nommer le père de notre pays, le fondateur de Québec, le plus grand homme d'Etat de notre patrie. Suivez, par la pensée, le noble Champlain explorant et étudiant le vaste pays dont il veut enrichir le royaume de France. Voyez avec quel coup d'œil sûr il fixe le chef-lieu de sa colonie naissante sur la pointe de Québec, « sur ce superbe promontoire, au bord d'un fleuve majestueux et pro-fond, au milieu des principales tribus de la grande famille algonquine. »

Le martyre des pères Brébeuf et Lalemant
Contre l'ennemi commun, le féroce Iroquois, il fait alliance avec les principales nations qui habitent
les environs de Québec, les terres de l'Acadie, les bassins du Saguenay et du Saint-Maurice, les rives de l'Ottawa et du lac Huron. Il explore les pays de l'Ouest, et, trente ans avant l'arrivée de M. de Maisonneuve, il désigne le site de la future ville de Montréal. Homme de guerre, Champlain commande l'armée de ses alliés, livre bataille aux Iroquois, non pour leur imposer la loi de l'Evangile, mais pour assurer aux nations amies le droit et la liberté de recevoir le baptême. Sur le champ de bataille des bords du lac Champlain, il scelle de nouveau, en présence des tribus alliées, l'alliance de la religion et de la patrie. Chrétien comme Charlemagne et saint Louis, Champlain veut que la religion occupe ici la première place, parce que seule, par son influence salutaire, elle peut donner à un peuple naissant des assises durables. Dès 1615, il amène avec lui les premiers missionnaires. Quittez votre belle patrie, premiers apôtres du Canada. Venez prêcher l'Evangile et éclairer les peuples qui marchent dans les ténèbres de la nuit. Venez, par le saint sacrifice, faire couler sur ce sol, encore infidèle, le sang de la sainte victime. En tête s'avancent les humbles disciples de saint François d'Assise et à leur suite les généreux enfants de Loyola. « Qu'ils sont beaux sur les montagnes les pieds de ceux qui annoncent la paix! Ô Sion! On entendra la voix de tes sentinelles. Elles chanteront toutes ensemble, elles éclateront en cantiques de louanges, parce qu'elles verront de leurs yeux le moment où le Seigneur convertira Sion. Ô déserts! retentissez d'allégresse. Tous ensemble éclatez en cantiques de louanges. Le Seigneur a racheté son peuple par la force de son bras. » Vous le voyez, les premières pages de notre histoire proclament hautement que la mission du peuple canadien-français est l'extension du règne de Dieu par la conversion des nations sauvages qui dormaient dans la nuit de l'infidélité. Ce grand fait est lumineux comme le soleil qui embrase et illumine de ses rayons la ville de Québec. Dès le berceau de notre patrie, l'action de Dieu apparaît éclatante et admirable et les efforts de l'enfer pour détruire l'œuvre de Dieu en feront mieux comprendre la merveilleuse grandeur. La religion préside à l'œuvre, la bénit, la dirige par la foi de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, par le zèle de ses missionnaires, par la pureté de ses vierges, par le dévouement héroïque de ses enfants. La voie est préparée à celui qui vient au nom du Seigneur pour consacrer et consolider l'œuvre commencée. Benedictus qui venit in nomine Domini (Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur) !



-Abbé Charles-Joseph Roy, Principaux discours de Mgr Antoine Racine. 1928. Pp. 273-279.

dimanche 20 août 2017

L'Après-midi israélien

Après le Minuit, chrétiens, le Minuit israélien de décembre 2015, voici l'Après-midi israélien.

Aujourd'hui le 20 août 2017, notre site subissait sa troisième attaque par déni de service. La première vague de cette nouvelle attaque fut lancée à 14h et la seconde vague à 15h. Un ou des serveurs israéliens ont été utilisés pour lancer instantanément 2364 requêtes, puis 2127 requêtes l'heure suivante, à l'adresse directe de notre page sur internet.

