dimanche 27 décembre 2015

Abbé Lionel Groulx - Nos traditions du jour de l'an


 
NOS TRADITIONS DU JOUR DE L'AN (La Vie Nouvelle, 1924.)

Pour l'époque du jour de l'an, nos pères nous avaient transmis deux touchantes traditions: la distribution des étrennes par l'Enfant-Jésus et la bénédiction paternelle. Pourquoi faut-il que, dans les villes et même dans les campagnes, toutes deux tendent à disparaître? C'est plus qu'un symptôme alarmant, c'est un malheur.

Les traditions d'un peuple, gestes qu'il accomplit à jour fixe et qui ont un caractère d'universalité, ne sont pas de vaines coutumes, des attitudes artificielles, sans relation profonde avec l'âme; elles révèlent le fond même de l'âme, elles en sont le langage émouvant. En accomplissant ces rites, en nous reliant à une longue série d'ancêtres qui les ont accomplis avant nous, nous affirmons une pensée héréditaire qui tient à l'âme même d'une race et en fait voir la qualité. Parlons net : la tradition est le signe d'une culture au même titre que la langue. Laisser corrompre sa langue ou cesser de la parler, c'est le propre d'une nationalité qui se meurt; laisser tomber la tradition, ne plus accomplir le rite, c'est laisser voir que l'âme a changé.

Quelle tristesse quand la tradition est de caractère religieux ! Sa disparition fait alors entendre un abaissement de la foi. L'âme ne peut plus accomplir des gestes qui sont devenus plus grands qu'elle-même, comme l'arbre dont la sève est tarie, laisse tomber son opulent feuillage.

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Quand, le matin du premier janvier, nos aïeux faisaient entrer l'Enfant-Dieu dans leurs maisons, ils continuaient une tradition de France et prolongeaient plusieurs siècles de foi. Cette coutume faisait corps avec l'éducation religieuse de la famille, avec le sentiment de la présence divine que, de bonne heure, l'on s'efforçait d'inculquer aux tout-petits. Le « Jésus », les enfants apprenaient à mettre son nom parmi les premiers mots de leur vocabulaire ; ils apprenaient à le montrer sur le mur, attaché au bois du crucifix ou gravé sur les vieilles images. Quand venait le temps des étrennes, qui passent tous les cadeaux dans l'esprit de l'enfance, nos aïeux voulaient encore, par un motif de foi, que ce bien par excellence tombât de la main de Dieu.

La bénédiction du Jour de l'An se rattachait aux mêmes pensées. Quand le père levait la main sur la tête de ses enfants pour les bénir, son geste symbolisait encore une grande pensée religieuse. Par l'exercice d'une sorte de pontificat domestique, il affirmait sa qualité de chef familial, les sources divines de son autorité, la seule, a dit Le Play, «qu'ait établie le Décalogue éternel ». En s'inclinant sous la main bénissante, les enfants reconnaissaient la hiérarchie naturelle du foyer; ils faisaient un acte de foi à l'ordre divin de la famille, à ce haut principe d'autorité d'où sont venues la vigueur saine et la noblesse de nos mœurs.

* * *

Pourquoi laisserions-nous périr ces vieilles traditions qui sont en quelque sorte les pierres sacrées de nos foyers? Faisons comme les vieux, qui faisaient bien. La nuit de Noël, c'est la nuit où l'Enfant- Dieu descend dans la Crèche, parmi les cantiques des anges ; c'est la nuit où l'âme se donne tout entière à l'adoration. Ne dérangeons pas, dans l'esprit des enfants, ces idées mystiques. Ne faisons pas de la nuit où il vient au monde, où ils l'ont vu dans la Crèche entre la Vierge Marie et saint Joseph, ne faisons pas de cette nuit religieuse, la nuit où l'Enfant-Jésus court aussi les campagnes. Pourquoi ne pas laisser au joyeux réveil du Jour de l'An d'apporter le bonheur des étrennes?

Surtout ne bousculons pas une de nos plus vieilles traditions, sous le mauvais prétexte de la franchise envers les enfants. En quoi le père Noël ou un grotesque Santa Claus s'accorde-t-il mieux avec la vérité? Est-ce donc mentir aux enfants que de leur apprendre à rapporter à Dieu ce qui leur arrive de meilleur dans la vie? Le mensonge serait-il moins grand de faire passer bonbons et jouets par les mains d'un sale barbon à qui l'on prête, avec le don d'ubiquité, une générosité immense comme celle d'un Dieu? Puis, nous oserons le demander: à quelle idée latine, à quelle idée catholique se rattache ce bonhomme Noël ou ce Santa Claus? Où sont leurs titres à remplacer l'Enfant-Jésus? Où sont leurs appuis dans notre passé?

Que les pères ne désapprennent pas le geste de la bénédiction. La famille a été l'une de nos puissances; elle le fut, entre autres raisons, par la valeur de son éducation, qui dépendait elle-même de son atmosphère chrétienne et d'une vigoureuse autorité. A l'heure où, dans la famille moderne, les idées démocratiques abattent l'autorité du père, où elles l'inclinent à partager son pouvoir avec ses enfants, seule l'idée religieuse remettra toutes choses dans l'ordre. Nous ne voyons pas, à la vérité, ce que peuvent gagner les pères de famille à se découronner eux-mêmes de leur prestige! Puisque l'atmosphère religieuse de nos foyers fut la principale de nos forces, quelle ne serait pas la folie de diminuer cette atmosphère ou de la changer?

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Pour tout dire, prenons garde de rompre avec un passé qui fut si noble; ayons peur de laisser mourir tant de fleurs bleues. Il n'est pas indifférent aux hommes d'une race que leur enfance se soit enchantée de visions gracieuses et divines ou de fantômes grisâtres et répugnants. Maurice Barrés a fait voir dans le Génie du Rhin les déformations morales opérées dans l'âme rhénane par la substitution des légendes prussiennes aux légendes latines et chrétiennes.

Un peuple qui change de traditions est un peuple qui a commencé de changer d'âme. Lorsque tant d'idées malsaines, tant de mœurs délétères se tiennent à la porte de nos foyers et cherchent à les envahir, ne serait-ce pas le signe de la fin que d'en chasser les traditions des aïeux, pour faire de la place à ces étrangères? Pour l'amour du ciel, mettons quelque honneur à nous séparer de ces âmes dont parle Dante, qui ont le goût amer de crier sans cesse : « Meure ma vie et vive ma mort ! » Défendons-nous. Ne sacrifions aucune de nos forces. Ne souffrons aucune mollesse dans une lutte où se joue notre destin. Et puisqu'à la façon dont un peuple défend son âme l'on peut mesurer son avenir, faisons voir la vigueur des peuples qui durent.

mardi 22 décembre 2015

Saint François d'Assise et la première crèche



Il y a 792 ans, Saint François d’Assise reconstituait pour la première fois la scène de la Nativité avec des personnages. 

