samedi 27 janvier 2018

Le bulldozer athée continue d’avancer à Ottawa


En octobre 2015, je signais un article dans les pages de la revue Le Carillon intitulé Les franc-maçons promoteurs du blasphème. J’y dévoilais les manœuvres énergiques d’un regroupement d’associations « humanistes » à Ottawa pour que soit abrogé l’article C296 du Code Criminel canadien concernant la loi contre le « Libelle blasphématoire » encore en vigueur aujourd’hui.

Comme nous l’avions présagé, le travail de ce regroupement a été mené à terme depuis. Le dépôt du projet de loi C-51 (Loi modifiant le Code criminel et la Loi sur le ministère de la Justice et apportant des modifications corrélatives à une autre loi) au mois de juin 2017 aura aussi pour effet « d’abroger plusieurs infractions criminelles devenues désuètes ou inutiles. » L’article C296 fait bel et bien partie de la liste.

Le travail de sape constitutionnelle n’est toutefois pas terminé, deux articles de loi protégeant encore les fondements de notre civilisation sont toujours dans la ligne de mire de la conjuration antichrétienne :


L’Article 176

Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de deux ans quiconque, selon le cas :

(a) par menaces ou violence, illicitement gêne ou tente de gêner un membre du clergé ou un ministre du culte dans la célébration du service divin ou l’accomplissement d’une autre fonction se rattachant à son état, ou l’empêche ou tente de l’empêcher d’accomplir une telle célébration ou de remplir une telle autre fonction;

(b)
  sachant qu’un membre du clergé ou un ministre du culte est sur le point d’accomplir, ou est en route pour accomplir une fonction mentionnée à l’alinéa a), ou revient de l’accomplir :

(I) ou bien se porte à des voies de fait ou manifeste de la violence contre lui,

(II) ou bien l’arrête sur un acte judiciaire au civil ou sous prétexte d’exécuter un tel acte.


Et la défense (3), b) de l’article 319

(3) Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction prévue au paragraphe (2) (Fomenter volontairement la haine) dans les cas suivants :

a)    il établit que les déclarations communiquées étaient vraies;

b)    il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d’en établir le bien-fondé par argument;

Pour ce qui est de l’article 319, une pétition a été déposée à la Chambre des Communes en octobre 2017 par le président des Libres penseurs athées, monsieur David Rand. La pétition e-763 demande que l’abrogation de l’alinéa souligné plus haut soit incluse dans le projet de loi C-51.

Les forces antichrétiennes auront donc supprimé tout ce que nos pères avaient jugé bon d’inclure au Code Criminel pour protéger leur foi bimillénaire avant la fin de 2018. De ces vestiges, il ne restera que le célèbre préambule de la Constitution de 1982.

« Attendu que le Canada est fondé sur des principes qui reconnaissent la suprématie de Dieu et la primauté du droit »


Kenny Piché
Tradition Québec

jeudi 28 janvier 2016

Anecdotes canadiennes - Le draveur qui sacrait




Un jeune homme partait au printemps pour le flottage du bois. Son vieux curé lui avait dit :

« Mon enfant, corrige-toi ; c'est à frémir et à faire pleurer que d'entendre ton langage ! »

Le grand garçon tourna le dos en ricanant, et se rendit dans le haut Saint-Maurice.

La rivière était couverte des troncs d'arbres coupés pendant l'hiver, le courant les charriait avec rapidité. A la tête d'une chute, un de ces troncs s'échoua à fleur d'eau sur le rocher. Des centaines, des milliers s'échouèrent à leur tour, et s'amoncelèrent jusqu'à former une montagne. Ce fut une bousculade de « billots », qui, sous la violence du courant, tourbillonnaient et formaient un énorme barrage.

« Qui ira décrocher de la roche les billots d'en avant ? » demanda le contremaître avec force jurons.

« Moé », dit notre grand garçon, avec forfanterie et en blasphémant à son tour.

Il saisit son levier, monte sur l'entassement des billes, saute de l'une à l'autre, aux applaudissements des camarades, arrive au nœud de la digue, et soulève le billot qui tient la tête du barrage, en prononçant un horrible blasphème contre le Christ et le Calvaire.

