mercredi 10 février 2016

Le Carême dans la province de Québec

Monseigneur Taschereau apposait son Imprimatur à la
 première édition du catéchisme de Québec en 1888.


Extrait de:

Le catéchisme des provinces ecclésiastiques de Québec, Montréal, Ottawa, 1888 ( PDF )


***

Cinquième commandement de l'Eglise
 
Q. Quelle obligation nous impose le cinquième commandement de l'Église : « Quatre-temps, vigiles jeûneras, et le carême entièrement » ?

R. Ce commandement nous impose l'obligation de jeûner les mercredi, vendredi et samedi de chaque semaine des Quatre-temps ; tous les jours du carême, excepté les dimanches ; la veille de Noël, de la Pentecôte, de la Saint-Pierre, de l'Assomption et de la Toussaint, et tous les mercredis et vendredis de l'avent.

*

Q.  Qu'entendez-vous par jour de jeûne ?

R. J'entends par jour de jeûne, les jours où l'on ne doit prendre qu'un seul repas principal, auquel il est permis d'ajouter une légère collation.

*

Q. Qu'entendez-vous par jours d'abstinence ?

R. Par jours d'abstinence, j'entends des jours où l'Eglise défend de manger de la viande, mais ne défend pas de faire plusieurs repas.

*

Q. Pourquoi l'Église nous ordonne-t-elle de jeûner et de nous abstenir de viande à certains jours ?

R. L'Église nous ordonne de jeûner et de nous abstenir de viande à certains jours, pour amortir nos passions et satisfaire pour nos péchés.

*

Q. A quel âge commence l'obligation de jeûner?

R. L'obligation de jeûner commence le jour où l'on a vingt-et-un ans accomplis.

*

Q. Quelles sont les raisons qui peuvent exempter du jeûne ?

R. Les principales raisons qui peuvent exempter du jeûne, sont la dispense, la maladie, un travail pénible. Dans le doute, on doit demander l'avis de son confesseur.

*

Sixième commandement de l'Eglise


Q. Qu'est-ce que l'Église nous défend par le sixième commandement : » Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement » ?

R. Par le sixième commandement, l'Eglise nous défend d'user, sans nécessité, d'aliments gras le vendredi et le samedi. Dans notre province, le Souverain Pontife a permis de faire gras le samedi, lorsque ce n'est pas un jour de jeûne.

*

Q. Que faut-il observer les jours de jeûne du carême, où par dispense, on peut manger gras ?

R. Les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras, il faut observer deux conditions :
1- ne faire qu'un  seul repas gras,
2- ne pas manger de poisson à ce repas.

*

Q. Quels sont les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras ?

R. Les jours du carême où, par dispense, on peut manger gras, sont :
1- les dimanches, excepté celui des Rameaux;
2- les lundis, mardis et jeudis, excepté le jeudi qui suit le Mercredi des Cendres et ceux de la semaine sainte.

*

Q. Pourquoi l'Église nous ordonne-t-elle de nous abstenir de viande le vendredi ?

R. L'Église nous ordonne de nous abstenir de viande le vendredi, pour nous faire faire pénitence le jour où Notre-Seigneur est mort pour nous.

vendredi 5 février 2016

Jeûne, abstinence et Carême - Catéchisme de Spirago



Ve et VIe Commandements de l’Eglise: la loi du jeûne et de l’abstinence.

Le jeûne est aussi ancien que l’humanité, ce fut la loi imposée au Paradis.
Dieu interdit ensuite aux Israélites différentes viandes. (Lévit. XI, 2), et le jour de la réconciliation ils étaient obligés â un jeûne absolu de 24 heures. (Ibid. XXIII).

Jésus-Christ et Elie jeûnèrent pendant 40 jours, et Jean-Baptiste, le précurseur, jeûnait très sévèrement. L’Eglise a prescrit le jeûne pour des motifs très graves.

Originairement la loi du jeûne était très rigoureuse, mais le droit commun a été bien mitigé dans beaucoup de diocèses par égard pour les circonstances de lieux et de temps.

