dimanche 25 décembre 2016

Voeux militants...

Aux apôtres du consumérisme, je souhaite qu'ils ne connaissent jamais un Noël sans traditions catholiques.

Aux partisans de la laïcité d'état, je souhaite qu'ils ne connaissent jamais un Québec sans militants catholiques.

A tous les ennemis de Notre-Seigneur Jésus-Christ, je souhaite la grâce d'une sincère conversion catholique.

À tous les soldats du Christ, je souhaite un très saint Noël, la paix, le bonheur et le courage pour 2017...

La bataille continue!


Kenny Piché
Responsable de l'information
Mouvement Tradition Québec



Crèche de Noël installée par des militants
près de l'Assemblée Nationale à Québec,
bénite par un prêtre catholique sur place.

Crèche de Noël installée par des militants
sous le sapin de la Place du Citoyen à Saguenay,
bénite par un prêtre catholique sur place.


mardi 20 décembre 2016

Sous la menace directe de la Révolution

Tous les pays sont menacés par la Révolution. Certains, cependant, lui opposent officiellement une résistance telle que les progrès de la Subversion ne paraissent pas évidents. Chez d'autres l'avance que marque la Révolution dans les institutions est partiellement compensée par un réveil de forces contrerévolutionnaires jusque-là non manifestées. Par contre en quelques pays on peut aisément constater le succès d'une violente poussée révolutionnaire.

Le colonel Château-Jobert
Un indice de la gravité de la situation se découvre dans la propagation des théories révolutionnaires et dans l'aide apportée à la Révolution par ceux-là mêmes qui devraient la combattre avec le plus d'acharnement.
« On ne doit pas douter un instant de l'existence d'une grande et formidable secte qui a juré depuis longtemps le renversement de tous les trônes ; et c'est des princes mêmes dont elle se sert avec une habileté infernale, pour les renverser... Le talent de cette secte pour "enchanter" les gouvernements est un des plus terribles et des plus extraordinaires phénomènes qu'on ait vus dans le monde » -Joseph de Maistre, Oeuvres complètes. Tome XII, p. 42

Il est bien imprudent de prétendre à évaluer les délais qui restent à un pays avant une rupture de son équilibre social. Si l'on pouvait la tracer, la courbe qui indiquerait les progrès de la Révolution serait sinueuse, voire en dents de scie, car il suffit souvent de l'influence d'un homme pour que s'opèrent de grands changements en bien ou en mal, et la rapidité même de l'avance révolutionnaire peut être la cause de réactions heureuses.

L'absence de réactions constitue précisément un avertissement très net de la menace : quand un pouvoir révolutionnaire a si habilement mené son jeu que les hommes ont perdu non seulement la liberté de réagir, mais encore la volonté de réagir pour sauver leurs droits, alors la Révolution est bien près de triompher.

C'est le cas en certains pays non encore officiellement révolutionnaires, et l'on peut dès à présent y envisager le pire : une époque de persécution peut-être suivie ou précédée d'une ère de particulières violences. À l'approche de ce temps les indices ne peuvent échapper, pour peu que l'on y prête attention. À cet effet il convient de se représenter quelle est l'ambiance d'un pays vivant sous la menace d'une emprise totale de la Révolution :

L'ennemi est beaucoup trop avisé pour dévoiler ouvertement son jeu, au moins au début. Mais la persécution sournoise a des effets aussi destructeurs qu'un régime d'exactions avouées. Au moins, dans ce dernier cas, on évite les imprudences, car elles sont immédiatement sanctionnées.

Sous un régime apparemment neutre, tout ce qui présente une tendance contrerévolutionnaire est d'abord traqué sous des prétextes d'ordre purement civique. La Révolution s'attaque insidieusement aux notions de l'ordre naturel [NDLR: famille, patrie, corps intermédiaires, la vie et la mort, l'idée même du bien et du mal, etc.] ; et toutes les manifestations d'une opposition sont représentées par le gouvernement comme des complots contre le régime. La liberté d'expression de la vérité disparaît en fait. Les procès d'opinion succèdent aux procès d'intention. La Révolution s'en prend aux grands corps de l'Etat dont l'échine ne serait pas assez souple (magistrature, cadres supérieurs de l'administration, armée, etc.).

Elle a l'habileté de n'apparaître elle-même nulle part, laissant ou faisant agir dans son sens des hommes que l'on ne pourrait prendre pour des révolutionnaires. Elle pousse même la ruse à opérer par le truchement de catholiques.