Il n'en avait pas achevé les dernières syllabes, que toute la digue s'était déchaînée en une formidable avalanche. Et comme le misérable se précipitait de ce pont croulant vers la rive, deux pièces de bois bousculées en sens contraires se soulèvent et se rencontrent sur la tête du blasphémateur lui faisant voler la cervelle.

Hélas !

Il achevait son blasphème dans l'éternité.

A. Poulin, s.j.,
La lutte contre le blasphème.



Extrait de Le catéchisme en anecdotes canadiennes de l'abbé Georges Thuot (Fides, 1946)



lundi 4 janvier 2016

Le joual, les sacres et la Révolution tranquille


« Le langage de l’homme permet de conclure de sa nationalité; ainsi peut-on savoir d’un homme s’il est de l’enfer quand il parle la langue du démon. »

-François Spirago

Du « purisme »  à l’affirmation du « canadianisme »

Jusqu’au début du 20ième siècle, les intellectuels canadiens-français ont prôné en matière de langue ce que l’on appelle le « purisme ». Face à la menace de l’anglicisation, toute déviation du français classique était considérée comme le cheval de Troie qui allait saper l’identité. La position du clergé et des intellectuels était légitime, considérant la situation précaire de notre peuple en Amérique du Nord. Le chanoine Lionel Groulx défendait cependant les « canadianismes ». Il affirmait déjà, en 1906, l’existence de la nation canadienne-française, de son langage et de ses particularités - sous le pseudonyme de « Lionel Montal »:

« Si nous sommes restés Français, nous le devons à nous même. Nous ne le devons nullement à la France. Et il est bon de s’en souvenir quand les francisateurs fanatisés voudraient arracher à notre vocabulaire ses archaïsmes et ses canadianismes. Nous devons avoir le droit de réglementer dans l’ordre, mais comme il nous plaira, le patrimoine que nous avons défendu et conservé, sans le secours étranger, par notre seul courage et notre seul effort. » (L’Album universel, Montréal, 28 juill. 1906, p.396)

Dans le camp du français classique, comme dans le camp du canadianisme, il n’était pas question des blasphèmes, des « sacres ». Peu importe l’école de pensée, le respect du deuxième commandement de Dieu allait de soi. Ce vice était répandu dans toutes les langues des pays chrétiens, mais le péché d’imprécation (sacres) n’était pas encore notre vice national, le « sacreur » était mal vu.

Monseigneur Ignace Bourget
Pour combattre ce vice, Monseigneur Bourget recommandait la récitation des trois Gloria Patri  en réparation des blasphèmes, en 1853.

La  Ligue catholique des voyageurs de commerce entreprenait, en 1920, une campagne provinciale contre le blasphème.  Dans une brochure, publiée à cette occasion, le père Dugré fait remarquer :

« D'abord les bons, l'immense majorité de ceux qui, Dieu merci!, ne sont pas affligés de ce vice, tous les bons, hommes et femmes, devront cesser leur indulgence bonasse qui fait qu'un vaurien qui jure est redouté précisément parce qu'il jure. »

Il en a été ainsi jusqu’à la fin des années 1960, où le joual a été transformé en fusil à deux canons par le mouvement révolutionnaire de la « contre-culture ».


Le joual comme outil révolutionnaire

Les pères de la Révolution tranquille, cette petite clique gauchiste que l’on retrouve derrière toutes les magouilles anticléricales à partir des années 1950, allaient faire un double usage de la question du joual.

Jean-Paul Desbiens et Jacques Hébert, en mai 1965.
André Laurendeau reprit le vieil idéal « puriste »  dans les pages du Devoir, en critiquant vivement l’état de la langue française en 1960. Le système d’éducation catholique était, bien sûr, blâmé pour avoir laissé le joual s’enraciner si profondément. Un frère mariste de Chicoutimi, Jean-Paul Desbiens, emboîta le pas dans la critique du parler canadien-français avec un pamphlet qui lui permit de se classer parmi les pères de la Révolution : Les insolences du frère Untel.

L’éditeur anticlérical Jacques Hébert allait jouer un rôle clé dans la fusion du joual et des jurons, comme nous le verrons plus loin. Pour l’instant il se contenta d’imprimer des dizaines de milliers de copies des Insolences. Ce débat, initié par le duo Laurendeau – Desbiens, allait favoriser le travail de la Commission Parent de 1961-1966, ou le frère Desbiens fût consulté comme expert, puis de la déconfessionnalisation du système d’éducation du Québec.

