samedi 18 mai 2019

Fête de saint Jean-Baptiste 2019 à Drummondville



Tradition Québec vous invite à sa Grand-Messe de la Saint-Jean-Baptiste, le lundi 24 Juin à Drummondville.

Lieu : 1966 boulevard Saint-Joseph Ouest, Saint-Majorique. QC, J2B 8A8.

Horaire :

8h30 à 10h - Confessions.
10h - Messe catholique (rite de saint Pie V) - Abbé Damien Dutertre.
12h30-13h - Repas ailleurs à Drummondville. Apportez votre repas. L'adresse vous sera communiqué.

Pour informations : Nous joindre

mardi 14 mai 2019

La tactique des gauchiste démasquée


La tactique des gauchistes démasquée, cahier n.2 de Robert Rumilly (suite de L'infiltration gauchiste au Canada français), sera disponible dès le 17 juin 2019. Pré commandez votre copie dès aujourd'hui en visitant notre page Etsy. Les commandes passées seront donc honorées à partir du lundi 17 juin 2019.


Titre : La tactique des gauchistes démasquée.
Auteur : Robert Rumilly.
Éditeur : Les Éditions de la Vérité
Langue : français.
Taille : 10.79 x 17.46 cm.
Pages : 84.
Couverture : souple.
Date de publication : 17 juin 2019.
Prix : 12,15 $ (livraison gratuite).


Pour l'occasion, des copies du cahier n.1 L'infiltration gauchiste au Canada français seront aussi disponibles dès le 17 juin 2019. Pour en pré commander une copie, cliquez ici.

samedi 11 mai 2019

Marxisme et christianisme

Nous ne pouvons terminer cette étude sans traiter d'un problème sans cesse agité à l'heure actuelle. Comment situer réciproquement marxisme et christianisme? En particulier, un chrétien peut-il collaborer avec les marxistes dans sa lutte politico-sociale ?

Nous avons déjà indiqué que l'athéisme n'était absolument pas une pièce rapportée ou un élément adventice dans le marxisme, mais bien une des idées maîtresses, voire l'inspiration foncière du système. La chose est dite en termes fort nets par les interprètes les plus officiels de la pensée marxiste, tel A. Cornu. On peut même dire que, bien loin que la critique marxiste de la religion ne soit qu'un corollaire de la critique du libéralisme économique contenue dans Le Capital (comme le croient sottement trop de chrétiens de notre pays), c'est rigoureusement l'inverse qui est vrai : Le schéma de l'aliénation, dont l'essentiel est dû à Feuerbach et qui s'applique aux rapports entre l'homme et Dieu, est appliqué par Marx à la société capitaliste.

Nous parlions du présent problème, voici quelque temps, avec une haute personnalité romaine. Celle-ci nous déclara : « Je n'arrive pas à comprendre l'attitude de certains catholiques français, qui essaient perpétuellement de maintenir le contact avec le communisme. L'opposition totale est pourtant trop manifeste, et ceci à trois échelons : les doctrines sont entièrement antagonistes et inconciliables l'une avec l'autre. L'Eglise est intervenue à de multiples reprises pour dire ce qu'il fallait en penser, ce qui, pour un chrétien catholique devrait trancher le débat. Enfin, il y a l'épreuve des faits partout où le communisme est au pouvoir, il s'acharne à détruire la religion chrétienne ».

Ces paroles autorisées nous donnent un plan tout tracé:

1. Caractère intrinsèquement inconciliable des doctrines

Elles s'opposent en effet en ce qui concerne l'idée qu'elles se font de la réalité dans leur hiérarchie des biens et des maux : dans le but qu'elles s'assignent ; et, enfin, dans le choix des moyens.

a) Pour le chrétien (et, en général, pour le spiritualiste et l'homme religieux monothéiste) le monde matériel existe certainement : il est l'oeuvre de Dieu, et nous ne devons ni le mépriser, ni le négliger. Mais la réalité suprême, c'est Dieu et le monde spirituel beaucoup plus riche et dense que l'univers matériel. Le moindre acte de foi proclame cela et les saints en font le centre de leur vie. Pour le marxiste, seule la matière existe, la pensée n'en est qu'un effet, et tout ce qui concerne le monde spirituel est pure fantasmagorie, mystification néfaste qu'il faut extirper.

