samedi 19 novembre 2016

Grandeur du travail

La Révélation primitive, dont l'Eglise est héritière, impose à toute vie humaine, comme prix d'entretien,
l'obligation du travail: c'est là, d'après le christianisme, une loi commune pour tous les hommes; c'est là le statut, inaccessible à toute révision, donné par Dieu à l'humanité. L'Homme gagne son pain à la sueur de son front: cette austère réalité pèse et pèsera toujours sur la race. Mais voici que peu à peu à la lumière de la pensée chrétienne, cette loi du travail, où l'on était tenté de ne voir qu'une charte assez rigide de la vie individuelle, prend l'éclatante portée d'une obligation sociale. L'horizon du chrétien s'élargit: il trouve dans l'Epître de saint Paul aux Ephésiens l'invitation à « se livrer à quelque travail manuel bon en soi, afin d'avoir de quoi donner à ceux qui sont dans l'indigence »; à la sueur de son front, le chrétien gagnera non plus seulement son pain, mais le pain des autres, le pain qui se refuse aux bras défaillants de la pauvreté.

Le conseil de saint Paul est confirmé par saint Thomas : après avoir justifié la loi du travail par la triple nécessité de pourvoir à notre vie, d'éviter l'oisiveté, instruction de tous les vices, et de mortifier la concupiscence, l'auteur de la Somme signe une quatrième raison d'accomplir cette loi; et cette raison dernière, non moins décisive à ses yeux, c'est que notre propre travail doit nous permettre de secourir le prochain dans ses besoins. Le travail est une nécessité, le travail est une ascèse; il doit être aussi une charité; il doit servir - empruntons à la règle de saint Benoît une expression d'une très belle plénitude - « à acquitter intégralement la dette de la charité fraternelle. »


-Georges Goyau, Le Catholicisme - doctrine d'action. 1921.

jeudi 17 novembre 2016

Ce que nous devons au catholicisme

Il a commencé de travailler pour nous avant même notre naissance. Nos origines portent le sceau d'une
prédilection. Les hommes qui furent nos pères, appartenaient à la race où s'est le mieux réalisée la civilisation du Christ: ils venaient de la France, pays de raison harmonieuse et de foi apostolique, et ils sortaient d'elle à la plus grande heure de son histoire.

Le catholicisme va dominer notre vie entière. A toutes les époques d'une existence particulièrement laborieuse, il sera la force la plus active de celles qui nous ont façonnés.

Le premier labeur et le plus âpre pour la Nouvelle-France fut de naître noblement. Pendant soixante ans, les rois ou leurs subordonnés tenteront de fonder la colonie avec les rebuts du royaume. L'échec les éclairera, mais surtout l’Église qui a vu le dessein apostolique de la monarchie française et l'accorde avec son idéal. En plaçant au premier plan les intérêts éternels du Nouveau-Monde, elle comprend que le point d'appui de son apostolat auprès des races indigènes ne peut être qu'une race probe et catholique. N'est-ce pas sa volonté enfin triomphante qui s'exprime dans l'édit des Cent-Associés : "Monseigneur le Cardinal Richelieu estant obligé par le devoir de sa charge, de faire réussir les sainctes intentions et desseins des dits Seigneurs roys, avait jugé que le seul moyen de disposer ces peuples à la cognoissance du vray Dieu, estoit de peupler ledit pais de Naturels François Catholiques, pour, par leur exemple, disposer ces peuples à la cognoissance de la Religion Chrestienne. . . " Cette simple loyauté de l'Eglise nous valut de naître du meilleur sang de France et dans la foi catholique. Huguenots et gibiers de prison furent écartés d'une terre où l'on voulait fonder un peuple apôtre. Et comment évaluer ce qu'une telle composition de nos éléments nationaux représentait de cohésion, de vigueur morale, de ferments vertueux ?

Sur ces éléments encore informes, l'Eglise fît planer son souffle créateur. Née à la vie, notre jeune race dut aborder un autre labeur, non moins âpre, celui de sa croissance. Elle grandit, comme l'on sait, dans la pénurie de l'assistance administrative, presque dans la misère; à peine sortie du berceau, elle ne connut d'autre jeu que celui de la guerre et, pour conquérir un sol dur entre tous, elle dut manier le fusil presque autant que la hache.

Pour traverser ces rudes débuts, la Nouvelle-France retrouva la même égide. Jusqu'à l'année 1663 , date où intervient le roi, ce sont des hommes d'Eglise, les Récollets puis les Jésuites qui suppléent les compagnies et assistent les gouverneurs. A partir de 1648 , le Supérieur des Jésuites fait partie du conseil de la colonie. Bientôt la Nouvelle-France va saluer l'arrivée de François de Laval qui, par le prestige de son caractère et de sa vie, sera le premier personnage du pays. Telle est alors la prédominance de l'élément religieux que des historiens ont parlé de théocratie. Théocratie qui n'usurpe, en tout cas, que le droit de se dévouer intelligemment, si j'en crois ce mot de Colbert à Mgr de Laval : "La colonie canadienne n'a de vie que depuis le temps où vous vous êtes dévoué pour elle".

Avant même l'arrivée de l'évêque, le dévouement de l'Eglise devançait les besoins de la Nouvelle-France. A Québec il n'y a guère, en 1635, que 300 habitants lorsque les Jésuites fondent leur collège. Quatre ans plus tard, les Ursulines ouvrent leur première école pour 40 petites filles, cependant qu'à Ville-Marie Marguerite Bourgeoys attend, pour les instruire, que les enfants soient en âge. Œuvres d'enseignement, œuvres de charité, tous les organismes se créaient l'un après l'autre ; et, chaque fois, pour jeter dans notre histoire un ferment immortel, un saint ou une sainte était préposé à la tâche de fonder. Champlain, François de Laval, Marie de l'Incarnation, la Mère de Saint-Ignace, Maisonneuve, Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys, les Pères Le Jeune, Lalemant, les Sulpiciens Souart, Dollier de Casson, appartiennent à l'humanité des élus qui se mêlent éternellement aux œuvres qu'ils fondent. Grâce à ces puissantes ressources spirituelles nous allions traverser une autre phase périlleuse de notre croissance. Avec l'arrivée des colons de Colbert, la Nouvelle-France se met à grandir par accroissements subits, précipités. Quel état peu propice à la morale que ces établissements hâtifs où les arrivants se croisent et se mêlent, où les colons se dispersent sur un immense pays, sans églises, presque sans prêtres et sans cadre social.

Les guerres continuelles, les exigences de la traite des fourrures aggraveront cette incohésion. Pendant longtemps la population de la Nouvelle-France aura l'air d'une série de camps volants. Contre l'Iroquois qui dévaste le pays, contre l'Anglais qui menace les frontières, au service des traitants qui mobilisent les canotiers, hommes mariés, jeunes gens se font en grand nombre coureurs de bois ou de fleuves, vagabonds de la gloire qui étendent les frontières encore plus qu'ils ne les défendent. Le spectacle est magnifique d'audace aventureuse et chevaleresque. Mais quel péril pour les mœurs que ce nomadisme prolongé où succombe une trop grande partie de la population. Le bonheur de la Nouvelle-France fut alors d'être gouvernée par des évêques de la grande tradition dont la hardiesse apostolique allait aussi loin que le devoir. Leurs mandements de ce temps-là nous révèlent avec quelle vigueur, quelle ténacité, ils s'élevaient contre tous les dérèglements.


Pour eux le progrès, la civilisation véritable n'est pas dans les gains du commerce ou de la gloire ; elle consiste avant tout dans la dignité des mœurs, dans la domination de la volonté sur les mauvais instincts de la nature humaine. Aussi le luxe, la vanité, l'usure, l'indécence, l'ivrognerie, le mépris du dimanche se heurteront-ils à de véhémentes dénonciations. Quel fier courage que celui de ces chefs d'Eglise dont l'un osait bien s'adresser "au gouverneur et à la gouvernante", pour leur rappeler l'obligation où ils sont de donner le bon exemple au peuple." Leur sévérité est sans ménagements pour les corrupteurs ; ils n'admettent point "qu'il y ait des cabarets dans les paroisses", et ils défendent d'absoudre "ceux qui veulent gagner leur vie par ce détestable commerce". Rigueurs excessives, diront quelques-uns. Rigueurs salutaires, diront les autres qui verront les précoces vermoulures écartées du millier de familles qui allaient devenir les souches d'un peuple.

Pour la défense de la race, il est deux bastions, entre autres, que nos évêques ont élevés de leurs mains: la famille et la paroisse. La famille du Canada français est une des gloires de notre peuple, "une des plus grandes merveilles de l’Église catholique en ces deux derniers siècles", a écrit un historien. Et ces grands éloges, l'on veut qu'ils lui soient décernés pour la façon admirable dont elle s'est acquittée de ses fins naturelles. Mais qui a fait la famille canadienne-française? Qui lui a donné ses lois, son âme, ces vertus de force et de pureté qui, au courage de faire son devoir, lui ont ajouté la puissance de le bien accomplir? Ici encore, ayons la loyauté de le reconnaître, l'Eglise a tenu le premier rôle et le plus actif. A l'heure où se fondaient nos premiers foyers, les Jésuites puis François de Laval leur imposèrent comme idéal la sublime famille de Nazareth. C'est l'Eglise qui a défendu chez nous la dignité du mariage ; sur les sources de notre vie, elle n'a cessé de veiller pour que rien d'impur ne s'y mêlât. Rappelons seulement, pour montrer jusqu'où allait en ce temps-là sa vigilance, que les prêtres ne pouvaient admettre à la bénédiction nuptiale, les soldats séducteurs et leurs victimes.

L'histoire de nos origines prendra, de ce fait, une particulière noblesse. C'est ainsi que les registres du
gouvernement de Québec n'attesteront que deux naissances illégitimes jusqu'à l'année 1690 et qu'un relevé de toutes les naissances de la colonie révélera à peine huit accidents par 1,000 enfants.

Ces foyers pleins d'honneur, c'est déjà une première garantie de l'éducation des enfants que l'Eglise n'a. pas moins surveillée. N'est-ce point par l'autorité sainte dont elle revêt le père, le vrai chef familial pour elle, n'est-ce point par l'ardeur de piété qu'elle allume au cœur de la mère que Mgr de Saint-Vallier pourra appeler chaque famille canadienne "une petite communauté bien réglée"? L'oeuvre de l'Eglise, voulez-vous la voir dans une forme concrète? Contemplez-la dans la symbolique cérémonie de la bénédiction, au matin du jour de l'an, alors qu'agenouillés devant leur père, devenu pontife domestique, les enfants confessent l'unité chrétienne de la famille et son ordre qui est un ordre divin.

Là ne s'arrêtera pas le génie organisateur de l'Eglise. Le régime féodal n'avait guère jeté, entre les habitants d'une même seigneurie, que des liens juridiques. La véritable société publique, celle qui élève une autorité au-dessus des groupes familiaux, les associe pour un progrès plus étendu et plus parfait, cette société ce sera la paroisse, institution strictement ecclésiastique sous l'ancien régime. Par un arrêt de son conseil d'Etat, en date du 17 mai 1699, le roi retire définitivement aux possesseurs de fiefs le patronage des églises qui sera conféré à l'évêque avec le droit de faire bâtir des temples où celui-ci le jugera convenable.

"L'évêque de Québec a eu une part essentielle dans le Règlement des districts fait en 1721", écrivait Mgr Plessis. "Il a toujours été en possession d'ériger les paroisses. Les archives de l'évêché font foi de 38 paroisses anciennement érigées par les Evêques de ce pays, entre lesquelles quatre n'ont eu leur érection que depuis le Règlement des districts.... Toutes ces érections consistent en un Décret ecclésiastique latin, signé de l'évêque et contresigné de son secrétaire."