Jacques Hébert, qui venait de faire un coup de maître contre le Canada français catholique en épaulant le frère Untel, passa rapidement à l’étape suivante. Le clergé était mis en échec et la culture était entre les mains des pères de la Révolution dès l’aboutissement de la commission Parent. Après avoir ressuscité la vielle cause « puriste » pour un premier coup de fusil, il allait maintenant publier les auteurs d’un nouveau joual « littéraire » parsemé de sacres. Ce vice existait depuis toujours et on l’avait combattu, mais il allait finalement être officialisé sur papier.

Michel Tremblay et la troupe des "belles sœurs".

Avec l’aide des infiltrés socialistes à Radio-Canada, c’est lui qui allait nous dénicher le célèbre Michel Tremblay, dont les « œuvres » étaient une sorte de psychanalyse freudienne de la société canadienne-française, désormais « québécoise », traumatisée par l’ancien régime. Jacques Hébert, après avoir soutenu la campagne des puristes contre l’enseignement des religieux, devenait le principal éditeur des auteurs qui osaient faire sacrer leurs personnages dans un joual qui défiait toutes les normes littéraires.

À peine 10 ans plus tard, les auteurs comme Michel Tremblay et Roch Carrier, propulsés par Jacques Hébert et le réseau gauchiste avaient déjà publié des dizaines de romans ou pièces de théâtre dont les textes étaient parsemés de sacres et autres obscénités. Les belles-sœurs de Tremblay et La guerre, yes sir! de Roch Carrier sont des exemples parmi tant d’autres.

Le premier coup de fusil – la campagne puriste de Laurendeau et du frère Untel - couchait le clergé canadien-français, qui allait de toute façon renoncer à son rôle de berger à cause de l’esprit de Vatican II.

Le deuxième coup – la promotion d’un joual immonde et dénaturé - était pour le troupeau, le peuple canadien-français, qui allait s’en sortir avec une plaie infectée qui suinte encore aujourd’hui.


Une culture de sacres

Justin et Alexandre Trudeau aux funérailles
de Jacques Hébert en décembre 2007
Aujourd’hui, en 2015, selon la nouvelle culture instaurée par les révolutionnaires, on n’offense pas Dieu quand on sacre dans notre joual – on exprime notre « identité québécoise ».

À force de réécrire l’histoire, André Laurendeau et le frère Desbiens se sont eux-mêmes convaincus qu’ils avaient inventé le terme « joual » en 1960. En vérité, cette expression, dérivée du mot « cheval » en patois canadien, apparaissait déjà dans certains journaux vers 1930.

Les auteurs propulsés par Hébert, Michel Tremblay en tête, sont aujourd’hui présentés comme les pères du joual et les pionniers de la nouvelle culture littéraire du Québec dans tous les cours de français, de l’école  primaire à l’Université. Ce n’est pas à la gloire du Québec « moderne et ouvert ».


Sources:

Linguistique : sacrées affaires de jurons!, Gilles Bibeau, Québec français, n° 43, 1981, p. 19.

Le "sacre" dans les oeuvres de Michel Tremblay et Roch Carrier, Carmen Helen Garon B.A., Mcmaster University, Oct. 1973

Les insolences du Frère Untel, Jean-Paul Desbiens, 1960

Trésor de la langue française au Québec (XXII), Paul Laurendeau, Québec français, n° 67, 1987, p. 40-41.

Les prêtres et religieux du Canada français - observateurs de la langue et collecteurs de mots, Wim Remysen et Louis Mercier, Université de Sherbrooke

mercredi 25 novembre 2015

Brève analyse des sacres chroniques

Tiré des archives du bulletin catholique romain "Le Doctrinaire"  no.14 - avril 1973
 
Les archives du Doctrinaire sont disponibles ici
 
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LE BLASPHEME

Une plaie chronique...
 

Sinistre lumière, mais lumière tout de même: les jurons que Satan met sur les lèvres de certains de nos compatriotes sont tellement bien choisis qu'ils offrent par eux-mêmes une idée complète de tous les aspects de l'Eucharistie, surtout du saint Sacrifice de la Messe.

Le blasphémateur s'attaque au Christ: c'est l'outrage à Notre-Seigneur dans son titre de prêtre. Le mot Christ veut dire "oint" il, a été donné à Notre-Seigneur parce que, telle une onction d’huile, la divinité pénètre son humanité et le constitue Prêtre, Médiateur entre Dieu et les hommes, pour donner aux hommes la vie divine en participation.

