mercredi 17 octobre 2018

Forces Occultes - film antimaçonnique

Tradition Québec invite tous et chacun à visionner - si ce n'est pas déjà fait -, le film Forces Occultes, mettant en scène cette synagogue de Satan qu'est la franc-maçonnerie. Un film toujours d'actualité.






lundi 15 octobre 2018

La FSSPX Canada au diapason LGBT : suite

Dans la foulée de la publication de notre dernier article, relatant la dernière turpitude contre-nature de la FSSPX Canada (publié quelques jours après l'apparition sur internet du scandale), un lecteur nous a fait parvenir le message suivant de l'abbé Daniel Couture aux prêtres de son district :

Dear Fathers,The bad text imposed by the government has been removed from our website and handbook as of last night. Please let it be known to anyone who write to you.And pray for the school, that we may be able to finish the academic year, and continue it next year! 
AMDG 
D. Couture

Traduction :
Chers abbés,
Le mauvais texte imposé par le gouvernement a été retiré hier soir de notre site web et du manuel de l'école. Faites le savoir à quiconque vous a écrit à ce propos.Priez pour l'école, afin que nous puissions finir cette année et continuer l'an prochain ! 
AMDG 
D. Couture

Décryptons et lisons entre les lignes :

Cher abbés,

Le mauvais texte 
imposé par le gouvernement, écrit par un membre/employé de la FSSPX et autorisé par votre serviteur, a été retiré hier soir de notre site web et du manuel de l'école.Faites le savoir à quiconque vous a écrit à ce propos.Priez pour l'école, afin que nous puissions finir cette année et continuer l'an prochain !

AMDG

D. Couture
Comprenons : devant l'éclosion du scandale humain - salissage de l'image de la FSSPX en général -, il devient nécessaire de corriger le tir, afin de sauver les apparences. Un tel détournement d'attention ne peut être efficace.

  • Ce n'est pas le gouvernement qui a écrit le manuel de l'école, mais bien le personnel et les prêtres. Laisser sous-entendre que le gouvernement provincial a imposé l'ajout de ces règles vicieuses dans le manuel de l'école est mensonger.
  • Tel que mentionné, le document avait reçu, avant sa publication, le nihil obstat de l'abbé Daniel Couture : « Les règles consignées dans ce manuel ont été mises en place pour fournir une orientation stricte et donner l'efficacité nécessaire à la gestion de l'école privée St. John Bosco. »
  • L'école avait le choix d'inclure ou non ces passages odieux dans son manuel. Si la survie de l'institution avait réellement dépendu de l'ajout de ces passages, il aurait fallu cesser les activités et alors, soutenir les parents à faire l'école à la maison. Il n'est pas permis d'utiliser des moyens mauvais pour un « bien apparent ». Pour sauver la maison générale de Menzingen, faudra-t-il, cette fois, accepter l'avortement ?


Nous parlions plus haut de scandale humain. En effet, si cette affaire n'avait pas fait de bruit et choqué les gens, est-ce que ce manuel aurait été retiré ? Si dans le secret de leur cœur - face à Dieu - ces personnes sont capables d'autoriser de pareilles choses, peuvent-ils être appelés « bons pasteurs » ? Pour ces gens, la petite polémique humaine guide l'action : l'éternel pragmatisme éloignant des Préceptes divins. Fraternitas, Fraternitas, convertere ad Dominum Deum nostrum.



Dieu premier servi.
Devise de sainte Jeanne d'Arc

vendredi 12 octobre 2018

La FSSPX Canada au diapason LGBT

Il y a quelques mois, Tradition Québec dénonçait une conférence inique de soi-disant catholiques, partageant la scène avec un pécheur public (sodomite). Aujourd'hui, le district canadien de la FSSPX monte d'un cran : le vice contre-nature pénètre les institutions.
L'approbation des autorités, page 4.

C'est au début du mois d'octobre 2018 qu'apparaissait, sur la blogosphère anglophone, le code de vie de l'école Saint John Bosco de l'Alberta (FSSPX). Il s'agit d'un document d'une quarantaine de pages rédigées dans la langue de Shakespeare, énumérant la vie scolaire, les codes de conduite des élèves et du personnel de ladite école, les sanctions, etc. Le tout ayant été avalisé par l'abbé Couture (supérieur du district de la FSSPX), tel qu'écrit dans le préambule. Toutefois, c'est vers la page 45 que le texte prend une toute autre tournure :





Afin que tous les membres de la communauté scolaire puissent travailler ensemble dans une atmosphère de respect de la dignité de toutes les personnes, cette politique est adoptée pour assurer que chaque élève et membre du personnel puisse jouir d'un environnement accueillant, attentionné, respectueux, respectant la diversité et favorise un sentiment d’appartenance. 
La direction ne tolérera pas le harcèlement, l’intimidation ainsi que la discrimination des étudiants ou du personnel tel que prévu dans la loi albertaine sur les droits de la personne ou dans la Charte des droits et libertés. Ces dernières incluent la discrimination sur la base de différences réelles ou perçues, y compris l’orientation sexuelle, l’identité sexuelle et expression de genre.

Vous avez bien lu.

Tout juste après, la direction ajoute : ''Pour atteindre ce but [NDLR : respect des différences sexuelles, d'identité de genre, etc.], la direction demande que les étudiants et le personnel respectent les différentes législations provinciales''. Ici commence une courte énumération, puis ''An Act to Support Gay-Straight Alliances''.

Cette dernière loi fait partie du Bill 24: An Act to Support Gay-Straight Alliances, lequel oblige les écoles a autoriser et soutenir les étudiants qui voudraient créer une association homo-hétérosexuelle ou queer-hétérosexuelle.


2. L'école fournira toutes les opportunités au personnel afin qu'il puisse augmenter sa connaissance, son ouverture d'esprit, ses aptitudes, ainsi que son attitude, pour qu'il puisse faire la promotion du respect des droits de l'homme, qu'il puisse respecter la diversité, comprendre les enjeux liés à l'identité de genre et à l'expression de genre, en relation tant avec la foi catholique traditionnelle qu'avec le reste de la société.

C'en est assez. Le document est disponible dans son entièreté ici :
http://callmejorgebergoglio.blogspot.com/2018/10/the-sspxs-20182019-policy-handbook.html?_sm_au_=i7Vk62j2qfVV3STj

Nous laissons le jugement de cette affaire à chacun. Cependant, nous pouvons affirmer que nous n'avons jamais lu dans l'histoire de l'Eglise, que les saints des premiers siècles aient accepté de sacrifier aux dieux. En effet, les autorités romaines ont souvent commandé aux premiers chrétiens de mettre de l'encens aux fausses idoles du paganisme, leur promettant qu'ils pourraient « être chrétiens en paix » une fois qu'ils auraient accompli - qu'une seule fois - cet acte d’idolâtrie. Que fut la réponse des premiers chrétiens : Non possumus ! (nous ne pouvons pas !)


La mort plutôt que la souillure. 
Devise des ducs de Bretagne.

mardi 9 octobre 2018

L'après campagne électorale : les lendemains qui chantent

François Legault.
Le 1 octobre dernier, la province de Québec élisait son premier gouvernement caquiste. L'ancienne formation politique de Mario Dumont, l'ADQ (Action démocratique du Québec), devenue la CAQ (Coalition Avenir du Québec), a réussi a sortir de l'opposition, afin de former un gouvernement majoritaire. Ce faisant, le parti libéral de Philippe Couillard, digne successeur du corrompu Taschereau, a mordu la poussière. Mieux encore, seule sa base électorale a voté pour cette formation politique, soit les anglais et les immigrants.

Revenons à la CAQ. Ce parti (il faudrait parfois s'arrêter au sens des mots), sous des allures nationalistes avait promis de réduire l'immigration, de soutenir les familles, défendre le français, etc. etc. En soi ces choses sont louables, c'est hors de tout doute. Toutefois, nous avons été surpris de constater à quelle vitesse les louanges sont venues. Peu s'en est fallu pour que nous puissions lire des qualificatifs ahurissants : reconquête, mouvement national canadien-français (sic), une victoire éclatante pour les patriotes etc. Prudence !

Ahurissant ou navrant ? Ce sont les mêmes gens qui, il y a encore quelques temps, accusaient le chef de la CAQ, François Legault, de trahison, d'être un agent des Desmarais, ainsi qu'un sous-fifre de la haute finance. Fouillez leurs sites respectifs, vous serez surpris de la verve qu'ils utilisaient (jadis) pour attaquer François Legault.

Qu’ils soient persuadés que la question sociale et la science sociale ne sont pas nées d’hier ; que de tous temps l’Église et l’État, heureusement concertés, ont suscité dans ce but des organisations fécondes ; que l’Église, qui n’a jamais trahi le bonheur du peuple par des alliances compromettantes, n’a pas à se dégager du passé et qu’il lui suffit de reprendre, avec le concours des vrais ouvriers de la restauration sociale, les organismes brisés par la Révolution et de les adapter, dans le même esprit chrétien qui les a inspirés, au nouveau milieu créé par l’évolution matérielle de la société contemporaine : car les vrais amis du peuple ne sont ni révolutionnaires, ni novateurs, mais traditionalistes
Pape saint Pie X - Encyclique E Supremi

Les lendemains qui chantent

C'est en effet dès le lendemain que le nouveau gouvernement annonçait qu'il allait renforcer la laïcité d'état, exigeant la neutralité complète de tous ses employés . Mettant sur le même pied le judaïsme, l'islam, l'hindouisme avec la Religion de nos pères, ils promettent dorénavant de congédier les récalcitrants. Une nouvelle fois, nos cavaliers de la dite dissidence qualifiaient cette attaque contre notre identité de reconquête et de bienfait.

Le terme reconquête est fort. Il veut rappeler la Reconquista espagnole, avec laquelle Ferdinand II d'Aragon et Isabelle la Catholique reprirent la péninsule ibérique aux maures - lesquelles avaient envahi l'Espagne près de 700 ans plus tôt. Pour les maures et juifs restants, le choix qui leur fut offert était fort simple : la conversion au catholicisme ou la valise. En rétablissant le catholicisme dans leur royaume, les souverains espagnols assuraient un réel retour à l'unité.

Toutefois aujourd'hui, qualifier de reconquête une mesure maçonnique est un délire et une faute majeure. N'ont-ils pas compris que nous sommes dans un combat civilisationnel ? Celui-ci oppose la civilisation chrétienne à la civilisation démoniaque des droits de l'homme, laquelle combat avec les armes du naturalisme, du matérialisme et de la gnose. L'imposition d'une loi maçonnique visant l'interdiction de notre foi catholique et nationale est, en réalité, une conquête maçonnique. Nos lecteurs comprendront assez rapidement qu'il s'agit d'une avancée pour la RÉVOLUTION. 

Défendre le fait français, réduire l'immigration, c'est bien, mais ce n'est pas satisfaisant. C'est ce que veut aussi le Front National (pourtant lui aussi, il veut laïciser encore plus). S'il faut miner l'un de nos fondamentaux, c'est inacceptable. Alors, c'est un attrape-nigaud. Qu'est-ce qu'un Canadien-français qui n'est pas catholique ? C'est tout sauf un Canadien-français. À son époque, Thomas Chapais disait que c'est quelque chose de monstrueux (!).

