lundi 8 décembre 2014

III. La manière de prier

Une pomme bien mûre nous est plus agréable que cent pommes gâtées; de même Dieu préfère une prière courte et bien faite à une longue prière mal récitée. « Quand vous priez, dit Jésus-Christ, ne parlez pas beaucoup comme les païens: ils s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés. » (S. Matth. VI, 7). Dieu ne juge pas de la valeur de la prière par sa longueur, nous le voyons par les courtes prières de David, du bon larron du publicain dans le temple. Beaucoup récitent de longues prières sans être exaucés; d’autres ne remuent pas même les lèvres et obtiennent tout ce qu’ils demandent (M. Lataste), parce qu’ils prient bien.

 
Si nous voulons que la prière nous soit utile, nous devons prier,

 
1. Au nom de Jésus, c.-à-d. ne demander que ce que veut N.-S. Jésus-Christ.

« Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, Je  vous le donnerai » dit Jésus-Christ. (S. Jean XVI, 23). Or, Jésus veut tout ce qui contribue à la gloire de Dieu et à notre salut. Ste Monique qui pendant 18 ans demanda la conversion de son fils, priait donc au nom de Jésus-Christ. Comme dans le  « Pater». on demande ce que Jésus-Christ veut et que cette prière nous vient du divin Sauveur lui-même, celui qui la récite prie vraiment en son nom. « Nous ne prions pas au nom de Jésus-Christ, quand nous demandons ce qui peut être funeste à l'âme. »  (S. Aug.)

Celui-là ne prierait pas au nom de Jésus, qui demanderait la mort de son ennemi, un gain à la loterie, de grands honneurs ou autres choses superflues; mais celui qui demanderait à Dieu du travail, du secours dans la détresse, la conversion d’un pécheur, etc. Au lieu de dire: « Prier au nom de Jésus-Christ », on peut dire aussi: « Prier selon l’esprit de Jésus-Christ, ou selon l’intention de Jésus-Christ. » Celui qui prie le mieux, c’est celui qui prie avec l’Eglise (S. Aug.) ; l’Eglise en effet prie au nom de Jésus-Christ, et c’est pourquoi elle termine toutes ses prières par cette formule: « Par Jésus-Christ Notre-Seigneur »


2. Avec dévotion, c.-à-d. qu’en priant nous devons penser à Dieu.

Considérez un joueur: comme il examine ses cartes! comme il est attentif à son jeu ! A combien plus forte raison celui qui prie devrait donc diriger toutes ses pensées vers Dieu! La prière est une conversation avec Dieu, or, lorsqu’on parie à quelqu’un, on ne s’occupe que de lui, et dans la prière notre esprit doit être tout entier à Dieu. Lorsque vous le priez, élevez votre coeur en même temps que les mains. Beaucoup n’honorent Dieu que du bout des lèvres; leur coeur est loin de lui (S. Matth. XV, 8); tandis qu’ils prient, ils pensent à leurs intérêts temporels, ou prient comme s’ils parlaient à la muraille ou au plancher. Celui qui prie avec distraction ou tiédeur, c.-à-d. sans dévotion, n’obtiendra rien de Dieu. « Comment pouvez-vous exiger que Dieu fasse attention à vos prières si vous-mêmes n’y faites pas attention? » (S. Cyp ) Celui qui prie mal et espère néanmoins être exaucé, ressemble à un homme qui, jetant de mauvais blé dans un moulin, en attend une bonne farine. (S. Bern. Cependant il n’est pas nécessaire d’éprouver une dévotion sensible, c.-à-d. de ressentir dans la prière une consolation particulière et une joie extraordinaire. Une telle dévotion est une grâce spéciale, une récompense que Dieu peut accorder, mais qui n’augmente pas le prix de notre prière, pas plus que le dégout et la sécheresse que l’on éprouve quelquefois, ne rendent la prière plus mauvaise; une prière semblable peut même être bien plus méritoire, parce que l’on souffre en la faisant. (Ste Thér.)

La dévotion qui est la plus agréable à Dieu, est celle pour laquelle on est obligé de se vaincre (Ste Ang. de Folig.). Aussi le dégoût et la sécheresse ne doivent jamais nous faire abandonner la prière. Le démon cherche par là à nous en détourner, et Dieu le permet afin que nous reconnaissions notre faiblesse et que nous devenions plus humbles. « Quand même, dans la prière, on ne ferait que chasser les distractions et les tentations, on aurait cependant bien fait sa prière, car le Seigneur regarde avec complaisance notre bonne volonté. » (S. Fr. de S.)


Pour prier avec dévotion, il faut nous y préparer, veiller sur nos sens pendant la prière, et garder une position convenable.