Il s'attaquera à Jésus-Christ - C'est l'insulte à sa mission de Sauveur: Vous lui donnerez le nom de Jésus qui veut dire Sauveur.

Il passera ensuite au Calvaire - Hostie – Calice – Ces termes expriment la rage du diable contre l'action sacerdotale qui nous rachète: le sacrifice de la Croix et de l'Autel. Le mot "Calvaire" évoque le drame sanglant où Jésus est mort sur la croix.

L'Hostie, c'est son Corps adorable, en tant que victime du sacri­fice: Tel qu'il est sur l'Autel, sous les apparences du pain.

Le Calice, contient son sang précieux, répandu pour nos péchés.

Il prendra le Ciboire - Outrage à Notre-Seigneur nous appliquant les fruits de son Sacrifice par la Sainte Communion, dans laquelle il se donne à nous pour vivifier en nous la vie divine.

Le Tabernacle répugne au blasphémateur. C'est un cri de haine contre le Roi divin demeurant parmi les hommes, insulte à l'A­mi qui reste auprès de ceux qu'il aime pour les éclairer, les soutenir, les relever, et les combler des tendresses de son intimité.

Le blasphémateur n'aime pas la Vierge. C'est la blessure au Coeur du Fils par l'outrage à la Mère. C'est l'offense à l'amour rédempteur par 1e mépris de la Co-rédemptrice. C'est l'attaque au Donateur de toutes grâces par l'affront â la Médiatrice universelle.

Le blasphémateur aura souvent à la bouche aussi le "Baptême", C'est le sacrement qui fait de nous les enfants de Dieu et les héritiers du Ciel.


Nous devons prendre la résolution suivante: chaque fois que nous entendons quelqu'un qui blasphème...faire une intervention charitable.


Pour combattre la plaie du blasphème...Il est urgent d'entreprendre une campagne et de le faire interdire dans tous les endroits publics, surtout dans nos écoles où le jeune ne se gêne pas pour blasphémer. Quand on s'arrête à y songer, on tremble pour le blasphémateur, car le blasphème est diabolique et Dieu l'a en horreur.


Armand ROY,ptre.
St-Damien (Bellechasse)

mercredi 18 novembre 2015

Édit du roy contre les jureurs et blasphémateurs


Le 30 juillet 1666



La Nouvelle-France, c'était cela:

Défendons très expressément à tous nos sujets de quelque qualité et condition qu'ils soient, de blasphémer, jurer et détester le saint nom de Dieu, ni proférer aucunes paroles contre l'honneur de la très Sacrée Vierge, sa mère, et les saints.
Voulons et nous plaît que tous ceux qui se trouveront convaincus d'avoir juré et blasphémé le nom de Dieu, de sa très sainte mère et des saints, soient condamnés pour la première fois en une amende pécuniaire selon leurs biens, la grandeur et l'énormité du serment et blasphème, les deux tiers de l'amende applicables aux hôpitaux des lieux et, où il n'y en aura, à l'église, et l'autre tiers aux dénonciateurs, et si ceux qui auront ainsi été punis retombent à faire les dits serments seront pour la seconde, tierce et quatrième fois condamnés en amende double, triple et quadruple, et pour la cinquième fois seront mis au carcan aux jours de fête, de dimanche ou autre et y demeureront depuis huit heures du matin jusques à une heure d'après-midi, sujets à toutes injures et opprobres et en outre condamnés à une grosse amende; et, pour la sixième fois, seront menés et conduits au pilori, et là auront la lèvre de dessus coupée d'un fer chaud et, la septième fois, seront menés au pilori et auront la lèvre de dessous coupée; et si par obstination et mauvaise coutume invétérée ils continuaient après toutes ces peines à proférer les dits jurements et blasphèmes, voulons et ordonnons qu'ils aient la langue coupée toute juste, afin qu'à l'avenir ils ne le puissent plus proférer; et en cas que ceux qui se trouveraient convaincus n'aient de quoi payer les dites amendes, ils tiendront prison pendant un mois au pain et à l'eau ou plus longtemps ainsi que les juges le trouveront plus à propos selon la qualité et énormité des dits blasphèmes; et afin que l'on puisse avoir connaissance de ceux qui retomberont aux dits blasphèmes, sera fait un registre particulier de ceux qui auront été repris et condamnés.