On ne peut combattre en se reniant nous-mêmes - sinon à quoi bon combattre ? Il y a des compromis inamissibles, et ceux là en font parti. Pour conserver un emploi, pourriez-vous vendre votre mère au proxénète le plus offrant ? C'est pourtant ce que nous semblons voir chez certains.

La suite logique


La rappel de notre Rédemption. Représentation exécré par
le démon et ses sbires. Celui dont ils rêvent d'abattre depuis
si longtemps.
Les libéraux sont dépourvus de logique, c'est évident. Ils peuvent se mouvoir dans la contradiction pendant des années, ils peuvent soutenir plusieurs positions contradictoires (droit à l'avortement mais interdiction de la peine de mort... allez comprendre) sans problème. Néanmoins, il y a des choses qu'on peut aisément voir venir. Lorsque vous avalisez un principe luciférien tel que la laïcité la plus complète - soit Jésus-Christ banni, avec les fausses idoles, de la sphère publique -, il sera impossible d'arrêter son mouvement futur : une simple boule de neige dévale la montagne et grossit, pour terminer sa course vingt fois plus grosse qu'initialement.

C'est logique. Si vous enfoncez la porte pour une chose, pourquoi interdire les autres - semblables ou subséquentes -, ainsi que la complète application de ce premier principe destructeur ? Concrètement : pourquoi seulement bannir la Religion vraie de l’accoutrement des employés d'état, lorsqu'une croix préside aux délibérations des assemblées des élus du parlement ? D'ailleurs, c'est déjà chose faite. Nous lisions, il y a quelques temps, un article (écrit par une voix autorisée de l'enfer sur terre) réclamant le retrait du crucifix de l'assemblée nationale. Pis encore, un journal anglophone demandait hier le retrait de la croix du Mont-Royal, de ce souvenir de cet acte héroïque de Maisonneuve.

Remémorez-vous l'adoption du mariage homosexuel en 2005 par le gouvernement fédéral. Peu de temps s'en est fallu pour que tout ce qui était du même acabit commence à réclamer tout (et rien). Regardez où nous en sommes aujourd'hui, 13 ans plus tard : enfants transgenres, enseignement pervers pour les enfants, le règne des minorités visibles/sexuelles, etc.

La laïcité, une entreprise maçonnique ?

Faut-il vraiment détailler ? Rappelons-le. La laïcité entendue comme elle l'est, ne vient pas du catholicisme ou d'un certain esprit catholique. Aucun lien avec « Rendre à César ce qui est à César » (il s'agit de la distinction des deux pouvoirs, et non de leur opposition). La laïcité vient directement des loges maçonniques et de la Révolution dite française. C'est cette secte diabolique, banalisée par les libéraux de l'époque, qui l'ont fait pénétré ici. Rappelez-vous la scandale maçonnique de la Ligue de l'enseignement. Ce complot maçonnique visait, au début du siècle dernier, la création d'un ministère de l'enseignement, puis, de sa complète laïcisation afin d'écraser « l'infâme » (comme disait Voltaire), c'est-à-dire Notre-Seigneur Jésus-Christ. Le complot fut dénoncé et échoua. Chose étrange, il devait réussir 60 ans plus tard, mais sous une autre apparence.

L'interdiction complète/neutralité de François Legault représente plutôt la pensée du Grand Orient de France, principale obédience maçonnique dans le monde latin. Nos nationaleux y opposent, et en ceci ils ont raison, la pensée de la confusion des religions prônée par Justin Trudeau, émanant de la Grande loge d'Angleterre. On aura compris, il s'agit plutôt d'un semblant de combat entre deux idéologies scabreuses. Au final, les deux iront au même endroit, à l'indifférence et au rejet de la religion. Ils se chamaillent plutôt sur le comment. Au reste, rien ne diffère entre un Legault et un Trudeau à propos des points essentiels de la société. La Révolution tranquille continue. Peut-être plus lentement qu'avec les gens de Québec solidaire, mais elle continue.

Mais quelle mesure adopter ?

Ce faux débat qui passionne tous et chacun est plutôt simple à résoudre. Dans le passé, nous l'avons déjà fait. Comment ? En établissant notre religion, la foi de nos pères, le catholicisme romain en tant que religion d'état. Pour les autres ? Si, pour certains motifs de prudence, il nous est momentanément impossible de les censurer, nous pouvons opter pour une tolérance. Celle-ci leur permettra d'avoir quelques bâtiments, mais sans plus. Les seules processions publiques seront celles du catholicisme. C'est, en résumé, la doctrine de l'Eglise sur cette question. Pour plus de détails, lire cet article qui veut résumer cette doctrine :  Des relations entre l'Eglise et l'Etat et de la tolérance religieuse

Conclusion

Non, cette nouvelle salve contre les fondements mêmes de notre peuple n'est en aucune manière
« Vous serez davantage de votre pays à mesure que vous serez
plus chrétiens. » - Cardinal Pie.
libératrice. On ne guéri pas un cancéreux en phase terminale en demandant au médecin de ré-injecter du poison. C'est ce même poison, et à plus forte raison ce même médecin, qui est responsable de la débandade actuelle. Sortons de ce cercle vicieux.

Augmentez, diminuez ou cessez l'immigration, ce n'est pas là le vrai problème. Le vrai problème est celui de la déchristianisation. Celui-ci créé les autres problèmes. L'abandon des réalités supérieures, au profit de la bassesse du matérialisme, nous donne une population récalcitrante à l'idée même de se régénérer. Elle revendique comme droit (le mot est fort !) l'avortement - c'est-à-dire le droit aux meurtre des innocents - afin de continuer de jouir sans conséquences. Baignant dans le matérialisme, elle va, dans un futur pas si lointain, se terrer dans l'illusion de la réalité virtuelle. Le désabusement de tout cela, ainsi que l'égocentrisme nous donne le vice contre-nature. Celui-ci, mélangé avec toutes sortes d’idéologies loufoques (lesquelles sont étrangères à notre véritable pensée nationale) nourri toute une frange avancée de la Révolution : transgenrisme, féminisme, ainsi que le dernier cru de l’imbécillité, l'anti-spécisme, forme folle du végétarianisme. Nul besoin d'expliciter davantage.

Non, François Legault n'est pas Honoré Mercier (autant libéral qu'il fut). Il est encore moins l'intrépide défenseurs de nos droits comme le fut le grand Maurice Duplessis. Le salut ne viendra pas des urnes.

Si vous désirez vraiment vous opposer à cette destruction programmée de notre gentilé et de notre civilisation, revenez au catholicisme bâtisseur de notre nation. En mettant Dieu, la famille et la patrie dans l'ordre, vous aurez l'antidote nécessaire aux égards de la pensée.

En ces temps de confusion générale, revenir à ses racines est un acte contre-révolutionnaire.



-Etienne Dumas
Tradition Québec



Notes : Nous référons, tous ceux avides de s'informer sur la secte des franc-maçons, aux liens suivants.

Mgr Henri Delassus : La conjuration antichrétienne
Les différents ouvrages de Léon de Poncins



ADDENDUM : Nous apprenons à l'instant que la CAQ s'engage a ne pas retirer le crucifix de l'Assemblée nationale. Gageons que ce n'est que partie remise, lorsque les « esprits » seront mûrs.

In memoriam Pie XII

Aujourd'hui marque les 60 ans (9 octobre 1958 - 9 octobre 2018) du décès du dernier pape de la sainte Eglise catholique et romaine, Pie XII, d'heureuse mémoire. Puisse-t-il intercéder pour nous, les catholiques fidèles, en ces temps de danger.

Chapelle ardente pour le corps de sa sainteté Pie XII (1876-1958).
Fratres: Sóbrii estóte, et vigiláte: quia adversárius vester diábolus, tamquam leo rúgiens círcuit, quaerens quem dévoret: cui resístite fortes in fide.
Frères : Soyez sobres, veillez ; votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rode autour de vous, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi.
-Pierre 1, ch. 5, 8-9. 



vendredi 5 octobre 2018

L'infiltration gauchiste au Canada français

Nous avons reçu les premières copies hier matin.

En vente en ligne dès le 13 octobre 2018 !
Nous publierons le lien sous peu.



dimanche 16 septembre 2018

Les constituantes d'une vraie nationalité

Mgr Louis-François Laflèche (1818-1898).
Nous vous proposons un extrait du livre de Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille, du jeune abbé Laflèche. Un livre qui ornera votre bibliothèque !


Pour procéder avec ordre, et suivre un enchaînement logique, commençons par la définition et l’explication du mot nationalité. C’est bien l’un des plus sonores et dont on ait fait le plus étrange abus, en proclamant le fameux principe des nationalités. Sous ce principe vrai et juste lorsqu’on donne aux mots leur véritable sens, on s’est efforcé d’abriter et de justifier le principe révolutionnaire du renversement de l’autorité légitime, en le présentant aux yeux des populations séduites, couronné de l’auréole du plus pur patriotisme. Par suite d’une déplorable confusion dans les idées, sous le spécieux prétexte de reconstituer et sauvegarder des nationalités qui n’ont jamais existé et qui sont purement imaginaires, on voit de nos jours l’oppression, le renversement, l’anéantissement de nationalités véritables.

On pourrait dire que la nationalité est l’ensemble des qualités ou conditions qui constituent la nation. Mais que faut-il entendre par nation, et quelles sont les qualités et conditions qui la constituent ? Le mot nation, dans son sens étymologique et ordinaire, signifie postérité, descendance d’une famille. C’est la propagation et l’extension de celle-ci par le sang d’abord, par l’adoption ensuite. Ainsi le sens rigoureux et véritable du mot nation est l’ensemble des descendants d’une même famille. Dans l’histoire des temps les plus reculés, dans le plus auguste des livres, dans la sainte Écriture, les expressions famille et nation sont quelquefois prises l’une pour l’autre comme signifiant en quelque sorte la même chose. Et en remontant à l’origine des nations, l’histoire sacrée et la profane nous montrent également que la plupart d’entre elles tiraient leur nom du chef de la famille dont elles descendaient. La nation, c’est la famille en grand, dans son parfait développement ; la famille, c’est la nation en petit, comme en germe. 