La paroisse canadienne est constituée avant tout pour le progrès religieux. Mais le progrès religieux ne s'isole pas dans sa transcendance. L'une de ses vertus est de faire de l'ordre au-dessous de lui et de n'être une règle que pour devenir un principe vivifiant. La paroisse, cela voulait dire. au temps de la Nouvelle-France, l'homme de Dieu, le gardien de la foi et de la morale, constitué chef de la société ; cela voulait dire les rapports des hommes réglés par la charité et la justice chrétiennes; l'église devenant le pôle attractif des âmes et les unissant par le lien le plus vigoureux, celui d'une foi commune. La paroisse, ce fut même, pendant longtemps, le seul cadre où s'épanouit quelque vie publique. Jusqu'après le régime français, les réunions pour fins d'église sont à peu près les seules assemblées populaires. Dès l'érection des premières paroisses, François de Laval remet aux habitants les frais du culte; les fabriques sont constituées avec marguilliers électifs; et le synode de 1690 rappellera qu"'il a été ordonné que les curés feront part aux marguilliers des choses qu'ils souhaiteront faire dans leurs églises".

Assises de nos familles, assises de nos paroisses, tout cela nous le devons à nos évêques. Pourtant leur action a voulu s'étendre encore plus loin, atteindre l'Etat lui-même ou ce qui fut alors notre organisme de gouvernement. Conseillers du conseil souverain, et, pour ainsi dire les seuls permanents, nos évêques ont tenu, au parlement de la Nouvelle-France, le premier rôle. C'est déjà marquer en quel sens ils vont orienter la législation de la colonie d'où nous vient une partie de notre droit actuel. L'on sait également avec quelle énergie, contre les gouverneurs et les parlementaires gallicans du conseil, ils ont défendu les prérogatives de la puissance spirituelle. Autant qu'ils l'ont pu, ils ont fait admettre et fait passer dans nos moeurs publiques, la juste subordination des pouvoirs. Et qu'est-ce à dire si ce n'est poser là le fondement de l'ordre social et politique? Ceux qui savent le rôle de la vérité dans la vie d'un peuple, les relations étroites des droits de l'homme aux droits de Dieu, salueront dans ces hommes d'Eglise de vrais hommes d'Etat. Il n'est pas nécessaire d'avoir fouillé bien longuement l'histoire du monde, pour apercevoir dans l'Etat désorbité et sans frein, un fauteur de désordre, l'ennemi le plus dangereux de la liberté humaine. "Droits de l'homme, liberté de l'homme, liberté humaine, existence distincte des nations", a dit Louis Veuillot, "autant de pensées du Christ, voulues et acceptées par sa seule Eglise".

De cet ordre catholique, de la prédominance de l'idée religieuse, devait naître une jeune race remarquable par sa haute moralité et le bel ensemble de son âme. Son histoire sociale sera émouvante comme une pastorale traversée de chants épiques; son histoire militaire fera penser à un manuel d'héroïsme. Mais nous ne savons si l'Eglise n'a pas déposé au front du jeune peuple un laurier encore plus glorieux.

La Nouvelle-France est restée fidèle aux desseins de ses fondateurs. La pénétration française au cœur du continent ne fut pas seulement une merveilleuse aventure commerciale et militaire; ce fut en même temps, une irrésistible poussée de l'apostolat catholique. Rarement les explorateurs dépassent les missionnaires. Quand Champlain touche au pays des Hurons en 1615 , les Récollets l'y ont précédé ; quand de Saint-Simon s'en va vers la baie d'Hudson, le Jésuite Albanel l'accompagne; Marquette est de la flottille qui avironne vers le Mississipi; Cavelier de la Salle mène toujours avec lui des religieux et des prêtres; et le Père Mesaiger puis le Père Aulneau sont de l'expédition des La Vérendrye.

Mais voici qui vaut mieux encore: l'évangélisation des indigènes n'est pas seulement l'affaire des missionnaires; c'est une œuvre collective à laquelle tout le jeune peuple s'associe. Ville-Marie est fondée pour
être à la fois un bastion de la colonie et un séminaire d'apôtres. Aux associés de la Sainte-Famille, François de Laval propose de "servir à la conversion des infidèles de ce pays, par l'exemple d'une vie irréprochable". A partir de l'année 1636 ce voeu se propage, parmi les colons de Québec, de communier douze mois de suite, de dire autant de fois le chapelet, de jeûner la veille de l'Immaculée-Conception pour obtenir "la conservation de ce pays et la conversion des pauvres sauvages qui l'habitent". Oui, telle était bien l'atmosphère des âmes. Et si "la prière de chaque nation", comme l'a écrit le comte de Maistre, "indique l'état moral de cette nation," quelle grandeur l'Eglise n'avait-elle pas déposée dans l'âme de nos pères!

Viennent maintenant les jours mauvais! Les noblesses de son histoire, tous ses grands souvenirs deviendront des énergies morales pour notre peuple, des impulsions immatérielles qui l'animeront à durer. Car le labeur de la Nouvelle-France n'est pas achevé. Après avoir eu tant de peine à naître et à vivre, la question se posera pour elle de survivre

Le premier service que nous rendit l'Eglise, au lendemain de 1760 , fut de nous conserver la foi. Qui oserait prétendre, en effet, que la foi des vaincus eût subsisté en ce pays, si nos chefs religieux avaient cédé aux manœuvres du vainqueur et accepté la suppression de l'épiscopat?

Ce service a déjà quelque valeur pour un peuple qui sait le prix de la vérité religieuse. Mais ajoutons avec l'histoire que l'Eglise a coopéré plus que personne à la préservation nationale. Si nous cherchons les causes de notre survivance, il faut écarter résolument tout ce qui évoque l'idée de la puissance matérielle. Qu'était-ce, pour faire face à la plus grande puissance européenne du dix-huitième siècle, que 65, 000 paysans ruinés par la guerre, abandonnés à eux-mêmes? Si nos pères ont survécu, c'est qu'une certaine dignité morale leur a donné la fierté de rester eux-mêmes; c'est que leurs institutions familiales, la pureté de leurs mœurs, leur permirent d'enfanter abondamment de la vie; c'est que le travail les garda laborieux, leur accorda de refaire leur pays et d'en agrandir le domaine; c'est enfin que leur organisation sociale sut grouper, pour les rendre puissants, les petits efforts et les modestes ressources.

Les œuvres, les organismes de vie et de résistance que ni la richesse ni le nombre ne pouvaient créer, le désintéressement, le courage les mirent debout. De telle sorte que, parmi les causes de notre survivance, aucune ne saurait être nommée qui n'appartienne à l'ordre moral, lequel relève de l'Eglise.

Le serment de Dollard et de ses compagnons

La volonté de rester nous-mêmes, qui l'a plus fortement affirmée que notre clergé? Mgr Hubert, le deuxième évêque de race canadienne-française, appliquera, l'un des premiers, à notre groupe ethnique, le mot "nation". Ce sont nos évêques, nos prêtres qui redoutent le plus l'anglicisation parce qu'ils y voient une menace d'apostasie.

A Québec c'est Mgr Hubert, à Montréal ce sont les Sulpiciens qui fondent les premières écoles bilingues pour arracher les écoliers canadiens-français aux écoles anglo-protestantes. C'est l'Eglise qui, la première, a vu le piège de l'Institution Royale et a fait écarter cette mainmise de l'église anglicane et de l'élément anglo-saxon sur notre enseignement public. Aujourd'hui encore n'est-elle pas la seule à mettre des entraves à la fréquentation des écoles et des universités de religion et de langue étrangères? Depuis la conquête, la famille canadienne n'a pas trouvé, non plus, de protectrice plus courageuse que l'Eglise. Qui ne voit, par exemple, que la prohibition des mariages mixtes protège non seulement la foi, mais notre homogénéité française?

Nos foyers, l'Eglise les défend chaque jour et presque seule contre les abus et les errements de toute sorte, en particulier contre le mal abominable du divorce. Et puisque, au témoignage de le Play, "les familles soumises à Dieu . . . sont la vraie force des nations libres et prospères", qui donc, en bonne vérité, oserait attribuer à d'autre que l'Eglise la conservation de cette force ?

Pour les mêmes fins elle a fortifié le cadre social de la paroisse. "La paroisse a sauvé la race française du Canada", répètent de toutes parts historiens et économistes. Et, sans doute, c'est une vérité indiscutable. Mais si la paroisse fut pour notre race le bastion sauveur, si l'on a vu s'y épanouir, depuis 1760 , une vitalité plus vigoureuse, plus féconde même que sous l'ancien régime, à qui le devons-nous, si ce n'est à l'homme qui, par le départ ou la démission des autres, demeura la plus grande et quelquefois la seule autorité sociale?

Le colonel de Salaberry,
le vainqueur de la bataille de Châteauguay
Bronze sur la façade du parlement de Québec
C'est par cet homme qui fut le prêtre, que la prééminence de l'idée religieuse s'imposa plus que jamais à la paroisse canadienne. Par le prêtre toujours, l'organisme religieux acquit assez de force pour animer de son esprit l'organisme scolaire et même l'organisme civil qui se développaient en lui. Et voilà comment s'est vérifiée pour nous cette loi universelle, qu'en toute vie composée d'éléments divers, le progrès s'affirme avec puissance où l'élément supérieur gouverne les autres.

Gardienne de la famille et de la paroisse, l’Église fit comme elle avait fait sous l'ancien régime: elle se chargea en plus des intérêts généraux de la race. Personne ne conteste qu'elle ait créé, sans la moindre assistance de l'Etat, notre enseignement secondaire et supérieur; l'enseignement primaire, elle l'avait soutenu jusqu'à 1760 , de son dévouement encore plus que des subventions royales; après la conquête, elle le maintient au milieu des ruines et elle le relève. Pendant longtemps il n'y aura d'école qu'à l'ombre de l'église. Lorsque, enfin, échappés à la servitude politique, nous commencerons à organiser les fonctions de notre vie sociale, nous retrouverons encore l'Eglise dans le même rôle; elle défendra les droits de la famille contre les nouveaux pouvoirs comme elle les avait défendus jadis contre les assimilateurs. Et le régime d'enseignement public qu'elle fera prévaloir, s'il n'est point sans infirmités, n'en a que d'imputables à l'ambition de l'Etat.

A ce moment, sa fécondité magnifique ajoute au droit de l'Eglise de parler haut. Pendant que les écoles naissent sur tous les points, au milieu d'un peuple trop pauvre pour les soutenir de ses seuls deniers, l'Eglise met au plus bas prix le coût de l'enseignement. Elle fait venir de France des communautés enseignantes; elle en crée un bon nombre sur place. En peu d'années, ces grandes familles spirituelles assument la plus lourde part du fardeau et donnent à nos écoles un haut caractère moral.

L'Eglise fait de même pour le service de la charité. En même temps qu'elle le met au plus bas prix, elle s'efforce de lui maintenir son auréole surnaturelle. Communautés étrangères et communautés canadiennes se vouent au soulagement de toutes les misères. Et c'est, au milieu de nous, une floraison d’œuvres qui représentent pour l’État d'incalculables économies et font l'étonnement de l'étranger.

La fécondité sera telle que l'Eglise prélèvera sur cette richesse pour prêter aux autres. Du surplus de ses vocations et quelquefois de son nécessaire, elle organisera la vie religieuse de toutes les provinces canadiennes; elle suivra jusqu'aux Etats-Unis nos frères exilés ; elle dépassera même ces vastes champs; et la voici en train d'accomplir dans les pays de missions une oeuvre apostolique sans parallèle. Rôle sublime qui n'établit pas seulement devant le monde la qualité morale de notre peuple, mais qui ajoute à la majesté de notre histoire et accroît peut-être nos chances de survie.

Si Dieu est le grand personnage de l'histoire humaine, ce peuple-là n'amasse-t-il point des gages d'avenir qui se fait le collaborateur des œuvres divines ?