Voulons que tous ceux qui auront ouï les dits blasphèmes aient à les révéler aux juges des lieux dans les vingt-quatre heures en suivant, à peine de soixante sols parisis d'amende et plus grande s'il y échait.
Déclarons néanmoins que nous n'entendons comprendre les énormes blasphèmes, qui selon la théologie appartiennent au genre d'infidélité et dérogent à la bonté et grandeur de Dieu et de ses autres attributs; voulons que les dits crimes soient punis de plus grande peine que celles que dessus, à l'arbitrage des juges selon leur énormité.
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Source: Édits, ordonnances royaux, déclarations et arrêts du Conseil d'État du Roi concernant le Canada, Québec, E.-R. Fréchette, 1854, vol. 1, p. 64-65.

lundi 9 novembre 2015

Courrier des catholiques - M. Fortier - Notre fléau national

Nous ouvrons cette nouvelle rubrique nommée Courrier des catholiques, d'abord et avant toutpour permettre aux militants catholiques qui ont un goût et un talent pour la rédaction de développer leurs habiletés ou de partager leurs expertises.
 
Ce ne sont pas les sujets qui manquent puisque le combat spirituel que nous menons est catholique, donc universel. N'hésitez pas à nous faire parvenir vos textes ici.


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Notre fléau national


 



L'une des richesses de notre peuple canadien-français, sa langue, élément de culture fondamental, est malheureusement souillée par ces fameux jurons, inutile de les rappeler aux lecteurs québécois, ces sacres qui nous valent presque une reconnaissance mondiale. Fléau généralisé depuis la Révolution tranquille, tout le monde connaît ces mots provenant du domaine sacré qui se sont introduits dans notre langage, s'employant comme de vulgaires expressions, interjections pour souligner une quelconque émotion, pour exprimer nos petites frustrations quotidiennes...

Mais qu'est-ce que le nom du Bon Dieu ou les mots de l'Église ont à voir avec tout cela ? Rien. Tellement incrusté dans notre langage désormais qu'on ne les remarque plus. Certains les utilisent à répétition, quelques fois deux ou trois fois ou même plus dans chaque phrase. Et pourtant, un péché est commis à chaque fois, on a tendance à oublier qu'il est écrit dans les dix commandements: «Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain» (Exode 20:7). Il s'agit d'un véritable fléau pour tout catholique soucieux du salut de son âme. Même si les autres sacrent, il faut rester entêté à ne pas suivre leur exemple et éviter le «langage du peuple».

Régler sa langue demande un effort considérable, parfois se taire est carrément préférable: «Le silence est ami de celui qui se défie de lui-même et se confie en Dieu» (Scupoli, Le combat spirituel, chapitre 24). Le Québec subit la dégénérescence globale du monde, et ce, à tous les niveaux, mais commencer par corriger notre langage au foyer, au travail et dans les endroits publics, ne peut que plaire à Dieu. On peut également se rappeler ces paroles de la bible: «Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise; mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu'il fasse du bien à ceux qui l'entendent.» (Éphésiens 4:29)

La fierté d'une nation se reflète à travers sa langue, bien la maîtriser et se débarrasser des mots souillés ou déformés est certainement une voie sûre. Prenons exemple des grands écrivains, il n'y en manque pas dans la langue française. Les paroles reflètent aussi nos agissements: « User des mots sans discipline, c'est suggérer de porter aussi le désordre dans les actions.» (Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue II). Alors, rétablissons l'ordre dans nos mots, ne les employons pas indûment et rendons à notre magnifique langue toute sa dignité.


M. Fortier, Québec

lundi 19 octobre 2015

Paix et chapelet (sur les chantiers)


 

Au Saguenay le 29 mars 1935
 
Il suffit de savoir demander pour obtenir ce que l’on veut. C’est ce que semblait croire une dame qui adressa une lettre au journal local le 29 mars 1935 racontant comment son grand-père avait su amener ses hommes à plus de piété.
 
Jean Tremblay, surnommé Bouleau, fut le premier colon de Shipshaw. Il allait travailler aux chantiers en hiver. Il se retrouva en compagnie d’hommes dont le vocabulaire coloré était accompagné de «  sacres, de blasphèmes, de mauvais propos et de mépris pour la prière et la religion ».
 