La loi stricte défend les mets gras et plus d’un repas par jour, aux 40 jours du carême, aux jours des Quatre-Temps, à certaines vigiles. — L’abstinence sans jeûne est prescrite tous les vendredis et samedis de l’année. — Originairement la loi était si sévère qu’elle interdisait les oeufs et le laitage et tout repas avant le coucher du soleil. La dégénérescence de la race humaine et la tiédeur croissante des fidèles ont forcé l’Eglise à mitiger cette loi dans le cours des siècles. En vertu d’un induit pontifical, les évêques permettent à leurs diocésains différents mets interdits par la loi générale. Au commencement du carême on publie chaque année dans toutes les églises le mandement de carême qui indique ces dispositions particulières. — Elles ne sont pas les mêmes dans tous les diocèses. Quand on s’arrête quelque temps dans un diocèse étranger, on doit se conformer à ses usages, comme le conseillait déjà S. Ambroise à Ste Monique.

Il faut distinguer dans la loi de l’Eglise, 1° l’abstinence de la viande, 2° le jeûne, 3° la réunion du jeûne et de l’abstinence.

L’abstinence proprement dite consiste à se priver d’aliments gras, elle est prescrite tous les vendredis et samedis de l’année. Le jeûne qui consiste à se contenter d’un seul repas par jour et d’une légère collation est prescrit les jours de carême, à l’exception des dimanches, les jours de Quatre-Temps, aux Vigiles de Noël, de la Pentecôte, des SS. Pierre et Paul, de l’Assomption et de la Toussaint.

Le jeûne et l'abstinence réunis sont prescrits les jours de carême pour lesquels il n’y a pas dispense, les jours de Quatre-Temps et les Vigiles ci-dessus.

Les 5e et 6e commandements de l’Eglise nous obligent à observer les jours d’abstinence et de jeûne.

1. Nous devons garder l’abstinence le vendredi, parce qu’il est le jour de la mort du Sauveur.

Tous les aliments gras sont interdits ; néanmoins, beaucoup d’évêques permettent l’usage de graisse d'animaux. Il est permis de manger des animaux aquatiques, des poissons, des écrevisses, des grenouilles, des escargots, des tortues, car autrefois et dans certains pays, c’étaient les aliments des pauvres gens : les oeufs et le laitage sont aussi autorisés. — L’Eglise prescrit l'abstinence de la viande, parce que Jésus-Christ a livré son corps pour nous, parce que la chair est l’aliment le moins indispensable et que la privation de la viande est une mortification. L’abstinence doit aussi nous rappeler que nous devons combattre la concupiscence de la chair, qui est particulièrement excitée par les aliments gras. (S. Th. Aq.). Beaucoup de personnes mettent en avant contre l’abstinence les paroles du Christ: "Ce n'est pas ce qui entre par la bouche qui souille l’homme." (S. Matth. XV, 11). Sans doute, mais il a aussi dit: "Tout ce qui sort du coeur de l'homme, le souille." (Ibid. 18). Or, la désobéissance contre l'Eglise sort du coeur et le souille. Evidemment ce n n’est pas l’aliment matériel qui rend l’homme impur; ce n’est pas le fruit, dit S. Augustin, qui a corrompu Adam, c'est Adam qui a souillé le fruit. Il n’y a pas d’abstinence quand un jour de fête, Noël par exemple, tombe un vendredi, parce que Jésus lui-même ne veut pas que l’on jeûne, lorsqu’on doit se réjouir. (S. Matth. IX, 15).

De droit commun l’abstinence est aussi prescrite le samedi.

Cette loi devait dans l’esprit de l’Eglise procurer l'abrogation du sabbat, elle est généralement tombée en désuétude. II n’en reste pas moins vrai que nous devons pour nous préparer saintement au dimanche nous imposer quelques sacrifices. En particulier, il ne faut pas prolonger outre mesure les réjouissances du samedi soir, parce que l’on s’expose facilement à manquer les offices du dimanche.

2. Pendant le carême nous devons nous contenter d'un seul repas par jour, pour imiter les 40 jours du jeûne de Jésus et nous préparer dignement à la fête de Pâques.

Le carême commence au mercredi des cendres et dure jusqu’au dimanche de Pâques: les dimanches ne sont jamais jours de jeûne.

Le carême est de tradition apostolique (S. Jér.) et a été institué en mémoire du jeûne du Sauveur au désert. Il doit être un temps de pénitence et d'expiation de nos péchés. (Le violet, couleur liturgique du temps, est une couleur de deuil); or le jeûne est comme imposé par la nature dans les moments de tristesse. (S. Matth. IX, 15). En outre, nous devons méditer la Passion du Christ surtout pendant la semaine sainte. (Les sermons de carême roulent ordinairement sur la pénitence et la Passion).