b) Pour le chrétien, le mal suprême, la seule aliénation intégrale, c'est le péché, la faute morale. Comparativement à cela, le reste est secondaire. Pour le marxiste, la notion de péché est mystifiante et irrationnelle, le mal suprême c'est la souffrance qui résulte de l'oppression sociale.

c) Pour le chrétien, il ne faut certes pas se désintéresser de la vie des hommes ici-bas, et il faut combattre l'injustice, mais enfin notre demeure ultime est aux cieux et notre espérance porte sur le Royaume de Dieu, non sur la technique et la rationalisation des moyens de production. Pour le marxiste, « notre paradis, c'est sur terre que nous le ferons » (Maurice Thorez, reprenant un mot
de Marx), le reste est chimère haïssable.

d) Pour le chrétien, il y a des moyens d'action qui sont intrinsèquement illégitimes, qu'il ne faudra jamais employer, quel qu'en puisse être le bon effet temporel (puisque le péché est le plus grand des maux). Pour le marxiste, est bon ce qui sert la cause de la révolution, est mauvais ce qui s'y oppose (38), de sorte que c'est merveille de voir les bonnes âmes s'étonner lorsque le communisme utilise des procédés tels que le mensonge, la calomnie pour déconsidérer un adversaire, les procès préfabriqués, la liquidation physique des individus ou des groupes, etc. Dans son optique, il aurait bien tort de se paralyser par un scrupulisme petit-bourgeois, puisqu'il s'agit de rendre en définitive l'homme heureux (39).

Comment dès lors un chrétien pourrait-il collaborer, même sur le plan purement pratique avec le Parti communiste? On n'arrive même pas, logiquement parlant, à comprendre comment certains ont pu le croire et persévérer encore actuellement dans cette voie (ce qui prouve que certains esprits sont capables de refuser même les évidences).

2. Condamnation formelle du communisme par l'Eglise

Ce paragraphe s'adresse essentiellement aux catholiques, mais un incroyant honnête pourra au moins comprendre pourquoi l'accord est impossible.

Pie XI (1922-1939) : « Le communisme est
intrinsèquement pervers ».
Les textes sont nombreux. Nous ne rappellerons que trois documents particulièrement caractéristiques : d'abord, l'encyclique Divini Redemptoris de Pie XI (1937) (40) qui est particulièrement sévère (« Le communisme se montre sauvage et inhumain à un degré qu'on a peine à croire, et qui tient du prodige... Le communisme est intrinsèquement pervers et l'on ne peut admettre sur aucun terrain de collaboration avec lui, de la part de quiconque veut sauver la civilisation chrétienne. Si quelques-uns, induits en erreur, coopéraient à la victoire du communisme dans leur pays, ils tomberaient les premiers, victimes de leurs égarements »).

Sur le plan pratique, le Saint-Office, dans un décret du 1er juillet 1949, porte des sanctions canoniques contre ceux qui collaboreraient avec le communisme. Une autre décision du Saint-Office est intervenue le 14 avril 1959 [NDLR : Sous Jean XXIII/Roncalli], toujours dans le même sens.

Ajoutons enfin les nombreuses condamnations de publications et de groupes progressistes par Rome, qu'il s'agisse des pays libres (« jeunesse de l'Eglise», « quinzaine », etc.) (41) ou des pays de démocratie populaire (Pologne principalement). On voit mal comment un catholique peut passer outre, en sécurité de conscience, à de telles barrières.

3. Persécutions antireligieuses

Il semble que beaucoup, sur ce point, ne soient pas au courant, ou plutôt s'évertuent à ne pas savoir. On ressasse toujours, en milieu progressiste, la formule communiste : « Nous ne voulons pas faire de martyrs », mais on la prend à contresens : elle signifie seulement qu'il ne faut pas molester ou tuer les prêtres ou les laïcs catholiques pour motif avoué d'ordre doctrinal, mais elle n'interdit pas, elle conseille même, de les disqualifier et de les liquider sous des prétextes politiques (sabotage de la réforme agraire, "activités fascistes", etc.), ce qui est toujours possible avec un parti tout-puissant
et une police omniprésente, là où le communisme est au pouvoir. Car après la prise du pouvoir, il faut liquider la religion.