La naissance du Sauveur a été illustrée par les chrétiens bien avant cette date, mais c’est le jour de Noël 1223 qui marqua la naissance d'une tradition se rapprochant des fameuses crèches que l’on connait.

Voici deux extraits, tirés de deux différentes vies de saint François d'Assise, qui racontent l’évènement.


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Trois ans avant sa mort, François décida de célébrer avec le plus de solennité possible, près de Greccio, le souvenir de la Nativité de l’Enfant Jésus, afin d’augmenter la dévotion des habitants. Il fit préparer une mangeoire, apporter du foin, amener un bœuf et un âne.  On convoqua les frères, la foule accourut, la forêt retentit de leurs chants, et cette nuit vénérable revêtit splendeur et solennité, à la clarté des torches étincelantes et au son des cantiques résonnant haut et clair.

L’homme de Dieu, debout près de la crèche et rempli de piété, ruisselait de larmes et débordait de joie.  La messe fut célébrée sur la mangeoire comme autel et François prêcha au peuple rassemblé la naissance du pauvre Roi qu’il nommait avec tendresse et amour l’Enfant de Bethléem.  Le seigneur Jean de Greccio, chevalier vertueux et loyal qui avait quitté les armées des princes de la terre par amour pour le Christ, et qu’une étroite amitié liait à l’homme de Dieu, affirma qu’il avait vu un enfant très beau qui reposait dans la crèche qui parut s’éveiller lorsque le bienheureux Père François le prit entre ses bras.

L’exemple de François offert au monde réveilla les âmes qui s’endormaient dans leur foi au Christ, et le foin de la crèche, conservé par le peuple, servit de remède pour les animaux malades et de préservatif contre toutes sortes de pestes : Dieu glorifiait en tout son serviteur et prouvait par des miracles évidents la puissance de ses prières et de sa sainteté.

Extrait du livre Première vie de Saint François d’Assise de Thomas de Celano


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Pour le moyen âge, une fête religieuse était avant tout une représentation, plus ou moins fidèle, du souvenir qu'elle rappelait : de là les santons de la Provence, les processions du Palmesel, les cénacles du Jeudi saint, les chemins de croix du Vendredi saint, le drame de la Résurrection le jour de Pâques, et les étoupes enflammées de la Pentecôte.

François était trop italien pour ne pas aimer ces fêtes où tout ce qu'on voit parle de Dieu et de son amour.


Les populations des environs de Greccio furent donc convoquées ainsi que les frères des monastères voisins.

Au soir de la vigile de Noël, on vit sur tous les sentiers les fidèles se hâter vers l'ermitage, des torches à la main, et faisant retentir les forêts de leurs joyeux cantiques.

Tous étaient dans la joie, François plus que personne : le chevalier avait préparé une crèche avec de la paille, et amené un bœuf et un âne qui de leur haleine semblaient vouloir réchauffer le pauvre bambino tout transi de froid.

Le Saint, à cette vue, sentait des larmes de pitié inonder son visage ; il n'était plus à Greccio, son cœur était à Bethléhem.

Enfin on se mit à chanter matines, puis la messe commença où, comme diacre, François lut l'Évangile.

Le simple récit de la légende sacrée, dit par une voix si douce et si ardente, touchait déjà les cœurs ; mais quand il prêcha, son émotion gagna bien vite l'auditoire : sa voix avait une tendresse si indicible que les assistants oubliaient tout, eux aussi, pour revivre les sentiments des bergers de la Judée qui allèrent jadis adorer le Dieu fait homme, naissant dans une étable.

Extrait du livre de Paul Sabatier, Vie de S. François d'Assise

La bénédiction paternelle du jour de l'an



Extrait de la revue Le Carillon - No. 1 - janvier 2015


Une scène mémorable

« C’était le premier janvier 1842, écrit M. A. Béchard, l’honorable Auguste-Norbert Morin, alors juge au tribunal de Kamouraska, remontait à Québec avec l’intention d’arriver chez lui le jour de l’an. Les mauvais chemins cependant, l’ayant trop retardé, il s’arrêta à l’église de sa paroisse natale : Saint-Michel-de-Bellechasse. C’était un peu avant l’heure de la grand-messe du jour de l’an. M. Morin se met, aussitôt descendu de voiture, à chercher son respectable père parmi la foule, à la porte de l’église. Il le trouve bientôt et là, aux yeux de toute la paroisse, M. le juge Morin ôte sa coiffure, se met à genoux sur la neige, et implore la bénédiction paternelle. » [1]

Ainsi faisaient nos pères, ainsi devons-nous faire! Mais en quoi consiste cette tradition canadienne-française? Depuis des temps immémoriaux, le jour de l’an, premier jour de l’année civile, une coutume existe au Canada-français, qui veut que toute la famille soit bénie par le père de famille. Pour ce faire, toute la famille se rassemble, et l’aîné des garçons demande au père de famille de bénir la maisonnée. Le père élève alors les mains et trace le signe de la croix au-dessus de ses enfants en disant : « Que la bénédiction du Dieu tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, descende sur vous et y demeure à jamais. » « Ainsi soit-il » répond la famille.

Cette bénédiction n’est pas sans rappeler celles de l’Ancien Testament. Dans la loi primitive, nous voyons les patriarches et les grands personnages de la loi mosaïque : Noé, Jacob, David, Tobie… faire descendre des bénédictions sur la tête de leurs fils à genoux. Cette valeur surnaturelle dans l’Ancienne Loi a été conservée dans la Loi Nouvelle. Jésus-Christ n’est pas venu détruire la Loi mais la compléter. (Matt. V, 19) On dit de saint Thomas More qu’il demandait tous les jours la bénédiction paternelle.


La piété filiale

La piété filiale est une vertu qui se range dans la vertu générale de justice. Il est juste de rendre honneur à nos parents pour tout ce qu’ils nous ont donné. « Nos parents sont nos plus grands bienfaiteurs. Que de souffrances, dit saint Ambroise, votre mère n’a-t-elle pas supportées pour vous! Que d’insomnies! Que de privations de nourriture! Que d’angoisses quand vous étiez en danger! Quelles peines et quels travaux n’a pas subis votre père pour gagner votre subsistance et votre vêtement! Et si vos parents ont tant souffert pour vous, comment pouvez-vous être ingrats envers eux! » Respecter nos parents, c’est les vénérer du fond du cœur comme représentants de Dieu, et exprimer notre vénération par nos paroles et nos actes. Le livre de l’Ecclésiastique nous dit : « Mon fils, c’est Dieu qui a élevé le père au-dessus de ses enfants. » Et plus loin : « L’enfant qui respecte son père trouvera, à son tour, sa joie dans ses enfants. Honorez votre père en toute patience, afin qu’il vous bénisse, et que sa bénédiction demeure sur vous jusqu’à votre dernier jour. »

Dieu lui-même a pris soin de joindre une menace à ce commandement, ce qu’il ne fait pour aucun autre de ses préceptes : « Honore ton père et ta mère afin de vivre longuement. » Quelle honte pour un fils de mépriser sa mère ou son père!