Ce genre d'attaques menées simultanément et sans interruption par plusieurs serveurs, contre un serveur non protégé, peut se terminer en une véritable prise en otage de site internet.

Espérons que ces gens d’Israël ont trouvé ce qu'ils voulaient sur notre site ! Jésus-Christ est le Messie que vous attendez.


samedi 19 août 2017

Hérode et Ponce Pilate, deux libéraux très complémentaires

herod« Quid est veritas ? » Depuis 20 siècles, la formule n’a pas changé.
« Quid est veritas ? » Ce qui signifie : encore un qui y croit ! Encore un illuminé, un pauvre fou !
Un pauvre fou. Tout à l’heure, en effet, c’est la robe blanche des fous qu’Hérode fera jeter sur Jésus. Hérode et Pilate se réconcilieront là-dessus… Ils se rencontrèrent en cet endroit… Tous deux sont libéraux.
Hérode, c’est le libéralisme crapulard de la débauche. Pilate, c’est le libéralisme des gens corrects et qui aiment « se laver les mains » : respecter les formes.
Pilate, c’est le libéralisme des gens réputés honnêtes. Pilate, c’est le chrétien libéral qui, au fond, cherche à sauver Jésus, mais qui commence par le faire flageller avant de l’envoyer à la mort, devant le tumulte croissant que sa démagogie autant que son manque de caractère n’auront pas su arrêter.
En fait et jusqu’à la fin des temps, Jésus continue à être torturé, ridiculisé, mis à mort, de Pilate à Hérode et d’Hérode en Pilate.
« Quid est veritas ? » Encore un illuminé ! Encore un de ces maniaques du rappel de la « thèse », de la doctrine, aux moments les plus inopportuns !
 « Et ce disant, Pilate sortit de nouveau vers les Juifs. Iterum exivit ad Judaeos. » On le conçoit, Pilate est un homme « engagé » ! En plein dans l’action ! Et qui a tout autre chose à faire que d’écouter un doctrinaire !
« Iterum exivit... » Iterum : de nouveau. Car, il y était déjà, bien sûr ! Il s’est lancé depuis longtemps ! Avant d’agir, il n’a pas perdu son temps à réfléchir aux responsabilités, pourtant redoutables, de sa fonction. Voyons ! On ne refuse pas semblable situation !
« Iterum exivit ad Judaeos. »  Autant dire : Pilate se retourne de nouveau, « iterum », vers le problème concret du moment, « ad Judaeos ». Vers ces Juifs qui sont là, sous le balcon, et qui crient… Voilà ce qui est autrement important que les propos de ce Jésus. Voilà ce qui prime tout.
« Exivit ad Judaeos » Pilate s’en revint vers les Juifs. Mais, et c’est là son péché, sans avoir pris la peine d’attendre et d’entendre la réponse et les directives du Seigneur.
Autrement dit, Pilate replonge dans « l’hypothèse ». Seule chose qui l’intéresse. Mais cela sans avoir attendu la réponse de la doctrine, les lumières de la « thèse » et de la vérité.
Cette vérité, cependant, Dieu fera en sorte qu’elle soit dite jusqu’au dernier terme.
Un peu plus tard, lorsque, dans son délire, la foule réclamera la mort de Jésus, le dernier argument, qui est aussi l’explication suprême, sera lancée à Pilate : « quia Filium Dei se fecit… parce qu’il s’est fait Fils de Dieu… ».
Fils de Dieu ! Voilà la clef de toutes ces énigmes sur lesquelles Pilate bute depuis un long moment.
Fils de Dieu ! Voilà qui explique tout et ce que, dans Sa miséricorde, notre Seigneur a voulu que Pilate entende au moins une fois.
Pilate_JesusOn conçoit l’affolement du Romain. Depuis qu’il a ce « roi des Juifs » devant lui, il va d’étonnement en étonnement. Toutes ses conceptions de pragmatique retors sont bousculées, renversées…
Jésus frappe désespérément à la porte de cette âme par tous les moyens qui peuvent être mis en œuvre… jusqu’aux rêves de sa femme… Ce libéral comprendra-t-il enfin ?
Non ! Il est seulement effrayé, pris de panique.
« Lorsque Pilate entendit cette parole, il eut encore plus peur. »
Cette fois, il veut savoir : « D’où es-tu ? » Autrement dit : « Qui es-tu ? » Mais d’où viens-tu, homme extraordinaire ? Dis-moi quel est ton mystère afin que je comprenne, enfin.
Jésus garde le silence. Après tout ce qu’Il a dit, après cette flagellation que Pilate vient d’ordonner, la Vérité n’a pas à répondre à de telles injonctions.
Devant le silence de ce prisonnier inouï, la crainte de Pilate décuple. Il a peur, comme tous les faibles. Et, comme tous les faibles qui ont peur, il va non, certes, faire sentir sa puissance à cette foule hurlante en donnant l’ordre aux soldats de la disperser. Non ! Il va « crâner » devant cet homme enchaîné et apparemment impuissant. Il va menacer le Juste au nom de ce qu’il croit être son « autorité ».
« Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te crucifier et de pouvoir te relâcher ? »
Et Jésus de répondre : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut. »
« Tu n’aurais… » Toi, Pilate… c’est-à-dire : toi, homme politique quelconque investi d’une parcelle d’autorité… qui que tu sois : simple fonctionnaire, juge, député, ministre, gouverneur, prince ou roi… tu n’aurais aucun pouvoir si tu ne l’avais reçu d’en haut, c’est-à-dire : de Dieu, c’est-à-dire de Moi.
Et puisque ton pouvoir est un pouvoir politique, juridique, social, le seul fait que je vienne affirmer que ce pouvoir vient de Moi prouve sans contestation possible, que la royauté que je revendique, bien que n’étant pas de ce monde, s’exerce quand même sur lui, sur les individus comme sur les nations. Et cela parce que Je me dis « Fils de Dieu ».