Une justice qui devrait s'opposer aux attaques d'où qu'elles viennent, contre les biens supérieurs de la nation, devient un instrument de police au profit d'un gouvernement. La loi est oubliée quand elle pourrait se dresse contre l'abandon des « buts fondamentaux et permanents de la politique nationale », mais elle est réclamée pour châtier les adversaires de la politique gouvernementale.

Pour comble d'illusion, le pays se croit encore libre. Il ne vient pas à l'esprit du peuple que les moyens d'information sont devenus des instruments asservis au pouvoir établi. Les pressions sont telles sur les esprits que ceux-ci ne peuvent plus réfléchir librement et juger en connaissance de cause. Et ils sont d'autant mieux trompés que sont plus soigneusement entretenues la fiction de la « libre discussion » et celle de la « réclamation toujours possible par les voies légales ».

Tout est fait pour maintenir ces apparences, et les hommes sont reconnaissants à un « Système » qui leur ôte toute raison de s'interroger, en leur rabâchant que tout va pour le mieux.

Souvent l'absence de soucis économiques graves suffira à estomper l'affaiblissement du niveau moral, marque certaine de la décadence d'une nation. Quand les notions de loi morale et de patrie seront attaquées et déconsidérées par les voix officielles elles-mêmes, il sera urgent de se préparer au pire, quelles que soient les apparences de prospérité matérielle qui puissent voiler l'imminence de la menace.



-Colonel Château-Jobert, La confrontation Révolution-Contrerévolution. Editions de Chiré. Chiré-en-Montreuil, 2015. Pp. 76-79

Conférence: L'Affaire Galilée, ou le scientisme contre la foi

 

Conférence de monsieur Pierre Messier sur l'Affaire Galilée.

7 janvier 2017 à 13:30
 
496 Boulevard Langelier, Québec, QC G1K 5P2
 
 
 
 


lundi 19 décembre 2016

Joseph de Maistre sur le protestantisme

Dans Sur le protestantisme, Joseph de Maistre critique très violemment l’esprit de la Réforme, responsable selon lui de l’affaissement de la monarchie et, par conséquent, de l’avènement de la Révolution française. Pour l’auteur contre-révolutionnaire, la religion protestante, animée par un esprit de révolte, est un danger terrible pour l’autorité ainsi que pour la foi.
Le comte Joseph de Maistre (1753-1821)

Dans une lettre du 16 janvier 1815 adressée au comte de Bray, Joseph de Maistre qualifie le protestantisme C’est un principe destructeur qui – de la Réforme jusqu’à la Révolution française – va mettre à bas les piliers de la monarchie, à savoir la foi et l’autorité. En effet, le protestantisme apparaît comme un pur produit de la modernité puisqu’il privilégie, à travers la pratique du libre examen, la raison individuelle contre la raison générale. L’enseignement de la foi ne passe donc plus par l’autorité religieuse – le prêtre, seul légitime pour transmettre le message du Christ – mais par un accès direct aux textes. Dès lors, chacun a le droit d’interpréter la Bible comme il l’entend. Or, pour le Savoyard, ce qui fait la force du catholicisme c’est « l’infaillibilité de l’enseignement d’où résulte le respect aveugle pour l’autorité, l’abnégation de tout raisonnement individuel, et par conséquent l’universalité de croyance », de « rienisme ». À ses yeux, cette nouvelle religion n’en est pas une.

Pour Maistre, la vraie foi implique l’obéissance. Le protestantisme – et c’est le sens même du mot – proteste contre toutes les formes d’autorités mais aussi, selon le mot de Pierre Bayle, « contre toutes les vérités ». Pour l’auteur des Considérations sur la France, le protestantisme sabote les conditions de possibilité de la foi en faisant dépendre celle-ci de la seule libre conscience. Le protestant, parce qu’il se permet d’ « examiner » par lui-même les textes sacrés devient l'ennemi essentiel de toute croyance. La pratique du libre examen met également les protestants dans une disposition psychologique problématique. « Elle déchaîne l’orgueil contre l’autorité, et met la discussion à la place de l’obéissance », écrit Maistre.