 
La bénédiction d’un père

Lorsqu’un père bénit son fils, il prend en quelque sorte Dieu à témoin que son enfant a respecté le commandement du Seigneur et qu’il mérite par conséquent la bénédiction du ciel. Le père implore Dieu de bénir son fils, c’est-à-dire de le combler des biens célestes et terrestres. « La bénédiction des parents sur leurs enfants a des effets salutaires; on le voit par celle de Noé, par ses fils, Sem et Japhet, dont le premier fut un ancêtre du Messie, et le second, la souche des Européens (...); par celle de Tobie sur son fils avant son voyage. Honorez votre père pour qu’il vous bénisse; cette bénédiction est le fondement de la maison des enfants (Eccli. III, 10) [2]

Aucun respect humain ne devrait par conséquent freiner la bénédiction d’un père sur ses enfants qui la méritent. Le ciel est rempli de tous les biens dont les enfants pieux ont tant besoin. Les parents ont reçu de Dieu le pouvoir de les faire descendre sur leurs enfants. Ne pas y manquer est une marque de foi et un gage de prospérité.

 
L’encouragement de nos évêques

Toujours nos évêques se sont montrés vigilants à maintenir nos traditions. Gloire leur soit rendue! Ce sont eux qui ont préservé notre peuple au milieu de tant de périls auxquels il a été exposé dans un monde où la perfide Albion étendait son règne despotique.

Mgr Athanase Forget, premier évêque de Saint-Jean Québec, encourageait ses prêtres à ne pas laisser la coutume de la bénédiction du jour de l’an se perdre, en ces termes : « Toute la famille se trouve donc ennoblie, consacrée et sanctifiée par la bénédiction paternelle. Les parents qui la donnent et les enfants qui la reçoivent sont unis à jamais d’une affection surnaturelle qui, loin de briser les affections de la nature, les rend infrangibles, en donnant à tous, parents et enfants, des gages de paix, de générosité réciproque et de naturel dévouement. Au contraire, là où l’on ne sait plus, où l’on ne veut plus bénir, le foyer cesse d’être un sanctuaire, les parents sont découronnés de leur autorité et les enfants privés d’une sauvegarde et d’une protection que rien ne remplacera jamais. La bénédiction paternelle du jour de l’an est une tradition qu’il faut maintenir et rétablir. » Mgr Athanase Forget, Lettre circulaire aux prêtres de son diocèse, 3 décembre 1935.

 
Une race sainte, un sacerdoce royal

Garder cette tradition, c’est conserver bien plus qu’on ne le croit, bien plus qu’une pieuse coutume. C’est propager l’auréole « de fleurons glorieux qui ceint le front de notre race. » Déjà en 1882, dans la mère-patrie, un prêtre encourageait les pères à ne pas baisser les bras, mais à maintenir haut le flambeau de la bénédiction paternelle. Cela nous montre assez la filiation de notre bénédiction canadienne-française.

« Certes une institution pareille est de tous les temps, de tous les lieux. Mais lorsque la démocratie a renversé toute barrière entre le père et le fils, et que passant sur eux son niveau égalitaire, elle croit avoir fait merveille quand ils ne sont plus que les camarades l’un de l’autre; je suis venu, ce me semble, à vous rappeler ce que vous êtes et à vous redire : n’abdiquez pas, rappelez-vous le nom sublime que saint Paul donnait aux pères de son temps : race sainte, sacerdoce royal. Aujourd’hui, hélas, dépossédé de tout, chassé de partout, serions-nous condamnés à voir le foyer sans Dieu? Et c’est ainsi que passant de génération en génération, la bénédiction perpétuera parmi vous la tradition de Foi, de vertu, de dignité chrétienne et d’esprit de famille qui font dire que vous êtes une race bénie. » [3]

 

Richard Mathieu

1.       Coutumes populaires du Canada-français, Madeleine D. Ferland, p. 88
2.       François Spirago, Catéchisme populaire catholique.
3.       L’abbé Baunard, Discours de clôture du Congrès catholique de Lille, 26 novembre 1882

mercredi 16 décembre 2015

Notre crèche sous le sapin public à Saguenay


Nos militants catholiques ont voulu redorer l’honneur de Chicoutimi, alors que la région est particulièrement la cible des « franc-tireurs » anticatholiques. C’est en attaquant la ville de Saguenay devant les tribunaux qu’ils ont réussi à faire interdire les prières dans les assemblées municipales de tout le Canada.

Il est évident qu’après une telle défaite, aucune instance politique n’aura le courage de souligner que Noël est bel et bien une fête catholique commémorant la naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ à Bethléem.

Sous un pauvre sapin décoré d’ours blancs, l’image la plus parfaite de la Tradition assaillie a été déposée. Chicoutimi a maintenant sa crèche.

C'est pourquoi, nous avons suppléé au devoir des politiciens enchaînés par le faux principe de la laïcité, ainsi qu'au devoir du (des) diocèse(s) fort occupé(s) à tout défendre, hormis le catholicisme. Ceux qui pensent pouvoir faire disparaître tous nos symboles catholiques ont une lourde tâche devant eux : la province de Québec elle même est un symbole catholique.

Gardons la Tradition,
vive le Christ-Roi !

samedi 12 décembre 2015

Une oeuvre de dépravation pure...



Extrait de La conjuration antichrétienne écrit par Mgr Henri Delassus

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Pour atteindre le but de Voltaire, la secte sait bien qu'il ne suffit point de renverser le pouvoir temporel des Papes, ni même de tenter le possible et l'impossible pour obtenir un Pape à sa dévotion, il faut atteindre les âmes.

C'est en elles que l'idée chrétienne doit être étouffée, qu'elle doit mourir.

Continuant d'être et de vivre dans les âmes, un jour ou l'autre, nécessairement, elle refera les institutions à son image.

Or, les âmes ne peuvent être vraiment frappées de mort que par la corruption, la corruption des mœurs, et surtout la corruption des idées.

C'est pourquoi le chef occulte de la Haute-Vente lui avait donné pour mission expresse d'altérer les idées et de dépraver les mœurs ; et cela principalement à cette double source de la vie chrétienne : la jeunesse laïque et la jeunesse ecclésiastique.

Elle s'y employa tout le temps de son existence.