« Avant la prière, préparez voire âme, et ne soyez pas comme un homme qui tente Dieu. » (Eccli. XVIII, 2). Avant de jouer, le musicien accorde son instrument, pour éviter les tons faux; et quels préparatifs ne fait-on pas quand on va à l’audience d’un roi de la terre! Avant la prière, il faut se mettre en la présence de Dieu, c.-à-dire se représenter vivement qu’on est sous son regard (V. Bède); c’est dans cette intention qu’il faut faire le signe de la croix. Il faut aussi rejeter toutes les pensées et les soucis terrestres. Lorsqu’Abraham alla immoler son fils, il laissa au pied de la montagne de Moriah, son âne, ses serviteurs et tout ce qui n’était pas nécessaire au sacrifice et dit: « Quand nous aurons adoré, nous reviendrons vers vous. » (Gen. XXII).

De même que Jésus-Christ a chassé les vendeurs du temple, ainsi devons nous éloigner de notre cœur, ce temple de la prière, tous les soucis avant de nous mettre à genoux.

Confiez pendant un quart d’heure vos inquiétudes au Père céleste: peut-être vous les enlèvera-t-il tout à fait ou vous les rendra-t-il plus légères! Cependant les distractions involontaires ne sont pas péché : il faut seulement les éviter et les combattre.

Pour prier, nous devons fermer notre porte, c. à-d. veiller sur nos yeux et nous retirer dans la chambre de notre coeur. (S. Matth. VI, 6). L’emploi d’un livre de prières peut nous empêcher d’être distrait, de même une sainte image ou un sanctuaire, où tout nous rappelle la présence de Dieu et nous porte davantage à la dévotion. — En priant il faut éviter toute posture qui ne serait pas convenable; toutefois un malade ou une personne fatiguée peut prendre celle qui lui convient le mieux. II vaudrait mieux prier debout que de prier à genoux en se laissant aller au sommeil : la position du corps doit favoriser la dévotion et non la rendre impossible.

 
3. Avec persévérance, c.-à-d. que nous ne devons pas nous relâcher dans nos prières, si nous ne sommes pas exaucés immédiatement.

Nous devons faire comme les enfants qui ne cessent de crier jusqu’à ce qu’ils aient obtenu ce qu’ils désirent. (S. Cyril.) Les hommes sont mal disposés quand on les accable de demandes : il n’en est pas ainsi de Dieu qui aime l’importunité (S. Jér.) comme il le dit dans la parabole de l’ami importun qui ne cesse de frapper jusqu'à ce que l’on ouvre. (S. Luc. XI, 5). Dieu met quelquefois la constance du solliciteur à une dure épreuve, comme le fit Jésus pour la Cananéenne (S. Matth. XV); il se montra d’abord dur envers elle, mais elle ne se découragea pas, et se vit exaucée. Il en fut presque de même de l’aveugle de Jéricho: la foule le pressait de se taire; lui au contraire élevait de plus en plus la voix, et Jésus-Christ le guérit. (S. Luc. XVIII, 35). Les Juifs de Béthulie recoururent à la prière quand Holopherne s’avançait vers la ville, mais plus ils priaient, plus leur position devenait critique; néanmoins ils persévérèrent dans leurs supplications, et Dieu les sauva par la main de Judith.  (Judith VI-VIl). Ste Monique pria pendant 18 ans en versant des torrents de larmes pour obtenir la conversion de son fils Augustin; mais que sa prière persévérante fut admirablement exaucée! Dieu se plaît à venir en aide quand la détresse est la plus grande. Beaucoup hélas ! se découragent s’ils ne sont pas exaucés sur le champ et ils cessent de prier; c’est au contraire un motif de redoubler d’ardeur à mesure que Dieu diffère de les exaucer. Plus il nous fera attendre, plus son secours sera généreux ; il donne alors bien plus abondamment que ce que l’on a demandé ou que l’on pouvait espérer. (Eph. III, 20). Nous-mêmes nous devons attendre une année pour que la semence confiée à la terre porte des fruits, et nous voudrions recueillir immédiatement les fruits de nos prières ? (S. Fr. de S.)