En Russie, ce fut pendant des années une persécution sanglante qui coûta la vie à d'innombrables chrétiens, orthodoxes et autres. Si, sous Staline, il y eut la mise sur pied d'un « modus vivendi », il ne faut pas perdre de vue ses intentions intéressées (asservir à l'Etat soviétique ce qui s'obstinait à survivre de l'Eglise orthodoxe russe), et l'inégalité flagrante du statut qui accorde aux croyants la « liberté de pratique religieuse » (encore ne voyons-nous guère de fonctionnaires ou d'agents de l'Etat s'y risquer... ). Tandis que l'athéisme a la « liberté de propagande antireligieuse». Or, comme tout l'enseignement est aux mains de l'Etat bolchéviste, de l'école primaire aux universités, comme toutes les maisons d'édition sont également d'Etat, comme tous les journaux, revues, etc., sont d'Etat, on voit la disparité de condition : si la survivance de la religion en Russie prouve une chose, c'est le besoin d'absolu qui habite le cœur de l'homme et la puissance de l'action de Dieu, mais certainement pas la générosité du communisme !

La chose est d'ailleurs particulièrement flagrante lorsqu'il s'agit des pays de démocratie populaire (42). Sait-on, par exemple, que quatre évêques catholiques albanais sur cinq sont morts (en prison, ou fusillés) ? Qu'en Roumanie, la proportion est sensiblement la même? Quant à la Chine, les faits ont eu assez de publicité pour qu'on ne puisse tout étouffer... Et la Hongrie? Et la Tchécoslovaquie? Et la Bulgarie? Et la Pologne? Nous avons les statistiques et les noms propres sous les yeux, et nous regrettons de ne pouvoir tout transcrire (43).
Destruction de la cathédrale du Christ-Sauveur de
Moscou par le pouvoir communiste (1931).

Nous croyons n'avoir pas besoin d'insister maintenant sur l'incompatibilité absolue du marxisme-léninisme et du christianisme traditionnel. Signalons tout de même l'absolue fausseté du propos, si répandu en France en certains milieux et d'après lequel on ne doit lutter contre le communisme que par la prière et par les réformes sociales, en « faisant mieux que lui » (ce qui suppose qu'il fait bien, si cette formule de Joseph Folliet a un sens).

En réalité, il y a bien un problème urgent et réel d'amélioration des niveaux de vie, surtout pour certains pays particulièrement défavorisés, mais il y a aussi :

a) Une lutte doctrinale, qui oppose au marxisme-léninisme des constructions solides et « en dur » , non quelque gélatine pseudo-chrétienne, qu'il s'agisse de théologie, de philosophie pure ou de théorie politique. Effectivement, l'attrait du communisme sur les jeunes vient en grande partie de sa massivité affirmative et de son caractère de « système du monde » (voir début de la leçon) :

b) Un devoir strict pour les pouvoirs publics (s'ils font leur métier) de mettre un frein à la subversion, par des moyens honnêtes, mais fermes. On ne peut laisser se développer à son gré un mouvement dont le but avoué est la liquidation de toute opposition. Ou alors, c'est qu'on est masochiste (cela arrive). Nous ne sommes nullement des prédicateurs de croisade antisoviétique comme on nous en a
accusé, nous ne faisons qu 'énoncer une doctrine toute traditionnelle, rappelée par Pie XI lorsqu 'il exhortait sur ce point les Etats à la vigilance, dans les années d'avant 1939.



-Louis Jugnet, Doctrines philosophiques et système politique. Editions de Chiré. 2013. Chiré-en-Montreuil. P. 148-154.


(38) « ... Notre moralité est entièrement subordonnée aux intérêts de la lutte de classe... Notre moralité se déduit des intérêts de la lutte de classe du prolétariat » (Lénine, au III Congrès des Jeunesses Communistes, 1920).

(39) Tous les humanitaires sont pareils, de Robespierre à Lénine : ils massacrent les hommes actuels en toute sécurité de conscience afin que leurs petits-enfants (s'il en reste) nagent dans la béatitude définitive (voir là-dessus les amères ironies de Koestler, Le Zéro et l'infini) et de Camus (L'homme révolté).

(40) L'habitude de ne pas tenir compte des encycliques est fortement enracinée dans certains milieux catholiques, nous ne le savons que trop. Pourtant, cette attitude elle-même est hétérodoxe et a été condamnée plusieurs fois par l'Eglise. Surtout quand l'encyclique dont il s'agit ne fait que rappeler des principes fondamentaux de morale chrétienne ! ...

