lundi 9 novembre 2015

Courrier des catholiques - M. Fortier - Notre fléau national

Nous ouvrons cette nouvelle rubrique nommée Courrier des catholiques, d'abord et avant toutpour permettre aux militants catholiques qui ont un goût et un talent pour la rédaction de développer leurs habiletés ou de partager leurs expertises.
 
Ce ne sont pas les sujets qui manquent puisque le combat spirituel que nous menons est catholique, donc universel. N'hésitez pas à nous faire parvenir vos textes ici.


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Notre fléau national


 



L'une des richesses de notre peuple canadien-français, sa langue, élément de culture fondamental, est malheureusement souillée par ces fameux jurons, inutile de les rappeler aux lecteurs québécois, ces sacres qui nous valent presque une reconnaissance mondiale. Fléau généralisé depuis la Révolution tranquille, tout le monde connaît ces mots provenant du domaine sacré qui se sont introduits dans notre langage, s'employant comme de vulgaires expressions, interjections pour souligner une quelconque émotion, pour exprimer nos petites frustrations quotidiennes...

Mais qu'est-ce que le nom du Bon Dieu ou les mots de l'Église ont à voir avec tout cela ? Rien. Tellement incrusté dans notre langage désormais qu'on ne les remarque plus. Certains les utilisent à répétition, quelques fois deux ou trois fois ou même plus dans chaque phrase. Et pourtant, un péché est commis à chaque fois, on a tendance à oublier qu'il est écrit dans les dix commandements: «Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain» (Exode 20:7). Il s'agit d'un véritable fléau pour tout catholique soucieux du salut de son âme. Même si les autres sacrent, il faut rester entêté à ne pas suivre leur exemple et éviter le «langage du peuple».

Régler sa langue demande un effort considérable, parfois se taire est carrément préférable: «Le silence est ami de celui qui se défie de lui-même et se confie en Dieu» (Scupoli, Le combat spirituel, chapitre 24). Le Québec subit la dégénérescence globale du monde, et ce, à tous les niveaux, mais commencer par corriger notre langage au foyer, au travail et dans les endroits publics, ne peut que plaire à Dieu. On peut également se rappeler ces paroles de la bible: «Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise; mais quelque bon discours propre à édifier, selon le besoin, afin qu'il fasse du bien à ceux qui l'entendent.» (Éphésiens 4:29)

La fierté d'une nation se reflète à travers sa langue, bien la maîtriser et se débarrasser des mots souillés ou déformés est certainement une voie sûre. Prenons exemple des grands écrivains, il n'y en manque pas dans la langue française. Les paroles reflètent aussi nos agissements: « User des mots sans discipline, c'est suggérer de porter aussi le désordre dans les actions.» (Clément d'Alexandrie, Le Pédagogue II). Alors, rétablissons l'ordre dans nos mots, ne les employons pas indûment et rendons à notre magnifique langue toute sa dignité.


M. Fortier, Québec