jeudi 11 juin 2015

Au rythme de l'Angélus




Traditionnellement, l’Angélus sonne à six heures du matin, à midi et à six heures du soir, indiquant aux travailleur l’heure à laquelle débute et prend fin sa journée de travail ainsi dont il profite pour se restaurer. Au XIX siècle, dans une société qui est à la fois rurale et urbaine, l’Angélus est utile à l’ouvrier comme à l’agriculteur. Seulement, il est plus utile au premier qu’au second car, vulgaire rouage de l’industrie, l’ouvrier est prisonnier d’une tâche ou d’une machine et il risque beaucoup s’il détourne le regard pour voir si le soleil est au zénith ou sur la route de la nuit.


Nos racines, numéro 113, page 2256, les éditions T.L.M. 1981

lundi 8 juin 2015

La femme en pantalon ?


Extrait du bulletin catholique Le Doctrinaire (Numéro 12 - octobre 1972)

Les numéros du Doctrinaire sont disponibles dans les archives de la FSSPX - District du Canada.

-

Plusieurs femmes nous ont posé les questions suivantes. Nos réponses devraient rendre service.

Que pensez-vous du port de pantalon masculin pour une femme?

La jupe assez longue est certainement préférable; dignité, convenance. Le pantalon peut être toléré pour éviter un plus grand mal (mini-jupe, short). Mais ce pantalon ne doit pas être trop serré, afin d'être modeste. Danger: la fille en pantalon sera portée à des attitudes et un comportement de "garçonne" comme si elle était libérée de sa féminité. Elle prend alors l'allure d'un garçon manqué, ce qui est une déchéance.

Le vrai costume féminin modeste attire le respect et l'admiration. On ne peut s’y présenter sans horreur une image de la Sainte Vierge en pantalon: sacrilège; Le grand modèle: Notre-Dame dans ses Apparitions.

Est-il convenable de porter le pantalon à l'église (pour une femme) ?

À l'église, le costume féminin avec jupe longue doit être de rigueur. Cependant, on pourrait tolérer que des femmes touristes, en voyage, visitant une église, y entrent en pantalon modeste (long). Si elles assistent alors à la Sainte Messe, et surtout pour communier, elles devraient revêtir la jupe, ou au moins ajouter, par-dessus le pantalon long, un manteau ou une longue pèlerine.

Est-il plus pratique de porter le pantalon, pour le voyage, plutôt qu'une robe?

Pour voyager en bicyclette, en auto, en bateau, le pantalon est couvent plus pratique et plus modeste, surtout avec les modes actuelles des jupes courtes. Cependant, en partant pour un voyage, une femme qui veut être digne et donner le bon exemple, devrait emporter un costume féminin complet (jupes assez longues) pour le porter aux endroits de villégiature ou de visite... On ne peut jamais admettre qu'une religieuse paraisse on public en costume masculin (pantalon): manque de dignité grave...Si une ménagère de presbytère voyage en auto avec son curé (ou le vicaire), elle doit avoir un costume féminin modeste, pour donner le bon exemple (donc pas de costume masculin).

Pour faire le ménage ou pour travailler à l'extérieur (dans la cour, le jardin, le parterre), la femme peut-elle revêtir le pantalon?

Il faut distinguer quelle sorte de travail elle entreprend. Si c'est simplement pour épousseter dans la maison, pour laver la vaisselle, pour arranger les fleurs dans le parterre, la femme devrait garder son costume féminin (jupe convenable). S'il s'agit de travaux plus dures: laver les planchers, peinturer les murs, poser la tapisserie, grimper dans les escabeaux, faire de la menuiserie, sarcler dans le jardin, tondre le gazon, transporter des fardeaux, lourds, etc...on comprend que la femme doive prendre un costume masculin pour être modeste... Sainte Jeanne d'Arc, à qui ses voix surnaturelles avaient prescrit de prendre le costume masculin pour aller à la guerre et loger avec les soldats...Mais même avec son costume masculin elle gardait sa dignité et tous les hommes la respectaient. Voilà un modèle.

De nos jours, on parle de la PROMOTION DE LA FEMME...Les féministes devraient commencer par imposer le respect de la femme, en combattant le cinéma corrupteur, les bikinis scandaleux étalés sur les plages, les shorts et les mini-jupes qui empestent les rues, les bureaux, les magasins. Les femmes esclaves de ces modes impudiques se rendent responsables des tentations impures dont elles sont l'occasion, C'est ainsi que les démons impurs travaillent à la DÉCHEANCE DE LA FEMME, pour la détourner de son rôle prestigieux de GARDIENNE DE LA MORALITÉ, dans notre société chrétienne. La déchéance de la femme conduit à la décadence de notre civilisation.

Georges PANNETON, prêtre.

mercredi 3 juin 2015

Canadien français, l’incontournable réveil


 
 
 
La passion des lettres est un atout que nous encourageons chez chacun de nos militants. Des textes comme celui que Jean-Charles Bernier nous a fait parvenir suite à la conférence de Jean-Claude Dupuis sont tout à fait pertinents. C'est là le meilleure salaire qu'un organisateur catholique puisse recevoir.
 
 
Rares sont les hommes de pensées, aujourd’hui, qui ont le niveau et l’audace de remettre en question « l’héritage » de la Révolution Tranquille. Cette gigantesque entreprise de déconstruction mérite, il me semble, pourtant bien qu’on s’y attarde ! Le professeur Dupuis l’a fait le 15 mai dernier avec brio, par le biais d’une conférence savoureuse, à laquelle j’eus le loisir d’assister avec quelques amis. Je dois avouer que j’étais dors et déjà charmé par le sujet qui devait animer les discussions et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’entrepris de faire le chemin nécessaire afin d’assister à l’évènement.