 
4. Avec un coeur pur, c.-à-d. exempt de péché mortel, ou au moins sincèrement repentant.

C’est dans ce but qu’il y a un bénitier à l’entrée de l’église ; il nous avertit de nous purifier de nos péchés par la pénitence avant de nous mettre en prière dans la maison de Dieu. Chez les Mahométans, l’usage veut qu’à l'entrée de l’église, on retire ses chaussures couvertes de poussière et que l’on se lave les pieds. Celui dont le coeur n'est pas pur n’a pas assez d’énergie pour élever son esprit vers Dieu, car dès qu’il commence à prier, les images coupables se présentent devant ses yeux et retiennent son esprit sur la terre. (S. Grég.) Prier avec un coeur souillé, c’est se présenter avec des vêtements malpropres devant un souverain pour lui demander une grâce, c’est offrir à quelqu’un un bouquet de belles fleurs (saintes paroles) avec des mains sales. (S. Chrys.) Dieu n’exauce pas les pécheurs (S. Jean IX, 31), car il est juste d’exclure des bienfaits divins celui qui ne veut pas se soumettre aux commandements de Dieu. (S. Lanr. Just.) Obéissons à Dieu dans ses préceptes, afin qu’il nous exauce dans nos prières. (S. Chrys ) Mais dès qu’un pêcheur déplore sincèrement ses fautes, il peut espérer d'être exaucé; Dieu l'accueille comme si le pécheur ne l’avait jamais offensé* (S. Alph.), il n'agit jamais comme l'homme qui reproche d’abord au suppliant toutes les offenses qu'il en a reçues, « il regarde non pas à ce que l’homme a fait, mais à ce qu'il veut faire. » Exemple de la prière du publicain repentant. (S Luc. XVIII, 13).


5. Avec résignation à la volonté de Dieu, c.-à-d. que nous devons laisser entièrement à Dieu le soin d’exaucer notre prière.

Jésus-Christ disait au jardin des Oliviers: « Que votre volonté se fasse et non la mienne. » (S. Luc. XXII, 43). Dieu sait mieux que nous ce qui nous est utile; nous ne devons donc rien lui prescrire, de même qu'il ne convient pas à un malade d'indiquer à son médecin les remèdes qu’il doit choisir. (S. Fr. de S .)

 
6. Avec humilité, c.-à-d. avec l’intime conviction de notre faiblesse et de notre indignité.

 
Ne nous imaginons pas rendre par notre prière un grand service à Dieu. La prière du publicain dans le temple et celle du centurion sont des modèles d'humilité; Daniel aussi priait avec humilité quand il disait: « Ce n'est pas en vue de notre justice que, prosternés, nous répandons nos prières devant votre face, mais en vue de vos abondantes miséricordes. » (Dan. IX, 18). « La prière de l'homme humble pénètre les nuages. » (Eccli. XXXV, 21). Comme les hommes s’inclinent humblement quand ils présentent une requête aux puissants de la terre. La prière par elle-même est déjà un acte d’humilité, car nous reconnaissons par là notre dépendance du souverain Seigneur du ciel et de la terre; quand nous prions, nous sommes des mendiants devant la porte du grand père de famille. (S. Aug.) E t néanmoins il y a des gens qui en priant se figurent rendre à Dieu un grand service. Quelle folie !

 
7. Avec confiance, c.-à-d. avec la ferme conviction que dans son infinie bonté Dieu nous exaucera certainement, si ce que nous demandons contribue à sa gloire et au salut de notre âme.


La prière du prophète Elie lors du sacrifice sur le mont Carmel est un modèle de prière confiante, (III. Rois 18). « Tout ce que vous demanderez avec confiance dans vos prières, dit Jésus-Christ, vous l'obtiendrez » (S. Matth. XXI, 22). La confiance est abondamment récompensée (Héb. X, 35), mais celui qui doute ne reçoit rien. (S. Jacq. I, 6).

 
C’est par l'exercice que l’on apprend à bien prier

C’est en priant que l’on apprend l'art de la prière, selon le proverbe : « En forgeant on devient forgeron. » Plus on prie, plus on aime prier; moins on prie, plus la prière paraît ennuyeuse et déraisonnable. (S. Bonav.)
 
 
 
François Spirago, Catéchisme catholique populaire
 
 

II. Utilité et nécessité de la prière.

1. Par la prière, nous pouvons tout obtenir de Dieu; mais Dieu n’exauce pas toujours notre prière immédiatement.

Jésus-Christ nous a fait cette promesse : « Tout ce que vous demanderez à Dieu avec confiance dans la prière, vous le recevrez » (S. Matth. XXI, 22); et encore: « Demandez et il vous sera donné »  (Ibid. VII, 7). Par la prière, l’homme devient en quelque sorte tout-puissant (S. Chrys.) ; elle est la clef de tous les trésors de la bonté divine. (S. Aug.) Avec de l’argent on peut tout obtenir des hommes, et tout de Dieu par la prière. Celui donc qui se trouve dans la détresse doit implorer le secours de Dieu; s'il l'omet, il n’a pas à se plaindre de sa misère, mais de sa nonchalance et de sa folie; il mérite qu’on se fâche contre lui comme contre un mendiant qui, tremblant de froid et mourant de faim, refuse d'aller trouver un riche qui lui a promis du secours.