Voilà bien ce que nous devons au catholicisme. Pour apercevoir ce rôle immense, il faudrait comprendre ce que cela vaut à un peuple d'avoir trouvé, dans son berceau, comme un cadeau de naissance, la foi catholique, c'est-à-dire cette lumière allumée devant les hommes pour éclairer les réalités divines et qui, par cela même, projette le plus de clarté sur les réalités humaines. La foi catholique, cela veut dire, pour un peuple, la vérité domestique, la vérité politique mises hors de question ; cela veut dire, dans un pays, la salubrité intellectuelle, la préservation des aventures doctrinales qui se paient en reculs quand ce n'est pas en catastrophes. La foi catholique, cela veut dire aussi la morale qui atteint le plus profondément chaque individu d'une nation, qui fournit à la volonté humaine le plus haut idéal de vertu et les moyens les plus efficaces de l'atteindre. D'avoir été un peuple qui priait et allait à la messe, qui se confessait et communiait, qui pratiquait le culte des saints, héros supérieurs de l'humanité, qui pourrait dire ce que notre histoire a gagné, par cela seul, en force et en beauté ?

Ce n'est pas assez de dire du catholicisme qu'il fut l'arc-boutant de notre race ; il en est l'armature, l'âme indéfectible qui soutient tout. Si quelque raison pouvait ajouter à la grandeur de ce rôle, ce serait la constance avec laquelle il a été tenu. Depuis le jour où l'Eglise suspendait la croix au portique de notre histoire, qui oserait marquer une défaillance, une interruption dans son dévouement, une heure où elle ait paru lassée d'être la bienfaitrice du peuple canadien-français ? Puissions-nous ne jamais oublier de tels services! Puisse-t-on s'en souvenir en quelques hautes sphères où l'on fait voir quelquefois plus de puissance à détruire qu'à créer!

Dans un autre âge que le nôtre, en l'une de ces époques de foi où les réalités religieuses s'imposaient fortement aux esprits, un grand artiste se lèverait parmi nous pour figurer sous quelque forme idéale cette Providence magnifique. Qui sait ?

Le jour viendra peut-être où notre hommage animera quelque pierre sublime. Ce jour-là le monument sera dressé sur l'un des plus hauts points du pays et la reconnaissance d'une race aura gravé sur le Socle: "A la Mère auguste de la patrie!"


-Abbé Lionel Groulx, Notre maître, le passé. Tome I. Bibliothèque de l'Action française, 1924. Pp 245-259.

mardi 15 novembre 2016

Les points forts de notre décadence

Le Mouvement Tradition Québec met à la disposition du public un document de 1970 rédigé par le chanoine Georges Panneton, prêtre de Trois-Rivières. Le chanoine Panneton fut de ce mouvement, trop peu connu aujourd'hui, de canadiens-français qui résistèrent tant à la Révolution tranquille qu'au Concile Vatican II. Un document d'une trop réelle actualité. 


Depuis une dizaine d'années, nous constatons que les démons sont acharnés à démolir la forteresse du catholicisme, bâtie en Nouvelle-France par nos saints Fondateurs. Voici les points forts de notre décadence, qui effraie les esprits clairvoyants: la famille, la moralité, l'éducation, la catéchèse, le religion, les vocations, le socialisme communiste.


1- LA FAMILLE, cellule-mère de la société, est attaquée par les nouvelles Lois que vient de voter
notre Gouvernement fédéral: divorce, avortement, contraceptifs (pilule stérilisante), homosexualité... Conséquence: on constate une diminution des naissances catastrophique. Les familles sont disloquées par l'adultère; dans les écoles supérieures, l'amour libre multiplie les filles-mères. Ruine du mariage chrétien et de l'autorité des parents... A ce train-là, en l'an 2000, il n'y aura presque plus de Canadiens-Français. Notre espoir: les foyers où l'on observe encore les Commandements de Dieu.

2- LA MORALITE. Sur la rue, étalage de modes impudiques (mini-jupes, collants, shorts); sur les plages, mono-kini, nudité provocantes. Théâtre et cinéma-télévision pourris (revue HAIR). Festival-pop à Manseau: drogue et alcoolisme qui ruinent la jeunesse. Pornographie étalée dans les kiosques à journaux. Romans immoraux primés et best-sellers... Saint Paul pourrait adresser à notre peuple, comme aux Romains décadents, ce reproche terrible: "Ils ont fait un dieu de leur ventre" (Phil. 3, 19). La télévision répand souvent la corruption dans tous nos foyers. Le démon impur étend son règne chez nous, surtout dans la jeunesse chez qui l'impureté tue la Foi.

3- L'EDUCATION. Le Ministère de l'Education provincial nous impose la neutralité religieuse à l'Université et dans tout le système scolaire, selon le programme maçonnique. Ce régime entraîne la ruine de nos séminaires et de nos maisons d'éducation catholique, érigés depuis 200 ans au prix de tant d'efforts. Peu à peu, religieux et religieuses sont chassés des écoles; les Congrégations enseignantes sont démembrées; dans 20 ans, nos Frères et Soeurs seront disparus et notre jeunesse engouffrée dans les polyvalentes monstrueuses (2000 ou 3000 élèves) ne recevra aucune formation chrétienne. Nos Universités et nos Cégeps sont empoisonnés par des professeurs impies, athées, maçons, marxistes, freudistes, dont plusieurs ont été importés d'Europe par des organismes maçonniques, pour déniaiser (?) les catholiques du Canada.

4- LA CATECHESE. On a abandonné les Catéchismes de saint Pie X et du Concile de Trente, pour s'inspirer du Catéchisme hérétique de Hollande. Résultat: on ébranle la Foi aux dogmes de la Présence réelle dans la sainte Eucharistie, de la Résurrection du Christ, de sa Naissance virginale, de l'Immaculée Conception, du Péché originel, de l'existence des Anges et des Démons, de l'Enfer et du Purgatoire, de la Confession, des Sacramentaux, etc. Nos manuels de Catéchèse, basés sur de fausses philosophies, enseignent le matérialisme, le sexualisme, le culte de l'homme; ils ignorent les Pères de l'Eglise, les Docteurs et les Saints, les Encycliques des Papes, pour ne citer que les mauvais auteurs: Sartre, Freud, Camus, Beauvoir, Kant, Marx, Mao, Marcuse. Bourrage de crâne, âmes vidées du surnaturel.

5- LA RELIGION. Infiltration protestante, sous prétexte d’œcuménisme: libre examen, morale subjective. On prétend même à réhabiliter les hérétiques apostats Luther et Calvin... En plusieurs de nos églises, la Messe catholique est remplacée par la Cène de Luther. On abolit la génuflexion, signe d'adoration: à la Consécration, peuple debout, signe d'orgueil. Les musulmans et les bouddhistes s'agenouillent, se prosternent, pour adorer Dieu..., comme on l'a toujours fait pour adorer le vrai Dieu dans l'Ancien et le Nouveau Testament.

On a perdu le sens du sacré: les gamins jouent avec les vases sacrés; des filles en mini-jupes servent à l'autel; la sainte Communion est distribuée dans la main, comme un vulgaire biscuit, que l'on reçoit au son d'une musique jazz. La jeunesse va à l'église comme au cirque ou au club, pour s'amuser, non pour prier, se recueillir, se convertir, adorer Dieu humblement. Des clercs se moquent des Sacramentaux: eau bénite, médailles, chapelets, cierges bénits, etc. Les messes du samedi soir vont tuer le Dimanche "Jour du Seigneur" qui deviendra jour de travail comme sur semaine. Les églises se vident, car nombre de fidèles l'abandonnent, déroutés par trop de changements improvisés. Des liturgistes iconoclastes ont vidé nos églises des crucifix, des statues, des images qui inspiraient la piété et la foi au peuple chrétien. Le Tabernacle est relégué dans un coin, comme un parent pauvre (manque de Foi en la Présence réelle). Temples froids, religion sans coeur, à la manière de Luther. Abandon du magnifique répertoire des chants sacrés et de la musique religieuse, du latin et du chant grégorien, ces chefs-d'oeuvre des génies et des siècles passés; on leur a substitué des chansonnettes souvent insignifiantes... Abandon des dévotions traditionnelles: Vêpres, Saluts du S. Sacrement, Heures Saintes, 40-Heures, 1er Vendredi du mois, Procession de la Fête-Dieu, Mois de Marie, Mois du Rosaire, Mois des Morts, Prière en famille, Angelus, Benedicité aux repas, Prières personnelles matin et soir. Beaucoup d'enfants baptisés ne savent aucune prière, ni même le signe de la croix... Abandon des confessions: beaucoup vont communier sans jamais se confesser, car des prêtres leur ont dit qu'il n'y a plus de péchés mortels. Saint Paul disait que ceux-là mangent et boivent leur propre condamnation (I Cor. 11, 29)... Abolition des retraites paroissiales; les Maisons de Retraites fermées sont presque toutes fermées. Plus de pénitence, malgré les appels de Notre-Dame de Lourdes et de Fatima: abandon de l'abstinence du vendredi, du jeûne de Carême (sauf 2 jours), des Quatre-Temps, des Vigiles. La pénitence est laissée à la bonne volonté de chacun, mais elle est emportée par la vague du plaisir et de la mondanité.

6- LES VOCATIONS sacerdotales et religieuses sont presque taries: les noviciats et les grands séminaires sont à peu près vides. Les scandales des défroqués se multiplient. Malgré les directives de S. S. Paul VI, des faux-docteurs font campagne contre le célibat des prêtres. Plusieurs religieuses deviennent mondaines: sans voile, frisées, en mini-jupe, sans aucun signe religieux, elles retournent bientôt dans le monde pour se marier, reniant leur vocation... Chez les clercs, mépris de la soutane: ils se plaisent à porter l'habit laïc, souvent sans dignité: on dirait qu'ils ont honte de leur sacerdoce. Contaminés par de faux-prophètes, ils n'ont que de moqueries pour le Thomisme, recommandé par les Papes et les Conciles; plusieurs sont à la remorque des contestataires révoltés contre le Pape et les Evêques. S. S. Paul VI parle d'auto-destruction de l'Eglise... Prions Dieu d'envoyer à son Eglise des Docteurs et des Saints, pour opérer la réforme du clergé et des communautés religieuses, comme après la Révolution française...

« Pénitence, pénitence, pénitence »
Notre-Dame de Lourdes
7- SOCIALISME et COMMUNISME. Le marxisme est enseigné dans nos Universités. Dans la classe dirigeante, plusieurs se déclarent socialistes, sans voir que c'est la voie vers le communisme athée. Le Gouvernement fédéral d'Ottawa vient d'établir des relations diplomatiques avec la Chine communiste; il a déjà permis à des jeunes d'aller à Cuba prendre des leçons de guérilla. Résultat: l'explosion révolutionnaire des F.L.Q. dans notre Province: bombes, banditisme, vols, enlèvements, terrorisme, anarchie, nécessitant la loi des mesures de guerre et l'intervention de l'armée... Châtiment des gouvernants, de leur apostasie, sous prétexte de liberté, pluralisme, neutralité, laïcisme... A l'Exposition universelle de Montréal, en 1967, la Russie a fêté le Jubilé de la Révolution soviétique (1917), mais on y a ignoré le Jubilé des Apparitions de Notre-Dame de Fatima dans la ville fondée sous le nom de Ville-Marie. A la clôture de l'Expo, pas un des dignitaires (tous chrétiens) n'a fait, dans les discours officiels, un acte de foi ou de reconnaissance envers Dieu: Apostasie officielle qui appelle encore un châtiment. Que Dieu nous en préserve par la protection de nos Saints Patrons et Fondateur !

Tableau trop noir? Non. Réalisme des faits qui, dans leur évidence brutale et leur sèche énumération, devraient ouvrir les yeux et réveiller nos chrétiens égoïstes ou endormis.

Au milieu des orages qui ébranlent l'Eglise et la Patrie, rappelons-nous une scène de l'Evangile: la tempête sur le lac, les apôtres effrayés, la barque menacée de naufrage. Ils crient vers Jésus endormi: "Seigneur, sauvez-nous: nous périssons!" D'un mot, le divin Maître calme les flots... Prions avec confiance, nous serons sauvés et victorieux. Car Jésus a dit: "J'ai vaincu le monde. Je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la consommation des siècles." (Jean, 16, 33. Matt., 28, 20).