Jean Ousset – Pour qu’il règne (1959) source

mercredi 16 août 2017

Le diocèse de Montréal passe en mode homosexuel


L'Eglise Saint-Pierre-apôtre, diocèse de Montréal, vous invite à " L'ar(c)t en ciel ".

Intérieur de l'église...
L'église Saint-Pierre-Apôtre : œcuménisme et homosexualité en folie.

L'Eglise Saint-Pierre-Apôtre n'est pas à son premier événement du genre. Chaque année, lors de la "semaine de la fierté", l'église, anciennement tenue par les Oblats de Marie-Immaculée, se pare de ses plus hideux ornements (photo ci-dessus). La chapelle du Sacré-Cœur, dont la miséricorde du Sacré Cœur de Jésus est travesti (dorénavant la chapelle de l'espoir), est devenue un temple d'ex-votos à saveur homosexuel (photo plus bas).

« Ce qui rend la chapelle de l’Espoir encore plus accueillante, c’est lorsque l’on constate que même si elle est à l’intérieur d’une église catholique, elle embrasse toutes les religions : s’y recueillent donc des gens de toutes confessions religieuses. »
Site web de l'église Saint-Pierre-Apôtre (lien

" Mon beau Martin, merci pour ton amour. Bon voyage. " -Charles
L'Eglise conciliaire, née de Vatican II, est en réelle décadence. Sa mort - vraisemblablement programmée - en Canada français est de plus en plus évidente. Espérons qu'un pareil événement, bafouant si ouvertement les commandements de Dieu, hâtera la fin de tout ceci, ainsi que le retour de la véritable Foi catholique. De Dieu on ne se moque pas impunément.

Rappelons les paroles de saint Paul à propos du péché de l'homosexualité :

« Ne vous y trompez point : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, ni les voleurs, ni les avares, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les rapaces ne posséderont le royaume de Dieu. »
1re épître de saint Paul au Corinthiens, chapitre VI, versets 9 à 11. 