Implorez Dieu dans le danger, Il vous aidera dans la détresse. Ainsi firent les apôtres dans la barque au milieu de la tempête, et Jésus-Christ les secourut. — Dieu n’exauce pas toujours Immédiatement notre prière; il faut frapper plusieurs fois à la porte de ce grand Seigneur, avant qu’elle ne s’ouvre. (S. Aug.) Ste Monique dut demander pendant 18 ans la conversion de son fils. Dieu nous laisse demander longtemps, pour voir si notre prière est sérieuse, et afin que nous ayons en honneur les grâces reçues. (Idem). Celui qui cesse de prier, parce que sa demande n'est pas exaucée tout de suite, montre qu'il n’y attachait pas d’importance; au contraire, si l'on veut sincèrement être exaucé, on priera avec d'autant plus de ferveur que Dieu différera plus longtemps de nous accorder sa demande. Telle fut la conduite de l’aveugle de Jéricho : moins Jésus-Christ semblait faire attention à ses paroles, plus il criait: « Jésus, fils de David, ayez pitié de moi. »(S. Luc. XVIII, 35). Un saint disait à Dieu: « Seigneur, vous différez vos bienfaits, afin de nous apprendre à prier » (S. Ans.) D’autres fois Dieu ne nous exauce pas sur le champ, parce qu'il sait que l’objet de notre demande nous serait, pour le moment, plus nuisible qu’utile.


Dieu exauce plus promptement notre prière, quand nous y- joignons le jeûne et l’aumône, quand nous faisons un vœu ou que nous invoquons l’intercession des saints ; la prière est aussi plus vite exaucée quand plusieurs la font ensemble; de même la prière du juste est accueillie plus favorablement.

Le jeûne et l’aumône sont les deux ailes de la prière. (S. Aug.) Nous en avons un exemple dans la prière de Corneille, le centurion. (Acte X). Les exemples de villes, de peuples délivrés d’un fléau par suite d'un vœu ajouté aux prières publiques sont très nombreux. — Quand nous prions devant les images des saints ou auprès de leurs tombeaux, Dieu exauce plus vite nos demandes. » Il est sans doute partout, mais il n’écoute point partout nos prières de la même façon. » (S. Aug.) Dieu exauce aussi plus tôt la prière faite en commun.

Jésus-Christ a  dit:  « Si deux d'entre vous s'accordent sur la terre à demander quelque chose, il leur sera fait par mon Père qui est dans le ciel. (S. Matth. XVIII, 19). Quand les chrétiens se rassemblent pour prier, ils sont comme une puissante armée qui force le Très Haut à les exaucer. (Tert.) Le bois brûle aussi plus vite quand plusieurs bûches sont l'une à côté de l’autre: on peut même y ajouter alors du bois vert: une flamme excite l'autre.

Quelle ne fut pas la puissance de la prière commune des premiers chrétiens en faveur de S. Pierre enchaîné dans la prison! C’est pourquoi dans le temps des calamités on organise des processions. La prière que profèrent les lèvres du juste est aussi plus rapidement exaucée. « La prière fervente et constante du juste peut beaucoup » (S. Jac. V, 26); c’est parce qu’il était juste qu'Elie demandant la sécheresse puis la pluie, fut promptement exaucé. (III Bois, 17).

 
Quelque fois Dieu n'exauce point notre prière, parce qu’il ne veut pas nous accorder ce qui nous serait nuisible, ou parce que nous sommes indignes d’être exaucés.

Dieu ressemble au médecin qui, par amour pour le malade, ne lui permet pas ce qui pourrait lui nuire (S. Aug.) Dieu repousse par pitié la demande de celui qui emploierait mal l’objet de prière. (Idem.) Ste Monique pria Dieu avec ferveur d’empêcher le voyage de son fils en Italie: elle ne fut pas exaucée, parce que le séjour en Italie devait être utile à Augustin, par les sermons de S. Ambroise, qui le ramenèrent dans la bonne voie. Aussi S. Augustin disait-il plus tard : « 0 mon Dieu, vous n'avez pas exaucé ma mère en ce temps-là, afin de lui accorder ce qu’elle vous demandait depuis plus longtemps. » — Si l’enfant prodigue avait demandé à Dieu de le sauver de la détresse, il ne l’aurait pas exaucé, parce que le bonheur dans l'exil lui aurait été nuisible. Souvent Dieu ne nous exauce pas, parce que nous en sommes indignes, en priant sans dévotion et sans confiance (S. Jac. I, 7), ou en état de péché mortel et sans vouloir déraciner nos mauvais penchants. (S. Jean IX, 31).

D’autres ne sont pas exaucés, parce qu’ils ne prient pas avec persévérance, et montrent par là qu’ils n'attachent guère d’importance à la grâce qu’ils sollicitent. Néanmoins personne ne prie en vain: Si Dieu n’accorde pas ce que l’on demande, il donne certainement quelque chose d'autre et de meilleur. (S. Chrys.) Dieu agit comme un père, qui, pour le calmer, donne une belle pomme à son enfant qui réclame un couteau.