Nul doute qu'après elle d'autres furent chargés de continuer son œuvre. Nous la voyons, hélas! trop florissante pour en douter.

[...]

Mais quelle est alors l'œuvre de la république maçonnique ?

Une œuvre de dépravation pure. Pornographie du livre, du théâtre, des salons, du journal. Tout ce monde et toutes ces choses et bien d'autres encore conspirent à qui poussera plus loin la corruption Universelle.

L'Etat voit, et, loin de réprimer, il favorise.
Que de preuves pourraient en être données !

vendredi 11 décembre 2015

La jeunesse face à l'industrie du péché


 

Extrait d’un discours de Pie XII aux Aumôniers de la Jeunesse italienne d’Action catholique, donné le 9 septembre 1953


Inquiétudes du Saint Père pour les jeunes

Mais, précisément, cet amour si tendre pour les jeunes et les espérances que Nous mettons en eux Nous remplissent parfois d'anxiété pour les périls qu'ils rencontrent à peu près partout ; ils sont, comme chacun le voit, l'objet de tant d'embûches, de tant d'attaques, dans ce monde qui les étourdit par son tumulte, qui les fatigue par sa perpétuelle agitation, qui les désoriente par son relativisme en ce qui concerne la vérité et l'erreur, le bien et le mal, qui les éblouit par sa polychromie, qui les avilit par sa vulgarité, qui les enchaîne par sa luxure.

Il n'est point d'âme soucieuse du sort du monde, qui ne vive dans l'appréhension pour les jeunes, en même temps qu'il n'est pas difficile de se rendre compte que sur leur chemin sont aux aguets voleurs et malfaiteurs, prêts à les assaillir, à les dépouiller, à les blesser, puis à disparaître en les laissant à demi-morts sur la route. Dans ce massacre spirituel, perpétré jour par jour, heure par heure, il n'est fait d'exception pour aucune catégorie, il n'est pas regardé aux dépenses, il n'y a point d'exclusion de moyens ni de coups de la part d'une industrie malfaisante et multiforme du péché.

Le Seigneur sait bien Notre tristesse devant ce spectacle de mort : quand dimanche dernier, Nous lisions à la Messe le Saint Evangile et considérions la plainte désolée de la veuve de Naïm, Nous aurions voulu supplier Jésus de revenir dans le monde pour essuyer les larmes de l'Eglise. Il y a sur nos routes comme un cortège macabre d'âmes mortes ou mourantes. Et le pire est que, même si Jésus s'approchait d'elles pour opérer le miracle de la résurrection, un bon nombre d'entre elles tourneraient le regard ailleurs et préféreraient la mort à la vie.

Comme les temps pressent et l'ennemi aux formes multiples devient chaque jour plus insidieux et envahissant, il faut au plus tôt commencer une vaste action de salut et de rachat, à laquelle Nous désirons que coopèrent toutes les forces catholiques avec un zèle intelligent et tenace.

jeudi 10 décembre 2015

Le saint Rosaire



Lorsqu’on récite quotidiennement non le rosaire entier, mais seulement le chapelet, on médite habituellement:

le lundi et le jeudi, sur les mystères joyeux;

le mardi et le vendredi, sur les mystères douloureux;

le mercredi, le samedi et le dimanche, sur les mystères glorieux.¸
 
Au commencement de chaque dizaine, on énoncera, comme suit, le sujet et le fruit de chaque mystère.

Après chaque dizaine, à la suite du "Gloire au Père", on récite habituellement la "Prière de Fatima" telle qu'enseignée par Notre-Dame aux trois petits bergers portugais lors de son apparition du 13 Juillet 1917: 

Ô mon Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer et conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de votre miséricorde.

Premier Chapelet
Mystères joyeux

1er Mystère. — L’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.
Fruit du mystère: l'humilité.

2e Mystère. — La Visitation de la Bienheureuse Vierge Marie.
Fruit du mystère : la charité envers le prochain.

3e Mystère. — La Nativité de Notre Seigneur.
Fruit du mystère: le détachement des biens de ce monde.

4e Mystère. — La Présentation de Notre Seigneur au temple.
Fruit du mystère: la pureté.

5e Mystère. — Le Recouvrement de Notre Seigneur.
Fruit du mystère la vraie sagesse.

 
Deuxième Chapelet
Mystères douloureux

ler Mystère. — L’Agonie de Notre Seigneur.
Fruit du mystère : la haine du péché.

2e Mystère. — La Flagellation de Notre Seigneur.
Fruit du mystère: la mortification des sens.

3e Mystère. — Le Couronnement d’épines.
Fruit du mystère : le mépris du monde.

4e Mystère. — Le Portement de la croix.
Fruit du mystère: la patience.
 
5e Mystère. — Le Crucifiement de Notre Seigneur.
Fruit du mystère : le salut des âmes.
 
 

Troisième Chapelet
Mystères glorieux

l er Mystère. — La Résurrection de Notre Seigneur.
Fruit du mystère : la charité envers Dieu.

2e Mystère. — L’Ascension de Notre Seigneur.
Fruit du mystère : le désir du ciel.

3° Mystère. — La Descente du Saint-Esprit.
Fruit du mystère: la descente du Saint-Esprit dans nos âmes.

4e Mystère. — L’Assomption de la B. V. Marie. 
Fruit du mystère: la dévotion envers Marie.
 
5e Mystère. — Le Couronnement de la B. V. Marie.
Fruit du mystère: la persévérance finale.
 
 
 

Les confessions d'un franc-maçon


Nous reproduisons ici les confessions du franc-maçon Solutore Zola qui se convertissait au catholicisme en 1896, après 30 ans de travail au sein des loges.

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"Moi, soussigné, jadis Grand Maître du siège, et aussi ancien grand prêtre (Hiérophante) et Souverain suprême ainsi que « Super Comthur » (détenteur d'un ordre de classe supérieure, ou commandeur), fondateur d'un ordre maçonnique en Égypte et de ses Loges, je déclare par la présente que j’ai été pendant trente ans membre de la secte des francs-maçons, pendant douze ans Souverain suprême de l’Ordre et avoir eu pendant tout ce temps de connaître minutieusement et à fond et d'apprendre le projet et les visées que l’Ordre poursuit.

Il se donne pour une institution purement philanthropique, philosophique et libérale, qui aspire à la vérité et à l’avancement de la moralité et dont l’objet serait aussi la science, l’art et la bienfaisance. Il donne l’assurance de se comporter avec une égale tolérance à l’égard des diverses confessions de foi, que les questions de la religion et de la politique ne sont absolument pas discutées dans les réunions de l’Ordre. Et, de plus, l’Ordre prétend que la franc-maçonnerie n’est pas une secte religieuse, mais un Temple de la Justice, de la Miséricorde et de l’Amour du prochain.