Vint le temps du Carême. Le contremaître avait demandé aux hommes de surveiller davantage leur comportement. «  La proposition de dire le chapelet en commun eut pour effet de stimuler la verve des mécréants ; ils firent un tel concert de moqueries, d’interruptions, de balivernes et d’autres bruits inconvenants que ça devint impossible de continuer la prière ».
 
Jean Tremblay, après trois soirs de ce manège, perdit patience. « C’est le temps que ça change, dit-il à ses compagnons, tenez-vous prêts à m’appuyer, on va régler ça tout de suite ».
 
Il proposa à tous de se mettre à genoux pour le chapelet. Un premier ricanement se fit entendre. Il n’attendit pas le deuxième. « On va voir qui est le maître icitte » fit-il en saisissant le ricaneur au collet ; il lui administra « une volée » et le jeta dehors. Il fit la même chose avec quelques autres. Ils ne purent réintégrer le camp qu’une fois le chapelet terminé. On dit que les soirs suivants, les prières eurent lieu sans autres commentaires.
 
Source:
C. Laforge et M. G. Cano, Notre histoire à petit pas, les éditions du Gaymont, 1987

jeudi 1 octobre 2015

Le Carillon - Les franc-maçons promoteurs du blasphème

La loi anti-blasphème sera-t-elle abrogée?

Ça ne chôme pas dans les loges maçonniques depuis les attentats contre le journal français Charlie Hebdo qui a fait du blasphème sa marque de commerce.

Si le Grand Orient de France offrait déjà ses condoléances aux loges qui avaient perdu des vénérables frères dans la fusillade au lendemain des événements, nous assistons maintenant à l’organisation d’une coalition mondiale d’athées pour l’abrogation des lois contre le blasphème qui existent encore dans certains pays.

Au Canada, c’est l’article 296 du Code criminel, qui s’applique encore aujourd’hui.

« Est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de deux ans quiconque publie un libelle blasphématoire. »

Même si les juristes qualifient cet article de « loi dormante » puisque cela fait des années qu’aucune plainte n’est portée pour ce genre d’infractions, cette loi est encore valide et les membres locaux de la coalition menée par l’International Humanist and Ethical Union sont déjà en action auprès du gouvernement canadien pour négocier l’abrogation de l’article 296.

Il s’agit ici, au pays, des organisations Humanist Canada et Center for Inquiry (Centre pour l’exploration), deux organismes qui voilent à peine leur affiliation maçonnique en utilisant un lexique propre aux philosophes des lumières.

Une première rencontre d’Humanist Canada avait lieu avec le Bureau de la liberté de religion du Canada à la fin de 2014, concernant entre autres l’article 296, et la fondation de la Coalition internationale avait lieu à la fin de janvier 2015. Visiblement, nous devons nous attendre à une campagne active contre la condamnation du blasphème dans les prochains mois.

À noter que le premier président de l’association Humanist Canada, lors de sa fondation en 1968, n’était nul autre que le Dr Henry Morgentaler, figure de proue de l’avortement au Québec.


Henry Morgentaler, premier président de l’association Humanist Canada

Source :  www.humanistcanada.ca/international-coalition-against-blasphemy-laws-charter

Kenny Piché

Le Carillon, numéro 3, mai 2015

lundi 28 septembre 2015

Le blasphème - Catéchisme de Spirago




Le blasphème et le sacrilège sont des péchés vraiment diaboliques et de la plus haute gravité.

 
Le blasphème est le péché propre des démons et des réprouvés. (S. Th. Aq.).

Comme Dieu parle par la bouche des bons, ainsi Satan par celle des blasphémateurs. (S. Bernardin).

Celui-ci est pire qu'un chien: le chien ne mord pas la main de son maître, même quand il en est châtié, à cause de la nourriture qu’il en reçoit; le blasphémateur bave sur Dieu qui l'a comblé de tant de bienfaits, car les épreuves sont aussi un bienfait (S. Bem.).

Quand on demanda à S. Polycarpe de renier le Christ, il répondit: " Voilà 86 ans que je le sers, sans qu’il m’ait jamais fait le moindre mal; comment pourrais-je blasphémer mon Dieu et mon Sauveur!"