-Georges Panneton, prêtre.

lundi 14 novembre 2016

Da Vinci code contre la foi catholique

« L’ignorance est notre pire ennemi », S. Pie X, pape (1903-1914)

Une arme sournoise

Un style

L’histoire est présentée comme une banale fiction. Mais, en prétendant l’étayer sur des faits, des personnes et des lieux réels, l’auteur lui donne, peu à peu, le caractère d’un documentaire. Au final, nous sommes en présence d’un méchant pamphlet anti-chrétien. Son habileté naît d’une subtile confusion entre fiction et réalité.

« Dans mon livre, je révèle un secret qui est murmuré depuis des siècles. Je ne l’ai pas inventé. C’est la première fois que ce secret est dévoilé dans un thriller à succès. J’espère sincèrement que Da Vinci codeservira à ouvrir aux lecteurs de nouvelles pistes de réflexion.» (Site internet de l’auteur: www.danbrown.com).

Cette ambiguïté instrumentale entend placer de très graves accusations, « nouvelles pistes de réflexion », au-delà du vrai et du faux, du bien et du mal. Une haine décomplexée du Christ et de l’Église se couvre ainsi des habits de l’immunité.

Un contexte

Cette fable perfide profite du contexte d’inculture historique, d’ignorance religieuse et de méconnaissance de l’Évangile. Vatican II a été l’occasion d’une rupture avec l’histoire et la tradition de l’Église. Des clercs et des fidèles en nombre, privés de racines, sont maintenant livrés au désarroi.

Alors, falsifier lieux et acteurs de l’Histoire, argumenter sans preuves, utiliser la mode pseudo-scientifique,s’accaparer de puériles légendes ésotérico-gnostiques est un jeu malhonnête, mais facile au royaume de l’ignorance. Il prépare de rapides et incalculables ravages spirituels, scientifiques et culturels.

Un but

Le Da Vinci code s’inspire de récentes et fantaisistes élucubrations gnostiques, ésotériques, féministes, new-age et kabbalistiques. Une malice consommée les arrange avec de vieilles fables antichrétiennes, des légendes apocryphes et des délires païens.

Il accuse la foi catholique d’avoir manipulé l’Histoire, après avoir détruit les documents concernant « un Christ véritable ».

En fait, son but ultime est la perte des chrétiens par la ruine de la religion catholique.


Contrefaçons historiques à l’assaut de la foi catholique

« Une grande partie de ce que l’Église nous a enseigné, affirme Dan Brown (Da Vinci code, Lattès, p. 294) – et nous enseigne encore – sur Jésus est tout simplement faux. ». Il entonne là un refrain ânonné depuis longtemps par les sectes, dont plus récemment les Témoins de Jéhovah, et par l’Islam. Il fallait décrédibiliser l’Église pour promouvoir une nouvelle version des faits. Les sources et le but de ce « roman historique » s’attaquent ainsi fondamentalement à la théologie du Verbe incarné, le Christ. Sa trame s’articule donc essentiellement autour d’une thèse sur Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il n’aurait été qu’un simple homme mortel (p. 291), certainement un grand prophète, mais en aucun cas Dieu. Il aurait marié Marie-Madeleine, son principal disciple, dont le sein, « le saint Graal », aurait porté Sarah, fruit de ce mariage. Et les rois de France descendraient de cette union.


Avant-propos, propos trompeurs

« Toutes les descriptions de monuments, d’œuvres d’art, de documents et de rituels secrets évoqués sont avérées » (p. 9). Dès l’avant- propos, le lecteur est abusé.

La « Cène de Vinci », vue avec les yeux de la méthode Coué selon Dan Brown, remplace saint Jean par sainte Marie-Madeleine. Or la tradition picturale représente toujours saint Jean ainsi, à la droite du Christ. S’il n’y a pas de calice, sur la toile devant le Christ, ce n’est pas parce que Marie-Madeleine est le saint Graal. Mais Vinci peint l’heure, avant l’institution de l’eucharistie, où le Christ dévoile la trahison de Juda.


Le Prieuré de Sion, « – une société secrète européenne fondée en 1099 – est une organisation réellement existante. En 1975, la Bibliothèque Nationale de Paris a découvert des parchemins connus sous le nom de Dossiers Secrets, identifiant plusieurs membres du prieuré de Sion, dont Sir Isaac Newton, Botticelli, Victor Hugo et Léonard de Vinci» (p. 9). Pourtant, il n’a jamais été qu’une association créée en 1956 par « Sa Majesté druidique », Pierre Plantard, escroc antisémite. Pour forger la légende, il commanda, en 1967, la confection de faux documents qu’il fit déposer à la Bibliothèque Nationale.

L’église S. Sulpice à Paris n’a aucun lien avec le « Prieuré de Sion », rien d’ésotérique, ni de païen. Fiction ou réalité, Dan Brown joue sur la crédulité. L’obélisque et la bande de laiton qui traverse l’église ne sont pas des traces secrètes, mais appartiennent à un instrument scientifique du 18ème siècle. Les lettres « P » et « S », au coeur d’un vitrail, ne sont pas les initiales d’un « Prieuré de Sion », mais celles des saints patrons de cette église : Pierre et Sulpice.

Le méridien de Paris, dont se sert Dan Brown dans ses théories, ne traverse pas le Louvre là où le Da Vinci code l’indique. Il ne passe pas non plus par l’église Saint Sulpice.

Les limites de l’érudition de M. Brown sont frappantes, spécialement lorsqu’elles ridiculisent le cœur de sa pseudo-démonstration du mariage de Jésus et de Marie-Madeleine. M. Durson, universitaire américain, relate que « dans le Da Vinci code, Teabing affirme que tout érudit de l’araméen nous dirait que compagne signifie épouse. En réalité, le document cité a été écrit en copte, pas en araméen, et le mot employé pour compagne est un emprunt du grec qui signifie probablement soeur spirituelle. Pour épouse, on aurait employé le mot grec gynè".

La vérité contre les mensonges

Le mariage entre le Christ et la Madeleine, imaginé par ce roman à prétention documentaire, est essentiellement issu d’une tendance moderne à érotiser toutes les relations humaines. La mentalité contemporaine ne supporte pas la chasteté chrétienne que seule la grâce de Dieu rend vraiment possible. Et elle ne cesse de lutter contre le célibat religieux. Les baisers (p. 276) sur la bouche, évoqués dans l’évangile apocryphe de Philippe étaient pratiqués dans les communautés gnostiques. Cette pratique n’aurait rien de sexuel. En effet, on retrouve ce geste avec Jacques dans la 2nde apocalypse de Jacques. Elle symboliserait la communication de l’esprit à l’initié. Mais le baiser était aussi un usage spirituel de l’antiquité chrétienne. Rien n’établit une quelconque relation intime entre le Christ et la Madeleine. La seule épouse connue du Christ est son Église, comme Yahvé pouvait être l’époux d’Israël avant la venue du Messie.

La femme, selon le Da Vinci code, serait méprisée et discriminée dans l’Église depuis le début. Dan Brown laisse entendre que le Christ aurait désigné la Madeleine comme tête de l’Église. Les apôtres auraient ensuite fomenté une conspiration machiste pour usurper la place de Marie-Madeleine.

Cette manœuvre justifierait une attitude supposée discriminatoire de l’Église contre la femme.

Or Marie, conçue sans péché et mère de Dieu, Marie-Madeleine, pécheresse repentante et bien d’autres
« In hoc signo Vinces » Par ce signe tu vaincras
saintes femmes, sont au coeur de la foi catholique. Il est vrai que les protestants ont exclu le mystère féminin dans leur religion.

L’Église fut la première société dans l’histoire de l’humanité à reconnaître, à enseigner et à rétablir l’égale dignité des sexes. La civilisation chrétienne a ensuite libéré la femme des mœurs païennes antiques.

Le Nouveau Testament n’est pour Brown qu’une contrefaçon de l’empereur Constantin. « La Bible, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a été collationnée par un païen, l’empereur Constantin le Grand » (p. 289), pour soutenir, à partir du 4ème siècle, la divinité de Jésus-Christ. Ainsi aurait-il « commandé et financé la rédaction d’un Nouveau Testament qui excluait tous les évangiles évoquant les aspects humains de Jésus » (p. 293).

Or les 27 livres qui le composent sont tous scientifiquement datés du 1er siècle (50-100). Dieu sait si la critique de leur authenticité fut âpre. Aucune autre religion n’est capable de présenter ses sources de manière aussi précise et certaine.

Le Canon de Muratori, daté de 170, donne une liste de ces textes. Elle a très probablement été arrêtée dès 130. En outre, chaque document et fragment du Nouveau Testament antérieur au 4ème s. détruit le château de cartes du Da Vinci code. Le Nouveau Testament fut divinement inspiré aux écrivains sacrés. Il relate les prédications du Christ et de ses apôtres. Il raconte la vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ et des premiers chrétiens. Il annonce surtout, avec la tradition de l’Église, le message évangélique. Son enseignement permet aux chrétiens de s’unir à Dieu en devenant meilleurs.

C’est une claire exposition de la véracité des natures humaine et divine du Christ. Ses « aspects humains», dont le Da Vinci code dit qu’ils sont occultés, apparaissent manifestement dans les évangiles. Ils rapportent son enfance et sa vie, son obéissance et sa colère, sa faim et sa soif, sa joie et sa tristesse, son amour et ses souffrances, sa passion et sa mort.

Ces « aspects » sont, en revanche, systématiquement gommés des écrits apocryphes gnostiques, dont se sert le Da Vinci code contre la foi catholique.

La lourdeur de ces apocryphes légendaires et leurs contradictions internes les rendent peu fiables. Ils s’emparent souvent de bribes du Nouveau Testament, preuve supplémentaire de leur rédaction tardive.

L’évangile de Philippe, cité plus haut, date de la moitié du 3ème siècle. Comme nombre de ces textes, il est issu de la gnose. Saint Irénée, saint Hyppolite et Tertullien, aux 2ème et 3ème siècles argumentèrent efficacement contre ces légendes.

La gnose est une nébuleuse, ses croyances sont très éclectiques. On peut la comparer au new age contemporain. Elle rejette généralement la nature humaine du Christ et prétend pouvoir initier à une connaissance secrète du vrai Dieu.

La divinité du Christ rejetée

Selon Brown, l’empereur Constantin aurait en 325, lors d’« un vote très serré », obtenu du Concile de Nicée la définition de la divinité du Christ (p. 291). Constantin n’a pas instrumentalisé ce concile, mais lui a permis de se tenir. Son soutien conforta l’autorité de l’Église et fit cesser la controverse arienne. Arius soutenait que Jésus-Christ était un dieu inférieur au Père.

Pour répondre aux hérésies, le concile formula plus précisément l’objet de la foi dans un Credo. Seuls 2 évêques sur environ 250 s’y opposèrent. Est-ce le résultat « d’un vote très serré »? Jésus-Christ, fils de Dieu est bien « engendré, non pas créé, de même nature que le Père » (Credo de Nicée).

L’Église, fondée par le Christ, professe depuis toujours la foi en un Dieu trinitaire : Père, Fils et Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes.

Seuls les chrétiens croient en Dieu fait homme pour racheter les péchés du monde. Le Christ a été crucifié pour avoir révélé sa divinité, les apôtres ont été martyrisés pour en avoir témoigné. De nombreux chrétiens ont fait de même.

Les évangiles (Io 8, 58; Mc 14, 61-62; Io 20,31; etc.) rapportent cette révélation de la bouche même du Christ et par les miracles. S. Paul (1 Cor. 8, 16 ; Col 1, 15-16) l’enseigne au milieu du 1er siècle.

En 112, Pline le jeune, gouverneur romain de Bithynie, écrit que les chrétiens interrogés « affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s’était bornée à avoir l’habitude de se réunir à jour fixe avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne pour honorer le Christ comme Dieu… » (L. 10, l. 96).

Bien avant le concile de Nicée, Ignace d’Antioche +117, Justin +165, Irénée +200, Clément d’Alexandrie +215, Tertullien +225, et bien d’autres Pères confessent très explicitement dans leurs écrits la divinité du Christ .