On compte l'acte de ce péché parmi les péchés qui crient vengeance vers le Ciel (refus de l'ordre de la création).


Le devoir de la Charité

Le premier devoir de la charité, la vraie, est la Vérité. Nous devons la Vérité aux gens : la Vérité qui vous rendra libres (Jn., VIII, 32). Conforter les pécheurs dans leurs "convictions", en les dorlotant, est une abomination. En effet, c'est coopérer à la damnation des gens que de les établir dans le mensonge, d'autant plus qu'en accomplissant cela, on consomme son propre châtiment.

La Vérité de change pas. L'homme n'a pas changé depuis la chute, il doit toujours, siècles après siècles, se sauver. Le péché originel n'a pas été aboli. Il n'y a pas plusieurs voies pour se sauver, mais bien qu'Une seule. Il y a un Ciel et il y a un enfer. Il y a la Vérité et il y a le mensonge.

« Or la doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. »
Saint Pie X, Notre charge apostolique

Conclusion

Encore une fois, fidèle à son habitude, l'Eglise moderniste de Vatican II s'inscrit parmi ceux qui collaborent à la déchéance de notre patrie. L'hérésie tend à combattre l'Enseignement de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce faisant, en combattant l'ordre surnaturel, elle combat l'ordre naturel des choses. On ne peut séparer ces deux ordres.

Ne vous y trompez pas : le modernisme est contre-nature, donc anti-national. Pour la Religion et le salut de la Patrie, nullam partem (aucun accord) avec ces gens !

lundi 7 août 2017

Les méthodes de la secte

Un ouvrage indispensable pour ceux qui veulent se former
sur la Révolution, ses pompes et ses œuvres.

  • Inondation du marché intellectuel par des brochures de propagande vendues à vil prix, ou même distribuées gratuitement ;
  • Campagnes de dénigrement systématique contre les adversaires vulnérables, conspiration du silence à l'égard de ceux que leur talent et leur réputation rend dangereux ou inattaquables.
  • Propagande en revanche soigneusement orchestrée en faveur des ouvrages émanés de la "secte", ou qui répandent ses idées ;
  • Noyautage systématique des corps constitués et de tous les milieux susceptibles de quelque influence, particulièrement sur les jeunes ;
  • Camouflage des activités subversives derrière le paravent de quelques personnalités indiscutables, totalement inconscientes du rôle qu'on leur fait jouer.

Citons quelques passages du code établi par Weishaupt, qui illustrent bien les procédés que nous venons de passer en revue :