CE QUI CONSTITUE LA NATIONALITÉ

LA LANGUE 



Maintenant, si l’on veut connaître les qualités qui constituent la nation, étudions-la dans le développement de son germe, dans l’enfant, véritable épanouissement de la famille : voyons ce que l’enfant reçoit dans la famille, ce qu’il en emporte au jour où il en sort pour aller à son tour se mettre à la tête d’une nouvelle famille et concourir au développement régulier de la nation. Voyez le petit enfant assis sur les genoux de sa bonne et tendre mère : il n’a pas seulement à en attendre la nourriture matérielle et les soins nécessaires à la conservation et au développement de sa vie physique et corporelle ; elle doit surtout lui donner le pain de l’intelligence et du cœur, en s’appliquant à cultiver ses facultés intellectuelles et morales. Par quelles voies mystérieuses pourra-t-elle arriver à cette jeune âme encore ensevelie dans les sens, et qui ignore même qu’elle existe ? C’est en ranimant, ou excitant par la parole, ce souffle divin que Dieu communiqua à nos premiers parents. « Oui, s’écrie un célèbre orateur, oui, cette âme, en entendant la parole, verra bientôt la vérité dont elle est le véhicule ; et sortant peu à peu du profond sommeil où elle était plongée, elle commencera à vivre de la vie de l’intelligence. »

Cette belle et noble faculté qui distingue l’homme de tous les autres êtres ici-bas, et l’élève à un si haut degré au-dessus d’eux, sera développée dans la famille, et dans la famille le don précieux de la parole lui sera communiqué par le ministère de la mère, auteur aimé de la langue maternelle. L’enfant parlera la langue de sa mère, et la transmettra à son tour à ses descendants. L'unité du langage est donc une qualité distinctive, une condition nécessaire, un des éléments qui constituent la nation. Aussi voyons-nous dans l’Écriture sainte que quand Dieu jugea utile pour le genre humain de le disperser dans les différentes régions de la terre, pour le punir de son orgueil et le préserver d’une plus grande corruption, il n’eut qu’à rompre l’unité de langage et briser ce lien qui tenait unies en corps de nation, de manière à ne former qu’un seul peuple, toutes les familles alors existantes. Or l’Éternel dit : « Voilà un seul peuple et ils n’ont tous qu’un même langage... Venez donc, descendons et confondons-y leur langue de manière qu’ils ne s’entendent pas les uns les autres. Et ainsi l’Éternel les dispersa de ce lieu dans toutes les régions ». C’est de cette époque mémorable que date la diversité des nations sur la terre. Donc la Révélation, d'accord avec la nature, nous dit que le premier élément constitutif d'un peuple, qu'un des liens les plus puissants pour le retenir en corps de nation, c’est l’unité de langage. 


LA FOI RELIGIEUSE 



Mais le petit enfant grandit. Déjà sa langue a commencé à se délier ; son intelligence, s’illuminant peu à peu, commence à s’élever au-dessus des choses de l’ordre physique et sensible ; dans son cœur les sentiments, les affections, les passions commencent à s’agiter ; c’est un monde tout nouveau qui se révèle à lui, un monde supérieur à celui que ses sens lui ont montré jusqu’à présent. 

Mais il lui faut, pour entrer dans ce monde nouveau, un point d’appui dans l’ordre moral qui soit pour le moins aussi ferme que celui qui supporte ses pieds dans le monde matériel. La parole dont il use largement n’est pas par elle-même la sagesse ; ses pensées, ses affections vont l’entraîner de côté et d’autre ; son intelligence, abandonnée à elle-même, va-t-elle donc devenir le jouet de ses passions ou bien être livrée aux caprices de son imagination ? Non, certes. Cette noble faculté, qui le rend jusqu’à une certaine mesure semblable à Dieu, ne sera pas abandonnée à elle-même. Dans les principes immuables de la loi naturelle gravée dans son cœur, et surtout dans les dogmes lumineux de la révélation divine qu’il trouve dans la société chrétienne, son intelligence trouvera ce point d’appui solide, ce fondement inébranlable, ces règles sages qui la soutiendront et la dirigeront dans les temps de lutte et de ténèbres qu’elle aura à traverser. « Ce qui soutient et porte l’intelligence, dit l’éloquent P. Félix, ce sont les principes. Pour soutenir la vie haute et ferme, elle doit elle-même s’appuyer sur son inébranlable fond ; et son fond, ce sont les principes. » 

Mais qui jettera dans l’âme de l’enfant ces principes qui font l’honnête homme, le bon citoyen, le vrai chrétien ? C’est le père surtout, à qui Dieu a imposé ce devoir, cette haute et importante mission d’établir dans l’âme de l’enfant la certitude absolue qui exclut le doute, par l’affirmation absolue des principes religieux et naturels. « Au besoin qu’éprouve l’enfant de croire, dit encore le célèbre orateur cité plus haut, le père répond par la puissance d’affirmer. » Et la foi se produit dans l’âme de l’enfant. C’est la seconde qualité ou condition qui constitue la nationalité : l'unité de foi, la foi de ses ancêtres.

L’enfant est de la religion de son père pour la même raison qu’il parle la langue de sa mère. Si, par malheur, son père ne possède pas la vérité, sans doute il ne pourra lui transmettre la véritable foi. Et on sait par expérience quelles difficultés épouvantables rencontre, pour parvenir à la connaissance pleine et entière de la vérité, l’enfant infortuné dont l’intelligence a été assise sur le doute, ou sur le terrain mouvant de l'erreur. Semblable au vaisseau qui n’a ni ancre ni boussole, il est sans cesse entraîné au gré des vents et des courants sur la mer sans horizon du doute. Il n’a pas même l’idée de la certitude inébranlable que produit la possession de la vérité. Mais nonobstant ses doutes et ses erreurs, il tiendra aux principes et à la religion de ses pères. Ce sera encore pour lui et ses descendants le plus puissant élément d’unité nationale. C’est une vérité d’expérience. Le schisme, l’hérésie, l’infidélité elle-même, d’accord là-dessus avec l’enseignement catholique, proclament également que l’unité religieuse est le support le plus puissant de l’unité nationale. 

Dites-moi, quel est le lien mystérieux qui retient en corps de nation le peuple juif ? Cette nation déicide, dispersée aux quatre vents du ciel, traverse les siècles, parle toutes les langues, a adopté les coutumes et les usages civils de tous les peuples, et cependant elle est toujours vivante et distincte comme nation. Elle n’a plus ni chefs, ni gouvernements, ni organisation sociale qui lui soient propres : le seul principe de vie qui lui reste, le seul lien qui l’unit de tous les points du globe, c’est la foi qu’elle tient de ses ancêtres, c’est son unité religieuse. Sans doute que dans cette ténacité indestructible à la foi de ses pères, il faut voir le doigt de Dieu. C’est sa mission. Dépositaire de la vérité pendant des siècles, il faut que cette nation en soit le témoin irrécusable jusqu’à la fin des temps. Elle n’en demeure pas moins une preuve vivante et comme une démonstration en permanence de la puissance de vitalité inhérente à l’élément religieux dans une nation. 

Pourquoi la Russie schismatique tient-elle tant à s’assimiler, sous le rapport religieux, l’héroïque mais infortunée Pologne ? Pourquoi la protestante Angleterre a-t-elle fait tant d’efforts, et commis tant d’injustices et d’atrocités, pour arracher à la pauvre mais fidèle Irlande sa foi catholique ? Ah ! c’est que le schisme et l’hérésie, malgré la puissance énorme dont ils disposent, ne se croient pas en sûreté dans leur domination despotique sur ces deux peuples infortunés, tant qu’ils n’auront pas brisé le lien d’unité nationale et détruit le principe de vie que ces deux nations ont reçu dans l’unité de la foi que leur ont léguée leurs religieux ancêtres. Ces faits prouvent à l’évidence que le plus puissant lien qui réunisse les hommes en corps de nation, c'est l'unité religieuse, l'unité de foi. Inutile de rappeler les convulsions épouvantables dans lesquelles sont tombées les nations où l’on a eu l’imprudence de permettre qu’une main sacrilège portât atteinte à ce principe de vie. 


UNIFORMITÉ DES MŒURS, LOIS ET COUTUMES 



Enfin, l’enfant sortant de la famille n’emporte pas seulement avec lui le langage maternel, les principes et la foi de son père. Il a grandi sous le toit paternel en compagnie de ses frères et de ses sœurs ; il s’est établi entre eux des relations qui ne se briseront pas au jour où ils iront chacun se mettre à la tête d’une nouvelle famille. Non, ces relations, ces habitudes contractées sous le regard et la direction de leurs parents, vont constituer en se développant ce que l’on appelle les mœurs, les usages et les coutumes nationales qui se refléteront dans les institutions et dans les lois destinées plus tard à les régler et à les sauvegarder. C’est la troisième qualité ou condition qui constitue la nation : l'uniformité dans les mœurs, les coutumes, les usages ; l'uniformité dans les institutions et les lois destinées à les régler et à les sauvegarder. 

Ce troisième élément d’unité nationale est aussi de la plus haute importance. L’histoire nous apprend avec quel soin et quel religieux respect les peuples les plus intelligents ont conservé, tout en les perfectionnant, les institutions qu’avaient fondées leurs ancêtres, et les lois sous lesquelles ils avaient grandi et prospéré. Elles nous apprend également que c’est cet esprit conservateur, cet attachement et ce respect pour les traditions et coutumes nationales qui leur a procuré les bienfaits de la paix et sans doute la plus grande somme de bonheur et de prospérité ; tandis qu’un malaise général, des troubles sérieux, voire même des révolutions sanglantes, ont toujours accompagné et suivi toute tentative faite dans le but de les altérer notablement. La France et l’Angleterre sont peut-être les deux pays qui nous en offrent les plus frappants exemples. Aussi Dieu, qui tenait à conserver intacte la nationalité de son peuple, avait-il défendu rigoureusement les alliances avec les peuples étrangers, et surtout l’adoption de leurs coutumes et de leurs pratiques était-elle défendue sous les peines les plus graves... Ce n’est pas non plus le territoire, ni le gouvernement national qui constituent la nationalité. La Pologne démembrée et partagée entre la Russie, l’Autriche et la Prusse, n’a pas cessé d’être une nation aussi distincte et aussi réelle que toutes les autres nations de l’Europe qui ont l’immense avantage d’avoir à elles en propre un territoire et un gouvernement. Et nous, Canadiens français, pour être passés sous la domination anglaise, nous n’en avons pas moins conservé notre nationalité, ainsi que je me propose de le faire voir plus tard. 

Voilà en peu de mots ce qu’il faut entendre par le mot nationalité. C'est un peuple qui parle la même langue, qui a la même foi, et dont les mœurs, les coutumes, les usages et les lois sont uniformes. Si l’on affaiblit ou si l’on détruit l’un de ces liens, on n’anéantit pas la nationalité, mais on l’affaiblit d’autant. Lorsque ces trois liens ont été brisés, la nationalité a disparu, elle a cessé d’exister. 




-Abbé Louis-François Laflèche, Quelques considérations sur les rapports de la société civile avec la religion et la famille. Eusèbe Sénécal, Imprimeur-éditeur. Montréal, 1866. Pp. 18-24.

samedi 8 septembre 2018

Le journal Le Devoir à la source des mythes anti-Duplessis

Extrait de L'infiltration gauchiste au Canada français de Robert Rumilly. 
Procurez-vous la réédition de 2018, dès octobre 2018, aux éditions de la Vérité !


La question de l’Ungava, dont on a voulu faire un grand cheval de bataille électorale, est aussi typique. L’ayant étudiée en détail, à la radio et dans une brochure, j’y reviens plus sommairement.