Tous les autres péchés paraissent légers en comparaison de celui-ci (S. Jér,) ;

Dans la plupart des autres péchés on n’attaque que l’image de Dieu, le blasphème atteint Dieu directement. Le blasphémateur profère ses outrages contre le saint d’Israël (TV. Rois XIX, 22) ;

Il est plus grave que le vol et le meurtre, pire que le crime de lèse-majesté, car il outrage le Roi des Rois. Injurier un bon prince est un crime, mais quel crime d’injurier la bonté suprême. (S, Aug.);

La plupart des autres péchés ont leur origine dans l’ignorance ou la faiblesse humaine, le blasphème vient de la malice du cœur (S. Bem.);

Les autres péchés procurent un avantage : l’orgueil se satisfait par l’estime des hommes, l’avarice par l’argent, l’intempérance par le goût des aliments; le blasphémateur n’a aucun profit, aucun plaisir. (S, Bern).

Chez les Juifs ce crime était puni de mort. Le blasphème est toujours un péché mortel à moins qu’on ne l’ait proféré sans réflexion ou dans une excitation qui nous a enlevé la pleine possession de nous mêmes. (S. Th. Aq.).

Comment, s’écrie S. Ephrem, tu n’as pas peur de voir tomber le feu du ciel pour te dévorer, toi qui ouvres la bouche contre le Tout-Puissant!


Saint Louis, roi de France, faisait percer d’un fer rouge la langue des blasphémateurs


Dieu punit terriblement le blasphème en enfer, et souvent déjà en cette vie; il est puni aussi dans le code de beaucoup de nations civilisées.

 
On ne raille pas Dieu impunément. (Gal. VI, 7).

Balthasar eut à peine profané les vases sacrés que sa sentence fut écrite sur la muraille par une main vengeresse (la même nuit les ennemis prirent la ville, le tuèrent dans son lit et détruisirent son empire. (Dan., V).

Le roi d’Assyrie,  Sennachérib, avait aussi blasphémé Dieu en partant en campagne contre les Israélites : l’ange exterminateur en lui tuant 200,000 soldats le força à battre en retraite et lui-même mourut de la main de ses fils. (IV. Rois XIX).

Michel III, l’empereur de Constantinople, fit un jour d’Assomption parodier les sacrements au cirque; cette même nuit un tremblement de terre éclata et il fut tué par ses enfants au milieu d’un festin.

Hérode Agrippa qui s’était laissé appeler Dieu, fut aussitôt atteint de violentes douleurs d’entrailles et il mourut dévoré vivant par les vers. (Act. Ap. XII, 21).

Un Israélite avait blasphémé dans le désert : Moïse le fit aussitôt arrêter et interrogea le Seigneur sur le sort à lui infliger. Que le peuple tout entier, répondit Dieu, le lapide. (Lév. XXIV, 14).

L’insensé qui lance une pierre contre le ciel ne peut pas atteindre les astres, mais s’expose au danger de le voir retomber sur lui, ainsi le blasphémateur n’atteint pas l’objet céleste qu’il attaque, mais attire sur lui la vengeance divine. Le blasphémateur aiguise lui-même le glaive qui doit le frapper. (S. J. Chrys ).

Celui qui injurie son frère mérite, au dire de  Jésus, le feu éternel (S. Matth. V, 22), à plus forte raison celui qui outrage son Dieu.

La loi de Moïse punissait de mort celui qui maudissait son père ou sa mère (Exode XXI, 17), et cela à une époque où les hommes connaissaient Dieu très imparfaitement. Quelles sera la peine de ceux qui offensent non pas leurs parents mais leur Dieu, maintenant que la connaissance de Dieu doit être et est plus parfaite. (S. J. Chrys.)

Selon les moeurs des différentes époques, la loi civile punissait sévèrement le blasphème. S. Louis, roi de France, faisait percer d’un fer rouge la langue des blasphémateurs; la peine fut appliquée la première fois à un riche bourgeois de Paris et elle fut d’un salutaire exemple.

Si le délit d’outrage au chef de l’Etat mérite une peine, à fortiori le délit d’outrage au souverain Seigneur. (S. J. Chrys.).