Le pécheur lui-même ne prie pas en vain: il obtient par sa prière des grâces qui lui sont nécessaires pour sa conversion. «  Quand vous priez sans être exaucé, n’attribuez jamais à Dieu ce refus, mais dites-vous que vous avez mal prié, ou que vous auriez tiré peu de profit du succès de votre prière. En ce cas Dieu vous donnera une autre grâce, et qui sera meilleure que celle que vous demandiez. » (M. Lataste). Dieu peut faire infiniment plus que ce que nous lui demandons et comprenons. (Eph. III, 20).


Dans tous les cas, celui qui prie doit en même temps s’efforcer d’obtenir par ses forces naturelles ce qui fait l’objet de sa prière.

Dieu aide celui qui cherche à s'aider; il ne protège pas les lâches, mais les vaillants. Le général, ainsi que son armée, seraient des insensés, si au lieu de combattre ils demandaient la victoire à la prière seule. Toutes nos actions doivent être accompagnées d’activité et de courage, ainsi que de prière et de confiance en Dieu; ce serait tenter Dieu que de lui demander un miracle, pour nous permettre de passer notre vie dans la nonchalance. Ne regarderions-nous pas comme une ironie qu'un homme tombé sur la route et pouvant se relever facilement nous appelât pour l’aider? Il en est de même pour Dieu.

 
2. La prière change les pécheurs en justes et maintient les justes dans l’état de grâce.

C’est par la prière que le pécheur obtient le pardon. Le bon larron en croix ne dit à Jésus que ces seules paroles : «  Seigneur, souvenez-vous de moi, quand vous viendrez dans votre royaume », et Jésus-Christ lui pardonna. (S Luc. XXIII, 42). Le publicain au temple dit avec contrition: « Mon Dieu, ayez pitié de moi, pécheur », et il retourna chez lui justifié. (S. Luc. XVIII), 13). Lorsque David eut entendu les remontrances de Nathan, il répondit: « J’ai péché contre le Seigneur », et aussitôt le prophète annonça au roi que ses péchés étaient pardonnés. (II. Rois XII, 12,13). Celui qui se met à prier cesse de pécher, et celui qui cesse de prier, commence à pécher (S. Aug.) ; le péché mortel et la prière ne peuvent exister ensemble (Ste Thér.); la prière transforme l’homme ; elle éclaire les aveugles, fortifie les faibles et sanctifie les pécheurs* (S. Laur. Just.)


La prière change les pécheurs en justes, parce qu’elle leur obtient la grâce du repentir et de la conversion.

Par la prière, nous attirons sur nous le S. Esprit (S. Ephrem.), c -à-d. que nous obtenons des grâces actuelles. Plus notre globe se rapproche du soleil, plus il en reçoit de lumière et de chaleur: et plus nous nous rapprochons dans la prière de Jésus-Christ, le soleil de justice, plus nous en obtenons de lumière et de force. (Orig.) La prière nous procure des lumières intérieures, qui nous font reconnaître de plus en plus la majesté et la bonté de Dieu -  le but véritable de notre existence, la volonté de Dieu, la juste valeur des biens de la terre, notre propre indigence, etc. : la prière est donc comme un gros livre de sermons. (S. Vinc. de Paul).

Chez beaucoup de saints, ces lumières intérieures se traduisaient au-dehors : le visage de Moïse était resplendissant quand il descendait de la montagne après s’être entretenu avec Dieu, et Jésus-Christ fut transfiguré tandis qu’il priait. (S. Luc. IX, 29). La prière nous procure aussi des forces nouvelles qui nous rendent capables de supporter les souffrances (S. Bern.); elle est pour l’âme une céleste rosée, qui relève l’âme, de même que pendant la nuit les plantes sont rafraîchies par la rosée et reprennent une nouvelle vigueur. (S. Chrys.) La prière est pour l’âme ce que le sommeil est pour le corps; l'âme comme le corps s’y repose et recouvre ses forces. Après un long travail et avant d'entreprendre des actions importantes, nous devons recourir à la prière, comme Jésus-Christ, qui se retirait de temps eu temps pour prier, et à la veille de sa Passion, pria longtemps au jardin des Oliviers. Celui qui prie beaucoup ne sera jamais un lâche.


La prière maintient le juste en état de grâce, parce qu’elle le protège contre la tentation et le péché.

La prière dissipe les tentations du démon; elles obscurcissent notre intelligence et affaiblissent notre volonté; la prière au contraire éclaire notre intelligence et fortifie la volonté. « La prière agit comme l'eau sur le feu » (S. Chrys.); elle est un bouclier qui repousse les traits enflammés de l’ennemi (S. Amb.); elle est l'ancre du salut pour l’âme qui risque de faire naufrage. (S. Chrys) Quand les démons nous voient en prière, ils se retirent en toute hâte, comme les voleurs qui aperçoivent des soldats l'épée à la main. (Id.) Par la prière, le juste, parvient à beaucoup de vertus : « celui qui sait bien prier, sait aussi vivre honnêtement » (S. Aug.) et resplendit de beaucoup de vertus. (Bona.) On prend le caractère de celui que l'on fréquente; celui qui converse continuellement avec Dieu en reflétera les perfections.