Il s’agissait de répandre l’impression d’une générosité excessive, inouïe, criminelle, de la part du gouvernement, à l’égard de compagnies étrangères. Gérard Filion dénonce, par exemple, le 21 janvier 1953, « l’acharnement que M. Duplessis a mis à donner l’Ungava aux intérêts Hanna ». Pour enfoncer cette idée dans les esprits, Le Devoir n’hésite pas à fausser les faits. Il affirme à mainte reprise que la compagnie concessionnaire paiera $100.000 par année, en tout et pour tout, et qu’à cette fin elle est soustraite à l’application de la loi générale – de la Loi des Mines. Gérard Filion écrit en éditorial, le 17 juillet 1954 : « L’extraction du minerai de fer pourra se chiffrer à un ou vingt millions de tonnes par année, la redevance annuelle restera à la somme ridicule de $100.000. » Il répète le 16 novembre 1955 : « Le gouvernement de Québec ne reçoit que $100.000 pour une extraction de dix millions de tonnes de minerai. »

La loi accordant la concession forme le chapitre 42 des Statuts de 1946. Ouvrez les Statuts de la province, pour l’année 1946, au chapitre 42. C’est à la page 139. Je transcris l’article 14 :
La Compagnie devra payer à la Couronne, sur les profits annuels provenant de l’exploitation du ou des terrains miniers compris dans ce bail, les droits prévus par la section III de la Loi des Mines de Québec et des modifications qui pourront y être apportées.
Tout le monde peut vérifier ce texte, dans la première bibliothèque venue. Non seulement la compagnie n’est pas soustraite à l’application de la Loi des Mines, mais elle y est particulièrement, formellement assujettie par l’article 14 de la loi qui lui accorde sa concession. Cet article 14 garantit de tous côtés les intérêts de l’État, en spécifiant que la compagnie paiera les droits prévus par la Loi des Mines et par les modifications qui pourront y être apportées. S’il plaît à la législature d’augmenter les droits ou d’en créer de nouveaux, la compagnie devra se soumettre : elle est liée.
André Laurendeau, principal rédacteur du Devoir, qui affirme que la compagnie est soustraite à l’application de la Loi des Mines, écrit sciemment le contraire de la vérité, puisqu’il était député lors de la discussion et du vote de la loi, puisqu’il a participé à cette discussion et à ce vote.

En réalité, la compagnie paiera les mêmes redevances que toutes les compagnies similaires, plus un loyer de cent mille dollars par an. André Laurendeau et ses collègues témoignent d’une éclatante mauvaise foi en ne tenant compte que du loyer de cent mille dollars, pour soutenir que la compagnie, une fois en exploitation, ne paiera qu’un sou par tonne de minerai. La compagnie paiera la taxe sur le capital et la taxe sur les bénéfices prévus par la Loi des Mines pour toutes les compagnies, plus un sou par tonne de minerai. Elle paiera encore, bien entendu, des taxes scolaires et des taxes municipales. Elle paiera la taxe sur l’essence. Elle acquittera la taxe de vente provinciale sur ses achats, qui se chiffreront par dizaines de millions.

La fameuse redevance de $100.000 est donc une imposition supplémentaire, une surcharge que le gouvernement a imposé à la compagnie, en plus de toutes les taxes qu’elle paiera comme toutes les autres compagnies minières, conformément à la loi. Le Devoir vous dit : La Compagnie Iron Ore paiera $100.000 en tout et pour tout, quelle que soit sa production. La vérité est que la compagnie paiera des taxes variables selon le volume de ses affaires, et de toute façon considérables, selon les lois de la province dont certaines remontent au régime libéral ; et qu’elle paiera en plus ces cent mille dollars, tribut supplémentaire que le gouvernement Duplessis lui a imposé.

Voyez comme la vérité est différente, et même contraire, de la légende que Le Devoir s’efforce de répandre !

Et voici plus grave encore.

Le Devoir passe sous silence une clause essentielle de la loi. C’est le paragraphe d de l’article 11 :
Tous les dix ans, à compter du 1er juillet 1958, la rente annuelle pourra être révisée par le lieutenant-gouverneur en conseil, sur la recommandation du ministre des Mines.
Douze ans, c’est une bonne tranche dans la vie d’un homme, mais c’est peu de chose dans la vie d’une province, et même dans la vie d’une grande exploitation industrielle. Dans douze ans, la compagnie sera probablement remise des frais qu’elle assume. Mais à ce moment-là, en vertu de la loi actuelle, le gouvernement de la province, quel qu’il soit, pourra imposer la redevance qu’il voudra. Un million, dix millions, cent millions, il n’y a pas de limite. Il pourra la rendre prohibitive s’il le veut. La redevance, faible dans la période de rodage, pourra devenir énorme dans la période de pur rendement.

Passer cette clause essentielle sous silence, ce n’est pas discuter honnêtement.

D'après l’éditorial d’André Laurendeau dans Le Devoir du 2 décembre 1954, la concession de l’Ungava comporte pour la compagnie « d’évidentes facilités de renouvellement indéfini ». La vérité est toute contraire, exactement contraire. La vérité est que l’article 11 et l’article 14 du chapitre 42 des Statuts de 1946 mettent la compagnie à la merci du gouvernement.

André Laurendeau, qui était député en 1946, connaît ces textes. Il a voté le paragraphe d de l’article 11, adopté à l’unanimité. Il a induit les lecteurs du Devoir en erreur, pendant dix ans, en passant ce texte sous silence. Car les lecteurs du Devoir ont pu ignorer la clause de l’article 11 qui change la face du problème, jusqu’à la campagne électorale de 1956, où j’ai fait, à la radio et dans un petit livre, la démonstration ci-dessus, en plus complet, de sorte que personne ne doit plus l’ignorer.



Disponible dès le 13 octobre 2018 !
Surveillez notre site web.

lundi 3 septembre 2018

L'infiltration gauchiste au Canada français

Voici la préface pour notre prochaine réédition de L'infiltration gauchiste au Canada français, de Robert Rumilly.

Une cinquantaine d’années ont passé depuis ce tournant significatif de notre histoire nationale que les nouvelles générations d’historiens ont baptisé la Révolution Tranquille. Changements importants, certes, mais trop souvent mal mesurés, mal compris et mal étudiés. Les grandes lignes résonnent pourtant comme un lieu commun chez le canadien-français moyen :
« Le peuple s’est émancipé des ténèbres du moyen âge, les femmes au foyer ont été libérées, nous avons chassé les curés de nos institutions et nous nous sommes finalement débarrassés des vieux dogmes encombrants d’une religion réductrice. »
Les plus instruits de nos compatriotes connaissent les personnages impliqués, peut-être quelques-unes de leurs grandes manœuvres, mais le mythe de la Révolution Tranquille émancipatrice - d’un mouvement populaire instantané - prend toute la place, jusqu’à éclipser la réalité. Les liens entres chacun des « pères de la Révolution tranquille», leurs curriculums vitae, leurs parcours militants et leurs orientations philosophiques passent dans l’oubli au profit de la légende. Effectivement, nous avons eu affaire à un curieux mélange; héritiers des patriotes voltairiens de 1837 et du franc-maçon Papineau, obsédés du socialisme soviétique ou chinois, prêtres marxistes et/ou défroqués résidus de l’infiltration achevée du clergé français, journalistes anticléricaux, etc… Un bel éventail, mais bien calibré sous forme d’un impressionnant réseau d’infiltration extrêmement efficace.

Il y a ensuite l’aspect religieux qui entre en ligne de compte. Le mythe du « ras-le-bol » anticlérical généralisé, repris 100 fois par les laïcards de tout acabit, s’estompe de manière instantanée à la « lumière » du deuxième Concile de Vatican. Comment expliquer que de nombreux prêtres et religieux prirent part à la révolution, certains jusqu’à se hisser au sommet du panthéon de l’histoire nationale dans ce domaine ? Le père Georges-Henri Lévesque n’a-t-il pas formé les troupes d’élite de la Révolution avec un grand R dans sa Faculté des Sciences Sociales ? N’est-ce pas Monseigneur Parent qui a dirigé la commission chargée de saboter le système d’éducation ? Le frère mariste « Untel » Desbiens ne s’est-il pas chargé de canarder l’éducation nationale de ses pamphlets avant de participer à cette commission ? Les Laurendeau, Lévesque, Trudeau, Hébert et compagnie n’allaient-ils pas à la messe tous les dimanches ?

Non, l’écroulement du catholicisme n’est pas un simple exploit national de la Révolution Tranquille… Inutile de s’enorgueillir, messieurs les humanistes québécois, la crise de l’Église s’est déclarée de manière claire et universelle dans les années du Concile. La Révolution Tranquille est clairement une des conséquences de la crise de l’Église, même si la « légende québécoise » nous enseigne l’inverse.

Derrière le voile des années 60 populaires ; de la libéralisation des mœurs et de la révolution se cache l’histoire d’une infiltration savamment planifiée qui aboutit dans un chef d’œuvre diabolique de propagande et d’ingénierie sociale.

Une fois l’histoire truquée par des années de Révolution permanente, il est bien difficile, même quand on s’intéresse de près au sujet, de rassembler les pièces du casse-tête de la Révolution Tranquille. L’ouvrage que nous présentons ne sera jamais assez connu; L’infiltration gauchiste au Canada français, premier pamphlet d’une précieuse trilogie, pourrait bien être l’une des clefs les plus importantes à notre disposition pour comprendre ce qui s’est réellement passé.

Robert Rumilly sortit pour une des rares fois (voir aussi Quel monde!?!) de son cadre d’historien pour se dresser en fantastique militant contrerévolutionnaire. Sans savoir comment allait finalement se dérouler l’histoire de la province, il lance, déjà en 1956, un premier cri d’alerte et nous jette en plein cœur de la conspiration qui allait nous conduire au désastre politique, social et religieux. Il démystifie, en vrai franc tireur patriote et catholique, les réseaux de communication et de diffusion de propagande qui sont en train de se mettre en place quelques années avant que le compteur n’atteigne le fatidique 1960. Il dresse le profil des conspirateurs qui tirent les ficelles, des « chefs d’orchestre » infiltrés aux postes clefs qui commencent déjà à répandre leurs idées dans les milieux influents; Radio-Canada, Le Devoir, les réseaux universitaires, le clergé pré-conciliaire… Rumilly découvre les filons et démasque les traîtres.

C’est ce qui donne toute sa valeur à L’infiltration gauchiste; l’historien ne s’affaire pas à fouiller le passé, à comprendre, à interpréter… Il est là, sur place et à la bonne époque pour nous décrire les faits de manière détaillée et sans erreur. Et la légende tombe, le mythe s’écroule. La Révolution Tranquille n’est plus un grand mouvement populaire, elle ne reflète plus le désir d’un peuple à s’émanciper, ce n’est plus la floraison grandiose d’une société distincte… C’est un complot, la conspiration d’une élite intellectuelle gauchiste fâchée d’avoir manqué le bateau en 1769, appuyé par un clergé tout aussi infiltré et sur le point de défroquer massivement. Le peuple a suivi comme d’habitude, mais il n’y est pour presque rien.

Les deux publications qui complètent la trilogie sont toutes aussi intéressantes. On y voit l’impact de L’infiltration gauchiste sur les réseaux de conspirateurs socialistes et le traitement médiatique que subit Robert Rumilly qui vient à peine de sonner le tocsin, lequel finit par renchérir avec une exploration encore plus profonde des mécanismes révolutionnaires de la province d’avant 1960. Nous espérons qu’ils seront également réédités.

D’année en année, le brouillard qui entoure le mythe de la Révolution Tranquille ne se dissipe pas, il s’obscurcit et alourdit notre ignorance face à cette époque charnière. Les mots magiques, « choix de société », tombent du ciel pour nous faire croire au grand succès des « valeurs démocratiques » qui gouvernent aujourd’hui notre peuple en déroute. Espérons que cette réédition de L’infiltration gauchiste au Canada-Français guidera nos intellectuels de droite sur la bonne piste en ce qui concerne la Révolution et qu’elle contribuera à les placer sur les rails de la Contrerévolution.