 On demanda un jour à S. Jérôme pourquoi il reprenait avec tant  de zèle un blasphémateur : "Les chiens, répartit-il, aboient pour défendre leur maître, et moi je serais muet quand le nom de mon Dieu est profané? On me tuera, mais on ne me fera pas taire."

lundi 14 septembre 2015

Le blasphème - Ce folklore hideux

 

Le Doctrinaire - No 15 - p.25 – Septembre 1973

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CE FOLKLORE HIDEUX

Il est toujours hideux ce folklore qui se transmet de père en fils: le sacre et le blasphème. Nos jeunes qui se piquent d’ê­tre à la page, d'être « modernes », ont l'illusion de croire que condamner sacre et blasphème c'est dépassé...

Alors, plus que jamais, nous entendons sacrer et blasphémer. Dans les écoles polyvalentes, dans les cegeps, les sacres écorchent les lèvres des étudiants.
 
Excuse optimiste: «C'est une manière de s’exprimer propre aux Canadiens-Français. D'ailleurs, la plupart sacrent sans mauvaise intention...»
 
Raisonnement stupide!
 
J’entends les défaitistes: « Essayer de corriger les sacreurs, c'est inutile. Si vous le reprenez, ce sera pire. » 

Trop orgueilleux pour admettre leur tort.

«Laissons-les faire; c'est une mode qui passera.»
 
 Naïveté, fausse pédagogie !

Un soir, j'étais sur la rue principale de notre Province. Je m'arrêtai pour observer les nombreux jeunes gens qui passaient et repassaient. Leurs conversations étaient encrassées de sacres et de blasphèmes: le Christ, la Vierge, la Sainte Hostie, le Calice, le Ciboire, le Tabernacle passaient sur les lèvres de ces étourdis dans une vague de mépris sacrilège.

Comme le jeune écolier est suiveux, mouton, sans trop s'en rendre compte, il va se sentir anormal s'il ne sacre pas comme les autres...Si ses parents lui défendent de sacrer, parce que cela peut attirer des malheurs sur leur foyer, le jeune s'en tirera en déformant les mots: Mautadit, hostic, tabernouche, etc. Ainsi, il gardera l'habitude du juron, qui le conduira bientôt au vrai blasphème.

Lorsque notre pays était encore très chrétien, nos législatures avaient inscrit dans le code une loi qui défend le blasphème, sous des peines sévères; mais cette loi semble tombée en désuétude, parce que personne n'en réclame l'observance. Nos associations devraient prendre cette initiative de salut public.
 
Une personne sensée, qui a un peu d'esprit chrétien, comprend très bien que le blasphème est une faute grave; que nous devons combattre cette triste manie sous trois aspects: psychologique, linguistique, diabolique.

Psychologique: L'enfant a un fort instinct d'imitation. Pour suivre la mode, il n'y a pas de moqueries qui l'arrêteront. Il entend les ainés sacrer avec audace; pour eux c'est un signe de force et de virilité... Cet enfant ne peut se mettre dans la tête que ces ainés ont tort en s'affirmant par des sacres, qu'ils sont stupides, que c'est une folie.

Linguistique: Sacrer et blasphémer, en plus d'offenser Dieu, c'est une profanation de notre belle langue française. Manque de dignité, de savoir-vivre, baragouin qu'on devrait laisser aux voyous. Un homme bien élevé évite de blesser son prochain dans sa foi ou dans ses convictions religieuses. Un bon Français respecte Dieu, les Saints et les choses saintes.

Diabolique: Les Evangiles nous montrent que Satan est l'ennemi du Christ, qu’il cherche à ruiner le respect de Dieu, l'esprit religieux, chez les chrétiens, pour les entrainer vers l'enfer.

Un ami m'a confié qu'il n'avait jamais été un sacreur; cependant, quand il lui arrivait quelque chose de très choquant, des sacres et même des blasphèmes lui étaient suggérés intérieurement... Par qui?

Évidemment par le Mauvais Esprit, par le démon, qui rôde autour de nous pour nous faire pécher, dit l'apôtre saint Pierre. Satan profite de l'irréflexion pour accomplir son œuvre d'insul­teur du Seigneur et de son Divin Fils.

Que tous ceux qui ont à cœur l'honneur du saint Nom du Christ Jésus, reprennent la lutte contre le sacre et le blasphème. Ayons à cœur de collaborer à cette œuvre d'assainissement, encore plus urgente que la pollution physique de l'air et de l'eau.

 
A bas la pollution du langage par les sacres et les blasphèmes

Armand GRENIER, Shawinigan.