Vous aurez soin (...) que les écrits de nos adeptes soient exaltés dans le public : vous ferez emboucher la trompette en leur faveur et vous prendrez garde que les journalistes ne rendent pas nos écrivains suspects. 
Quand parmi nos adeptes il se trouve un homme de mérite mais peu connu ou même entièrement ignoré du public, n'épargnons rien pour l'élever, pour lui donner de la célébrité. Que nos frères inconnus soient avertis d'enfler partout en sa faveur les trompettes de la renommée pour forcer au silence l'envie et la cabale. 
Lorsqu'un écrivain annonce des principes qui sont vrais, mais qui n'entrent pas encore dans notre plan d'éducation du monde, ou bien des principes dont la publication est prématurée, il faut chercher à gagner cet auteur. Si nous ne pouvons pas le gagner et en faire un adepte, il faut le décrier. 
Vous devez (...) sans cesse, former de nouveaux plans afin de voir comment on peut dans vos provinces s'emparer de l'éducation publique, du gouvernement ecclésiastique, des chaires d'enseignement et de prédication. 
Ne perdons jamais de vue les écoles militaires, les académies, les imprimeries, les librairies, les chapitres des cathédrales, les établissements quelconques qui influent sur l'éducation ou le gouvernement. Que nos régents soient sans cesse occupés à former des plans et à imaginer la manière dont il faut s'y prendre pour nous rendre maîtres de tous ces établissements. 
Le préfet Illuminé n'épargnera (...) rien pour se mettre en possession des écoles de son district et de leurs maîtres. Il fera en sorte qu'elles soient confiées à des membres de notre ordre. 
S'il est intéressant pour nous d'avoir les écoles ordinaires, il est aussi très important de gagner les séminaires ecclésiastiques et leurs supérieurs. Avec ce monde-là, nous avons la principale partie du pays ; nous mettons de notre côté les plus grands ennemis de toute innovation, et, ce qui est par-dessus tout, avec les ecclésiastiques, le peuple et les gens du commun se trouvent dans nos mains. 
Autour des Puissances de la terre, il faut rassembler une légion d'hommes infatigables, et dirigeant partout leur travaux suivant le plan de l'ordre, pour le bonheur de l'humanité (...) mais tout cela doit se faire en silence ; nos frères doivent (...) chercher à gagner toutes les places qui donnent de la puissance, pour le bien de la chose.
Supposons (...) qu'un prince ayant pour ministre un Illuminé lui demande quel sujet il croit propre à tel état vacant (...) le ministre pourra sur-le-champ offrir le portrait fidèle de divers personnages parmi lesquels il ne restera au prince qu'à choisir. 
Les régents illuminés doivent étudier l'art de dominer, de gouverner sans paraître en avoir l'idée. Sous le voile de l'humilité (...) il faut qu'ils exercent un empire absolu et sans bornes, et qu'il tendent à diriger les choses vers chaque objet de notre ordre (...) Les moyens de conduire les hommes sont sans nombre. Qui pourrait les décrire tous ? Le besoin des temps doit les faire varier. Dans un temps on met à profit le penchant des hommes au merveilleux ; dans un autre on se sert de l'attrait des sociétés secrètes. De là vient qu'il est bon parfois de faire soupçonner à vos inférieurs, sans leur dire pourtant ce qu'il en est, que toutes ces autres sociétés, et celle des francs-maçons, sont secrètement dirigées par nous ; ou bien, ce qui est réellement vrai dans quelques endroits, que les grands monarques sont gouvernés par notre ordre. Quand il se passe quelque chose de grand, de remarquable, il faut aussi jeter en avant le soupçon que cela nous est dû. S'il se trouve un homme d'une grande réputation pour son mérite, faites encore croire qu'il est des nôtres. 
Les régents s'occuperont sans cesse de ce qui concerne les grands intérêts de l'ordre, des opérations de commerce, ou bien d'autres choses semblables qui peuvent ajouter à notre puissance. 
Si notre ordre ne peut pas s'établir quelque part avec toute la forme et la marche de nos classes, il faut y suppléer par une autre forme. Occupons-nous du but, c'est là l'essentiel, peu importe sous quel voile, pourvu qu'on réussisse. Cependant il en faut toujours un quelconque, car c'est dans le secret que réside la grande partie de notre force.


-Père Augustin Barruel, S.J., cité par Dominique Ancelle in Galerie Contre-révolutionnaire. Edition Clovis. Etampes, 2008. Pp. 216-220.

lundi 31 juillet 2017

Les particularités du culte extérieur dans l'Eglise catholique : lampes et cierges

Nos adversaires nous reprochent encore l'usage des lampes et des cierges allumés en plein jour. Pourquoi, disent-ils, cette profusion de lumières ? Qu'est-ce que cela signifie ? D'où vient cette singulière coutume ?

Mon Seigneur et mon Dieu !
A cette objection je réponds d'abord que cet usage ne renferme rien de contraire à la Bible, puisque nous y lisons que sept lampes étaient constamment allumées dans le tabernacle de l'ancienne alliance ; elles étaient alimentées au moyen d'huile d'olives et étaient placées sur le chandelier d'or en la présence du Seigneur. Si, dans la Nouvelle Loi, il n'y a rien qui prescrive l'usage de lumières, il n'y a rien non plus qui le défende. Bien plus, on voit dans la Sainte Ecriture qu'un grand nombre de lampes éclairaient l'appartement où saint Paul annonçait la parole de Dieu à Troas.