-Kenny Piché
Tradition Québec

Titre : L'infiltration gauchiste au Canada français
Auteur : Robert Rumilly
Langue : français
Taille : 10.79x17.46cm
Pages : 178
Couverture : souple
Date de publication : 13 octobre 2018
Prix : 12 $



Lancement le 13 octobre 2018 !

Surveillez notre site web. 

lundi 27 août 2018

Kebeka Liberata - Notre-Dame protège la Nouvelle-France des Anglais

L'intérieur de l'église. Description plus bas.
La guerre venait d'être déclarée entre la France et l'Angleterre. C'était une bonne occasion pour les colonies anglaises de l'Amérique d'envahir le Canada dont ils avaient l'intention de s'emparer.

"C'était là, dit Bancroft, leur passion dominante." Les sauvages des Cinq-Nations avaient contracté une alliance avec les ennemis des Français. M. de Frontenac qui venait de succéder à M. de Denonville, eut donc à lutter à la fois contre les colonies anglaises et contre la confédération iroquoise. Son courage et sa valeur sauvèrent la colonie d'une ruine, qui suivant toute prévision humaine, semblait inévitable. Cette courte période de notre histoire fut fertile en événements militaires importants, et les actes d'héroïsme militaire ne manquent pas à cette époque. Les annales canadiennes ont conservé le souvenir de plusieurs défenses héroïques. Une des plus célèbres est celle de madame de Verchères. Les exploits de M. D'Aillebout de Mantet et Lemoine de Ste-Hélène qui s'emparèrent de Corlar, dans la nuit du 8 février 1690, le courage de Hertel qui à la tête de 50 hommes, mit 2000 ennemis en complète déroute, sont autant de faits militaires qui prouvent jusqu'à quoi point M. de Frontenac, en prenant les rênes du gouvernement, avait su inspirer le courage a toute la population, et la terreur aux ennemis.

Les Anglais avaient résolu de prendre le Canada par terre et par mer. Le chevalier Guillaume Phipps reçut le commandement de la flotta destinée à s'emparer de l'Acadie et de Québec. Celle-ci parut en vue de la ville le 16 octobre au matin. L'amiral détacha immédiatement un officier pour sommer la place de se rendre. Le gouverneur, piqué du manque de convenance dans les termes de la sommation, lui dit : "Allez, je vais répondre à votre maître par la bouche de mes canons ; qu'il apprenne que ce n'est pas de la sorte qu'on fait sommer un homme comme moi." 

Le 18 octobre, l'ennemi tenta une descente entre Québec et Beauport. Mais il fut repoussé avec perte. Le même soir, les canons de la flotte de Phipps commencèrent le bombardement de la ville, qui fut continué le lendemain. "Cependant à mesure que le danger augmentait, les prières publiques redoublaient dans toute la ville. Les citoyens avaient pris pour patronne et pour protectrice la très Sainte Vierge. Une de ses bannières avait été apportée de Montréal, par M Joseph Serré de la Colombière, aumônier des milices, qui, lors de sa descente, l'avait placée comme un signe de salut à l'avant du canot qu'il montait. Cette bannière était portée chaque fois en procession dans toutes les églises... Les dames s'étaient engagées par un vœu solennel à se rendre en pèlerinage à l'église de la basse ville, si la sainte Vierge obtenait leur délivrance."

Un tableau de la Sainte Famille, appartenant aux Ursulines, fut exposé au haut du clocher de la cathédrale. "Cependant la confiance était telle, à Québec, écrit Ferland, que les dévotions publiques se continuaient comme dans les temps ordinaires. De la rade l'on voyait les hommes, les femmes et les enfants, se rendant aux offices de l'église sans paraître s'occuper de l'artillerie des Anglais."

Les ennemis ayant tenté de prendre Québec par la vallée de la rivière St-Charles, furent repoussés victorieusement par les Canadiens. Découragé à la suite de ses défaites successives, l'amiral Phipps abandonna son projet et rebroussa chemin complètement découragé. Les habitants de Québec sortirent comme d'un rêve,lorsque dans la journée du 21 octobre, ils virent la flotte disparaître derrière la falaise de Lévis. 
L'intérieur de l'église.

Les dames de Québec s'empressèrent d'accomplir leur vœu et firent leur pèlerinage solennel à l'église de la basse-ville. Cette victoire fit sensation en France. Louis XIV accorda des titres de noblesse à ceux qui s'y étaient le plus distingués, et nommément, aux sieurs Hertel et Juchereau, et il voulut qu'une médaille en perpétuât le souvenir. D'un côté on voit la tête de ce roi ; de l'autre, la France victorieuse est assise sur des trophées, au pied de doux arbres du pays, sur des rochers d'où s'échappe un torrent. Un castor va se réfugier sous un bouclier et le dieu sauvage du fleuve, qui épanche son urne aux pieds de la déesse, la contemple avec admiration. Pour devise on y a inscrit ces mots : Kebeka liberata M.DC. XC; et en exergue: Francia in novo orbe victrix (La France victorieuse dans le Nouveau monde).

« Kebeka Liberata Québec Délivré  
La ville de Québec symbolisée par une femme couronnée, est assise sur son  rocher au pied duquel le St-Laurent verse son urne.
Un castor prend ses ébats auprès d'elle. Elle foule aux pieds des boucliers, des cuirasses et des étendards aux armes d'Angleterre.  Le sujet et l'exergue sont empruntés à une médaille commémorative frappée au temps de Louis XIV. À droite de la T. S. Vierge 
 
Deus Providebat  
L'Ange Protecteur de la Nouvelle-France frappe la flotte de l'Amiral Walker qui, au milieu de la nuit et, par la brume, se jette sur le roc de l’île aux Œufs et s'y brise. »


C'est à partir de cette année du triomphe des armes français contre les Anglais et les Sauvages coalisés, que l'on a célébré chaque année dans la colonie, le quatrième dimanche d'octobre, la fête de Notre Dame de la Victoire dans le modeste sanctuaire de la basse ville. On cessa dès ce moment à le reconnaître sous le vocable de l'église de l'Enfant-Jésus à qui il avait été originairement dédié. Vingt et un ans plus tard on devait amplifier ce titre, à la suite d'une nouvelle intervention de la Providence qui sauva la ville d'un nouveau siège.

L'église Notre-Dame des Victoires.
En 1711, une flotte anglaise commandée par l'amiral Walker, se dirigeait sur Québec avec l'intention d'en faire le siège. Une brume épaisse qui couvrait le St-Laurent mit en défaut l'habileté du pilote, et huit des vaisseaux furent jetés sur l’île aux Œufs et y sombrèrent.

Ces événements se passaient vers le milieu d'août. Mais la nouvelle du désastre ne parvint à Québec qu'au commencement d'octobre. Elle fut accueillie avec une immense joie. La population de Québec se porta en foule à l'église de la basse-ville "pour remercier Notre Dame de la Victoire d'avoir délivré une seconde fois la colonie de la ruine. La verve des-écrivains se donna libre cours. "Le Parnasse devint accessible à tout le monde ; les dames même prirent la liberté d'y monter."

"Le pays était donc enfin délivré par la puissante protection de Marie ! Les Canadiens ne furent pas moins reconnaissants en 1711 qu'en 1690 ; on célébra une fête solennelle où M. de la Colombière prêcha avec un nouveau zèle et un grand succès, sur la fidélité à laquelle obligeait ce bienfait signalé de la très sainte Vierge ; la verve des poètes s'épuisa à rimer des poésies et des chansons sur le désastre de cette flotte ennemie,quatre fois plus nombreuse que tout ce que la colonie avait à lui opposer ; mais la piété voulut quelque chose de plus durable, pour témoigner à la postérité de sa reconnaissance envers sa céleste Libératrice. "

"Il fut conclu dans une assemblée générale, que l'on ferait une quête dans Québec et les environs, pour bâtir le portail de l'église de la basse-ville. Les communautés religieuses aussi bien que les citoyens donnèrent selon leurs ressources et môme au delà ; on recueillit plus de 6,000 livres. Il fut aussi question de fonder des messes en l'honneur de la sainte Vierge, où fut chanté le cantique de Moïse après la défaite de Pharaon : Cantemus Domino, ce qui, au dire de l'Annaliste de l'Hôtel Dieu, plaisait davantage à tout le monde.

"Enfin, la chapelle votive de 1690 changea son titre de N. D. de la Victoire en celui de N. D. des Victoires, et elle rappelle encore aujourd'hui sous ce nom la double faveur de la Mère de Dieu, de cette Etoile de la Mer, qui devint un signe de tempête et de dispersion pour les ennemis de son peuple.



-Narcisse-Eutrope Dionne, Historique de l'église de Notre-Dame des Victoires, basse-ville de Québec. Québec. 1888. Pp. 13-23.

jeudi 9 août 2018

Concordance entre la réforme protestante de 1549 et Vatican II - 2ème partie

Photographie prise le 10 Avril 1970 au Vatican. Six protestants, de gauche à droite :
Dr. George, Canon Jasper, Dr. Shephard, Dr. Konneth, Dr. Smith, et
Frère Max Thurian (en blanc), juste à côté de mgr Montini/Paul VI (en blanc)
Nous nous sommes servis de l'Histoire de l'Eglise du Chanoine Boulenger, de celle de Dom Poulet, du «Bref Historique de l'Introduction du Protestantisme en Angleterre» par H.R. Williamson et de l'article du R.P. Francis Clark «Les ordinations anglicanes, problème œcuménique».

-Père Noël Barbara
(1910-2002).




CONCORDANCE ENTRE LA REFORME PROTESTANTE DE 1549 ET LA REFORME DE LA SECTE VATICAN II (2ème partie)

Plus de 50 concordances stupéfiantes entre la réforme protestante de 1549 et la réforme liturgique de Vatican II !


Couleur rouge Prayer Book de 1549.
Couleur verte Réforme de Paul VI.