À l’encontre de cela, je déclare que la franc-maçonnerie n’est aucunement ce pour quoi elle se donne. Tout le bien qu'on prétend trouver dans ses lois, ses rituels, ce n’est pas vrai. C’est le plus éhonté des mensonges et rien de plus ; tout ce bavardage sur ces vertus hypocritement professées, à savoir : la justice, la miséricorde, la bienfaisance et l’amour, elles sont introuvables soit dans les loges, soit dans les cœurs des francs-maçons, vu que ces vertus leur sont tout à fait étrangères – à peu d'exceptions près – et ne sont pas du tout exercées par eux. La vérité n’a pas de place dans la franc-maçonnerie et elle est complètement étrangère aux frères des loges. Dans l’Ordre franc-maçon prévaut un mensonge qui ne recule devant rien et y règne sous le couvert hypocrite de la vérité, tromperie et mauvaise foi qui enchaînent dans les liens de l’erreur le peuple frivole.

J’affirme que la franc-maçonnerie est une secte religieuse dont le but est de détruire toutes les religions existantes et de s’installer à leur place et de ramener ainsi le monde à l’antique culte des idoles. À présent que je suis totalement convaincu d'avoir été pendant trente ans dans l’erreur, que j’ai reconnu sur quoi est basé tout le système franc-maçon, et après avoir répandu cette doctrine et avoir amené d'autres à la répandre, de sorte qu'une grande masse de gens m'a suivi dans l’erreur, je m'en repens sincèrement.

Éclairé maintenant là-dessus par Dieu, je me rends compte de tout le mal que j’ai commis par là, en raison de quoi je rejette la franc-maçonnerie et m'en désolidarise, en avouant avec repentir mes erreurs devant l’Église. Je demande pardon à Dieu de tout le mal dont j’ai donné l’exemple pendant le temps de mon appartenance à l’Ordre de la franc-maçonnerie, et j’implore de notre Souverain Pasteur, Sa Sainteté le Pape Léon XIII le pardon, comme aussi de quiconque que j’ai attiré de quelque manière que ce soit dans l’erreur.

Le 18 avril 1896"

mercredi 9 décembre 2015

Le maçonnisme dans tous les domaines


« Par l’organisme qu’elle s’est donnée, la franc-maçonnerie a trouvé le moyen de se procurer, dans toutes les classes de la société, d’innombrables complices qui, alors même qu’ils la déteste, travaillent avec elle et pour elle. Et cela, par la propagande des idées qu’elle a intérêt à répandre »

Mgr Henri Delassus,
La Conjuration antichrétienne


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L'esprit maçonnique

 
On appel maçonnisme l’esprit que la secte répand au travers le monde par la suggestion de ses idées.

L’espagnol Don Sarda y Salvany dresse un portrait assez complet des idées que la maçonnerie propose pour tous les domaines de la société dans son ouvrage Le Mal social, ses causes, ses remèdes.
 

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1- La religion.
 
Nous avons entendu la maçonnerie dire dans ses loges que le but auquel doivent tendre tous ses efforts est d'anéantir la religion, et même toute idée religieuse. En public, elle se contente, généralement parlant, de mettre dans les esprits cette persuasion, que la religion est affaire purement individuelle dont chacun décide dans son for intérieur : l'homme est libre de servir et d'adorer Dieu de la manière qui lui paraît la meilleure. Par là elle accrédite, elle propage l'indifférentisme religieux qui devient bientôt l'absence de toute religion ; elle proclame la liberté de conscience, la liberté des cultes et le droit de les discréditer. Beaucoup de conservateurs se laissent séduire au point d'appeler ce maçonnisme un progrès.

2- L'Etat.

L'erreur relative à l'Etat qu'adopte le maçonnisme est celle-ci : l'Etat est souverain, d'une souveraineté absolue. C'est en lui-même, et non en Dieu, qu'il trouve la source de son autorité. Il n'a à reconnaître d'autre sujétion que celle que lui imposent ses propres lois. Il est l'auteur du droit, non seulement dans son domaine, mais dans celui de la famille, de la propriété, de l'enseignement. Il fait les lois, et ces lois qui disposent ainsi de toutes choses ne peuvent émaner d'une autre autorité que de 1a sienne. Ce que la majorité des suffrages déclare bon est bon, ce qu'elle déclare vrai est vrai. Devant ses arrêts, il n'y a qu'à courber la tête, alors même que les droits de la conscience chrétienne sont outragés. Cela est maintenant admis par la multitude. Pour elle, dès que le mot « loi » est prononcé, tout est dit.

3- La famille.

Le maçonnisme approuve l'institution du mariage civil et tout ce qui en résulte, c'est-à-dire qu'il accepte que l'Etat s'attribue le droit de sanctionner l'union de l'homme et de la femme, d'en déterminer et d'en prescrire les conditions, de dissoudre le lien conjugal comme il l'a formé, il admet que l'Etat se substitue à Dieu qui a institué le mariage à l'origine des choses, à Notre-Seigneur Jésus-Christ qui l'a élevé à la dignité de sacrement, à l'Eglise, le fondé de pouvoirs de Dieu et du Christ, pour le réglementer, le reconnaître et le bénir.

4- La puissance paternelle.

 Le maçonnisme considère l'exercice de l'autorité paternelle comme n'appartenant aux parents qu'en vertu d'une concession supposée de la loi civile qui peut le restreindre ou l'étendre à son gré. Il reconnaît comme légitimes les droits que l'Etat s'arroge sur l'éducation des enfants et la répartition des héritages.

5- L'éducation.

En fait d'éducation et dans la direction qu'il lui donne, le maçonnisme part du principe de la perfection originelle. L'enfant, selon lui, est naturellement porté au bien et n'a qu'à suivre ses inspirations pour être bon et vertueux. Cela est contredit, comme l'observe M. Le Play, par la plus grossière des nourrices, comme par la plus perspicace des mères. Elles constatent à chaque instant que la propension au mal est prédominante chez le jeune enfant. N'importe, le maçonnisme ne s'appuie pas moins sur ce faux dogme pour faire consister toute l'éducation dans l'instruction, pour interdire la correction, pour écarter renseignement religieux, pour développer le sentiment de l'orgueil, et stimuler l'ambition.

Dans l'enseignement, le maçonnisme n'admet pas que la science soit subordonnée au dogme, la vérité présumée et hypothétique à la vérité fixe et absolue. Il n'admet pas que celle-ci serve de pierre de touche pour vérifier celle-là.
 