L'histoire des persécutions dans les premiers siècles de l'Eglise nous montre les chrétiens obligés de se réunir dans les catacombes pour prier et assister au saint sacrifice ; là des lampes, des cierges illuminaient cet obscur dédale. L'un des buts qu'on se proposait, était dans doute de faire disparaître les ténèbres physiques ; mais ce n'était pas tout : les lumières étaient encore un signe de joie, une figure du Sauveur, lumière du monde, présent sans son Eglise, un symbole du feu sacré de l'amour divin que Jésus est venu allumer ici-bas dans les cœurs.

L'Eglise a conservé cet antique usage ; il est pour nous un précieux souvenir de ces temps reculés où nos ancêtres ont souffert pour la foi ; et il nous rappelle aussi les enseignements lumineux que Notre-Seigneur nous a donnés et l'amour dont les fidèles doivent être pénétrés pour un Dieu si bon. « En Orient, dit saint Jérôme, on allume des cierges dans l'église en plein jour, non pour dissiper des ténèbres qui n'existent pas, mais pour exprimer une joie réelle et représenter, par cette clarté sensible, la clarté intérieure dont le Psalmiste a parlé, lorsqu'il a dit : Votre parole, Seigneur, est un flambeau qui m'éclaire et qui dirige mes pas dans le chemin de la vertu. »

Lampe du sanctuaire. Lorsqu'elle est allumée,
cela signifie que Notre-Seigneur est présent
dans le tabernacle.
Cette coutume s'est conservée chez les catholiques depuis le berceau de l'Eglise jusqu'à nos jours ; nos solennités et nos joies religieuses trouvent leur plus brillante expression dans les illuminations de nos temples, des autels, des reliques et des images des saints. Pourquoi donc s'obstinerait-on à blâmer un usage conforme aux Livres Saint, en vigueur du temps des Apôtres et de leurs successeurs immédiats, conservé dans le monde entier jusqu'à nos jours ? Que fait-on dans la société civile quand on veut saluer le retour d'un roi, ou d'un général victorieux ? Comment lui exprime-t-on sa joie ? Comment honore-t-on ses beaux succès ? Chacun s'empresse d'illuminer sa demeure et de faire disparaître sous des milliers de feux l'obscurité ordinaire de la nuit. Ainsi en est-il dans l'Eglise, lorsqu'elle veut manifester son allégresse et honorer son divin Fondateur ou les saints qui ont marché sur ses traces.

Certaines sectes protestantes ont rétabli l'usage des lumières et même de l'encens ; un bon nombre ont fait replacer au sommet de leurs églises la croix que les chefs de la Réforme en avaient fait enlever. Puissent-elles opérer bientôt une transformation fondamentale et se réunir à l'Eglise catholique romaine, qui est la seule vraie Eglise du Christ !


[NDLR: C'est ainsi qu'on voit l’œcuménisme d'un œil catholique, la conversion  des hérétiques et leur retour à l'Eglise catholique. Hors de l'Eglise, point de salut !]



-Abbé Louis-Nazaire Bégin, Le culte catholique. Québec, 1875. Pp. 109-111

dimanche 30 juillet 2017

Discours patriotique fête de la saint Jean-Baptiste



Discours patriotique de monsieur Kenny Piché de Tradition Québec, lors de la fête de la saint Jean-Baptiste à Saguenay (24 juin 2017).

vendredi 28 juillet 2017

Formation doctrinale - L'encyclique Immortale Dei de Léon XIII


Conférence de monsieur l'abbé Roger Guéguen, lors d'une journée de formation pour le Mouvement Tradition Québec (14 janvier 2017).