26 - [Prayer Book de 1549.] 
L'évêque Ridley, à Londres, fut un des premiers à introduire cette innovation dans son diocèse. A peine installé, il envoya à ses curés une ordonnance dans laquelle il les exhortait à «dresser la table du Seigneur sous la forme d'une table commune». Et lui-même, donnant l'exemple, faisait détruire dans la nuit du 11 juin 1550 l'autel de la cathédrale Saint-Paul et le remplaçait par une table au pied des marches conduisant au chœur. Quelques mois après, un décret royal enjoignait aux évêques de détruire les autels qui subsistaient et de les remplacer par des tables. «Tant que resteront les autels, prêchait Hooper, le peuple ignorant et les prêtres ignares rêveront toujours de sacrifice». 
Ici il nous paraît important de rappeler une précision que donnait Cranmer. Elle aidera à comprendre que les expressions orthodoxes conservées par les réformateurs n'ont pas nécessairement un sens catholique. Dans son nouveau Prayer Book, Crammer avait conservé quelques fois le mot «autel». Voici comment il s'en expliquait : «La table où la sainte communion est distribuée peut être appelée un AUTEL parce que là s'offre NOTRE sacrifice de louange et d'action de grâces». 
26 - [Réforme de Paul VI.]
Un autel du Novus ordo missae.
Avec la même frénésie hérétique, les autels ont été supprimés, détruits ou recouverts d'une tenture lorsque les Beaux Arts s'opposaient à leur destruction. Pas une seule cathédrale n'a conservé l'usage du sien et la plupart des églises paroissiales et des chapelles de maisons religieuses ont détruit ou relégué le leur. Partout, à l'entrée du chœur comme chez les protestants, une simple table fait oublier l'idée du Sacrifice. 
27 - [Prayer Book de 1549.]
Les évêques et les ecclésiastiques de mentalité catholique, qui prirent la défense de la Messe et de l'ancienne foi, furent déposés et remplacés par de zélés partisans de la nouvelle croyance. Les Capucins de Wurtemberg continuant à célébrer la Messe, Luther obtint du Grand Electeur de Saxe un édit leur défendant de célébrer en public. S'ils conservaient la Messe, ils la devaient dire seuls, sans aucun assistant. 
27 - [Réforme de Paul VI.]
Même acharnement pour la destruction de la Messe traditionnelle chez les néo-réformateurs qui ne peuvent supporter que même les vieux prêtres qui ont obtenu le droit de la dire puissent la dire en public et avec des assistants. De même : qu'un prêtre en fonction (curé, vicaire, aumônier, prédicateur) se permette de conserver le rite traditionnel, que les Pères de Vatican II avaient promis solennellement «de conserver et de favoriser de toutes manières» (De Sacra Liturgia, n° 4), ou qu'il enseigne le catéchisme traditionnel, il est jugé «un obstacle pour la pastorale d'ensemble» et nécessairement «remplacé par un zélé partisan de la nouvelle religion» et réduit à la misère. 
28 - [Prayer Book de 1549.]
Le Prayer Book de 1552 apporte encore des modifications. 
28 - [Réforme de Paul VI.]
Paul VI a, lui aussi, réformé TOUS les autres Sacrements. 
29 - [Prayer Book de 1549.]
Au baptême disparaissent l'exorcisme, l'onction et le chrémeau. 
29 - [Réforme de Paul VI.]
Comme on l'a vu, le nouveau rite du baptême de Paul VI a supprimé d'emblée tous les exorcismes ; l'onction est gardée ou non : c'est au choix du célébrant ! Si l'onction est faite, ce sera «sans rien dire» (!), de même que pour l'unique signe de Croix qui est fait sur le front en dehors du rite lui-même, toujours «sans rien dire».
Cette rubrique «sans rien dire» répétée à plusieurs reprises est révélatrice : ce sont des signes qui ne signifient plus rien du fait de la suppression de la formule qui leur donnait tout leur sens. C'est une astuce typiquement moderniste : conserver l'apparence extérieure des signes, faire disparaître la forme catholique et les vider ainsi de leur contenu. Lénine, dont ils rappellent la mémoire dans leur nouveau calendrier, n'a-t-il pas donné, comme moyen efficace de lutter contre la religion : «Conserver la coque (l'apparence), mais la vider de sa substance». 
30 - [Prayer Book de 1549.]
Disparaissent également, à la «visite des malades» (nouveau nom par lequel les protestants désignaient d'Extrême Onction), les onctions et par conséquents le sacrement même. 
30 - [Réforme de Paul VI.]
Bien entendu l'a nouvelle Réforme n'a pas épargné l'Extrême Onction qui est devenue «l'Onction des malades» ; cette appellation s'étant donnée aux premiers siècles, le changement paraît anodin. Cependant, nous devons souligner que cette appellation est préférée par les Novateurs car elle leur permet de faire prévaloir, à la doctrine catholique, qui ne confère ce sacrement qu'à ceux «que la maladie ou le grand âge mettent en danger de mort» (d'où le nom d'Extrême Onction), l'hérésie protestante qui prétend que ce rite est pour tous les malades «en danger de mort ou non». Et c'est bien ce que nous voyons se pratiquer partout, dans les lieux de pèlerinage surtout, avec les cérémonies d'administration collective de l'Onction des malades. 
Là encore, la forme et surtout la matière ont été changées. Sous prétexte que «l'huile d'olive fait défaut ou est fort difficile à trouver en certaines régions» (le Pape aurait-il oublié que nous sommes à l'époque du Concorde ?) on peut désormais utiliser n'importe quelle huile, bénite par n'importe quel prêtre, n'importe quel jour, «en cas de vraie nécessité», bien sûr (il faut bien sauver les apparences). 
31 - [Prayer Book de 1549.]
Les restes du vieux Canon de la Messe du rite catholique avaient subi d'importantes mutations ; Cranmer avait supprimé la commémoraison de la Vierge et des saints. 
31 - [Réforme de Paul VI.]
Il faut remarquer que le nouvel ordo nomme encore la Vierge et les Saints, d'une façon beaucoup moins catholique et pleine de réticences verbales, mais apparemment on en fait toujours mémoire. 
32 - [Prayer Book de 1549.]
Il avait supprimé aussi les prières qui précédaient la Consécration et par lesquelles le prêtre demandait à Dieu de «bénir et de sanctifier ces dons et créatures de pain et de vin, afin qu'ils deviennent pour nous le Corps et le Sang de son Fils Jésus-Christ», suppression qui revenait à écarter la doctrine de la Transsubstantiation, et du caractère sacrificiel de la Messe que les, protestants ont toujours rejetée. 
32 - [Réforme de Paul VI.]
Nous découvrons la même volonté de supprimer tout ce qui pouvait exprimer sans équivoque la doctrine concernant le caractère sacrificiel et propitiatoire de la Messe, l'efficacité des paroles de la Consécration et la Présence réelle, corporelle du Christ. Ici une remarque importante s'impose. Tous ces changements, ne l'oubliions pas, sont réalisés par des néomodernistes lesquels, suivant la juste définition du R.P. Calmel O.P., sont des hérétiques doublés de traîtres. Tout en étant aussi profonds que ceux des protestants, les changements opérés par les néo-réformateurs sont beaucoup plus camouflés. Appliquant la consigne de Lénine, ils conservent la coque mais vidée de sa substance. Ainsi, nous les voyons : parfois changeant le contenu ou le sens des expressions traditionnelles qu'ils conservent; parfois, supprimant des gestes dans le but de supprimer la doctrine que ces gestes exprimaient. L'expression «qu'ils deviennent pour nous le Corps et le Sang de Jésus-Christ» exprimait dans la Tradition catholique l'efficacité des paroles de la Consécration prononcée par le prêtre ; elle exprimait le mystère de la Transsubstantiation et la réalité de la Présence substantielle du Christ qui va être là, sur l'autel, en l'état de Victime immolée et offerte sous la forme sacramentelle, avec son Corps, son Sang, son Ame et sa Divinité. 
Pour les fabricants du nouvel ordo missæ, cette expression peut avoir un autre sens. «Qu'ils deviennent pour nous», sous-entendez : par la foi et non par le ministère du prêtre, «le Corps et le Sang de Jésus-Christ...» d'une façon virtuelle, spirituelle car, pour les nouveaux réformateurs, comme pour leurs devanciers, il semble bien qu'il n'y a aucun changement de substance, aucun miracle. Le pain reste du pain, le vin, du vin. Il ne s'y ajoute qu'une présence virtuelle, spirituelle, réalisée par la seule foi des fidèles réunis au nom de Jésus-Christ, suivant sa promesse : «Là où deux ou trois sont réunis en Mon Nom, Je suis au milieu d'eux». C'est dans ce même souci de ne pas professer la doctrine traditionnelle que les auteurs du nouvel ordo ont supprimé la génuflexion que faisait le prêtre aussitôt après avoir prononcé les paroles de la Consécration. Cette adoration, commandée par la Foi en la Présence réelle corporelle réalisée par les paroles de la Consécration, manifestait l'efficacité du rite catholique ; sa suppression exprime à sa façon (camouflée mais efficace) que les paroles de la Consécration n'ont opéré aucun changement. Le pain que le Président présente semble n'être que du pain et dans le calice qu'il élève, il semble qu'il n'y ait toujours que du vin. Ce nouveau rite est donc bien hérétique, mais il l'est à la façon moderniste, hypocritement, par omission calculée. Aux catholiques de s'en rendre compte et de ne pas nier l'évidence. Nous rappelons à ces catholiques timorés, paralysés à la seule pensée que tous ces changements sont promulgués par le Pape, qu'avant de chercher à sauvegarder la réputation d'un homme, fût-il Pape, il faut sauvegarder l'honneur de Jésus-Christ et le dépôt de la Foi. Et de cela, chacun à sa place, aura à rendre compte au jour du Jugement. 
33 - [Prayer Book de 1549.]
Il supprima également l'invocation au Saint-Esprit avant la Consécration (Veni Sanctificator...) 
33 - [Réforme de Paul VI.]
En supprimant l'Offertoire Romain, Paul VI a, lui aussi, fait disparaître cette prière qui ne se prête à aucune équivoque. S'adressant directement et clairement au Saint-Esprit, elle lui demandait de réaliser le miracle de la Transsubstantiation qui, à chaque fois, fait de la Messe un vrai et propre sacrifice propitiatoire puisqu'elle rend présent le Christ dans son état de Victime (Hostia) immolée et offerte sous la forme sacramentelle. Cette suppression est une manifestation supplémentaire de l'intention suspecte des auteurs du nouveau rite, qui se comportent comme s'ils ne croyaient pas que la Messe soit un vrai Sacrifice propitiatoire. Lire, pour s'en convaincre, la définition de la Messe qu'ils ont donnée dans le fameux article 7 : «qui s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXe session du Concile de Trente». (Cardinaux Bacci et Ottaviani. 
34 - [Prayer Book de 1549.]
En un mot, tout ce qui pouvait donner à croire que la Cène comportait une Présence Réelle et Corporelle de Notre-Seigneur dans son état de Victime immolée et offerte avait été impitoyablement éliminé. 
34 - [Réforme de Paul VI.]
Même caractéristique pour le nouveau rite : l'analyse des traductions nouvelles et des rubriques ainsi que des nouveaux textes montre cette obstination à éliminer les dogmes catholiques de la Messe-Sacrifice. C'est pour expliquer ce même esprit hérétique, niant le caractère sacrificiel de la Messe, que les auteurs du nouveau rite ont apporté deux autres changements : 