(41) Sur les sources du progressisme chrétien dans notre pays, on trouvera, mêlé a une terminologie hégélienne et à d'aigres jugements sur le thomisme, une masse imposante de matériaux dans le récent livre du P. Gaston Fessard, jésuite : De l'actualité historique, t. II : Progressisme chrétien et apostolat ouvrier (Desclée De Brouwer), qui met en cause des personnalités très en vue...

(42) Signalons en passant que la situation de l'Eglise chez Tito, suprême espoir de certains, n'est pas meilleure ...

(43) Le moins que nous puissions faire, c'est de renvoyer à deux ouvrages, pris entre beaucoup d'autres : J. Monsterleet, Les martyrs de Chine parlent (Amiot-Dumont) et P. Gherman: L'âme roumaine écartelée (Editions du Cèdre).

mardi 7 mai 2019

La philosophie religieuse des modernistes : l'agnosticisme

§ I. — Agnosticisme. 

D. — « Pour commencer par le philosophe, quelle est la doctrine que les modernistes posent comme base de leur philosophie religieuse? 
R. — « Les modernistes posent comme base de leur philosophie religieuse la doctrine appelée communément agnosticisme. »

D. — Résumez la doctrine de l'agnosticisme? 
R. — « La raison humaine, enfermée rigoureusement dans le cercle des phénomènes, c'est-à-dire des choses qui apparaissent, et telles précisément qu'elles apparaissent, n'a ni la faculté ni le droit d'en franchir les limites ; elle n'est donc pas capable de s'élever jusqu'à Dieu, non, pas même pour en connaître, par le moyen des créatures, l'existence : telle est cette doctrine. »

D. — De cette doctrine, que concluent les modernistes? 
R. — « Ils infèrent deux choses : que Dieu n'est point objet direct de science ; que Dieu n'est point un personnage historique. »

D. — « Qu'advient-il, après cela, de la théologie naturelle, des motifs de crédibilité, de la révélation extérieure ? »
R. — « Il est aisé de le comprendre. Ils les suppriment purement et simplement et les renvoient à l'intellectualisme, système, disent-ils, qui fait sourire de pitié, et dès longtemps périmé. »

D. — Se laissent-ils arrêter au moins par les condamnations de l'Eglise? 
R. — « Rien ne les arrête, pas même les condamnations dont l'Eglise a frappé ces erreurs monstrueuses. »

D. — Donnez sur ce point, à l'encontre du modernisme , la doctrine du Concile du Vatican? 
R. — « Car le Concile du Vatican a décrété ce qui suit : Si quelqu'un dit que la lumière naturelle de l'humaine raison est incapable de faire connaître avec certitude, par le moyen des choses créées, le seul et vrai Dieu, notre Créateur et Maître, qu'il soit anathème (1). Et encore : Si quelqu'un dit qu'il ne se peut faire, ou qu'il n'est pas expédient que l'homme soit instruit par révélation divine du culte à rendre à Dieu, qu'il soit anathème (2). Et enfin : Si quelqu'un dit que la révélation divine ne peut être rendue croyable par des signes extérieurs, et que ce n'est donc que par l'expérience individuelle ou par l'inspiration privée que les hommes sont mus à la foi, qu'il soit anathème (3). »

D. — « Maintenant, de l'agnosticisme qui n'est après tout qu'ignorance, comment les modernistes passent-ils à l'athéisme scientifique et historique, dont la négation fait au contraire tout le caractère ; de ce qu'ils ignorent si Dieu est intervenu dans l'histoire du genre humain, par quel artifice de raisonnement en viennent-ils à expliquer cette même histoire absolument en dehors de Dieu, qui est tenu pour n'y avoir point eu effectivement de part ? » 
R. — « Le comprenne qui pourra. Une chose, pour eux, parfaitement entendue et arrêtée, c'est que la science doit être athée, pareillement l'histoire ; nulle place, dans le champ de l'une comme de l'autre, sinon pour les phénomènes : Dieu et le divin en sont bannis. »

D. — « Quelles conséquences découlent de cette doctrine absurde, au regard de la personne sacrée du Sauveur, des mystères de sa vie et de sa mort, de sa résurrection et de son ascension glorieuse ? » 
R. — « C'est ce que nous verrons bientôt. »



-Père Jean-Baptiste Lemius, Catéchisme sur le modernisme. 1907. P. 7-9.


(1) De revel., can. I. 
(2) Ibid., can. II.  
(3) De Fide, can. III.