Mais le protestantisme ne pose pas seulement problème du point de vue de la religion. Les principes qui le fondent excèdent très largement le domaine de la foi et ont des conséquences sur la vie politique. Car, « il est né rebelle, et l’insurrection est son état habituel », souligne Maistre. Le protestantisme est donc « une hérésie civile autant qu’une hérésie religieuse ». Pour le Savoyard, on ne peut séparer le catholicisme de la souveraineté. L’autorité du roi procède de l’autorité divine. Le roi est le représentant de Dieu sur terre. C’est de là qu’il tient la légitimité de son gouvernement. Interroger la foi, c’est donc inévitablement interroger la souveraineté du monarque. Pour Maistre, la Réforme contient en elle-même les causes de la Révolution française. C’est donc la preuve évidente que des bouleversements religieux peuvent entraîner des bouleversements politiques. L’esprit du protestantisme est un esprit de révolte. Il « naquit les armes à la main », écrit Maistre.

Le protestantisme, ennemi de la souveraineté

Nombreux sont les protestants à avoir défendu l’idée d’une souveraineté populaire. Une notion oxymorique pour l'auteur des Soirées Saint-Pétersbourg qui estime que la seule souveraineté possible est celle du monarque, que seul le Souverain peut être, à proprement parler, souverain. « Le protestantisme n’est pas seulement coupable des maux que son établissement causa. Il est anti-souverain par nature, il est rebelle par essence, il est ennemi mortel de toute raison nationale : partout il lui substitue la raison individuelle, c’est-à-dire qu’il détruit tout », estime Maistre.

Une des missions du monarque consiste donc à combattre le protestantisme. L’écrivain voit d’un très bon œil la révocation de l’édit de Nantes en 1685. « L’aversion de Louis XIV pour le calvinisme était encore un instinct royal », affirme-t-il. Puisque le protestantisme conjure sans cesse contre la France, il est naturel de le réprimer. Lutter contre l’expansion du protestantisme est le meilleur moyen de préserver la souveraineté nationale et l’autorité du roi. Pour Maistre, les protestants sont nécessairement des agents du philosophisme et de la Révolution. « Je crains réellement que les États réformés n’aient sur ce point plus de reproches à se faire qu’ils ne l’imaginent : presque tous les ouvrages impies et la très grande partie de ceux où l’immoralité prête des armes si puissantes à l’irréligion moderne, ayant été composés et imprimés chez les protestants », note-t-il.

Dès lors que le monarque transige avec le protestantisme, il met sa propre existence en péril. « Louis XIV foula au pied le protestantisme et il mourut dans son lit, brillant de gloire et chargé d’années. Louis XVI le caressa et il est mort sur l’échafaud », écrit Maistre. Et le Savoyard de souligner les affinités entre le protestantisme et le jacobinisme. Il constate notamment la tendresse filiale que montrent les partisans de la Révolution envers les protestants. Mais la soif de révolte du protestantisme ne peut être comblée. Une fois qu’un régime est à terre, il s’empresse d’attaquer le nouveau. Les républicains qui croyaient voir dans le protestantisme un ami fidèle se fourvoient. Pour Maistre, ces alliés d’aujourd’hui sont les ennemis de demain puisque « ce n’est pas cette autorité qui leur déplaît ; c’est l’autorité ». Le protestantisme « est républicain dans les monarchies et anarchiste dans les républiques ».

Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle
Maistre s’appuie finalement sur une réflexion du révolutionnaire et ami de la Réforme Condorcet pour montrer que le droit d’examen qui est au fondement de la philosophie protestante est une porte ouverte au nihilisme, au « rienisme » pour reprendre le mot du Savoyard. « Le protestantisme appelant de la raison nationale à la raison individuelle, et de l’autorité à l’examen, soumet toutes les vérités au droit d’examiner […] il s’ensuit que l’homme ou le corps qui examine et rejette une opinion religieuse ne peut, sans une contradiction grossière, condamner l’homme ou le corps qui en examinerait ou en rejetterait d’autres. Donc, tous les dogmes seront examinés et, par une conséquence infaillible, rejetés, plus tôt ou plus tard », écrit Maistre.

L’esprit du protestantisme est donc un esprit de remise en question perpétuelle. Parce qu’il questionne tout, il ne se fonde sur rien. Son anti-dogmatisme le fait sombrer dans un relativisme dangereux qui possède comme unique support la raison individuelle. En cela, le protestantisme est une philosophie moderne qui n’appartient pas au domaine de la foi. « Qu’est-ce qu’un protestant ? Il semble d’abord qu’il est aisé de répondre ; mais si l’on réfléchit, on hésite. Est-ce un anglican, un luthérien, un calviniste, un zwinglien, un anabaptiste, un quaker, un méthodiste, un morave, etc. (je suis las). C’est tout cela, et ce n’est rien. Le protestant est un homme qui n’est pas catholique, en sorte que le protestantisme n’est qu’une négation. »