1° Après l'offrande du pain et du vin, le prêtre, avec la patène et avec le calice, traçait un large signe de croix. Ce rite, cette croix, qui rappelait si clairement l'immolation de la Victime, a été supprimé. 
2° Après avoir tracé le signe de la Croix avec la patène, le prêtre ne laissait pas le pain sur la patène, il le déposait sur le corporal qui symbolisait le linceul dans lequel fut mis le Corps de Jésus. Désormais, le Président doit laisser l'hostie sur la patène et ne pas la déposer sur le corporal, ce dernier pouvant maintenir dans son esprit ce dont on veut qu'il se défasse : la réalité du Corps du Seigneur. (Corporal = qui reçoit le corps). Cette pratique de l'équivoque et du camouflage, qui tranquillise les catholiques et paralyse la résistance, rend la nouvelle réforme plus perverse que celle de 1549.
35 - [Prayer Book de 1549.]
Que l'intention de Cranmer ait été de nier la Présence Réelle, la chose apparaît non seulement dans les profondes modifications du texte du Canon en 1549, mais encore dans le caractère des nouvelles rubriques. 
35 - [Réforme de Paul VI.]
Les réformateurs actuels ont opéré leurs modifications du Canon aussi à l'aide de traductions falsifiées. De cette façon, comme nous l'avons expliqué plus haut, la plupart des ruses et astuces échappent aux trop confiants catholiques qui peuvent toujours, pour esquiver l'obligation de réagir, rejeter la responsabilité des erreurs qu'ils constatent sur les traductions infidèles, alors que, dans la réalité, l'Autorité qui laisse circuler et utiliser ces mauvaises traductions se fait complice de leur diffusion. Qui tacet, consentire videtur - l'autorité qui se tait est censée consentir. 
36 - [Prayer Book de 1549.]
Les ornements du prêtre disparaissent pour faire place à un simple surplis ; la Table était couverte d'une seule nappe blanche ; le pain n'était plus le pain sans levain de forme arrondie et il était déposé dans la main du communiant au lieu de l'être dans la bouche. 
36 - [Réforme de Paul VI.]
Dans la nouvelle réforme également, il n'y a plus qu'une seule nappe blanche sur l'autel au lieu de trois. La Communion est aussi reçue dans la main et non plus dans la bouche. Les ornements du prêtre n'ont pas encore tout à fait disparu, mais la chose est à l'étude. (Lettre du Culte Divin du 21 mai 1972.) Toutefois, il ne faut pas oublier que l'hérésie peut s'accommoder des ornements sacerdotaux. Elisabeth Ire d'Angleterre, pour rallier les catholiques à la Réforme protestante, les avait à nouveau prescrits. 
37 - [Prayer Book de 1549.]
Enfin, une rubrique avertissait que «l'agenouillement des fidèles devait être regardé comme une marque d'humble reconnaissance à Dieu pour le bienfait de la communion (spirituelle) et nullement comme un acte d'adoration à l'égard du pain et du vin sacramentels»... «Le maintien extérieur, déclarait Hooper, les gestes du communiant doivent exclure tout soupçon, toute apparence d'idolâtrie, tout penchant vers elle. Or s'agenouiller est une marque, un signe extérieur d'honneur et de culte, et jusqu'ici l'adoration du Sacrement a constitué une grave et damnable idolâtrie. Je désirerais donc que les Autorités ordonnassent aux communiants de se tenir debout ou assis. Rester assis, à mon avis, serait le mieu .» La lutte contre la réception de la communion à genoux était, au dire de Philip Hughes, «la dernière pierre à empiler sur le tumulus sous lequel gisait l'ancienne croyance en la Sainte Eucharistie». 
37 - [Réforme de Paul VI.]
L'agenouillement a été radicalement supprimé, au point de refuser la Communion aux fidèles qui osent encore s'agenouiller. Tout ceci est bien la manifestation irrécusable que les auteurs du nouvel ordo sont animés du même esprit que leurs ancêtres qui entendaient supprimer par leur réforme la croyance en la Présence réelle substantielle du Christ durant la Messe. Un archevêque du Midi de la France, distribuant la Communion, donc tenant dans ses mains le ciboire contenant le Corps du Seigneur, donna des coups de pied aux genoux d'une vieille dame agenouillée, l'invitant ainsi à se relever. Évidemment, il est plus que probable que cet archevêque ne croyait plus à la transsubstantiation et que sa «communion», simple symbole commémoratif, n'était plus notre Communion sacrée. Une fois de plus, en travestissant le sens d'un mot on dissimule l'hérésie. 
Catéchisme hérétique.
38 - [Prayer Book de 1549.]
En même temps que ces réformes liturgiques paraissait un nouveau catéchisme composé par l'évêque de Winchester. 
38 - [Réforme de Paul VI.]
Un nouveau catéchisme pour adulte, rédigé par des théologiens hollandais, est également paru avant la nouvelle «messe». Condamné par Rome, il a fini par s'imposer. Il est traduit dans toutes les langues et l'édition italienne a été adoptée jusque dans le diocèse de Rome. Sous la responsabilité des évêques, de nouveaux catéchismes pour enfants ont également été imposés partout, souvent à l’encontre de la volonté des curés, des catéchistes et des parents d'enfants. 
39 - [Prayer Book de 1549.]
Ces réformes rencontrèrent une vive résistance chez plusieurs évêques qui luttèrent contre elles et furent mis en prison. Au commencement du règne d'Elisabeth Ière, un seul évêque apostasia. 
39 - [Réforme de Paul VI.]
On ne voit, hélas ! aucune résistance de ce genre actuellement chez les évêques. Le Concile de Vatican II semble avoir engendré des évêques nouveau style, du genre «lièvres mitrés». Il est vrai que c'est un des châtiments annoncés par le Prophète : «Je leur donnerai pour chefs des enfants, des efféminés domineront sur eux». Convertissons-nous donc et prions afin que se lèvent au plus tôt de nouveaux saint Bruno, saint Hugues, saint Godefroy qui, en se dressant contre le Pape Pascal II et sous la menace de ne plus le reconnaître comme Pape légitime, l'obligèrent à condamner la doctrine hérétique qu'il avait concédée à l'Empereur au sujet de l'investiture des évêques. 
40 - [Prayer Book de 1549.]
L'évêque Scott, dans une critique serrée de la nouvelle liturgie, montra que le formulaire proposé pour la Cène faisait disparaître la Consécration, le Sacrifice et la Communion. Il n'y avait plus de consécration, car, lorsque le ministre prononçait les paroles de l'Institution : «Ceci est mon Corps...», il les disait sans l'intention voulue comme s'il racontait une histoire. Ne croyant plus en la Transsubstantiation, ils n'avaient plus l'intention de la réaliser et ne la réalisaient pas. Ils ne faisaient qu'un récit, un mémorial. 
40 - [Réforme de Paul VI.]
Depuis la mise en place du nouvel ordo, aucun Prélat n'a eu le courage de l'analyser strictement pour démontrer sa perversité. Seuls, les Cardinaux Ottaviani et Bacci ont représenté à Paul VI que le nouveau rite «s'éloignait d'une façon impressionnante de la théologie catholique de la Messe». Leurs voix ont été étouffées et ils n'ont pas insisté. Et pourtant, comme pour le formulaire de la Réforme protestante, le rite de Paul VI tend à faire disparaître la Consécration. Il fait dire les paroles de l'Institution : «Ceci est mon Corps... ceci est le calice de mon Sang...» sur le ton récitatif comme s'il voulait que le prêtre ne fasse qu'un récit, qu'un mémorial. Ce changement, malgré son apparence anodine, est de la plus haute gravité. En remplaçant la manière impérative qui manifestait l'intention de consacrer, par une manière récitative qui, non seulement, ne manifeste plus cette intention, mais qui encore en exprime une opposée, celle de rappeler seulement un fait, ce changement trahit la volonté des néo-réformateurs de changer l'intention de l'Eglise et de lui substituer une intention hérétique, l'intention protestante. Cette volonté hérétique des réformateurs est manifeste dans les « nouveaux missels » qui étalent impunément la doctrine protestante aux pages 187, 192, 195, 201, où, au lieu de Consécration il est nettement déclaré : Récit de l'Institution. 
Pareille déclaration devrait être assez claire pour dessiller les yeux de tous, d'autant plus qu'elle est encore renforcée par cette autre affirmation de la page 383 qui est un aveu (ci-dessus n° 16) et qui ne devrait laisser aucun doute aux catholiques. Désormais ils ne peuvent plus l'ignorer puisque ses inventeurs ont pris soin de le leur dire : la célébration qu'on appelle nouvelle messe n'est aucunement la «Messe» puisqu'elle n'est pas le renouvellement du Sacrifice du Calvaire, mais son simple Mémorial. Dans l'intention de ses fabricants, elle n'est rien de plus que la Cène protestante. Redisons-le : les novateurs ne s'en cachent plus, ils nous l'ont dit : il ne s'agit pas d'une consécration mais d'un «récit
de l'Institution». Comme ils ont eu soin de nous le déclarer, il s'agit simplement de faire mémoire de l'unique Sacrifice déjà accompli et non pas, comme l'enseigne la doctrine catholique, d'un renouvellement véritable du Sacrifice. Ceux des catholiques qui s'obstinent à ignorer ces déclarations, qui, refusant d'en tenir compte, osent prétendre que le Nouvel Ordo Missae est toujours une Messe catholique, s'aveuglent pitoyablement. C'est leur affaire. Mais leurs déclarations sentimentales ne changeront pas la réalité : dans le fait comme dans l'intention de ses auteurs, le rite nouveau n'est plus la Messe, mais un simple mémorial qui n'effectue plus notre Sacrifice adorable. 
41. [Prayer Book de 1549.]
Enfin, il n’y avait pas de communion, car, s’il n’y a ni Consécration ni Sacrifice, il n’y a pas davantage de Présence réelle du Corps et du Sang du Christ. 
41 - [Réforme de Paul VI.]
Mêmes conséquences découlent du nouveau rite. Puisque dans l'intention de ses fabricants il «s'agit seulement de faire mémoire»,le nouveau rite a été agencé non seulement pour ne pas manifester clairement l'intention de consacrer, mais encore pour faire entendre qu'on ne fait qu'un récit. Mais alors, si le «président» se conforme au nouveau rite et au dessein de ses auteurs, il n'a pas l'intention de consacrer. Donc le pain et le vin demeurent ; il n'y a pas de présence corporelle. Sans présence corporelle, pas de sacrifice ; et sans sacrifice, pas de communion sacramentelle. De lui-même, le nouveau rite tend donc bien à n'être qu'un rite absolument vain et nul. Ici une remarque s'impose pour prévenir toute objection : à la différence des hérétiques de 1549 qui sortirent de l'Église, ceux d'aujourd'hui entendent rester à l'intérieur. Ils y occupent des postes-clés jusqu'aux plus hauts sommets de la hiérarchie, ayant ainsi les apparences de l'autorité régulière : les loups gardent les dehors des brebis. 