Comme l’arbre placé à un endroit favorable pour recevoir les rayons du soleil, l’homme qui, par la prière, s’expose à la chaleur bienfaisante du soleil de justice, croîtra en perfection et portera des fruits abondants. Quand une reine fait son entrée dans une ville, elle n’arrive jamais seule, mais elle a une escorte composée de dames et de seigneurs de la noblesse : ainsi la prière entre dans l’âme entourée de nombreuses vertus. (S. Chrys.)

3. Par la prière, les justes obtiennent le pardon des peines temporelles du péché et une récompense éternelle.

La prière obtient au juste le pardon des peines du péché,  « La prière monte au ciel et aussitôt la miséricorde de Dieu descend sur la terre » (S. Aug.); elle s’oppose à l’explosion de la colère divine, (Id.) Par un seul « Pater », récité du fond du coeur, on peut expier les péchés véniels d'un jour entier. (Id.) En outre par certaines prières, on gagne une indulgence, c.-à-d. que l'on obtient une remise des peines temporelles du péché plus grande que par la prière seule. La prière obtient aussi au juste une récompense éternelle. « Quand vous priez, dit Jésus-Christ, entrez dans votre chambre, et, la porte fermée, priez votre Père en secret, et votre Père qui voit dans le secret vous le rendra. » (S. Matth. VI, 6).

La prière est une oeuvre de travail et de combat; elle est donc liée à une certaine fatigue. Les démons en effet cherchent souvent à troubler ceux qui prient, en leur inspirant les pensées les plus étranges ; ils agissent comme un homme qui est en procès et déploie devant le tribunal toute sa ruse, toute son éloquence, afin que le juge ne rende pas contre lui une sentence défavorable. (S. Gilles). De même que le vent fait vaciller une lumière protégée par une lanterne, ainsi le démon, en nous voyant prier, fait tous ses efforts pour troubler notre ferveur par les distractions et les préoccupations les plus diverses. (S. Chrys.) Celui donc qui prie, malgré ces obstacles, expie beaucoup de péchés et a droit à une récompense.

Celui qui prie a déjà un avant goût du bonheur céleste, car la prière fait descendre la joie dans l’âme par le S. Esprit qui est le consolateur (S. Jean XIV, 26) et dissipe la tristesse. Jésus-Christ promet du soulagement à ceux qui se tournent vers lui dans leurs peines et leurs afflictions. (S. Matth. XI. 28). « Quelqu'un est-il triste parmi vous? ajoute S. Jacques, qu'il prie. » (V, 13). Dans la prière on goûte par avance les joies du ciel. « Rien, dans cette vie, ne peut remplir le coeur de l’homme d’une joie plus grande qu’une fervente prière » (S. Bern.); en elle on trouve la même consolation que ressent un enfant qui peut parler en tonte confiance à son père et lui ouvre son coeur rempli de chagrin. « Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux. » (Ps. XXXIII, 9). « Un jour passé dans la prière est meilleur que des années passées dans les jouissances et les distractions de la vie. » (Ps. LXXX111. 11).

 
4. Celui qui ne prie pas, ne peut pas se sauver, car il tombe facilement dans le péché mortel.

Comment un maître traiterait-il un serviteur qui ne le saluerait jamais, qui ne lui parlerait pas ? Si l’on pouvait ouvrir l’enfer, on verrait qu’il n’y a là que des hommes qui n’ont pas prié. « Si déjà Jésus-Christ a prié des nuits entières, que devons-nous faire nous-mêmes pour nous sauver? » (S. Amb.) Celui qui ne prie pas n’a aucune énergie pour résister aux tentations ; il ressemble à un soldat sans armes, à un oiseau sans ailes, à un vaisseau sans voile ni rames, à un roseau que le vent incline à son gré. Celui qui ne prie pas est déjà mort (S. Chrys.), il subit le sort du poisson tiré hors de' l’eau (Id.), de l’arbre arraché à la terre (Louis de Gren.), de l’homme auquel on refuse toute nourriture (S. Aug.) ou qui ne respire pas. (Bell.)

On ne doit pas laisser le blé dans un lieu bas et humide ; si l’on veut le conserver, il faut le transporter dans un lieu sec et élevé, de même le coeur ne doit pas se traîner sur la terre, en ne s’occupant que des choses de ce monde, mais s’élever vers Dieu, pour échapper à la corruption (S. Aug.), aussi Jésus-Christ. nous exhorte-t-il constamment à la prière. (S. Marc XIII, 33; S. Matth. XXVI, 41). Tous les peuples de la terre adressent des prières à leurs divinités; l’obligation de prier est donc inscrite par la loi naturelle au coeur de chaque homme.