Lorsque j’arrivai sur place, après un bon moment en voiture, je ressentis le besoin de me dégourdir un peu. Je pris donc le temps de rêvasser à mes aïeux tout en grillant une clope sur le pavé du boulevard comme l’aurait fait jadis un lecteur de l’Action française. Après quelques bavardages, tout près de l’entrée, je franchis enfin le seuil de la vieille porte en bois de cet édifice du Vieux-Québec. Je me croyais revenu aux belles années du clérico-nationalisme en apercevant le drapeau du Carillon Sacré-Cœur, confectionné à la main par la fiancée normande de l’un des organisateurs, et qui trônait bien évidemment en évidence sur la table attitrée à l’orateur. Sans oublier la multitude de Canadiana et d’œuvres de « défense nationale » d’un autre âge qui était offerte aux bourses des spectateurs. Je me rappelle, avec plaisir, que ces signes avant-coureurs m’avaient certifié d’emblée que j’allais passer une agréable soirée.

Libérez le canadien-français qui sommeille en vous, tel était l’idéal au fond, après avoir bien fustigé le Parti Québécois et Radio-Canada, auquel nous conviait l’historien Jean-Claude Dupuis. Vaste programme! De prime abord, l’idée peut paraître saugrenue, voire même rétrograde aux esprits « modernes », mais elle n’est pourtant pas dénuée de sens. Pertinente, elle mérite qu’on s’y attarde. Un « recours aux sources », pourquoi pas, j’emprunte ici le titre de l’essai traitant de notre rapport au passé de l’historien Éric Bédard. En somme le professeur Dupuis nous propose de restaurer la citadelle intérieure de l’homme québécois « yankeefié » jusqu’à la moelle par la modernité. Le Québécois doit se ravigoter au passé qu’il a oublié ou qu’on lui a caché. Car, ajouterais Rumilly : « Un peuple ne peut vraiment s’épanouir que dans le sens de ses traditions ». À bon entendeur !

Sur le marché des idées de la belle province, elle est pour tout dire la plus attrayante. Cette idée me plaît; retrouver « l’esprit français », face à l’uniformisation mondialisée, la religion de nos pères, face au consumérisme démesuré, la famille et l’esprit collectif, face à l’individualisme triomphant. Préférer la patrie spirituelle, « enracinée », à la patrie « philosophique » et ses funestes erreurs. « Les droits de l’homme » que la gazette du Marseillais Mesplet tentait d’implanter ici dès la fin du 18e siècle, sans succès, ont finalement pu prendre le devant de la scène avec « l’infiltration gauchiste » des années 1950 et l’avachissement de l’Église canadienne (mention spéciale au Cardinal Léger). Le duel des « deux patries » (la philosophique se substitue graduellement dans le temps à la chrétienne) théorisé par Jean de Viguerie est tout aussi probant chez nous, à quelques nuances près que, dans la « douce France ». L’intellectuel de gauche (oui, de gauche!) Joseph Yvon Thériault affirmait dans sa « Critique de l’américanité » que la Tradition était un passé mort, un épouvantail dont l’on usait sciemment au besoin dans la province de Québec. Jusqu’au 15 mai dernier, amèrement, j’étais porté à être en accord avec ce monsieur et à céder parfois à un certain spleen Baudelairien qui cadrait plutôt mal à vrai dire avec mon âme de catho à réaction.

Jusqu’au 15 mai dernier. Ce soir-là, la salle était bondée, sans exagération. Il y avait réellement affluence ; des jeunes et même plusieurs jeunes femmes. À ma grande stupéfaction la « Grande Noirceur » est peut-être plus séduisante, même chez la gent féminine, que je le croyais.  Des jeunes gens, grand bien nous fassent, ressentent ainsi donc le besoin comme l’écrivait le chanoine Groulx quelque part de « s’en aller par-dessus la tête de leurs pères, renouer avec les ancêtres notre continuité historique ».  Une chose est sure, après cette soirée, lorsque je fus de retour sur mes terres, tard dans la nuit ; à ce moment-là l’espérance m’était littéralement décuplée et je peux affirmer sur-le-champ, sans ambages, tel Bernanos, que la tradition chrétienne n’est peut-être qu’endormie en Canada et que comme nous elle ne sait pas mourir… Plaise au Seigneur Dieu de la réveiller.

 
Jean-Charles Bernier

mardi 2 juin 2015

Le Pape Léon XIII et les évêques de la province ecclésiastique de Québec




Les évêques de la province ecclésiastique de Québec, d’après une lithographie publiée en 1884. Au centre, le Pape Léon XIII. Tout autour; Mgr Joseph Larocque, Mgr Louis-François Laflèche, Mgr Édouard-Charles Fabre, Mgr  Joseph-Thomas Duamel, Mgr  Ignace Bourget, Mgr Jean-Pierre-François Laforce-Langevin, Mgr Louis-Zéphirin Moreau, Mgr Henri Smeulders,  Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau, Mgr Antoine Racine, Mgr  Narcisse-Zéphirin Lorrain, Mgr François-Xavier Bossé et Mgr Dominique Racine.

 
Nos racines, numéro 116, page 2307, les éditions T.L.M. 1982