L’Église ne dissimule rien au sujet du Christ, bien au contraire. Elle s’attache à suivre le commandement du Seigneur : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mat. 28, 19-20). Toute son histoire prouve sa fidélité à répandre la connaissance de l’Évangile, pour faire rayonner l’amour du Christ sur la terre et rendre les hommes heureux et meilleurs.

Que penser de ces « premiers textes chrétiens » (p. 276), que l’Église aurait détruits ou dissimulés en faveur de la divinité de Jésus-Christ ?


Les manuscrits de la Mer Morte, découverts en 1947, ne donnent aucun renseignement sur la vie des chrétiens et leur religion. La bibliothèque gnostique de Nag Hammadi, découverte en 1945, est datée du 4ème siècle. Aucun secret n’y a été découvert. Les apocryphes en question dans le Da Vinci code (Évangile de Philippe et de Marie) sont tardifs et sans rapport réel avec un quelconque apôtre.


Négationnisme au service de la haine

Cette fable gnostique contemporaine n’a rien d’une innocente fiction. C’est une redoutable occasion de donner libre cours à la haine du Christ et de ses disciples. L’Église est soupçonnée d’être un groupement d’intérêts occultes, parasitaire, dissimulateur, conspirateur et donc dangereux. Nul besoin de niaises moqueries, de critiques fondées, d’arguments tangibles, on abandonne les chrétiens au murmure.

À la longue, cette suspicion emporte le jugement et encourage l’élimination de ce qui apparaît comme une sourde menace. Les pamphlets assassins de l’empire néronien n’ont-ils pas appelé trois siècles de persécutions sanglantes ?

Dans ce fatras gnostique, la religion chrétienne est tristement dépréciée en un ramassis de minables petits secrets.


-Abbé Marc Vernoy, fsspx

jeudi 10 novembre 2016

Bulle Exsurge Domine - condamnation des erreurs de Martin Luther

Bulle de Sa Sainteté le Pape Léon X du 15 juin 1520

Condamnation des erreurs de Martin Luther et de ses disciples


Leo Episcopus Servus Servorum Dei Ad perpetuam rei memoriam.


Levez-Vous, Seigneur, et jugez de votre propre cause. Rappelez-Vous vos reproches à ceux qui sont remplis de folie tout au long du jour. Écoutez nos prières car les renards ont surgi cherchant à détruire la vigne dont Vous seul avez foulé le pressoir. Lorsque Vous étiez sur le point de monter à Votre Père, Vous avez confié le soin, la règle et l'administration de la vigne, une image de l'Église Triomphante, à Pierre, en tant que la Tête et le Vicaire ainsi qu’à ses successeurs. Le sanglier de la forêt vise à la détruire et toutes les bêtes sauvages se nourrissent d'elle.

Levez-vous, Pierre, et remplissez cette charge pastorale qui Vous a été divinement confiée tel que mentionné ci-dessus.

Prêtez attention à la cause de la Sainte Église Romaine, Mère de toutes les églises et Maîtresse de la Foi, que vous avez consacrée par Votre Sang sur l'ordre de Dieu. Vous avez prévenu au sujet des enseignants fourbes contre l'Église Romaine qui seraient à la hausse introduisant des sectes ruineuses et attirant sur eux-mêmes un destin tragique rapide. Leurs langues sont de feu, d’un mal sans repos, pleines de venin mortel. Ils ont un zèle amer, de la discorde dans leur cœur, et se vantent et mentent contre la vérité.

Nous vous prions aussi, Paul, de vous lever. C’était vous qui avez éclairé et illuminé l'Église par votre doctrine et par un martyre comme celui de Pierre. Maintenant un nouveau Porphyre se lève qui, comme l'ancien qui avait déjà assailli les saints Apôtres, assaille maintenant les saints Pontifes, nos prédécesseurs.

Les menaçant, en violation de votre enseignement au lieu de les implorer, il n’a pas honte de les attaquer, de les déchirer et, quand il désespère de sa cause, il s’abaisse dans les insultes. Il est comme les hérétiques « dont la dernière défense », comme le disait Jérôme, « est de commencer à cracher du venin de serpent de leurs langues quand ils voient que leurs causes sont en passe d'être condamnées, et sautent aux insultes quand ils voient qu’ils sont vaincus ». Car, bien que vous ayez dit qu’il doit y avoir des hérésies pour tester les fidèles, elles doivent être par contre détruites à leur naissance par votre intercession et votre aide de sorte qu'elles ne se développent pas ou ne croissent pas solides comme vos loups. Enfin, toute l'Église des saints et le reste de l'Église universelle se lève. Certains, en mettant de côté sa véritable interprétation de l'Écriture Sainte, sont aveuglés en esprit par le père du mensonge. Sages à leurs propres yeux, selon l'ancienne pratique des hérétiques, ils interprètent ces mêmes Écritures autrement que le Saint Esprit le demande, inspirés seulement par leur propre sens de l'ambition et pour des raisons d’acclamation populaire, comme l'apôtre le déclare. En fait, ils tordent et dénaturent les Écritures. En conséquence, selon Jérôme, « Il n'y a plus l'Évangile du Christ, mais celui d’un homme ou, ce qui est pire, du diable ».

Que toute cette sainte Église de Dieu, je le dis, se lève, et avec les bienheureux Apôtres intercède auprès de Dieu Tout-Puissant pour purger les erreurs de Ses brebis, pour bannir toutes les hérésies des terres des fidèles et pour qu’Il daigne maintenir la paix et l'unité de Sa sainte Église.

Car nous ne pouvons guère exprimer, dans notre détresse et notre douleur de l'esprit, ce qui atteint nos oreilles depuis un certain temps selon le rapport d’hommes fiables et la rumeur générale ; hélas, nous avons nous-mêmes vu de nos yeux et lu les nombreuses et diverses erreurs. Certaines d'entre elles ont déjà été condamnées par des Conciles et des Constitutions de nos prédécesseurs, et contiennent même expressément l'hérésie des Grecs et des Bohémiens. D'autres erreurs sont soit hérétiques, fausses, scandaleuses soit offensantes à des oreilles pieuses, comme séduisantes aux simples d’esprit, émanant de faux représentants de la foi qui, dans leur fière curiosité, aspirent à la gloire du monde et, contrairement à l'enseignement de l'Apôtre, veulent être plus sages qu’ils ne devraient l'être.

Leur bavardage, non appuyé par l'autorité des Écritures, comme le dit Jérôme, ne gagnerait pas de crédibilité à moins qu'ils ne semblent soutenir leur doctrine perverse avec des témoignages divins cependant si mal interprétés. À leurs yeux, la crainte de Dieu est maintenant passée.

Ces erreurs ont, à la suggestion de la race humaine, été relancées et récemment propagées parmi la plus frivole et illustre nation allemande. Nous pleurons davantage que ce soit arrivé là parce que nous et nos prédécesseurs avons toujours tenu cette nation au sein de notre affection. Car, après que l'empire eût été transféré par l'Église Romaine des Grecs à ces mêmes Allemands, nos prédécesseurs et nous avons toujours pris les porte-parole de l'Église et ses défenseurs parmi eux. En effet, il est certain que ces Allemands, ayant vraiment rapport avec la foi Catholique, ont toujours été les adversaires les plus acharnés des hérésies, comme en témoignent ces constitutions louables des empereurs allemands en faveur de l'indépendance et la liberté de l'Église, et de l'expulsion et l'extermination de tous les hérétiques d'Allemagne. Ces constitutions précédemment édictées, puis confirmées par nos prédécesseurs, ont été émises avec les plus grandes pénalités allant même à la perte de terres et de possessions contre toute personne les abritant ou ne les expulsant pas. Si elles avaient été observées aujourd'hui, nous et eux serions évidemment libres de ces troubles.

Témoin à cela est la condamnation et la punition par le Concile de Constance de l'infidélité des Hussites et des Wyclifites ainsi que de Jérôme de Prague. Témoin à cela est le sang des Allemands versé si souvent dans les guerres contre les Bohémiens. Un exemple ultime est la réfutation, le rejet et la condamnation — pas moins apprises que vraies et saintes — des erreurs ci-dessus, ou beaucoup d'entre elles, par les universités de Cologne et de Louvain, des cultivateurs des plus dévoués et religieux du champ du Seigneur. Nous pourrions invoquer beaucoup d'autres faits aussi, mais nous avons décidés de les omettre de peur d'avoir l'air de composer une histoire.

En vertu de notre fonction pastorale qui nous a été confiée par faveur divine, nous ne pouvons en aucune circonstance tolérer ou ignorer plus longtemps le poison pernicieux des erreurs ci-dessous sans disgrâce à la religion Chrétienne et sans blessure à la foi Orthodoxe. Nous avons décidé d'inclure certaines de ces erreurs dans le présent document ; leur substance est la suivante :