Le jeûne et la méditation des souffrances de Jésus nous obtiennent le plus facilement la grâce de la contrition et du pardon et sont la meilleure préparation pour la confession et la communion pascale. — Dans les siècles passés, le carême était beaucoup plus dur que maintenant: nos aïeux ne mangeaient pas de viande pendant tout le carême et ne mangeaient que le soir. C’était la discipline du Moyen-âge et le concile de Tolède de 653 excommuniait ceux qui la transgressaient; du temps de Charlemagne c’était même un délit puni par la loi civile. — De nos jours le carême est bien facile. L’Eglise nous demande seulement de nous contenter du seul repas de midi, tout en nous permettant un petit déjeuner le matin, et le soir, une légère collation. Une personne valide ne peut rien prendre en dehors de cela sans transgresser la loi. (Alexandre VII, propos, condamnée 39). Il n’est pas défendu de boire, encore est-il convenable de le faire uniquement pour se désaltérer; ce serait rompre le jeûne que de prendre des boissons trop nourrissantes ou trop abondantes. Nous répétons qu’il faut soigneusement se conformer aux prescriptions diocésaines.

On n’est tenu de jeûner qu’à 21 ans accomplis.

dimanche 31 janvier 2016

Les diocèses canadiens et la crise en Syrie



Extrait de la chronique Le Tocsin tiré du dernier numéro de la revue Le Carillon.

Le Carillon - No.7 - Haut les cœurs!

***

Depuis quelques décennies, la majorité des groupes d’action catholique au sein des diocèses canadiens sont imprégnés de la culture socialiste d’un organisme prétendument catholique, mais ouvertement marxiste, nommé Développement & Paix.

Les diocèses canadiens, en collaboration avec Développement & Paix, brassaient de la grosse piastre dernièrement dans leur campagne de parrainage des réfugiés. Dans le Diocèse de Toronto, ce sont près de 3,1 millions de dollars qui ont été recueillis. Aux dernières nouvelles, au moins 15 millions auraient été amassées dans tout le Canada pour l’aide humanitaire aux réfugiés syriens.

Le nouveau président de Développement et paix, Jean-Denis Lampron, dressait un bilan sommaire des campagnes de l’organisme, le 6 décembre dernier, dans une entrevue au journal L’Express de Drummondville : « Selon les chiffres qu’il avance, 600 millions de dollars en aide humanitaire ont été donnés jusqu’à maintenant par l’organisme. Avec cette somme, 15 000 projets ont pu être réalisés dans le monde. »

Si Développement & Paix était un organisme véritablement voué à la propagation de la Doctrine catholique, les 312 églises vendues, fermées ou transformées à ce jour, selon les plus récentes données de l’enquête du Conseil du patrimoine religieux du Québec, auraient peut-être eu une chance de survie.

Pour ne pas que notre principe de charité chrétienne soit assimilé par le principe de la philanthropie humaniste des francs-maçons, rappelons nous quelques concepts de base;


« Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de sa famille, il a renié sa foi, et il est pire qu’un infidèle. »
(Saint Paul, 1 Timothée, 5, 8)


« Comme tu ne peux être utile à tous, tu dois surtout t’occuper de ceux qui, selon les temps et les lieux ou toutes autres opportunités, te sont plus étroitement unis comme par un certain sort; par sort en effet, il faut entendre quiconque t’est lié temporellement et qui adhère à toi, ce qui fait que tu choisis de l’avantager. »
(Saint Augustin, Doctrine chrétienne, L. I, ch. 28)


« Il faut que l’affection de l’homme soit ordonnée par la charité que d’abord et principalement il aime Dieu, ensuite soi-même, enfin le prochain, et parmi les prochains, davantage ceux qui sont les plus proches et plus à même de nous aider. »
(Saint Thomas d’Aquin, Compendium theologiae)


« La loi naturelle nous ordonne d’aimer d’un amour de prédilection et de dévouement le pays où nous sommes nés et où nous avons été élevés. »
(Léon XIII, Sapientiae Christianae, 10 janvier 1890)
 
 
-Kenny Piché
Le Tocsin - Actualités religieuses du Québec et d’ailleurs
 
***