François Spirago, Catéchisme catholique populaire
 
 

samedi 8 novembre 2014

I. Nature de la prière


1. La prière est une élévation de l'âme vers Dieu.

La prière est ordinairement accompagnée de certains signes extérieurs, par exemple on se met à genoux, on joint les mains, on se frappe la poitrine, etc.


En priant à genoux, on reconnaît que l’on est petit devant Dieu ; en joignant les mains, on avoue que l’on a besoin de secours, que l’on est sans ressources, comme enchaîné, comme coupable (Saint Cyprien) ; en se frappant la poitrine, on déclare que l’on est pécheur et que l'on mérite des châtiments. Il  arrive aussi que dans la prière on se prosterne contre terre pour reconnaître que devant Dieu l’on n’est rien ; ainsi fit Judith, avant d’entrer dans le camp des ennemis, Jésus-Christ au Jardin des Oliviers (Matth., XXVI, 39); ainsi font les prêtres, entre autres le Vendredi-Saint et le Samedi-Saint, sur les degrés de l’autel. Dans les prières ferventes, on élève et l'on étend les bras, comme symbole de l’ardent amour de Dieu et de notre union avec la prière de Jésus-Christ étendu sur la croix. Ainsi pria Moïse pendant la bataille des Israélites contre les Amalécites (Ex., XVII, 12) ; Salomon à la dédicace du temple (2 Par., VI, 12) ; ainsi prie le prêtre à la messe.


La Tradition dit que Jésus-Christ priait ainsi quand il passait les nuits sur les montagnes. (Catherine Emmerich)


On peut aussi prier en tournant le visage vers le temple, comme faisait David. (Ps., V, 8 ; Dan., VI, 10) Sans doute, Dieu n’a pas besoin de ces signes pour connaître l’intérieur de l’âme, mais par là l'homme s'encourage lui-même, et il encourage les autres à une prière plus humble. (Saint Augustin) Ces signes ne sont nullement nécessaires dans la prière : on peut les omettre pour un motif important, par exemple,  à cause de la fatigue, de la maladie, on quand on prie an milieu de son travail. On peut donc prier en marchant, comme le font les pèlerins, on ceux qui sont en route au moment où sonne le glas ou l’Angelus.
2. On peut prier mentalement seulement, ou en même temps mentalement et oralement.

On peut prier pendant le travail ou en marchant, sans que personne ne le remarque : c’est la prière mentale. La prière vocale est nécessaire et utile, car l'homme se compose d’une âme et d’un corps, et tous deux doivent rendre hommage à Dieu (Os., XIV, 3). Il est en outre naturel à l’homme de manifester ses sentiments intérieurs (Matth., XII, 34) ; sans la prière vocale, la religion chrétienne n’aurait pas de lien social et tomberait en ruines. La prière vocale excite les sentiments du cœur et augmente par conséquent la dévotion, et la réveille aussi dans le prochain ; faite en commun, elle rend Dieu plus propice à nos prières. (Matth., XVIII).


La prière de celui qui ne prie que des lèvres n’a aucune valeur.


Aussi Jésus-Christ se plaint-il des Pharisiens : « Ce peuple, dit-il, m’honore du bout des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » (Matth., XV, 8). Beaucoup invoquent Dieu de la voix du corps, et non de la voix de l’esprit (Saint Augustin) ; les cérémonies qui accompagnent la prière sont aussi sans valeur, si nos dispositions intérieures ne répondent pas à nos actes extérieurs. Celui qui, sans aucun sentiment intérieur, se met à genoux, se frappe la poitrine, etc. est un hypocrite. Il faut adorer Dieu en esprit. (Jean, III, 24) Celui qui prie sans y penser ressemble aux moulins à prières des prêtres indiens.


L'expression la plus énergique de la prière vocale est le chant.


Le chant religieux est une excellente prière : il élève puissamment l’esprit vers Dieu, et saint Paul y engage vivement. (Col. 111, 16). Le chant religieux a été cultivé surtout par David ( t 1015 avant Jésus-Christ), par saint Ambroise, évêque de Milan (t 397) et saint Grégoire le Grand (t 604).



Dans la prière vocale, on peut se servir des formules usuelles ou parler à Dieu d’après sa propre inspiration.
Les formules ordinaires sont par exemple l’Oraison dominicale ou la salutation angélique. Dans les livres de prières on trouve des formules pour toutes les circonstances de la vie, mais il n’en faut acheter que d’approuvés par un évêque, car on trouve dans le commerce des livres composés par des francs-maçons et qui nuisent à la religion. Il faut être prudent, surtout quand on les achète à des colporteurs ou aux lieux de pèlerinages. Mais ce n’est pas de la piété que de s’en tenir servilement à des formules, il faut alternativement parler à Dieu en toute liberté ; Dieu aime bien que l’on s’entretienne familièrement avec lui comme un enfant avec son père.