  1. C’est une opinion hérétique mais commune que les Sacrements de la Nouvelle Loi donnent une grâce de pardon à ceux qui ne créent pas d’obstacle.
  2. Nier que, chez un enfant après son baptême, le péché demeure, c’est de traiter avec mépris à la fois Paul et le Christ.
  3. Les sources inflammables du péché, même s'il n'y a pas eu de péché actuel, retardent le départ de l’âme du corps pour son entrée au ciel.
  4. Pour quelqu’un sur le point de mourir, une charité imparfaite entraîne nécessairement une grande crainte qui, à elle seule, est suffisante pour produire la peine du purgatoire et empêcher l'entrée dans le royaume.
  5. Qu’il y ait trois parties à la pénitence, à savoir : la contrition, la confession et la satisfaction ; il n’y a pas de fondement à cela dans la Sainte Écriture ni chez les Anciens Docteurs Chrétiens sacrés.
  6. La contrition, qui est acquise par la discussion, la collecte et la détestation des péchés, par laquelle on réfléchit sur ses années dans l'amertume de son âme, en méditant sur la gravité des péchés, leur nombre, leur bassesse, la perte de la béatitude éternelle et l'acquisition de la damnation éternelle, cette contrition fait de lui un hypocrite et, en effet, un grand plus pécheur.
  7. C’est un proverbe des plus véridiques et la doctrine sur les contritions la plus remarquable jusqu'à présent : « Ne plus le faire à l'avenir est la pénitence la plus élevée ; c’est la meilleure pénitence, c’est une nouvelle vie ».
  8. En aucun cas, vous ne pouvez présumer confesser les péchés véniels, ni même tous les péchés mortels, parce qu'il est impossible que vous connaissiez tous les péchés mortels. Ainsi, dans l'Église primitive, seuls les péchés mortels manifestes étaient confessés.
  9. Tant que nous souhaitons confesser tous les péchés sans exception, nous ne faisons rien d'autre que souhaiter ne laisser rien à la Miséricorde de Dieu à pardonner.
  10. Les péchés ne sont pardonnés que si celui qui se confesse croit qu'ils sont pardonnés lorsque le prêtre les pardonne ; au contraire, le péché demeure à moins que celui qui se confesse ne croit qu’il a été pardonné ; car, en effet, la rémission des péchés et l'octroi de la grâce ne suffisent pas, mais il est nécessaire de croire aussi qu’il y a eu pardon.
  11. En aucun cas, pouvez-vous être rassuré d'être absous à cause de votre contrition, mais à cause de la Parole du Christ : « Tout ce que vous délierez, etc. ». Par conséquent, je dis, ayez confiance que vous avez obtenu l'absolution du prêtre et croyez fermement que vous avez été absous et vous serez vraiment absous quoiqu’il en soit de la contrition.
  12. Si, par une impossibilité, celui qui s’est confessé n’était pas contrit ou que le prêtre n’a pas donné l’absolution sérieusement, mais d'une manière joviale, si pourtant il estime qu’il a été absous, il a été vraiment absous.
  13. Dans le sacrement de la pénitence et la rémission des péchés, le Pape ou l'Évêque n’en fait pas davantage que le prêtre le plus humble ; en effet, lorsqu'il n'y a pas de prêtre, tout Chrétien, même une femme ou un enfant, peut également en faire autant.
  14. Nul ne doit répondre à un prêtre s’il est contrit, ni le prêtre s’en renseigner.
  15. Grande est l'erreur de ceux qui approchent le Sacrement de l'Eucharistie en comptant sur le fait qu'ils se sont confessés, qu'ils ne sont conscients d'aucun péché mortel en eux, qu'ils ont prié à l’avance et qu’ils ont fait des préparations ; tous ceux-là mangent et boivent le jugement pour eux-mêmes. Mais s’ils croient et ont confiance qu'ils obtiendront la grâce, alors cette foi seule les rendra purs et dignes.
  16. Il semble avoir été décidé que l'Église en Concile commun ait établi que les laïcs devraient communier sous les deux espèces ; les Bohémiens qui communient sous les deux espèces ne sont pas hérétiques mais schismatiques.
  17. Les trésors de l'Église à partir desquels le Pape accorde des indulgences ne sont pas les mérites du Christ ni des saints.
  18. Les indulgences sont des pieuses fraudes des fidèles et des rémissions de bonnes œuvres ; et elles sont parmi le nombre de ces choses qui sont autorisées et non du nombre de celles qui sont avantageuses.
  19. Les indulgences ne sont d'aucune utilité pour ceux qui en gagnent vraiment pour la rémission de la peine due au péché actuel commis à la vue de la justice divine.
  20. Ils sont séduits ceux qui croient que les indulgences sont salutaires et utiles pour le fruit de l'esprit.
  21. Les indulgences ne sont nécessaires que pour les crimes publics et ne sont à juste titre concédées qu’aux rudes et aux impatients.
  22. Pour six types d'hommes, les indulgences ne sont ni utiles ni nécessaires ; à savoir, pour les morts et ceux qui vont mourir, les infirmes, ceux qui sont légitimement entravés, ceux qui n’ont pas commis de crimes, ceux qui ont commis des crimes, mais pas publics, et ceux qui se consacrent à des choses meilleures.
  23. Les excommunications ne sont que des sanctions externes et elles ne privent pas l'homme des prières spirituelles communes de l'Église.
  24. Les Chrétiens doivent apprendre à chérir les excommunications plutôt que de les craindre.
  25. Le Pontife Romain, successeur de Pierre, n’est pas le Vicaire du Christ sur toutes les églises de l'ensemble du monde, institué par le Christ Lui-même dans le Bienheureux Pierre.
  26. La Parole du Christ à Pierre : « Tout ce que vous délierez sur la terre… etc. » couvraient uniquement les choses liées par Pierre lui-même.
  27. Il est certain que ce n’est pas du pouvoir de l'Église ou du Pape de décider des articles de foi et encore moins sur les lois de la morale ou des bonnes œuvres.
  28. Si le Pape avec une grande partie de l'Église pensaient ceci ou cela, il ne se tromperait pas ; et encore, ce n’est pas un péché ou une hérésie de penser le contraire, en particulier sur toute question non nécessaire pour le salut, jusqu'à ce qu’une alternative soit condamnée et qu’une autre soit approuvée par un Concile général.
  29. Une façon a été conçue pour que nous puissions affaiblir l'autorité des Conciles, pour contredire librement leurs actions, pour en juger les décrets et déclarer hardiment tout ce qui semble vrai, que ce fut approuvé ou désapprouvé par tout Concile que ce soit.
  30. Certains articles de Jean Hus, condamnés au Concile de Constance, sont des plus Chrétiens, entièrement vrais et évangéliques ; ceux-là, l'Église universelle ne pouvait pas les condamner.
  31. En toute bonne œuvre, l’homme pèche.
  32. Un bon travail très bien fait est un péché véniel.
  33. Que les hérétiques soient brûlés, c’est contre la volonté de l'Esprit.
  34. Aller à la guerre contre les Turcs, c’est résister à Dieu qui punit nos iniquités à travers eux.
  35. Personne n’est certain qu’il ne pèche pas toujours mortellement, en raison du vice le plus caché de l’orgueil.
  36. Après le péché, le libre arbitre est une question de titre seulement ; et aussi longtemps que quelqu’un fait ce qui est en lui, il pèche mortellement.
  37. Le purgatoire ne peut pas être prouvé par l'Écriture Sainte qui est dans le canon.
  38. Les âmes du purgatoire ne sont pas sûres de leur salut, du moins pas toutes ; et il n’a été prouvé ni par des arguments ni par les Écritures qu'elles ne sont plus capables de mériter davantage ou de croître en charité.
  39. Les âmes du purgatoire pèchent sans arrêt aussi longtemps qu'ils cherchent le repos et abhorrent la peine.
  40. Les âmes libérées du purgatoire par les suffrages des vivants sont moins heureuses que si elles avaient fait satisfaction par elles-mêmes.
  41. Les prélats ecclésiastiques et les princes séculiers n’agiraient pas mal s'ils détruisaient tous les sacs d'argent de la mendicité.

Personne qui est sain d'esprit n’ignore comment ces diverses erreurs sont destructrices, pernicieuses, scandaleuses et séduisantes aux esprits pieux et simples, comment elles sont toutes opposées à la charité et au respect envers la sainte Église Romaine qui est la Mère de tous les fidèles et Enseignante de la foi ; comment ces diverses erreurs sont destructrices de la vigueur de la discipline ecclésiastique, c'est-à-dire l'obéissance. Cette vertu est la source et l'origine de toutes les vertus et, sans elle, tout le monde est facilement reconnu coupable d'être infidèle.


C'est pourquoi, dans l'énumération ci-dessus, importante comme elle est, nous désirons procéder avec le plus grand soin comme il se doit, et couper l'avance de cette peste et de cette maladie cancéreuse de sorte qu'elle ne se propage pas plus loin dans le champ du Seigneur comme des buissons d’épines nuisibles. Nous avons donc mené une enquête minutieuse, un examen approfondi et rigoureux, une discussion et une mûre délibération avec chacun des frères, des Cardinaux éminents de la sainte Église Romaine ainsi qu’avec les Prieurs et les Ministres généraux des Ordres religieux, outre de nombreux autres professeurs et maîtres versés en théologie sacrée et en droit civil et canonique. Nous avons trouvé que ces erreurs ou thèses, telles que mentionnées ci-dessus, ne sont pas Catholiques et ne doivent pas être enseignées comme telles ; mais elles sont contraires à la Doctrine et à la Tradition de l'Église Catholique, et contraires à la véritable interprétation des Écritures sacrées reçues de l'Église. Maintenant, Augustin a maintenu que son autorité [de l’Église] devait être acceptée si complètement qu’il a dit qu’il n'aurait pas cru à l'Évangile à moins que l'autorité de l'Église Catholique ne se fût portée garante pour lui. Car, selon ces erreurs, ou l'une ou plusieurs d'entre elles, il ressort clairement que l'Église qui est guidée par le Saint-Esprit serait en erreur et aurait toujours été dans l’erreur. C'est contraire à ce que le Christ a promis à ses disciples lors de Son Ascension (comme on lit dans le saint Évangile de Matthieu) : « Je serai avec vous jusqu'à la fin du monde » ; c’est contraire aux décisions des Saints Pères ou aux ordonnances formelles et canons des Conciles et des Souverains Pontifes. Le non-respect de ces canons, d’après le témoignage de Cyprien, sera le carburant et la cause de toute hérésie et de tout schisme.

Avec l'avis et le consentement de nos vénérables frères, avec une mûre délibération sur chacune des thèses ci-dessus, et par l'autorité du Dieu Tout-Puissant, des bienheureux Apôtres Pierre et Paul et de notre propre autorité, nous condamnons, réprouvons et rejetons complètement chacune de ces thèses ou erreurs comme hérétiques, scandaleuses, fausses, offensantes aux oreilles pieuses ou séduisantes aux simples d’esprit, et contraires à la vérité Catholique. En les énumérant, nous décrétons et déclarons que tous les fidèles des deux sexes doivent les considérer comme condamnées, réprouvées et rejetées... Nous tenons tous les fidèles à la vertu de la sainte obéissance sous peine d'une excommunication majeure automatique...

En outre, parce que les erreurs précédentes et beaucoup d'autres sont contenues dans les livres ou les écrits de Martin Luther, nous condamnons, réprouvons et rejetons de même complètement les livres ainsi que tous les écrits et sermons du dit Martin, que ce soit en latin ou en toute autre langue, contenant lesdites erreurs ou l'une quelconque d'entre elles ; et nous souhaitons qu'ils soient considérés comme tout à fait condamnés, réprouvés et rejetés. Nous interdisons tous et chacun des fidèles des deux sexes, en vertu de la sainte obéissance et sous les peines ci-dessus qui seraient encourues automatiquement, de les lire, de les faire valoir, de les prêcher, de les louanger, de les imprimer, de les publier ou de les défendre. Ils subiront ces pénalités s'ils présument les respecter en quelque manière que ce soit, personnellement ou par d'autres personnes, directement ou indirectement, explicitement ou tacitement, en public ou en privé, dans leurs propres maisons ou dans d'autres lieux publics ou privés.

En effet, immédiatement après la publication de cette lettre, ces œuvres, où qu'elles soient, seront recherchées avec soin par les ordinaires et d'autres [ecclésiastiques et réguliers] et seront brûlées publiquement et solennellement en présence des clercs et du peuple, sous peine de chacune des peines ci-dessus.

Pour autant que Martin lui-même est concerné, Ô Bon Dieu, qu'avons-nous oublié ou pas fait ? Qu'avons-nous omis comme charité paternelle pour que nous puissions le rappeler de telles erreurs ? Car, après l’avoir cité, voulant traiter plus gentiment avec lui, nous l’avons prié instamment à travers diverses conférences avec notre légat et à travers nos lettres personnelles d'abandonner ces erreurs. Nous lui avons même offert un sauf-conduit et de l'argent pour le voyage nécessaire, lui demandant de venir sans crainte ni réticence, qu’une parfaite charité chasserait, pour parler non pas en secret, mais ouvertement et en face à face à l'exemple de notre Sauveur et de l’Apôtre Paul. S’il avait fait cela, nous sommes certains que son cœur aurait été changé et qu’il aurait reconnu ses erreurs. Il n’aurait pas trouvé toutes ces erreurs à la Curie Romaine qu’il attaque si sauvagement, lui attribuant plus qu’il ne devrait à cause des rumeurs vides d'hommes méchants. Nous lui aurions montré plus clairement que la lumière du jour que les Pontifes Romains, nos prédécesseurs, qu’il attaque de manière injurieuse au-delà de toute décence, n’ont jamais erré dans leurs canons ou Constitutions qu’il essaie d’assaillir. Car, selon le prophète, ni l’huile de guérison ni le médecin ne manquent en Galaad.

Mais il a toujours refusé d'écouter et, méprisant la citation précédente et chacun des ouvertures ci-dessus, il a dédaigné de venir. Jusqu'à ce jour il est rebelle. Avec un esprit endurci, il a continué sous censure pendant plus d'un an.

Ce qui est pire, en ajoutant le mal au mal et apprenant la citation, il éclata dans un appel irréfléchi à un futur Concile. C’était bien sûr contraire à la Constitution de Pie II et Jules II, nos prédécesseurs, à savoir que tout appel de cette manière doit être puni par des peines d'hérétiques. En vain, implore-t-il l'aide d'un Concile puisqu’il admet ouvertement qu’il ne croit pas à un Concile.

Nous pouvons donc, sans autre citation ou retard, procéder contre lui à sa condamnation et à sa damnation comme celui dont la foi est notoirement suspecte et qui est en fait un véritable hérétique avec la pleine gravité de chaque pénalité et censure ci-dessus.

Pourtant, avec les conseils de nos frères, en imitant la Miséricorde de Dieu tout-puissant qui ne souhaite pas
la mort du pécheur, mais plutôt qu’il se convertisse et qu'il vive, en oubliant toutes les blessures infligées à nous et au Siège Apostolique, nous avons décidé d'utiliser toute la compassion dont nous sommes capables. Il est de notre espoir, autant que nous en sommes, qu’il expérimentera un changement de cœur en prenant la route de la douceur que nous avons proposée, qu’il reviendra et qu’il se détournera de ses erreurs. Nous allons le recevoir gentiment comme le fils prodigue de retour dans le giron de l'Église.