Le maçonnisme trouve bon que l'enseignement soit obligatoire et neutre, c'est-à-dire que l'Etat fasse passer toutes les âmes sous le laminoir de son enseignement pour les maçonniser toutes; et s'il proteste contre le monopole absolu de l'enseignement, s'il veut que soit conservée une certaine liberté permettant d'échapper à l'enseignement de l'Etat, il trouve juste que celui qui veut en user, non seulement se le procure à ses frais, mais soit tenu de contribuer à l'enseignement neutre; il trouve bon que l'Etat ait le monopole des examens, qu'il ait le contrôle des livres de l'enseignement libre, qu'il ait son Index et que par là il s'ingère très avant dans l'enseignement prétendu libre.

Que l'Eglise enseigne ses dogmes à celui qui est baptisé et exige de lui l'adhésion de la Foi, le maçonnisme appelle cela oppression despotique, servitude de la pensée, mais si l'Etat impose l'athéisme, c'est à ses yeux, chose libérale.

6- La propriété.

Le maçonnisme reconnaît à l'Etat le pouvoir de déclarer nul le droit vie propriété, lorsqu'il a pour objet les biens ecclésiastiques, la plus sacrée de toutes les propriétés. Il lui reconnaît le droit de faire des lois pour la transmission et la jouissance de la propriété privée, et par là il achemine les esprits et les institutions vers le socialisme d'Etat.

7- La bienfaisance.

Le maçonnisme détourne l'attention et le coeur de l'homme des besoins principaux du pauvre, de ceux de son âme. Il ne voit en lui que le corps, et parmi les oeuvres de miséricorde, il n'admet que celles qui ont le corps pour objet. Il veut que le pain donné pour apaiser la faim, le vêtement destiné à couvrir la nudité, la visite faite à l'indigent nu à l'infirme, le remède offert au malade, n'aient d'autre fin que le soulagement corporel; il ne veut pas qu'au-dessus de cette fin immédiate, il y en ait une autre : édifier l'âme, la perfectionner, l'aider à obtenir les biens qui lui sont propres, la vérité, la grâce de Dieu, le bonheur éternel. Et c'est pourquoi, s'il trouve mauvaise la laïcisation des hôpitaux, des hospices, des orphelinats, c'est uniquement parce qu'il constate expérimentalement que les soins des laïques ne valent pas ceux des religieux.

Il ne regrette point l'absence des secours spirituels, il ne les reconnaît point comme bienfaisants. Le maçonnisme tarit la vraie source de la bienfaisance en dédaignant le vrai, le principal motif qui doit la déterminer : l'amour de Dieu. Il veut que l'on aime l'homme pour l'homme; il appelle cela de la philanthropie, il l'oppose à la charité divine.

Pour obtenir le concours à ses oeuvres de philanthropie, le maçonnisme, ignorant ou dédaignant les motifs d'ordre supérieur, a recours à divers moyens, tous aussi misérables les uns que les autres. Il s'efforce de stimuler la sensibilité naturelle, mais l'égoïsme lui répond en faits, sinon en paroles, qu'il est moins désagréable de voir souffrir son prochain que de s'imposer à soi-même des sacrifices. Il ouvre des souscriptions publiques, et il se sert du respect humain pour y faire contribuer par la crainte du ridicule et de la censure. Il organise des fêtes de bienfaisance, marchés publics de sensualité, où l'on prend occasion du malheur des autres pour se procurer du plaisir.

8- L'art.

L’art n'est pas plus que le reste hors des atteintes du maçonnisme. L'art qu'il patronne, qu'il exalte est celui qui exprime et qui surexcite les concupiscences qui animalisent l'homme, au détriment de celui qui exprime les sentiments qui ennoblissent l'âme humaine, qui relèvent sa dignité. Le maçonnisme est, à l'heure actuelle, tout à fait dominant dans l'art. La poésie et le chant, la peinture et la sculpture s'attachent de nos jours à flatter les sens, à amener les hommes à chercher leurs joies dans ce qui les avilit et les souille, au lieu de les élever aux joies de l'intelligence et de l'àme.

Immense est l'influence du maçonnisme artistique et littéraire. Il atteint toutes les classes de la société, même les plus infimes, par le feuilleton, l'affiche, les statues officielles, et les amusements publics qui ne sont plus autre chose qu'une grande entreprise de corruption générale.


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mardi 8 décembre 2015

La fête de l'Immaculée Conception en Nouvelle-France

 
 
Le 8 décembre, l'Eglise catholique célèbre la fête de l'Immaculée Conception de la Très-Sainte Vierge Marie. Établie en tant que fête pour l'Eglise universelle par le pape Pie IX au 19eme siècle, l'Immaculée Conception de Marie est fêtée depuis des siècles par les chrétiens. Plus près de nous, voyons, par un extrait du quotidien de nos fondateurs, quelle fût l'importance de celle-ci aux premiers jours de la Nouvelle-France

L'extrait suivant est tiré de La mission du Canada avant Mgr de Laval, par l'abbé A. Gosselin, pp. 57-58:

« Après la prise du pays par les Anglais, en 1629, Champlain avait fait vœu de bâtir à Québec une église sous le vocable de Notre-Dame de Recouvrance, si les Français rentraient en possession du Canada. Grâce à la générosité de la Compagnie des Cent-Associés, qui fit les frais de la construction, il put accomplir son vœu l'année même de son retour au Canada.

[...]

Ils mirent leur église l'année suivante (1636) sous la protection de l'Immaculée Conception de Marie, et ce fut l'occasion de grandes fêtes religieuses et civiles:

"Aux premières vêpres, dit le P. Le Jeune, on planta le drapeau sur un bastion du fort, au bruit du canon, et dès le matin, au point du jour, l'artillerie réveilla notre joie. Les habitants même, témoignant leur dévotion envers la Sainte Vierge et la créance qu'ils ont de sa pureté dès le moment de sa Conception, firent une saluade de mousquets, et plusieurs s'approchèrent de la sainte table en son honneur."

Deux ans auparavant, le 8 décembre 1634, les Jésuites avaient fait vœu d'honorer d'une manière spéciale le privilège de l'Immaculée Conception de Marie: ils promettaient, entre autres choses, de jeûner la veille de cette fête; et ce vœu fut renouvelé dans la suite d'année en année. Le but des missionnaires, en faisant cette promesse, était d'obtenir de Dieu, par l'intercession de Marie, la conversion des sauvages. »

Que ce pieux souvenir nous serve à tous d'exemple de conduite en cette sainte fête de l'Immaculée Conception!

Le chrétien éprouvé par la souffrance - Catéchisme de Spirago


 
Téléchargez le Catéchisme catholique populaire de François Spirago  (PDF)
 
Toutes les souffrances viennent de Dieu (Amos III, 6) et sont une marque de sa faveur.

Dieu, sans doute, n’est pas la cause directe des souffrances; il les permet, elles ne sont donc pas contraires à sa volonté. L’histoire de Tobie et de Job nous montrent que plus certains hommes sont justes, plus Dieu leur envoie d’épreuves, et celles-ci apparaissent comme la récompense de la piété. Dieu, disait S. Louis de Gonzague, récompense par la tribulation les services de ceux qui l’aiment. Et Dieu offre cette récompense, parce que les souffrances sont un bien précieux pour l’éternité.