Ainsi priaient les trois jeunes gens dans la fournaise, et Jésus-Christ, au jardin des Oliviers, a aussi prié selon son inspiration. (Matth., XXVI). Il n’est pas nécessaire de se servir de mots étudiés : on parle à Dieu eu toute familiarité et confiance, le langage simple a toujours été celui du cœur. Dieu ne regarde pas les paroles, mais le cœur.

« Les hommes estiment le cœur d’après les paroles, mais Dieu pèse les paroles d'après le cœur. » (Saint Grégoire le Grand) — Il n ’est pas nécessaire non plus de prononcer beaucoup de paroles (Matth., VI, 7), Dieu ne regarde pas la longueur, mais la ferveur de la prière. La courte prière du bon larron n’a-t-elle pas été abondamment récompensée ?

On peut prier seul ou avec d’autres.

Jésus-Christ a recommandé ce double genre de prières, aussi bien la prière particulière (Matth., VI, 5) que la prière en commun. (Ibid., XVI, 19).

3. On peut prier dans l’intention de louer Dieu, de l’apaiser, de le supplier ou le remercier.


Nous louons Dieu à cause de ses perfections infinies. Quand on voyage dans des pays étrangers, on parle avec admiration et louange de la beauté de la nature ; or, qu’est-ce que la beauté du monde visible en comparaison de la magnificence de Dieu ? Oh! de quelle allégresse on serait transporté, de quelles acclamations on saluerait les grandeurs de Dieu, si l’on pouvait contempler sa beauté infinie ! Aussi les anges qui contemplent sans voile sa Majesté infinie le louent et le bénissent, en chantant : « Saint, saint, saint » (Is., VI, 3), comme ils ont chanté sur les montagnes de Bethléem les louanges du Sauveur nouveau-né. (Luc, II, 14). Comme les anges voient Dieu « face à face » et sont saisis d’admiration, leur prière devient un chant de louange. Chanter les louanges de Dieu, telle est donc l’occupation des habitants des cieux (Apoc., IV), et nous mêmes sur la terre, en reconnaissant la Majesté de Dieu par la création et la Révélation, nous sommes portés à louer Dieu.

L’ Église loue Dieu sans interruption. Le Gloria et le Sanctus à la messe, le Te Deum dans les grandes solennités, le Gloria Patri en l’honneur de la Sainte Trinité, la salutation chrétienne renferment tous la louange de Dieu. En glorifiant Dieu, nous commençons dès ici-bas l’occupation des habitants des cieux qui louent Dieu éternellement. (Tert.) La prière des trois jeunes gens dans la fournaise (Dan., III), le Magnificat de la Sainte Vierge étaient des cantiques de louanges. (Luc, I). — Dieu veut que nous lui demandions tout ce qui nous est nécessaire ; sans la prière, il ne donne rien. (Jac., IV, 2)

Celui qui ne demande pas ne reçoit rien (Sainte Thérèse). Dieu veut même que nous le priions avec instance, il veut non seulement que nous le priions, mais que nous lui fassions violence (Saint Grégoire le Grand). Dieu agit comme les Lacédémoniens qui plaçaient du pain sur une poutre élevée, afin qu’en essayant de l’atteindre avec leurs flèches leurs enfants, tourmentés par la faim, méritassent leur nourriture. Sans doute Dieu connaît tous nos besoins (Matth., VI, 32) et pourrait nous aider sans que nous le demandions ; mais il veut que nous l’implorions, afin que nous regardions ses dons non pas comme quelque chose qu’il nous doit, mais comme des bienfaits à notre égard, et que nous reconnaissions d’autant plus notre dépendance envers lui ; il veut donc nous rendre humbles et reconnaissants. Nous avons des exemples de supplication dans la prière de Jésus-Christ au jardin des Oliviers et sur la croix ; dans celle de saint Étienne mourant, des Apôtres dans la barque, des chrétiens priant pour saint Pierre en prison, de sainte Monique.
La supplication devient une prière de pénitence, quand nous demandons à Lieu le pardon de nos péchés. David et les Ninivites firent une prière de pénitence : celle de David, c'est le Miserere qui commence par ces mots : « Ayez pitié de moi, ô mon Dieu, selon votre grande miséricorde » (Ps. L) et qu'on chante entre autres aux funérailles. — Dieu exige que nous le remerciions pour chacun de ses bienfaits (1 Thess., V, 18) comme nous le voyons par les paroles de Jésus-Christ au lépreux guéri (Luc, XVIIl). La reconnaissance est le meilleur moyen d'obtenir de nouveaux bienfaits. La prière de Noé au sortir de l'arche fut une prière d'actions de grâces (Gen., VIII). Dieu retire souvent ses bienfaits aux hommes qui ne savent pas les apprécier et ne l’en remercient jamais ; il leur envoie souvent la détresse, la famine, les mauvaises récoltes, la grêle, etc.

François Spirago - Catéchisme catholique populaire