Que Martin lui-même et tous ceux qui adhèrent à lui, à ceux qui l’abritent et le soutiennent, par le Cœur Miséricordieux de notre Dieu et par l’Aspersion du Sang de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui et par qui la rédemption du genre humain et l’édification de l'Église, notre Sainte Mère, a été accomplie, sachent que nous l’exhortons et le supplions de tout notre cœur de cesser de troubler la paix, l'unité et la vérité de l'Église pour lesquelles le Sauveur a prié si ardemment le Père. Qu'il s’abstienne de ses erreurs pernicieuses afin qu’il puisse nous revenir. S’ils obéissent vraiment et qu’ils nous certifient par des documents juridiques qu'ils ont obéi, ils trouveront en nous l'affection de l'amour d'un père, l'ouverture de la source des effets de la charité paternelle, et l'ouverture de la source de la miséricorde et de la clémence.

Nous enjoignons Martin, cependant, en attendant, de cesser toute prédication ou fonction de prédicateur.


Donné à Rome, à Saint-Pierre, l'an de l'Incarnation du Seigneur 1520, de notre pontificat le huitième.

Léon X, Pape.

mercredi 9 novembre 2016

Le royaume d'Autriche-Hongrie à l'Immaculée Conception

Cette nouvelle du 19 juin 1904 nous est livré par La Semaine religieuse de Paris. Souvenir d'une époque où l'on se plaçait sous la protection du Ciel pour sa défense, au lieu de pester constamment vers le Ciel pour être châtier. Que le Seigneur nous envoie de pareils chefs d'Etats!

Le 19 juin de la présente année restera une date mémorable dans les annales de la maison de Habsbourg. En
Mariensaeule à Vienne
ce jour, au milieu des membres de la famille impériale, de toute la cour, des ministres et d'une foule immense, le vieil empereur François-Joseph a renouvelé la consécration de l'Autriche à Marie Immaculée.

C'est le 18 mai 1647 que cette consécration eut lieu pour la première fois, par la bouche de Ferdinand III, et cela en reconnaissance de l'éloignement des dangers courus par l'Autriche pendant la guerre de Trente ans. En 1645, les hordes suédoises du maréchal Tortenson menaçaient la ville de Vienne. Déjà elles s'étaient avancées jusqu'à Krems, et c'en était fait de la catholique Autriche, si rien ne venait entraver leur marche victorieuse. C'est alors que l'empereur fit le vœu solennel de mettre son archiduché sous la protection spéciale de Marie Immaculée, d'ériger une colonne commémorative de ce vœu sur la place de la résidence et de fixer le 8 décembre comme jour destiné à honorer perpétuellement l'Immaculée-Conception dans le pays dont il était le souverain.

Cette colonne, qui était en marbre, fut remplacée en 1667, sur l'ordre de l'empereur Léopold Ier, par une colonne de bronze, et donnée par le même empereur au compte Hamilton qui la fit ériger sur la place de Wernstein, en face de son château de Neuenbourg. Le 21 février 1855, pour marquer la joie que l'Autriche prenait à la définition du dogme de l'Immaculée-Conception, l'empereur se rendit processionnellement avec son épouse et les membres de sa famille à la Mariensaeule, ainsi qu'on appelle à Vienne la colonne de Léopold.

Voici les paroles de la consécration qui a été prononcée dans cette cérémonie du 19 juin:

« Très sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, Nous, ton peuple, nous souvenant de la consécration par laquelle l'empereur Ferdinand III, ici, dans cette église, près de la colonne de ton Immaculée-Conception, t'a choisi, en son nom et au nom de ses successeurs, pour être la protectrice particulière du glorieux archiduché d'Autriche, et a fait voeu de célébrer solennellement une fête en ton honneur, nous renouvelons aujourd'hui, à la face du ciel, en présence de la patrie tout entière et de la ville de Vienne, cette consécration et ce don à ton Coeur maternel immaculé. Prends sous ta protection toute-puissante notre empereur François-Joseph, tous les peuples qui lui sont confiés, cette ville en particulier et nos familles. Sois et demeure le rempart de notre sainte foi catholique; sois la Protectrice de l'innocence, le Refuge des pécheurs, le Salut des malades. Nous te recommandons notre vie tout entière, nos travaux, nos peines, mais tout spécialement l'heure de notre mort. Daignez agréer cette consécration, nous faire rendre digne d'elle et nous montrer, à notre heure dernière, Jésus le fruit béni de vos entrailles. »

mardi 8 novembre 2016

L'observation du dimanche

L'extrait suivant est tiré de l'ex-journal catholique La Croix, disponible dans La Semaine religieuse de Québec, volume XVI 1903-1904.

Un des pièges tendus aux catholiques consiste à les attirer loin de l'église, le dimanche, pour les soustraire à Jésus-Christ, à la famille et à eux-mêmes.

À l'appui de cette affirmation, nous donnes l'instruction communiquée, il y a quarante ans, par le grand conseil de la franc-maçonnerie à toutes les Loges du monde:

« Pour éloigner peu à peu et sûrement les catholiques de la fréquentation des églises, vous aurez soin d'inventer des fêtes, de créer des occasions de plaisir que vous fixerez toujours au dimanche.

Au dimanche également les ventes, foires, concours, qui arracheront les peuples aux foyers de la superstition (c'est-à-dire aux temples du vrai Dieu).

Nous ne pouvons supprimer le jour du repos; déplaçons-le. Au lieu du dimanche, prenons le lundi. Succédant aux juifs, les chrétiens ont substitué au sabbat de leurs prédécesseurs le jour qui le suit, c'est-à-dire le dimanche. Nous, à notre tour, succédant aux chrétiens, nous remplacerons le dimanche par le lundi. Mais, en attendant, laïcisons le dimanche, en l'enlevant à la religion pour le donner à la paresse, au plaisir, à la débauche. »

Voilà bien actuellement le but de la franc-maçonnerie: « laïciser le dimanche », comme elle le dit en son jargon hypocrite. Elle connaît l'influence salutaire des assemblées ecclésiastiques. Elle sait qu'éloigner les hommes de l'église, c'est les éloigner de Dieu, et que la ruine du dimanche entraîne fatalement la ruine de la religion.

(La Croix, 17-18 juillet 1904).


À la lecture de ces lignes, il est impossible ne pas constater que ce plan diabolique semble avoir porté fruit. En effet, regardez les stationnements de centre d'achats le dimanche et vous verrez où vont les gens lors de l'obligation dominicale. Hélas, la faute tombe en grande partie sur ces chiens muets - prêtres modernistes - qui font la messe le samedi soir afin d'éviter aux gens de se déplacer le dimanche! 

Chrétiens fidèles, rassemblez-vous le dimanche pour l'assistance à la sainte messe. Pour connaître l'endroit de la messe la plus près de chez vous, cliquer sur ce lien.

lundi 7 novembre 2016

Les loges maçonniques de la province de Québec



Une carte interactive des loges maçonniques de la province de Québec tirée des profondeurs du cyberespace.

Comme l'indique la légende, les symboles en blanc représentent les loges d'obédiences diverses tandis que les symboles de couleur indiquent les loges affiliées à la Grande Loge du Québec.

Bonne exploration!


vendredi 4 novembre 2016

Plan maçonnique pour la destruction de la sainte messe en 33 points

Consignes du grand Maître de la Franc-maçonnerie aux évêques catholiques maçons; en vigueur depuis 1962; mises à jour en octobre 1993 comme plan progressif vers le stade final. Tous les confrères maçons devront rendre compte des progrès de ces dispositions décisives. Tous les maçons actifs dans l'Eglise doivent les accueillir et les réaliser.