« N’est-ce pas déjà une récompense très grande de pouvoir souffrir pour son Dieu? Celui qui aime Dieu me comprend, disait S. Jean de la Croix. » Les souffrances sont un don du Père céleste. (S. Thér.), et beaucoup plus grand que le pouvoir de ressusciter les morts (S. Jean de la Croix). Les parents châtient leurs enfants pour les corriger de certains défauts: ils laissent ces défauts impunis chez d’autres enfants, parce que comme étrangers ils n’ont aucune affection pour eux. Il en est ainsi de Dieu, il châtie ses enfants, parce qu’il les aime. (Alb. Stoltz).  « Parce que tu étais agréable à Dieu, disait Raphael à Tobie, il a fallu que la tentation t’éprouvât. » (Tobie XII, 14). S. Paul dit de même: « Le Seigneur châtie celui qu’il aime; il frappe les enfants qu’il accueille. » (Héb. XII, 6).

L’or et l’argent sont essayés au feu, les favoris de Dieu sont éprouvés dans la fournaise des humiliations. (Eccl. II, 5). Tous les saints de l’Eglise ont eu à souffrir, et en proportion même de leur sainteté.

Marie, la mère de Dieu, a souffert plus que tous les autres saints, aussi est-elle la reine des martyrs. Les Apôtres ne furent pas mieux partagés; Pierre et Paul passèrent presque toute leur vie en prison. « Une vie pieuse, abreuvée de souffrances et de tribulations est le signe le plus certain de la prédestination » (S. Louis de Gonz.).

Plaignons celui qui n’a rien à souffrir; il n’y a pas de plus grand malheur, d’après S. Augustin, que le bonheur des pécheurs ; il n’y a pas de plus lourde croix que de n’en avoir pas. Une prospérité continuelle est un malheur, car ce qu’on ne souffre pas maintenant, on le souffrira plus tard.

Dieu d’ailleurs ne nous envoie aucune souffrance au-delà de nos forces. Dieu, dit S. Paul, est fidèle; il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de vos forces. (I Cor. X, 13). Est-ce que Dieu serait moins sage et moins bon que l’homme le moins cultivé, qui connaît les forces d’un animal et ne le charge pas plus lourdement qu’il ne faut? Le potier ne laisse pas ses vases au feu trop longtemps, de peur qu’ils n’éclatent. (S. Ephr.)

Le musicien sage ne tend ses cordes ni trop, pour qu’elles ne se cassent point, ni trop peu pour qu’elles rendent un son harmonieux; Dieu de même ne laisse pas les hommes sans aucune douleur, ni ne leur en impose de trop lourdes. (S. J. Chr.)

Le médecin prudent n'ordonne pas à ses malades des remèdes assez violents pour les tuer, et le céleste médecin sait encore mieux mesurer la dose de la tribulation qui convient aux justes. (Louis de Gr.).  Bien des gens ne souffrent pas qui se plaignent néanmoins, parce qu’ils trouvent lourd ce qui est très léger. (B. Henri Suso.) Se plaindre à l’excès, dans la souffrance, est un signe de lâcheté.

Dieu fait souffrir le pécheur pour le corriger et le sauver de la mort étemelle.

L'enfant prodigue se convertit dans la misère ; Jonas, dans le ventre du poisson; Manassès, dans les cachots de Babylone (2 Par. XXXIH); S. François Borgias, en présence du cadavre de sa protectrice, la reine Isabelle. Dieu ressemble à un père qui rappelle un enfant à l’obéissance la verge à la main (S. Bas.), à un médecin qui taille, qui cautérise pour guérir et sauver de la mort. (S. Aug.) On bat les vêtements pour en faire sortir la poussière, et c’est ainsi que Dieu frappe les hommes souillés par le péché. (S. Thomas de Villeneuve).

Les souffrances ont pour premier effet de dégoûter le pêcheur des choses terrestres; elles donnent aux plaisirs du monde l’amertume du fiel. Elles nous détachent de la terre. Dieu éprouva les israélites en Egypte si sévèrement, pour qu’ils eussent un désir plus vif de la Terre promise, de même Dieu nous visite par la souffrance et la tribulation afin que nous nous détachions de cette vallée de larmes pour rechercher avec plus de zèle la patrie céleste. (Drexelius).

Le pécheur dans la souffrance remarque aussi sa faiblesse, son isolement, et cherche un secours dans la prière. Le besoin apprend à prier. « Les souffrances qui nous accablent nous forcent à nous rapprocher de Dieu. »  (S. Grég. Gr.). Les coups qui nous frappent du dehors nous font rentrer en nous-mêmes et éveillent en nous le remords (id.).

La tribulation est comme l’hiver, après lequel les arbres produisent des fleurs et des fruits (S. Bonav.). La souffrance, si pénible qu’elle soit, est donc la voie qui mène le plus sûrement à Dieu. (S. Thér.).

 

Catéchisme catholique populaire
François Spirago
Édition canadienne
Année sainte MCML

lundi 7 décembre 2015

Minuit, chrétiens – un chant révolutionnaire?

Adolphe Adam, le compositeur juif du Minuit, chrétiens


Bien populaire au Canada-Français depuis des décennies, la majorité des catholiques d'aujourd’hui ignorent que le chant Minuit, chrétiens n’a rien d’un cantique de Noël traditionnel.

C’est plutôt grâce à l’ignorance que ce chant s’est répandu dans la belle province malgré les avertissements.

Le Cardinal Villeneuve souhaitait la disparition de ce chant,  en 1933,  principalement à cause de la théologie douteuse du texte. En effet, l’auteur utilise un lexique subtilement étranger à celui de l’Eglise.

Ce qu’il faut savoir, avant d’apprécier le Minuit, chrétiens, c’est qu’il a été créé dans l’ambiance révolutionnaire de la France de 1847 et sur fond d’humanisme.

L’auteur des paroles, Placide Cappeau (1808-1877), était un libre-penseur voltairien et possiblement franc-maçon. Dans un recueil de chants, Campeau décida de tronquer quelques paroles pour sa version officielle et définitive.

 « Nous avons cru devoir modifier ce qui nous avait échappé au premier moment sur le péché originel, auquel nous ne croyons pas… Nous admettons Jésus comme Rédempteur, mais rédempteur des inégalités, des injustices, de l’esclavage et des oppressions de toutes sortes qui pesaient sur l’ancienne société, non d’un péché impossible qui répugne au plus simple bon sens. » ( Placide Campeau, Le Château de Roquemaure )
 
La composition musicale, pour sa part, est l’œuvre du compositeur juif, Adolphe Adam (1803-1856). Il n’hésita pas à revendiquer le caractère révolutionnaire du chant en le proposant comme une « Marseillaise religieuse ».