De là l'illusion facile chez les prêtres et les fidèles, par rapport à la Messe. Ne pouvant croire aux intentions perfides des destructeurs, ils se disent que du moment qu'on utilise le Nouvel Ordo Missæ avec l'intention de faire ce que l'Église traditionnelle veut faire, c'est-à-dire une vraie transsubstantiation, un vrai sacrifice propitiatoire, la Messe est valide malgré le rite. C'est vrai, leur Messe peut être valide car l'équivoque de la subversion actuelle détruit la Messe en donnant aux non-avertis l'impression de ne pas la détruire. Réalisons que l'hérésie moderniste n'est pas une hérésie classique, franche, clairement exprimée ; c'est une hérésie qui se dissimule sous des formules qui peuvent être entendues dans le sens hérétique et dans le sens catholique. Cette méthode hypocrite comporte pour l'hérésie un avantage (transformer la Messe en cène protestante sans donner l'éveil aux fidèles, sans provoquer trop de résistance) et un risque (celui de maintenir encore la validité de la Messe par ceux qui la disent avec l'intention catholique). Ce risque fait partie de la méthode employée, l'équivoque ; mais les modernistes le courent car pour eux, qui ne croient aucunement en la transsubstantiation, la question de la validité ne se pose pas ; et de plus, ils savent très bien que la doctrine traditionnelle n'étant plus enseignée (nouveaux catéchismes, nouvelle théologie), avec le temps la Messe sera détruite. Qui ne comprend, dès lors, quelle terrible responsabilité endossent ceux qui utilisent le N.O.M., même avec l'intention de célébrer validement, puisque par leur utilisation ils contribuent pour leur part à l'installation de cerite qui, de lui-même, tend à substituer la cène protestante à la Messe catholique. 
42 - [Prayer Book de 1549.]
Ces lois, votées par le Parlement contre le gré des évêques, étaient des actes révolutionnaires qui prétendaient imposer un nouveau culte. 
42 - [Réforme de Paul VI.]
Au synode de 1967, Paul VI présenta la «nouvelle messe» aux évêques sous le nom de «messe normative»... Les évêques, par leur vote (puisque Paul VI en est à mettre la Messe au vote !), l'ont nettement repoussée. La nouvelle réforme de la Messe s'inscrit donc, par ses procédés, dans la droite ligne de la Réforme de 1549. 
43 - [Prayer Book de 1549.]
Saint Thomas More
Des prélats catholiques en fonction au commencement du règne d'Elisabeth Ière, UN SEUL accepta la réforme, tous les autres la refusèrent et furent déposés. Voici, pour cette période, la liste officielle des Bienheureux et des Vénérables de l'Eglise d'Angleterre. Entre 1535 et 1544 : cinquante-martyrs ; calme entre 1545 et 1558 ; de 1559 à 1603 : cent quatre-vingt-huit martyrs ; de 1604 à 1680 : soixante-quinze martyrs. Il y eut aussi quarante-trois différés, ceux dont le martyre n'a pas été proclamé par manque d'évidence.
De tous ces martyrs, deux furent canonisés en 1935 : Saint Thomas More (laïc) et Saint John Fisher (évêque). Quarante autres le furent en 1970 (?) La plupart de ceux-ci étaient prêtres, mais il y avait aussi des laïcs, hommes et femmes. En plus des martyrs officiellement reconnus et des quarante-trois différés, il y en eut beaucoup d'autres et un grand nombre moururent en prison. Parmi ces centaines et centaines de prisonniers, il faut compter la plupart des évêques catholiques qui étaient en place au moment où Elisabeth Ière est montée sur le trône ; ils restèrent en prison dans des conditions plus ou moins dures jusqu’à leur mort. Le dernier de ces évêques mourut en 1584, après vingt-cinq ans de détention. Ce fut seulement sous Henri VIII que les évêques, saint John Fisher excepté, furent lâchés ; sous Elisabeth Ière, ils se ressaisirent et un seul d'entre eux apostasia. Pendant le règne d'Elisabeth Ière, les prisons étaient toujours remplies et
on en construisit beaucoup de nouvelles pour y enfermer ceux qui refusaient la Réforme. Les catholiques anglais ont de quoi être fiers de la résistance de leurs ancêtres à la réforme et de leur courage pour défendre la Foi ! 
43 - [Réforme de Paul VI.]
La réforme de Paul VI donne un résultat contraire à celle de 1549 : il n'y a que très peu de prélats qui restent attachés à la Sainte Messe traditionnelle et encore, combien parmi eux qui acceptent de confesser cet attachement ouvertement et publiquement ? Nous n'en connaissons que deux : Mgr Marcel Lefebvre, Archevêque de Synnada en Phrygie et fondateur de la Fraternité Saint Pie X (Ecône en Suisse), et Mgr Antonio de Castro Mayer, Evêque de Campos (Brésil). Que Dieu les bénisse et les soutienne ! Par contre, il y a beaucoup de prêtres qui refusent la nouvelle messe et conservent l'ancienne, et certains d'entre eux - il s'en trouve dans tous les pays - combattent la nouvelle messe et dénoncent la malice hérétique des faux réformateurs. C'est également de résignation qu'il faut parler pour la plupart des catholiques au sujet de toute la réforme entreprise par Paul VI. Au fond, beaucoup regrettent la liturgie séculaire qui nous vient des Apôtres, mais la très grande majorité, pour des raisons multiples (ignorance coupable, fausse obéissance, veulerie, tiédeur, amour de la tranquillité), n'a pas le courage de s'opposer à la ruine du catholicisme qui s'opère sous ses yeux. 
44 - [Prayer Book de 1549.]
La Reine Elisabeth Ière, pour établir définitivement la religion anglicane, avait procédé par étapes avec une habileté consommée. En prenant le pouvoir, elle avait, sous le prétexte de ménager toutes les opinions, introduit dans son Conseil les hommes gagnés aux idées nouvelles, tout en maintenant certains membres catholiques du temps de Marie Tudor. 
44 - [Réforme de Paul VI.]
Paul VI a dû étudier la stratégie de la Reine Elisabeth et s'en inspirer pour Sa Réforme car nous retrouvons la même habileté consommée, la progression par étapes et le mélange, dans ses innombrables comités, commissions, conférences, secrétariats, etc., qu'il met en place dans le monde entier (comme une araignée sa toile), d'éléments qui passent comme conservateurs avec d'autres qui ont pour mission de propager la Réforme. 
45 - [Prayer Book de 1549.]
D'autre part, elle avait fait disparaître de la Messe catholique quelques rites qui déplaisaient aux Réformés : ce fut la première étape. 
45 - [Réforme de Paul VI.]
La nouvelle réforme de la Messe commença par la suppression des prières au bas de l'autel et du dernier Evangile. Puis nous avons vu successivement l'autel retourné ou remplacé par des tables, la Messe à haute voix, puis le Canon à haute voix. On fit disparaître le latin en même temps que sortirent des «traductions nouvelles» des prières de la Messe (nouvelles, c'est-à-dire falsifiées). Les fidèles déjà mécontents par ce massacre de leur Messe, le furent encore bien davantage quand une innovation supplémentaire fit son apparition et se répandit partout : la Communion debout. Cette façon de communier si contraire à l'esprit catholique rencontra de la résistance chez nombre de fidèles choqués dans leurs convictions. Pour arriver à faire disparaître cet hommage rendu à la Présence Réelle et substantielle de Notre-Seigneur, le clergé recyclé ne craignit pas d'exalter les vertus d'obéissance et de sacrifice, s'ingéniant par là à donner mauvaise conscience aux obstinés de l'Adoration due à Dieu. Le troupeau ignorant et désemparé finit par se rendre à la voix du prêtre. Un très petit nombre ne voulut rien entendre : les brimades publiques leur furent réservées. Au cours des mois, même d'une semaine à l'autre, les «nouveautés» se multipliaient ; tel prêtre escamotait les prières au bas de l'autel, tel autre supprimait les signes de Croix du Canon, un autre n'adorait plus l'hostie après les paroles consécratoires, etc., etc. On se scandalisait, les conversations stigmatisaient tous ces prêtres «désobéissants», alors qu'en fait ils obéissaient aux ordres occultes destinés à habituer les fidèles aux mutations à venir : ce fut la «nouvelle messe», où se retrouvaient en bloc et en détail toutes les «désobéissances» des prêtres qui savaient. La duperie avait été complète ! 
46 - [Prayer Book de 1549.]
Puis en 1559, maîtresse absolue de la religion en Angleterre, elle avait supprimé les lois contre les hérétiques, ce qui pouvait passer pour une mesure de tolérance. Elle réintroduisit le Prayer Book de 1552, qui était nettement protestant, et en 1563 elle fit légaliser de nouveau l'Ordinal de 1550 (bien qu'on s'en servait dès le commencement de son règne). 
46 - [Réforme de Paul VI.]
Depuis Vatican II, libre carrière a été donnée à tous les hérétiques : tout est permis, sauf de penser et de pratiquer comme la Sainte Église a toujours cru et pratiqué. Comme Elisabeth Ière d'Angleterre, Paul VI a veillé à la non-condamnation des hérétiques en faisant disparaître le Saint-Office qui était spécialement chargé de les empêcher de nuire. Et lui-même a tenu à déclarer qu'il n'y aurait plus de sanctions : «Nous allons avoir une période de plus grande liberté dans la vie de l'Église et par suite pour chacun de ses fils... La discipline formelle sera réduite, tout arbitraire sera aboli... seront également abolis toute intolérance et tout absolutisme». (9 juillet 1969.) 
47 - [Prayer Book de 1549.]
Enfin, en 1563, quand elle eut jugé que, peu à peu, le peuple s'était suffisamment détaché de ses anciens usages, elle franchit la dernière étape, en obtenant le vote d'une confession de foi. 
47 - [Réforme de Paul VI.]
Les novateurs actuels s'emploient ainsi à détacher l'es catholiques de ce qu'ils ont toujours cru et pratiqué pendant près de deux millénaires. Il semble bien que la grande apostasie prédite par Saint Paul (II Thes., I, 3-13 ; et I Tim. IV, 1-2) s'accomplisse actuellement.
48 - [Prayer Book de 1549.]
Au surplus, la religion établie par la Reine comportait un alliage bizarre des trois religions, catholique, luthérienne et calviniste : c'est ainsi que, tout en se ralliant à la nouvelle liturgie, elle avait gardé quelques rites et usages catholiques tels que l'emploi de la chape dans des grandes églises et, pour les autres, du surplis, des cierges à l'autel, etc., et elle avait gardé la constitution hiérarchique. Dans la pensée d'Elisabeth Ière, la religion anglicane ainsi établie sur la base d'un compromis devait être facilement acceptée de tous ses sujets. Elle se trompait. L'anglicanisme était loin de contenter tout le monde ; il ne contentait ni les catholiques qui entendaient rester attachés au dogme de la sainte Église, ni les calvinistes radicaux qui ne trouvaient pas suffisantes les réformes opérées. 
48 - [Réforme de Paul VI.]
LE RÊVE DE PAUL VI EST DE RÉUNIR TOUS LES HOMMES DANS UNE SORTE DE RELIGION HUMANITAIRE OÙ IL N'Y AURA NI CATHOLIQUES, NI PROTESTANTS, NI MUSULMANS, ETC. Dans une première étape, abusant de la prière du Seigneur «qu'ils soient un», on poussa, au nom d'une fausse unité, catholiques et protestants à fusionner. Dans ce but, on ne parla plus de catholiques mais de «chrétiens».

Au terme de cette concordance patente entre la Réforme protestante de 1549 et la Réforme actuelle de Paul VI, il nous semble que quiconque veut conserver sa foi doit rejeter toutes les nouveautés.
Ce devoir concerne tous les catholiques et tous seront comptables devant Dieu de ce qu'ils auront fait pour défendre leur Foi.

Ce devoir, grave pour tout catholique, est bien plus grave encore pour ceux que Dieu a préférés, qu'Il a choisis, qu'Il a appelés et dont Il a fait Ses prêtres. Qu'ils se souviennent de leur ordination sacerdotale et qu'ils se gardent d'oublier le double serment qu'ils ont prêté, la main sur les Saints Évangiles : serment antimoderniste et serment sacerdotal (du Concile de Trente).
L'acceptation du nouvel ordo missæ à l'hérésie dissimulée les rend parjures à ce double serment.
Le devoir de défendre la Messe est un honneur et c'est une Grâce. Courage !
Adjutorium nostrum in Nomine Domini !

-Père Noël Barbara, 1973.