1 – Enlever une fois pour toutes Saint Michel, protecteur de l’Église Catholique, de toutes les prières à l’intérieur et à l’extérieur de la Sainte Messe. Enlever les statues en affirmant qu’elles détournent de l’adoration du Christ.
2 – Enlever les exercices pénitentiels du carême comme : l’abstinence de viande le vendredi et aussi le jeûne; empêcher tout acte d’abnégation. A leur place doivent être favorisés les actes de joie, de bonheur et d’amour du prochain. Dites :  « Le Christ a déjà mérité pour nous le Paradis. » Dites à tous qu’ils doivent se préoccuper sérieusement de leur santé. Encouragez la consommation de viande, surtout de porc.
3 – Chargez les pasteurs protestants de réexaminer la Sainte Messe et de la désacraliser. Semez les doutes sur la Présence Réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie et confirmez que l’Eucharistie – en meilleure union de pensée avec les protestants – est seulement pain et vin et entendu comme symbole.
Disséminez les protestants dans les séminaires et les écoles. Encouragez l'œcuménisme comme voie vers l’unité. Accusez celui qui croit en la Présence Réelle comme subversif et désobéissant à l’Église.
4 – Interdisez la liturgie latine de la Sainte Messe, adoration et chants, car ils communiquent un sentiment de mystère et de déférence. Présentez les comme enchantements de devins. Ainsi les hommes cesseront de considérer les prêtres comme des personnes d’intelligence supérieure et de les respecter comme porteurs des mystères divins.
5 – Encouragez les femmes à ne pas se couvrir avec le voile à l’Église. Les cheveux sont sexy. Prenez les femmes comme lectrices et faites les revendiquer le droit à la prêtrise. Présentez la chose comme une idée démocratique. Fondez un mouvement de libération de la femme. 
Qui entre dans l’Église doit porter des habits négligés pour s’y sentir comme à la maison. Cela affaiblira l’importance de la Messe.
6 – Découragez les fidèles de prendre la Sainte Communion à genoux. Dites aux Soeurs de faire perdre l’habitude de tenir les mains jointes aux enfants, avant et après la communion. Dites-leur que Dieu les aime tels qu’ils sont et qu’il désire qu’ils se sentent tout à fait à l’aise. Éliminez dans l’Église l’habitude d’être à genoux et toute génuflexion. Enlevez les agenouilloirs et les prie-Dieu. Dites aux personnes que durant la Messe elles doivent attester de leur Foi debout.
7 – Éliminez la musique sacrée de l’orgue; introduisez guitares, cithare, tambourin, piétinement et rires dans les églises. Cela détachera les gens de la prière personnelle et des conversations avec Jésus. Exécutez autour de l’autel des danses liturgiques en vêtements excitants, des théâtres et des concerts.
8 – Enlevez le caractère Sacré des chants à la Mère de Dieu et à saint Joseph. Présentez leur vénération comme idolâtrie. Rendez ridicule ceux qui persistent. Introduisez des chants protestants. Cela donnera l’impression que l’Église Catholique admet finalement que le Protestantisme est la vraie religion ou du moins qu’elle est égale à celle de l’Église Catholique.
9 – Éliminez tous les hymnes, ainsi que ceux à Jésus, car ils font penser au bonheur et à la sérénité qui proviennent de la vie de mortification et de pénitence pour Dieu, dès l’enfance. Introduisez les chants nouveaux, seulement pour convaincre que les rites précédents étaient en quelque sorte faux. Assurez-vous que dans chaque Messe il y ait au moins un chant dans lequel le Nom de Jésus n’est pas mentionné et qu’au contraire il ne parle que d’amour, de tolérance et d’unité. Ne mentionnez pas Jésus, faites interdire toute annonce de l’Eucharistie.
10 – Enlevez toutes les reliques des Saints des Autels et, dans la foulée, enlevez même les Autels. Remplacez-les par des tables païennes, privées de consécrations, qui peuvent être utilisées pour offrir des sacrifices humains au cours de messes sataniques. Éliminez la Loi ecclésiastique qui veut la célébration de la Sainte Messe seulement sur des Autels contenant des reliques de Saints.
11 – Interrompez la pratique de célébrer la Sainte Messe en présence du Saint Sacrement dans le tabernacle. N’admettez aucun Tabernacle sur les Autels utilisés pour la célébration de la Sainte Messe. La table doit avoir l’aspect d’une table de cuisine. Elle doit être transportable pour exprimer qu’elle n’est pas sacrée, mais doit servir à une double fonction comme par exemple, table de conférence ou pour jouer aux cartes. Plus tard, tâchez de joindre au moins une chaise à cette table. Le prêtre devra y prendre place pour indiquer qu’après la communion il se repose comme après un repas. Le prêtre ne doit jamais se mettre à genoux durant la Messe, ni faire la génuflexion. Au repas, en fait, on ne s’agenouille pas. La chaise du prêtre doit être mise à la place du Tabernacle. Encouragez les gens à vénérer et même à adorer le prêtre plutôt que l’Eucharistie, à obéir à lui plutôt qu’à l’Eucharistie (comprendre ici ne plus adorer Jésus dans sa présence réelle). Dites aux gens que le prêtre est leur Christ, leur chef. Placez le Tabernacle dans un local différent, hors de la vue.
12 – Faites disparaître les Saints des calendriers ecclésiastiques, toujours quelques-uns aux temps déterminés. Interdisez aux prêtres de prêcher sur les Saints, sauf de ceux qui sont dans l’Évangile. Dites au peuple que d’éventuels Protestants dont la présence dans les églises catholiques est souhaitable, pourraient s’en scandaliser. Évitez tout ce qui perturbe les Protestants.
13 – Dans la lecture de l’Évangile, omettez l’adjectif  « Saint » , par exemple au lieu de dire Évangile selon Saint Jean dites Évangile de JeanCela fera penser aux gens de ne plus devoir les vénérer. Écrivez continuellement de nouvelles bibles jusqu’à ce qu’elles soient identiques à celles des Protestants. Omettez l’adjectif  Saint  dans l’expression Esprit Saint.  Cela ouvrira la route. Mettez en évidence la nature féminine de Dieu comme d’une mère pleine de tendresse. Éliminez l’usage de Père.
14 – Faites disparaître tous les livres personnels de piété et détruisez-les. En conséquence cesseront aussi les litanies du Sacré Cœur, de la Mère de Dieu, de Saint Joseph et aussi la préparation à la Sainte Communion. Ainsi deviendra aussi superflu le remerciement après la communion.
15 – Faites disparaître aussi toutes les statues et les images des anges. Pourquoi les statues de nos ennemis devraient-elles rester à nos pieds ? Dites que les anges sont des mythes et des petites histoires pour endormir les enfants. Ne pas permettre les discours sur les anges car cela heurterait nos amis protestants.
16 – Abrogez l’exorcisme mineur pour expulser les démons; engagez-vous à cela, annoncez que les diables n’existent pas. Expliquez que c’est la manière adoptée par la Bible pour désigner le mal et que sans un méchant, il n’a pas d’histoire intéressante. Ainsi les gens ne croiront pas à l’existence de l’enfer ni ne craindront plus de pouvoir y tomber.
Répétez que l’enfer n’est rien d’autre que l’éloignement de Dieu et qu’il n’y a rien de terrible en cela puisqu’il s’agit de la même vie qu’ici sur terre.
17 – Enseignez que Jésus était seulement un homme qui avait des frères et des soeurs et qui avait haï les détenteurs du pouvoir. Expliquez qu’il aimait la compagnie des prostituées, spécialement Marie-Madeleine; qu’il n’avait rien à faire de s’occuper d’églises ou de synagogues. Dites qu’il avait conseillé de ne pas obéir aux chefs du clergé; expliquez qu’il était un grand maître mais qu’il avait dévié du bon chemin quand il nia l’obéissance aux chefs de l’Église.
Découragez le discours sur la croix comme victoire, au contraire présentez-la comme faillite.
18 – Souvenez-vous que vous pouvez induire les sœurs vers la trahison de leur vocation si vous les prenez par la vanité, leur charme et leur beauté. Faites leur changer l’habit ecclésiastique et cela les portera tout naturellement à rejeter leur rosaire. Révélez au monde que dans leurs couvents il y a des dissensions. Cela desséchera leur vocation. Dites aux sœurs qu’elles ne seront plus acceptées si elles n’enlèvent pas l’habit. Favorisez le discrédit de l’habit ecclésiastique aussi parmi le peuple.
19 – Brûlez tous les catéchismes. Dites aux enseignants de religion d’enseigner à aimer les créatures de Dieu plutôt que Dieu lui-même. Le fait d’aimer ouvertement est témoignage de maturité. Faites que le terme  » sexe  » devienne une parole d’usage quotidienne dans vos classes de religion. Introduisez des images de sexe dans les leçons religieuses pour enseigner aux enfants la réalité. Assurez-vous que les images soient claires.
Encouragez les écoles à devenir des penseurs progressistes en matière d’éducation sexuelle. Introduisez l’évolution sexuelle par l’intermédiaire de l’autorité des évêques, aussi les parents n’auront plus rien contre.
20 – Étouffez les écoles catholiques en empêchant les vocations de sœurs. Révélez aux sœurs qu’elles sont des assistantes sociales sous-payées et que l’Église est en train de les éliminer. Insistez sur le fait que l’enseignant laïc catholique reçoit le même salaire que celui des écoles laïques. Employez des enseignants non catholiques. Les prêtres doivent recevoir le même salaire que les emplois équivalents dans le monde.
Tous les prêtres doivent déposer leur veste religieuse et leur croix de manière à pouvoir être acceptés par tous. Rendez ridicules ceux qui ne s’alignent pas.
21 – Anéantissez le Pape, détruisant ses universités. Désunissez les universités du pape, disant que de cette façon le gouvernement pourrait les subventionner. Remplacez les noms des instituts religieux par des noms profanes, pour favoriser l’oecuménisme. Par exemple au lieu de École de l’immaculée Conception dites :  » École Supérieure Nouvelle.  Instituez un service d’oecuménisme dans tous les diocèses et préoccupez-vous qu’il soit contrôlé par des protestants.
Interdisez les prières pour le Pape et envers la Sainte Vierge parce qu’elles découragent l’oecuménisme. Annoncez que les autorités du lieu sont seules compétentes. Soutenez que le Pape n’est qu’une figure représentative. Expliquez au peuple que l’enseignement du Pape ne sert que pour alimenter les conversations mais qu’en dehors de cela il est sans importance.
22 – Combattez l’autorité du Pape, en mettant une limite d’âge à sa fonction. Réduisez-la peu à peu, expliquez que vous voulez le préserver d’un travail excessif.
23 – Soyez audacieux. Affaiblissez le Pape en introduisant des synodes d’évêques. Le Pape deviendra alors seulement une figure représentative comme en Angleterre où la Chambre Haute et la Chambre Basse règnent et donnent leurs ordres à la reine. 
Ensuite affaiblissez l’autorité de l’évêque, donnant vie à une institution concurrente au niveau des presbytérats. Dites qu’ainsi les prêtres reçoivent de cette manière l’attention qu’ils méritent.
Enfin affaiblissez l’autorité du prêtre avec la constitution de groupes de laïcs qui dominent les prêtres. De cette manière naîtra une haine telle que directement les cardinaux abandonneront l’Église et alors l’Église sera démocratique… L’Église Nouvelle…
24 – Réduisez les vocations au sacerdoce, faisant ainsi perdre aux laïcs la crainte révérencielle envers les prêtres. Le scandale public d’un prêtre anéantira des milliers de vocations. Louez les prêtres, qui pour l’amour d’une femme ont su tout laisser de leur ministère. Définissez-les héroïques. Honorez les prêtres réduits à l’état laïc comme de véritables martyrs, opprimés à tel point de ne plus pouvoir supporter davantage.
Condamnez aussi comme un scandale que nos confrères maçons dans le sacerdoce doivent être connus par leur nom. Soyez tolérant avec l’homosexualité dans le clergé. Dites au peuple que les prêtres souffrent de solitude.
25 – Commencer à fermer les églises à cause de la pénurie de prêtres. Définissez bonne et économique une telle pratique. Expliquez que Dieu écoute partout les prières. De cette manière les églises deviennent d’extravagants gaspillages d’argent. Fermez avant tout les Églises où se pratiquent la piété traditionnelle.
26 – Utilisez des commissions de laïques et de prêtres faibles dans la foi qui condamnent et réprouvent sans difficulté toute apparition de Marie et tout miracle apparent, spécialement de l’Archange Saint Michel. Assurez-vous que rien de cela ne recevra l’approbation selon Vatican II. Appelez désobéissance à l’autorité si quelqu’un obéit aux révélations ou réfléchit sur celles-ci.
Indiquez les voyants mystiques comme désobéissants aux autorités ecclésiastiques. Faites perdre l’estime de leur nom, alors personne ne pensera plus à tenir compte de leur message.
27 – Élisez un antipape. Affirmez qu’il ramènera les protestants dans l’Église et peut-être même les Hébreux. Un antipape pourra être élu si le droit de vote était donné aux Évêques. Alors seront élus tant d’antipapes que sera intronisé un Antipape comme compromis. Affirmez que le vrai Pape est mort.
28 – Enlevez la confession avant la communion, aux enfants dès les premières classes, ainsi ils s’en moqueront tout à fait quand ils seront dans les classes supérieures. Alors la confession disparaîtra.
Introduisez (en silence) la confession communautaire avec l’absolution en groupe. Expliquez au peuple que la chose arrive à cause de la pénurie de prêtres.
29 – Faites distribuer la communion par les femmes et des laïcs. Commencez en déposant la communion sur la main, comme les protestants, au lieu de sur la langue. Expliquez que le Christ faisait ainsi. Recueillez quelques Hosties pour les  messes noires dans nos temples. Ensuite distribuez, au lieu de la communion personnelle, une coupe d’hosties non consacrées qui peut-être portée à la maison. Expliquez que de cette façon doivent être pris les dons divins dans la vie de tous les jours. Placez des distributeurs automatiques d’hosties pour les communions et appelez-les, tabernacles.
Dites que des signes de paix doivent être échangés. Encouragez les gens à se déplacer dans l’église pour interrompre les dévotions et les prières. Ne faites pas le signe de la croix, faites plutôt un signe de paix. Expliquez que Jésus aussi s’est déplacé pour saluer ses disciples. Ne consentez aucune concentration dans de tels moments. Les prêtres doivent tourner le dos à l’Eucharistie et honorer le peuple.
30 – Après que l’antipape sera élu, dissolvez les synodes d’évêques, les associations de prêtres et les conseils paroissiaux. Interdisez à tous les religieux de mettre en discussion, sans permission, ces nouvelles dispositions. Expliquez que Dieu aime l’humilité et déteste ceux qui aspirent à la gloire. Accusez de désobéissance envers l’autorité ecclésiastique tous ceux qui posent des questions. Découragez l’obéissance envers Dieu. Dites aux gens qu’ils doivent obéir à leur supérieurs ecclésiastiques.
31 – Conférez au pape (antipape) le maximum de pouvoir : choisir ses propres successeurs. Ordonnez, sous peine d’excommunication, à tous ceux qui aiment Dieu de porter le signe de la Bête. Mais ne l’appelez pas  signe de la Bête. Le signe de la croix ne doit plus être fait, ni porté sur les personnes (on ne doit plus bénir). Faire le signe de la croix sera désigné comme idolâtrie et désobéissance.
32 – Déclarez faux les dogmes précédents, sauf celui de l’infaillibilité du Pape. Proclamez Jésus un révolutionnaire en faillite. Annoncez que le vrai Christ viendra bientôt. Seulement l’antipape élu doit être obéi. Dites au peuple qu’il faut s’incliner quand son nom est prononcé.
33 – Ordonnez à tous les sujets du pape de combattre en saintes croisades pour étendre l’unique religion mondiale. Satan sait où se trouve tout l’or perdu. Sans pitié, faites la conquête du monde ! Tout cela apportera à l’humanité ce qu’elle a toujours désiré :  » l’époque d’or de la paix « .

- À la lecture de ce texte, on est bien obligé de constater que la majorité de ces directives ont été réalisées.
-En 1987, peu avant son accident mortel d’avion, Michel Baroin déclarait confidentiellement « Nous avons parmi nous au Grand Orient 64 Évêques français. » (Il y a 115 diocèses en France)

Traduction française de l'article paru en italien dans le n. 14 - mars/avril 1998 - de la revue Teologica pp. 22-25