Il existe également plusieurs parodies maçonniques du Minuit, chrétiens.

Aurions-nous à réitérer cet avertissement si le clergé de l’époque avait pris au sérieux la condamnation du Cardinal Villeneuve en 1933?

Nous reproduisons ci-dessous le mandement dont il est question.



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MANDEMENTS, LETTRES PASTORALES ET CIRCULAIRES DES ÉVÊQUES DE QUEBEC

Volume quatorzième

Son Em. le Cardinal J.- M. -Rodrigue Villeneuve,

O. M I.,

Archevêque de Québec

1932 — 1935

XXXIII

Chant du " Minuit, chrétiens"

(14 décembre 1933)

A l'approche de Noël, le chant du " Minuit, chrétiens " recommence à provoquer des controverses.

Autant en raison des exigences de la musique religieuse que par souci de doctrine et de convenance liturgique, l'Archevêque se réjouit qu'en plusieurs endroits on l'ait abandonné, et il souhaite que sa disparition se généralise.

Le texte en est incontestablement d'une théologie douteuse et toute la composition d'une origine pour le moins quelconque. On pourra sans désavantage le remplacer par quelque autre ancien cantique de Noël, par exemple, celui " Les Anges dans nos campagnes ", dont le refrain, quelle qu'en soit la valeur artistique, est une pieuse exclamation tirée du saint Evangile (Luc, II, 14) et qui convient plutôt à l'inauguration du joyeux temps de Noël.

En tout cas, il ne sera permis à personne de se réclamer de l'autorité de l'Archevêque de Québec, comme on l'a fait l'an dernier, pour préconiser la valeur du " Minuit, chrétiens " d'Adolphe Adam.

Avec une religieuse affection je réitère ici ces souhaits que j'adressais, ce matin, à ceux d'entre vous qui avaient pu venir à l'Archevêché : La grâce, la miséricorde, la paix en Dieu, en Jésus-Christ, notre Seigneur et Sauveur, tels sont bien mes souhaits pour vous, Messieurs, au début de l'année nouvelle, qui continue le dix-neuvième centenaire de la mort du Très Saint Rédempteur. La grâce, qui nous surélève du plan de la nature et nous mette à la hauteur de nos sublimes devoirs de pasteurs.

La divine miséricorde, qui nous arrache aux fragilités et même aux trahisons de la chair et nous maintienne fidèles entre tant d'autres qui abandonnent et désespèrent. La paix, enfin, paix du cœur, de la conscience, de l'esprit, paix en nous-mêmes, paix avec ceux qui nous commandent et avec ceux que nous gouvernons. Gratia, misericordia et pax in Jesu Christo Salvatori noslro.


Veuillez croire, chers Messieurs et Collaborateurs,
à mon entier dévouement en N. S. et M. I.

J. M. Rodrigue Card. Villeneuve, O. M. I.,

Archev. de Québec.
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dimanche 6 décembre 2015

L'ignoble Nietzsche et son surhomme


 
 
Un passage obscur dans la dérive nietzschéenne 



"Ce que l’Europe doit aux juifs ? — Bien des choses, du bon et du mauvais, et avant tout une chose qui est à la fois des meilleures et des pires : le grandiose en morale, la redoutable majesté des revendications infinies, le sens des « valeurs » infinies, tout le romantisme et tout le sublime des énigmes morales, — et par conséquent, ce qu’il y a de plus attrayant, de plus captivant et de plus exquis dans les jeux de nuances et les tentations de vivre dont la dernière lueur, la lueur mourante, peut-être, embrase aujourd’hui le ciel crépusculaire de notre civilisation européenne. Et c’est pourquoi nous autres, les artistes, entre les spectateurs et les philosophes, nous avons pour les juifs — de la reconnaissance.

[...]

Or, les juifs sont incontestablement la race la plus énergique, la plus tenace et la plus pure qu’il y ait dans l’Europe actuelle ; ils savent tirer parti des pires conditions — mieux peut-être que des plus favorables, — et ils le doivent à quelqu’une de ces vertus dont on voudrait aujourd’hui faire des vices...

[...]

Ce qu’ils demandent avec une insistance un peu gênante, c’est d’être absorbés et assimilés par l’Europe ; ils ont soif d’avoir un endroit où ils puissent enfin se poser, et jouir enfin de quelque tolérance, et de considération ; ils ont soif d’en finir avec leur existence nomade de « Juif errant ». Cette aspiration dénote peut-être déjà une atténuation des instincts judaïques, et il ne serait que juste d’y prendre garde et d’y faire bon accueil ; on pourrait fort bien débuter par jeter à la porte les braillards antisémites..."

-Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal
 
Mercure de France (Œuvres complètes de Frédéric Nietzsche, vol. 10, pp. ch.VIII-290)

mercredi 2 décembre 2015

Mgr Lacroix face au rite païen de la crémation

 

Extrait de la revue Le Carillon - No.6 (novembre/décembre 2015) - PDF

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Parmi les activités estivales de Mgr Lacroix, la plupart étaient probablement banales. Une inauguration qui nous était passée sous le nez à la fin du mois d’août mérite cependant qu’on s’y attarde.

L’archevêque était déjà sollicité, en 2014, pour la première pelletée de terre du projet de construction d’un nouveau columbarium au cimetière Saint-Charles. Il y revenait en août 2015 pour couper le ruban d’inauguration de ce bâtiment maintenant prêt à accueillir plus de 3000 défunts incinérés.
 
Avec le retour en force du rite païen de la crémation, la construction d’un nouveau site est logique et n’a rien d’une surprise. Ce qui est particulier, c’est la présence d’un cardinal catholique et la bénédiction des lieux par ce dernier.

Trop de catholiques ont oublié, Mgr Lacroix inclus, que c’est l’arrivée de la civilisation chrétienne qui a mis fin à cette pratique barbare que les chrétiens doivent considérer comme une profanation du corps humain, œuvre sublime de la création et temple vivant de Notre Seigneur.

Par l’ensevelissement traditionnel, les chrétiens se rappellent que la mort est un repos et qu’il y aura un réveil – la résurrection de la chair. Certes Dieu a le pouvoir de ressusciter un corps réduit en cendres, mais qu’en sera-t-il du jugement pour ceux qui ont volontairement ordonné la destruction de leur corps dans un testament?

Contrairement à une époque où cela était bien clair, la bénédiction de Mgr Lacroix laisse désormais croire que la crémation est une pratique catholique approuvée par l’Église, ce qui pourtant est faux. Pour notre part, redoublons de prières pour les âmes du purgatoire.